samedi 1 septembre 2007

Une arche

Internet Archive n'ayant pas le vieux blog (et je ne le leur reprocherais pas), il ne reste pas d'autre moyen pour préserver au moins une partie du blog détruit que de le copier sur le cache de Google Reader. Voilà ce qu'ils avaient, les deux derniers mois sur les huit effacés :

Date

Ma mère appelle hier soir et me souhaite un bon voyage à Marseille où je pars la voir. Je lui dis que je ne pars que vendredi mais elle me fait remarquer que j'ai mal retenu la date. Elle avait d'ailleurs raison, j'avais donc failli rater mon train de 24 heures - ce qu'on appelle un vrai "acte manqué"... D'ailleurs, il faut que j'y aille.

Mates

J'avais réagi de manière disproportionnée l'autre jour. Finalement, avoir une co-loc devrait aussi avoir l'avantage que je serai contraint de ranger de manière régulière au lieu de laisser s'entasser un capharnaüm où je dois esquiver les colonnes de bouquins par terre. J'étais même de meilleure humeur après avoir réussi à nettoyer le sol de la cuisine.

La cousine est passée et n'a pas semblé effrayée par mes descriptions apocalyptiques - je n'ai pas de chauffage, pas de machine à laver, pas de placards, pas assez de bibliothèques (7 si on ne compte pas les bd), ce qui explique les colonnes de livres par terre. Il est vrai qu'elle est stagiaire pour une ONG humanitaire et que ce camping reste opulent par rapport à ses amis qui sont dans le tiers-monde. En revanche, on n'a toujours rien à se dire mais ce n'est peut-être pas plus mal pour ma réputation d'Ours autiste asocial.

Bien sûr, j'aurais préféré avoir Batgirl (Titian-haired thrush) comme co-loc (via Chris's ISB) :


Zut

L'univers a dû vouloir m'envoyer le message que je ne devrais plus renâcler à vivre seul car j'ai appris une nouvelle qui m'embête profondément, pour ne pas dire plus. Mon oncle a appelé et m'a quasiment mis devant le fait accompli, il m'a demandé comme un service que j'accueille chez moi sa fille de 23 ans pendant six mois. Je n'ai rien contre elle - même si je n'ai jamais eu rien à lui dire et que c'est à peu près comme si j'avais une co-locataire inconnue - mais l'idée de partager mon appartement avec qui que ce soit me révulse. Cela signifie ranger, entendre des commentaires blessants et humiliants sur le fait que même après rangement, c'est encore insuffisant, faire des courses régulièrement au lieu de quand j'en ai envie, les tracasseries de la vie quotidienne, devoir essuyer les couverts alors que je les laisse égoutter, laver le sol de la cuisine, plus assez de place sur le séchoir, subir les visites de ses amies chez moi alors que je n'ai jamais invité qui que ce soit depuis un an pour de bonnes raisons, ne plus pouvoir me balader nu en sortant de la douche. Encore plus de défauts de la vie de couple sans aucun des avantages. L'idée me met vraiment en colère mais je ne peux pas dire non, même si je ne comprends toujours pas pourquoi son père ne lui paye pas le loyer d'un studio où elle serait bien plus heureuse.

enfin... après tout, cela va peut-être me contraindre à vivre enfin normalement au lieu d'être a complete slob. Oh, quelle horreur...

Vu le dernier Harry Potter. Je n'ai jamais accroché aux livres mais j'aime bien certains aspects de l'arrière-fond de l'univers des magiciens, la complexité des règles des Collèges de Hogwarts, du Ministère de la Magie, etc. mais cela continue de m'exaspérer tant Harry gagne chaque fois "grâce au pouvoir de l'amour". On prétend que ce roman va ouvrir l'imagination des enfants et c'est à chaque fois une fin guimauve à la CareBears ? Règle numéro 1 d'un récit d'aventure : quand un héros gagne par le simple fait qu'il incarne le bien et non pas par quelques actes et mérites réalistes, le récit est raté. Ulysse vainc le Cyclope par sa ruse, pas parce qu'il serait gentil.

J'ai fait une partie avec Stephen de Plutôt Mort que Perse, le jeu stratégique sur les Guerres médiques. Je rêvais d'y jouer depuis longtemps mais comme à chaque fois que je joue à un wargame, le côté purement compétitif m'ennuie vite et j'ai l'impression de ne plus faire que des mathématiques, ne voyant plus que le diagramme des mouvements de pions et non plus ce qui est censé être simulé. Je crains que le système cherche plus à reconstituer les situations réelles qu'à avoir un jeu équilibré. On a fait le petit scénario d'introduction de la Campagne ionienne (L'écrasement de la révolte des cités grecques d'Asie, 495-494) et je jouais les Grecs. Ca a été un massacre. En seulement 4 tours, le joueur perse m'a détruit tout mon corps expéditionnaire d'Hoplites athéniens à Milet et Ephèse puis pris Antandros, Phocée, Erythrées, Halicarnasse et même Doriscus en Thrace. Victoire totale avant même la fin. Malgré l'avantage de mes murailles que je ne pouvais quitter, je ne pouvais rien contre le rouleau compresseur perse qui était à 4 contre 1 - surtout que les règles de tirs sont assez mortelles et que je n'avais aucun archer. Je ne vois absolument pas comment la révolte ionienne peut sauver une ville à moins que le joueur perse ait vraiment beaucoup de malchance aux dés. On m'a dit que le scénario sur la Guerre médique proprement dit est tout aussi déséquilibré mais dans le sens inverse en faveur des Grecs. Cela dit, je reconnais que je lirai les descriptions de l'échec d'Aristagoras dans Hérodote livres V-VI de manière différente à présent en ayant essayé de défendre l'infortunée Milet.


Cauchemar

Je me demande si c'était un cas de cauchemar à la Rarebit Fiend, causé par mon excès de poivrons rouges dans mes pates, mais j'ai eu une nuit très agitée, traversée de cauchemars très réalistes et terrifiants dans leur plausibilité. Je crois même avoir eu une mini-crise d'asthme à 4h44 - chiffre bizarre sur la radio - où je n'arrivais plus à me rendormir. Je me voyais enseigner et la classe était progressivement envahie par des gens extérieurs qui refusaient de partir. Je voyais toute autorité symbolique se détruire sans remède alors que je criais et que tout le monde riait. Je me suis rendu compte que mon absence d'autorité était finalement ce qui me faisait le plus peur, cette impression d'incompétence totale et de juvénilité irresponsable qui dure un peu trop. Cette absence de charisme va sans doute avec l'ensemble de tous mes complexes, cette impression d'invisibilité et d'absence d'attrait pour qui que ce soit.

Je ne me souviens pas m'être autant ennuyé l'an dernier pendant l'été. Cela doit venir du fait que je prends moins de plaisir à lire mes comics. Cela explique que je néglige les reviews depuis un mois et demi. Cette procrastination, comme pour tout, déclenche un cercle vicieux car plus le temps passe plus j'ai du mal à les reprendre.

J'ai même commencé à ranger mon appartement, c'est dire si je m'ennuie. Je me promène sans but dans la ville en essayant de ne plus aller trop au restaurant puisque je n'ai plus d'argent. Mais les parcs et jardins sont pleins, et même le cinéma ne m'attire pas. J'en arrive à souhaiter apprendre faire du vélo pour participer à l'opération Vel-Lib.

Sakura m'a proposé de participer à une revue politique mais j'ai refusé, ne me trouvant aucune idée constructive à part ma sarkophobie. Je dois en revanche corriger des chapitres de thèse de X et de Koronis. Oh, et j'ai un second court article qui doit paraître dans le Magazine littéraire.

J'ai suivi quelques séries sur Internet. Doctor Who est toujours aussi infantile et Monster of the Week mais j'aime bien le générique et les quelques épisodes avec une continuité ne sont pas mal comme le 174e (28e Saison, ou dans la nouvelle numérotation 2 x 3), ou le 191e (3.11-3.13). J'ai aussi pu voir la série de 2000-2004 Coupling en VO sur Comédie. C'est à mon avis nettement plus drôle que Sex & the City, par exemple, mais c'est peut-être parce que c'est plus équilibré et avec plus de gags fondés sur des quiproquos s'emboitant à la Seinfeld.

Ricanement

Je vous assure que ce n'est pas un Fake, ça vient directement de Reuters...

Ce sourire inquiétant rendrait presque le fameux smirk méprisant de George Bush humain...

Dead Like Me

Une des rares séries télé qui me manque est Dead Like Me, le feuilleton de 2003-2004 qui fut supprimé après seulement deux saisons, 29 épisodes, sans avoir eu de vraie résolution de ses intrigues.

Mais finalement il y a un espoir de retour des Morts-Vivants : ils tournent en ce moment un film qui ne sortira qu'en DVD - Direct-to-Video - et si les ventes sont suffisantes, pourraient relancer la série.

La série racontait l'histoire d'un groupe d'humains décédés qui étaient recrutés pour devenir des Faucheurs d'Âmes, des incarnations de la Mort qui devaient réussir à prendre l'âme de leur cible si possible juste avant leur trépas, sans quoi l'âme n'avait aucune chance d'au-delà. Les Faucheurs étaient immortels mais en dehors de cela n'avaient aucun pouvoir particulier. Ils avaient une fausse apparence qui ne se dissipe que la Nuit d'Halloween.

L'équipe des personnages était spécialisée sur les Morts violentes et incluait l'héroïne Georgia, une jeune fille tuée à 18 ans par un débris de la station MIR, Rube, le patriarche mort en 1927, Roxy, policière assassinée en 1982, Daisy, starlette morte en 1938 et Mason, un Britannique drogué qui s'est tué en 1966.

L'actrice Ellen Muth - qui jouait Georgia Lass - l'a annoncé sur son MySpace (où j'apprends d'ailleurs qu'elle est membre de Mensa) :

Announcement:

Just to let all you DLMers out there know that this past week, I have been informed that after this "Dead Like Me" movie comes out, it may, go back to series. After seeing the movie, you'll have to be the judge of whether or not you like the new concept. Give it a chance. I know we all hate change but it has been two years since season 2 so there has to be evolution.

Le nouveau film sera en effet assez différent de la série, même s'il garde le même créateur John Massius, ce qui est rassurant :

Right now the cast includes Ellen Muth, Callum Blue, Britt McKillit, Jasmine Guy and Cynthia Stevenson with the hopes of bringing in some extra "names" to the cast. Daisy will be recast.
When Calvin Kane, a slick businessman who couldn't care less about helping the newly dead, takes over Rube's Head Reaper duties, all hell breaks loose, bringing out the worst in Daisy, Roxy, and Mason. George, however, is determined to set her latest, botched reap right, especially because the boy who was supposed to die, Hudson Hart, is her little sister Reggie's secret boyfriend. In the process, George and Reggie re-connect for real, for the first time.

On a donc toujours les personnages de Georgia Lass (Ellen Muth), sa mère divorcée Joy (Cynthia Stevenson), sa soeur Reggie (Britt McKillit), les Faucheurs Mason (Callum Blue) et Roxy (Jasmine Guy) mais Daisy ne sera plus jouée par la très jolie Laura Harris et Rube sera remplacé. On aura enfin droit à la résolution de toute l'intrigue sur Georgia et sa soeur Reggie qui ne se remettait pas de sa mort, et que demander de plus...


Notes éparses sur des mondes fictionnels

  • Je lisais The Book of Lost Tales, qui est un ancêtre du Silmarilion et j'y apprends qu'à l'origine, les Hauts-Elfes artistes-artisans devaient s'appeler les Gnomes - ce qui fut ensuite changé en Noldor. Vous imaginez l'effet sur D&D si Tolkien avait adopté ce terme ? Les Gnomes seraient sans doute aujourd'hui la race cool à la place des Elfes, au lieu d'être des sous-nains ridicules. On pourrait objecter que "gnome" en anglais fait penser aux Nomes d'Oz ou aux Garden Gnomes, mais de même "elf" fait penser à Santa Claus et ses lutins : Tolkien l'a emporté sur l'usage post-victorien.
  • Tiens, je ne savais pas que le vieux jeu de rôle Powers and Perils était entièrement sur le Net. Les règles sont injouables et déséquilibrées, le monde est un peu "sec" mais exhaustif. Il a un certain charme quand même dans son côté encyclopédique fourre-tout, un peu comme AD&D1. Le monde est une Terre parallèle où les divers mythes païens et judéo-chrétiens ont été intégré dans une cosmologie à la Moorcock, qui oppose les dieux du Chaos - en gros les divers Diables & Démons -, les Dieux de la Loi - Anges gnostiques et dieux babyloniens -, Dieux de l'Equilibre - dieux égyptiens et indiens - et Dieux Anciens - dieux germaniques et celtiques divisés en Titans et Dieux de la seconde génération.
  • Ce syncrétisme de moralisme judéo-chrétien et de manichéisme moorcockien se retrouve aussi dans D&D bien sûr et fut développé par exemple dans le monde des Scarred Lands qui opposait, de manière plus ou moins grecque, les Titans primordiaux et globalement "a-moraux" à leurs enfants les divers Dieux qui suivaient les neuf alignements du jeu. En passant, je viens de trouver d'occasion le dernier supplément de cet univers qui a terminé la série en 2004, Strange Lands: Lost Tribes of the Scarred Lands et je suis vraiment déçu. En fait, il s'agit surtout des restes épars du Creature Catalog IV supprimé et les listes de monstres m'ennuient. Les continents de Ghelspad et Termana avaient parfois quelques touches originales et c'est même le seul monde D&D à avoir une mythologie importante - pas autant que Glorantha bien sûr mais plus que Greyhawk, Forgotten Realms ou Eberron où les dieux ne sont que des listes de portfolios. Avant de clôre la gamme, WW a voulu réunir tous les éléments sur les derniers continents et cela ne donne pas envie de le voir développé. Le continent d'Asherak est censé être encore plus lié aux Dieux que Ghelspad et Termanie mais il n'y a qu'une liste de cités avec des Rois-Dieux mortels sans intérêt. Quant aux Terres Draconiques, ce sont des clans liés aux éléments qui sont encore moins intéressants que ceux d'Exalted dont ils sont visiblement inspirés - les Scarred Lands furent édités pour d20 par Sword & Sorcery de 2000 à 2004, Exalted existe depuis 2001.
  • J'ai aussi acheté d'occasion la description de la cité de Shelzar pour Scarred Lands. C'est une ville d'ambiance mille et une nuits avec des clichés orientalistes, mais qui me paraît plus amusante pour l'instant que les Lands of Fate ou Calimshan.
  • J'ai acheté pour 1 euro Castlemourn l'introduction au nouveau monde d'Ed Greenwood - créateur des Forgotten Realms, dont tous les côtés cools doivent ,venir d'autres auteurs. Même à 1 euro, c'est trop cher. Je savais qu'il n'avait pas d'imagination mais il faut le voir pour le croire, ce monde n'a vraiment rien pour lui, à part l'idée que les Elfes brillent comme la Fée clochette et qu'ils ont un malus pour se cacher.

Priorités

La plus drôle des goths de comics, la norvégienne Nemi - par la dessinatrice Lise Myhre - explique bien le problème sur les adaptations de bd :



Traduction de la dernière case : "Je pensais que je devrais lire la bande dessinée (tegneserie) avant d'aller voir le film."
- Non, ce serait comme boire du jus d'orange après s'être brossé les dents.


Draconien

Je suis d'habitude contre les violations de la Loi de Godwin mais je dois reconnaître que cette hyperbole makes a point, comme on dit.

- oh, je devrais faire remarquer que je suis en vacances depuis la fin de mes Oraux tout à l'heure - où j'ai donné leur exam à deux malheureux candidats par pure compassion parce qu'ils étaient redoublants. Je vais enfin me remettre à poster n'importe quoi et des Links, vous êtes prévenus. Oh, peut-être demain après avoir vu le nouveau film The Good Sheperd.

Hatley High m'a donné envie de me remettre à D&D. J'ai la flemme d'écrire un scénario, mais je n'en connais aucun de valable. Peut-être faire tout bêtement Dragonlance ?


Hatley High (2003)

Cette comédie canadienne pour ado (IMDB) de Phil Price & Myles Hainsworth n'a l'air de rien - je crois qu'elle n'est même pas sortie en salle en France - mais est pourtant la première parodie intello des films sportifs et il entre aussitôt dans mon panthéon personnel. Dans les films américains, le héros est toujours un individu populaire situé entre les extrêmes du Nerd et du Jock comme le Capitaine de l'équipe de foot. Dans ce film canadien, on entre dans un monde parallèle où tout le monde est Nerd et où les cheerleaders - ou comme dit joliment la traduction québecoise "les meneuses de claque" - accompagnent les jeux d'échecs.

Le héros, le jeune Tommy Linklater vient d'arriver à la ville de North Hatley, selon le cliché du Nouveau dans les comédies pour adolescents. Son père est un physicien athée qui rédige un livre sur l'effondrement de la fonction d'onde en Mesure quantique et la Conscience [le fait qu'il doive mettre en doute son naturalisme est le seul défaut du film] et sa mère, originaire de ce bourg, vient de mourir.

Tommy a bien des problèmes d'aliénation mais à Hatley, le jeu le plus populaire est le jeu d'échecs et Hatley est une sorte de micro-climat comme en Russie ou en Islande où les échecs excitent plus les habitants que le sport. Tommy commence par renoncer aux échecs et préfère l'autre activité, Dungeons & Dragons - rebaptisé Chasseurs de Dragons. Jamais je n'avais vu d'aussi longues allusions au jeu de rôle depuis le début d'ET (1982) et dans ce monde parallèle le jeu est même populaire chez les filles, Tommy ne jouant que pour se rapprocher de la Maîtresse du Donjon, la meneuse de claque intello Hyacintha Marquez (Rachelle Lefevre ), qui doit correspondre à peu près à tous les fantasmes réunis du Geek.

Cela reste un navet, mais un de ces navets qui méritent plus d'attention - de même que j'ai une impardonnable tendresse pour certaines teen comedies comme le plutôt misogyne 100 girls. Dans le même genre parodique, les Canadiens avaient aussi fait un pastiche sur le curling, Men With Brooms (2002).


Concert Vega à Paris

By Jove, cet Elysée-Montmartre près de Pigalle a l'air délabré. Il fait plus penser à ces édifices qui ont eu l'air magnifiques à Saint Petersburg mais qui n'affichent plus que leur ruine. Il y a déjà des gens qui font la queue dont une sosie de Suzanne Vega. Pourtant, l'ouverture n'est que dans une heure. J'ai le temps de prendre un falafel. Oh, cette rousse avec les lunettes noires dans la rue, c'est vraiment Suzanne Vega. J'espère que j'ai souri. Je vais faire la queue. Qui est cette dingue habillée en Apache des années 20 ? Oh, elle est dans le Band. Hé, j'étais avant. Oui, ce n'est qu'une place mais, heu, c'est une pente glissante. Non, bien sûr, en fait je ne dis rien. Ca y est, on entre. Oh, il n'y a aucune chaise de toute façon. La salle a des lambris d'un vieux théâtre mais fait plutôt entrepot abandonné. Cette brune est très jolie. Elle m'a fixé, je crois. Peut-être que je pourrais engager la conversation. Ce serait curieux comme on se dirait ensuite que toute notre rencontre a été causée par Suzanne Vega. Oui, j'en suis déjà presque à choisir le nom des enfants, c'est pathétique. Elle s'éloigne pour que j'arrête de la dévisager. Oh, et j'ai tous ces comics du mercredi qui m'encombrent. J'aurais dû repasser chez moi et reprendre une douche. Le public n'est pas comme celui que j'attendais. Il est très masculin alors que j'aurais cru que les fans de Vega seraient des femmes. Et les gays n'expliquent pas tout. Pas mal d'hommes de mon âge en fait. Moi qui espérais sur ce coup-là être un peu off-center. Mais il ne faut pas se désoler d'écouter de la musique de vieux mais espérer que ce n'est pas que nostalgie mais aussi un peu l'Epreuve du Temps. Quelques très jeunes filles aussi qui me font espérer que l'écoute ne se réduit pas encore à la consommation immédiate dans l'obsolescence programmée.

Ca y est, ça commence. Oh, non, c'est vrai, la Première Partie. Elle a oublié de se présenter. Bof, pas mal, mais ça ne risque pas d'éclipser le main show en effet. Non, madame, je ne sais pas comment elle s'appelle. Mais est-ce bien important ? [Même le site ne le dit pas, désolé]

Bon, on commence à attendre longtemps qu'ils rangent les fils électriques et les équipements. La salle hue, ce qui doit être une de ces coutumes regrettables qu'on se croit contraint de suivre malgré leur patente vacuité.

Ca y est, Elle arrive. Oh, moins de choc que lorsque j'ai vu Jeanne Cherhal hier. Un peu de joie mais sans plus. Je suis au deuxième rang mais elle paraît quand même aussi distante que si elle était sur un écran télé. La choc de Jeanne Cherhal hier s'expliquait peut-être seulement par la mini-jupe ?

Elle raconte quelques histoires en disant qu'on les connaît déjà tous et qu'elle devra les renouveler pendant ce Tour européen d'Utrecht, Brighton et Liverpool. Je ne connais pas ces anecdotes, mais les Fans ont l'air en effet hardcore. Un Fanatique taillé comme un Obélix pleure quand elle chante Caramel et il psalmodie religieusement toutes les paroles. Ca doit être quelque chose de ressentir autant de passion pour quelque chose... Même si on m'offrait de rencontrer Aristote ou Leibniz, je ne crois pas que j'arriverais à en verser larmes de joie. Suzanne Vega dit que Caramel est l'une de ses favorites et je suis en complet désaccord, Calypso est bien meilleure - et dans ce genre de métaphore sucrée Savoy Truffle de George Harrison reste mon favori, même s'il est moins sexy que le caramel de Vega.

Il y a de très belles chansons parmi celles du Nouvel Album, Beauty and Crime, notamment "Zephyr and I" - où elle parle de New York avec un certain graphitteur nommé Zephyr - Andrew Witten - a-t-il un lien avec mon héros Edward Witten ? :

Popout

La plus entraînante sera "Frank and Ava" - sur le couple glamour de Frank Sinatra et Ava Gardner qui disait qu'ils s'entendaient bien tant qu'ils ne quittaient pas le lit - dont on peut entendre une version bootleg filmée le mois dernier :

Popout
C'est fini. On n'a pas échappé à ses deux plus grands tubes Luka et Tom's Diner - dans la version actuelle avec un beat que j'aime moins que la version a capella. Premier rappel. Deux chansons. Second rappel. Une troisième chanson. Tiens, je ne connaissais pas cette coutume d'un second rappel ??

Cette fois, c'est vraiment fini.

Je cherche des yeux la jolie brune, mais elle a disparu.

Voilà un bref reportage sur le nouvel album où elle explique qu'elle cherchait avant tout à jouer sur une orchestration plus classique avec des chansons plus modernes :


Blair Leaves

And this 1980 song by Kate Bush is oddly relevant.

Trivia : L'insigne qu'elle porte sur l'épaule est le "KT Symbol", un Kay et un Tee superposés comme "Kate" qu'elle insère comme Easter Egg sur tous ses albums - et que bien entendu des paranos pré-Pendule de Foucault ont pris pour une allusion ésotérique aux Knight Templars...

KT Symbol

Catherine Bush a dit qu'elle avait pris le symbole parce que son frère Jay l'avait vu sur la porte d'une église au Pays de Galles. C'était 15 ans avant que Prince Nelson ne veuille se faire appeler , qui était censé être le mélange des symboles de Vénus et Mars.


De concert

Le concert d'hier à la Cité de la Musique était un peu décevant. J'avais mal lu l'affiche comme "Jeanne Cherhal avec l'Orchestre de la Boule noire" - peu étonnant puisque c'était ce qui était écrit - et c'était en fait "L'Orchestre de la Boule noire - featuring Jeanne Cherhal, Alain Chamfort et Sébastien Tellier". Jeanne Cherhal était bien entendu brillante, merveilleuse et sensationnelle - malgré un public pénible qui ne cessait de hurler qu'ils l'adooooraient -, ce qui en devenait agaçant. Mais elle n'est venue que pour 4 chansons dont La station - et je dois reconnaître que l'Orchestre y ajoutait vraiment quelque chose - et une reprise de Bachelorette de Bjork - la reprise de These Boots are Made For Walking de Nancy Sinatra m'a moins convaincu, malgré de très belles bottes. Mais les trois chansons de Chamfort dont son plus célèbre Où es-tu, Manureva, les deux chansons du "décalé" - i.e. complètement comateux - Sébastien Tellier en langue yahourt incompréhensible - je n'ai rien contre le fait de chanter en anglais mais si possible sans marshmallows dans la bouche - ou les spectacles de Thomas de Pourquery de Boisserin m'ont un peu laissé froid.

Les insupportables mais populaires Beastie Boys jouaient en même temps et la Cité de la Musique était emplie de douzaines de ticket scalpers & street hawkers agressifs. J'ai vu qu'Evgeny Kissin était aussi en concert au Théâtre des Champs-Elysées avec Brahms, Beethoven, Chopin. Je suis quand même content d'avoir pu voir Jeanne Cherhal même s'il a fallu supporter Tellier.

Ce soir, Suzanne Vega à l'Elysée-Montmartre. J'aurais dû acheter le nouveau disque d'abord peut-être.

J'ai invité Elfriede qui m'a répondu par mail, je cite "Oui, mais il y a 99% de chance que je ne sois pas là."

Cela me rappelle un Beau Présent en octosyllabes que j'avais écrit sur elle en août dernier.

En laine en lin elle le lie
flâne, flâne, lien ailé
Il ferrailla en féérie,
A ne finir ri-en, fêlé,
A ne faire nèfle, ânerie,
Ni enferré, ni affalé,
Il a frayé la flânerie,
La fine fée, elle a filé.

Elle en l'île allée, elle a ri,
Effrayé, il a enfilé
le frêle enfer, il a failli,
La lyre freinée l'a raillé.
Elle n'a féal ni le renie,
Ni fi-ef ni nef effilée
Elfe affinée en l'infini
La fine fée, elle a filé.

Fière reine, enfin il relie
le lila à l'air affilié
L'air reniflé à l'if allie
La fine fée, elle a filé.



бабушка

137 copies. Plus que 11. Je résiste à l'envie de faire des perles - et pourtant j'aurais de quoi, mais cela me paraît trop facile...

Comme je l'ai dit sur un de mes autres blogs, je suis en train d'écouter du Kate Bush, dont la Babooshka (qui désigne paraît-il un foulard) a étrangement deux personnages russes de Marvel, la Black Widow et Red Sonja (oui, elle est "hyrkanienne", mais russe dans le texte d'origine de Howard). Cathy Bush est bien plus jolie que toutes les Xena...

Ironbound

Corrigé 102 copies. Plus que 46. woo-woo.

Je me suis dit que je ne suis jamais allé de ma vie à un concert d'un chanteur moderne. J'ai donc pris deux billets, un pour Jeanne Cherhal mardi et un pour Suzanne Vega mercredi - j'espère qu'elle jouera Calypso.

Ou Ironbound / Fancypoultry - qui commence à 4'00 sur cette vidéo - Ironbound est un quartier portugais de Newark, NJ :

Popout

Ou Solitude Standing - un peu trop marqué des '80's peut-être:



Hадо жить...

Vu les Trois soeurs mercredi. D'habitude, mon auteur favori Tchekhov me remonte étrangement le moral par simple compassion pour des gens plus infortunés mais là le désespoir est moins social ou historique - malgré tout ce contexte d'attente d'un Avenir en 1901, quatre ans avant la première révolution avortée. La jeune Irina et l'aînée Olga ne cessent de dire "qu'il faut vivre, il faut travailler" (надо работать, только работать) et on ne sent qu'écoeurement et lassitude. Le personnage qui m'a le plus fasciné n'était étrangement pas la déçue Irina qui va devenir enseignante pour feindre d'y trouver l'oeuvre de sa vie mais le vieux Ivan Tchebutikin, ancien médecin devenu alcoolique et nihiliste qui ne cesse de fuir son angoisse en disant que rien n'a d'importance de toute manière et qu'il n'existe pas. D'habitude le nihilisme se définit comme l'idée que les valeurs morales n'existent pas mais ici cette mauvaise foi est en la conclusion radicale, l'auto-négation.

La Fête de la Musique était encore plus morne que d'habitude hier. Le discours de reniement de Royal m'a tellement scandalisé que je commence à penser glisser vers un autre parti plus à gauche si elle l'emporte. Je pouvais lui pardonner toute tactique mais pas un tel manque de stratégie.

Corrigé 58 copies. Plus que 90 et il me reste trois jours. L'ennui n'est pas la médiocrité mais l'extrême similitude. Ils n'ont pas besoin de se copier pour tous réciter la même δόξα dans les mêmes termes. J'ai annulé le jeu de rôle de samedi, une partie d'Abyme où je dois jouer une aristocrate Méduse abymoise.

Dans quatre jours, je suis en vacances mais je n'en tire aucune satisfaction.

It's The Hypocrisy, Stupid!

La majorité attaque violemment ce qu'ils appellent la "gaffe" de Borloo, qui leur aurait coûté les 50 sièges qu'ils ont perdus par rapport à la majorité sous Chirac.

Mais de quelle "gaffe" parlent-ils ? Borloo avait juste répondu à Fabius une banalité de langue de bois du genre "toutes les pistes seront explorées [pour éponger le déficit créé par les cadeaux fiscaux aux plus riches]". La vraie gaffe n'est donc pas que Borloo reconnaisse à mi-mot la TVA dite sociale. Le vrai problème est l'Hypocrisie. Certains nient que la TVA doit s'appliquer, puis qu'elle est géniale, qu'il n'y a aucun plan, puis que le Traître en Chef Besson en est chargé. Ce qu'ils reprochent donc à Borloo - par ailleurs sans doute dépassé par sa charge et souvent surévalué parce qu'il a l'air vaguement sincère - est d'avoir reconnu une partie de leur programme qu'ils ne voulaient pas assumer dans leur grand plan de Robin des Bois à l'Envers - d'habitude, je trouve ce genre d'expression démagogique ou simpliste mais on en est arrivé là... Tu parles d'une droite "décomplexée", c'est bien la ploutocratie dans son visage le plus dissimulateur. Ils ne lui reprochent pas une "candeur" mais un manque de mensonges.

En passant, le framing de la TVA comme "sociale" est appelé Fair Tax, "Taxe équitable" aux USA, où elle est défendue par certains démocrates et le Républicain Linder. Attendons-nous à voir ce terme utilisé...

Pour dire du bien de Sarkozy pour une fois - comme quoi, tout arrive -, je reconnais une seule chose positive dans cette régression sociale sans précédent : il a supprimé l'apprentissage à 14 ans proposé par de Villepin, qui était vraiment une idée déplorable aussi bien pour des jeunes orientés trop tôt que pour l'apprentissage.

J'entendais la gauche dire que cette fin de l'état de grâce devait être prise comme un "avertissement". Mais la légitimité du Plus Célèbre Cocu de France est qu'il a été bien plus sincère que Chirac en 1995 - malgré le grand flou rhétorique républicain de Guaino pendant la campagne - et qu'il y a eu un vrai débat contrairement à 2002 - même si la gauche ne fonctionne plus que comme une anti-droite défensive sans proposition depuis les 35 heures et la CMU. La Petite Frappe de Neuilly est donc plus fondé à faire passer sa politique que Juppé ou Raffarin. Je crains qu'il soit finalement assez sincère dans sa volonté de réaliser la politique réactionnaire qu'il a promise. Il aurait dit qu'ils risquent de perdre les élections municipales de 2008 s'ils n'étaient pas intransigeants. Ils vont donc hâter leur pillage - ce qu'ils appellent de "nécessaires réformes".

NB : Le Monde a fait faire bien mieux les projections si on avait adopté divers modes de scrutin. La droite a la majorité absolue dans tous les cas de figure, et sans avoir besoin du Nouveau Centre PSLE, donc il faut arrêter d'effrayer les électeurs avec un risque d'instabilité. Finalement le majoritaire à deux tours et même la proportionnelle par circonscription ne s'en sortent pas si mal, même si la proportionnelle nationale à l'allemande a l'avantage de la clarté. La majoritaire à un seul tour britannique me paraît toujours un des pires systèmes - même si elle a des avantages pour des petits partis locaux - ce qui explique en partie le succès des Indépendantistes écossais.

NB 2 : La Cinquième supprime Arrêt sur Images. Quelle est la pétition optimale à signer ? J'ai signé celle-là mais elle indique qu'elle est close ???

EDIT : La principale pétition a l'air d'être http://arret-sur-images.heraut.eu/ (déjà 36 000 signatures).

NB 3 : Zut, la gauche avait semblé s'approcher de la conquête de Toulouse et Bordeaux avec ce second tour surprise, mais avec la nouvelle trahison de Bockel elle perd Mulhouse avant même 2008. Il faut dire que l'Alsace est tellement à droite que le maire blairiste a dû se dire qu'il n'avait pas le choix, même si Royal se disait prête à blairiser aussi.



Jun 15, 2007 12:53 AM

Metaplot

On appelle en jeu de rôle "metaplot" (méta-intrigue) les histoires générales d'arrière-fond de l'univers, qui le font évoluer en plus des histoires particulières décidées par les narrateurs dans leurs parties.

La notion a souvent mauvaise presse. Le metaplot a souvent été conçu pour des raisons commerciales, pour faire vendre un ensemble de modifications officielles et elles peuvent être considérées comme trop "dirigistes".

Il est vrai qu'un monde adapté d'une oeuvre a déjà un metaplot trop rigide et que les joueurs risqueraient de s'y ennuyer en ne jouant que des personnages assez secondaires. Cela fait souvent la supériorité des mondes conçus spécialement pour le jeu, ils ne se réduisent pas à la seule histoire racontée dans les fictions ou à une seule quête principale.

Mais pourtant, je pense qu'un minimum d'unité thématique est un avantage.

Le monde principal de D&D, Forgotten Realms, est à la fois trop peu original et très détaillé, mais il n'a pas d'unité thématique. En un sens, plus un monde est détaillé, plus il perd cette unité propre à une oeuvre de fiction. De plus, comme il est fait pour pouvoir accueillir n'importe quel genre d'histoire, de la high fantasy, des pirates, de l'Antiquité, etc, il donne souvent une impression de fourre-tout, un côté parc d'attraction ridicule en mosaïque comme le Xanadu d'Hearst.

A part peut-être la Guerre des Avatars - qui devait expliquer le passage de la première à la seconde édition d'Ad&D, ce monde manque cruellement d'un esprit propre, d'un charme. C'est normal comme son créateur Ed Greenwood est certes patient mais notoirement dénué de talent - je soupçonne que les bons côtés de ce monde doivent plutôt venir du co-créateur bien supérieur Jeff Grubb. Il y a tellement de factions diverses qu'elles finissent par s'annuler. Les figures maléfiques font plus penser à des supervilains assez médiocres qu'à un Sauron. L'histoire est complexe mais paraît une succession arbitraire sans progression et sans trame narrative à dénouer.

Un monde comme Mystara, par exemple, a, malgré son aspect très rhapsodique, un peu plus d'unité grâce à la campagne Wrath of the Immortals, dont le thème était la Source de la Magie.

J'ai une vague idée de campagne qui porterait sur l'un des thèmes que j'aime le plus dans ce monde des Royaumes Oubliés, l'idée de Destin.

Le calendrier des Royaumes utilise des Noms différents pour chaque année, comme Année du Dragon, Année des Ténèbres, qui correspondent toutes à des prédictions faites des siècles avant par le Nostradamus local et entreprosées dans le Fort-Bibliothèque de Candlekeep (Château-Suif).

Je cherche encore un moyen de relier cela à The Land of Fate (le continent sud Zakhara, qui correspond à l'Arabie médiévale, si les Royaumes Oubliés sont déjà à la fois l'Europe et le Proche-Orient), et sans doute à Istus, déesse baklunie du Destin, et l'idée d'une Prophétie à empêcher comme dans le monde de Canticle of the Morningstar. Je reviendrai une fois sur ce projet de campagne pour les Royaumes Oubliés.


Jun 14, 2007 9:53 PM

...

28 Sivan 5767, Jumada I 28, 1428, 26 Prairial de l'An 215 de la Révolution, jour du Jasmin. Ingmar Bergman a 89 ans.

Journée d'entente entre correcteurs de copies aujourd'hui. On s'est rendu compte qu'on n'arriverait pas à s'entendre. Ces notes sont vraiment arbitraires, on ferait mieux de supprimer la discipline.

J'ai essayé de comprendre précisément le concept de Tva dite "sociale", et comme je ne comprends en fait déjà pas le détail de la CSG, je ne comprends donc encore moins le mécanisme de cette TVA, et comment ce serait censé garantir le protectionnisme économique sans pour autant avoir d'effet inflationniste. Je croyais qu'on caricaturait mais Artuis a dit qu'il comptait sur le "civisme" des chefs d'entreprise pour éviter des détournements de ce machin.

Même un ami libéral m'a dit qu'il était atterré par la politique des niches fiscales que créait ce gouvernement. Les chefs d'entreprise payent désormais 0% de cotisations sur les Smic. Entre le bouclier fiscal - qui baisse de fait les impôts seulement sur les plus riches, la suppression de presque tous les impôts de succession, et les divers cadeaux fiscaux qui vont se transformer en épargne supplémentaire en assurances-vies, on a bien une augmentation des inégalités et de l'oligarchie. Nous étions un pays très au gauche pour l'Europe et maintenant nous avons un gouvernement habile qui mène une politique à la droite de Bush, alignée sur Berlusconi. Vivement que ce cycle s'arrête et que l'opinion se réveille à la rentrée malgré toute la propagande.


Jun 11, 2007 11:33 PM

sans titre

Excusez-moi de ne pas remettre à jour. J'avais écrit de longues critiques de bd ce week-end mais 20six a planté et j'ai tout perdu, y compris le courage de recommencer. D'ailleurs, je vais rester bref au cas où ça se reproduirait.

Suis allé voir Hedda Gabler d'Ibsen. L'avantage par rapport à mon favori Tchekhov est qu'ici au moins la femme n'est pas une victime mais la tortionnaire. Mais je préfère la compassion de Tchekhov qui est un vrai misanthrope déçu. Chez Tchekhov, tout le monde peut être un peu salaud mais toujours en même temps sympathique. On se dit toujours qu'on serait capable des actes de vilénie qu'ils commettent. Ici, on est plus effrayé, je crois, un peu écoeuré par toute l'humanité.

J'ai inversé mes idées politiques et suis désormais en faveur d'au moins une dose de proportionnelle. Je préfère certes qu'il y ait des alternances claires comme l'offre la Ve République et non pas un consensus constant de coalitions, mais un Parti qui a 45% des voix serait environ 260 sièges, à 18 sièges de la majorité absolue et ils vont se retrouver avec environ 400-450 sièges, soit 70-75% des sièges. A noter que le PCF a tellement peu de fiefs désormais que même avec leur score en baisse ils auraient aussi intérêt à la proportionnelle maintenant s'ils atteignaient du moins 5% (ce qui représente 29 sièges).

Le PS pourrait arriver en nombre de sièges à ce qu'il représente réellement en proportionnelle : 162 sièges - enfin, "vraiment", si on ne tient pas compte du découpage Pasqua qui les désavantage mécaniquement : un Lozérois compte comme trois-quatre banlieusards.

Sarkozy et MAM vont refaire le découpage. L'informatique a dû s'affiner depuis 1986. La gauche ne regagnera sans doute jamais plus de législatives (à moins de nouvelles triangulaires, ce qui ne risque plus d'arriver)...

Supposons une proportionnelle avec seuil de 5%. [oui, si c'était ce système en place, il y aurait plus de coalitions sans doute] Du coup, on doit retirer 886 000 d'extrême gauche (3,5%), 1 142 000 PCF (4,5%), 833 000 Verts (3,3%), 1 213 000 fachos (4,8%) et quelques divers. On se retrouve en métropole avec un nombre de suffrages exprimés égal à environ 20 millions (20 574 035), au lieu de 25 millions. L'UMP aurait alors 56% de ces suffrages-là. Le MoDem aurait 9,6% des voix supérieures à 5% (au lieu de 7,8%).

Un ami revient de Madrid où il a vu une rue récente. Elle s'appelle la Calle Legión Azul... L'Espagne a vraiment besoin d'une Dénazéification...


Jun 4, 2007 5:13 PM

So viele Morgenröten, die noch nicht geleuchtet haben

Mon humeur paresseuse a souvent préféré l'indolence de la nuit - mon mythe hindou favori dans les Mârkandeya Purâna raconte comment la Nuit et le Temps furent inventés pour apporter le repos et l'oubli à la déesse Yamī pour faire le deuil de son frère-mari, le Premier Mortel Yama.

Mais plus par exercice artificiel de volontarisme et pour réagir contre ce cliché nihiliste romantique de la Nuit-Léthé apaisante, voici une petite adaptation libre d'une célèbre Villanelle galloise de Dylan Thomas, "Do not go gentle into that good night".

Ne t'abandonne pas au repos de la nuit,
Au soir il faut bruler contre la fin du jour,
Défie, désobéis, garde ce qui a lui.

Des sages au trépas cueillent ce noir réduit,
Car leurs mots n'ont su éclairer leur séjour,
Ne t'abandonne pas au repos de la nuit.

Des preux à leur ressac crient l'éclat de l'ennui,
Pour ce qui aurait pu briller à contre-jour,
Défie, désobéis, garde ce qui a lui.

Des fous avouent trop tard qu'au soleil ils ont nui
En voulant le capter dans des chants de velours,
Ne t'abandonne pas au repos de la nuit.

Des pesants au tombeau voient d'yeux éteints celui
qui éblouit de joie, même sous un ciel lourd
Défie, désobéis, garde ce qui a lui.

Et pour toi, mon ami, au péril d'aujourd'hui,
Benis, maudis toujours au crépuscule sourd,
Ne t'abandonne pas au repos de la nuit,
Réagis, réagis, garde ce qui a lui.

La villanelle est une forme musicale, très peu pratiquée en français à part Jean Passerat (qui a codifié la forme), Du Bellay (qui ne suit pas les mêmes règles), Banville (qui a cru que Passerat reprenait telle quelle la forme médiévale musicale) ou Leconte de Lisle, mais très populaire dans la poésie anglaise et américaine contemporaine depuis la fin du XIXe siècle.

[C'est aussi une forme de sandwich. Brillant. ]

La traduction précédente était une adaptation d'un "sonnet portugais" d'Elizabeth Browning.







Jun 2, 2007 5:13 PM

Servile avec les puissants, ignoble avec les faibles

Ca y est l'ordinateur est réparé et mon petit-frère en a profité pour l'installer le Scanner qu'il m'avait offert pour Noël. Je crois que mes bd favorites Le Génie des Alpages ou Rubrique à Brac vont vite y passer...

Voilà pour l'essayer quelques cases de la Vie secrète des jeunes de Riad Sattouf dans le dernier Charlie Hebdo. Je trouve que la petite anecdote résume finalement assez bien toute un ambiance, le mépris actuel du Sarkozysme triomphant envers toute personne qui ne fait pas partie des happy fews, et qui ne sont là que pour être utilisés comme leurs larbins.

Riad Sattouf, Charlie n° 780

L'endroit en question vient d'ouvrir en décembre dernier et a été choisi comme la "boîte de nuit" favorite des Sarkozystes. C'est là que Dati, Hortefeux et les autres avaient fêté le premier tour et c'est aussi là que l'un des fils peroxydés de Berluskozy a organisé la soirée de la victoire pour VIPs où il menaça des journalistes qui voulaient le filmer.

Le défaut de Berluskozy n'est donc pas seulement la vulgarité. Il n'y aurait rien de mal à être un "parvenu" mais il n'est pas un Nouveau Riche puisque sa mère était déjà riche. Mais il l'a dit lui-même, avec cette franchise téméraire, encore étonné de la sottise des plus pauvres qui votent pour lui (Le Parisien, 7 mai 2007):

« “Je serai un président comme Louis de Funès dans le Grand restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J’adore.” C’était à la mi-février dans la piscine d’un hôtel chic de la Réunion. Son voyage sur l’ile touchait à sa fin et Nicolas Sarkozy était d’humeur rigolarde. »

J'ai lu Le Point à la bibliothèque. La presse du pouvoir a des titres pseudo-provocateurs et des contenus flagorneurs.

Ils titraient sur les Traîtres, mais le contenu intérieur explique que la Trahison, "c'est la vie", c'est "réfléchir".

Si le Président Servile avec les Puissants pratiquait le cannibalisme, le Point défendrait sa valeur nutritive.

[Je n'ai pas osé jusqu'à lire l'Express, autre Pravda, qui titre avec cynisme sur la question "les médias sont-ils sarkozystes ?" Un peu comme si le Figaro titrait sur "Y a-t-il une presse pour défendre Dassault ?"]

Sarkozy a eu une vie si tissée de ses trahisons et il sait s'entourer de tant de traîtres qu'il a dissous le poste de chef de l'UMP, sachant par avance que tout ami qui occuperait ce poste le trahirait.

Je ne manque plus de rien en ce moment. Alors pourquoi me sens-je aussi déprimé ?


May 31, 2007 11:13 PM

Gesundheit

Essayé un autre cybercafé. Deux ados font leur blog à côté.

Nous sommes allés voir Les chansons d'amour de Christophe Honoré, sous proposition de Sakura. La salle était presque vide. Je peux d'emblée dire que les critiques du Nouvel Obs, de Télérama et des Inrocks qui ont donné 4 étoiles à ce machin sont pernicieux et n'ont aucun goût. Je n'ai rien contre les comédies musicales, même si on sait que c'est un genre qui ne s'adapte pas vraiment chez nous (la seule réussite doit être On connaît la chanson). Les chansons sont assez moyennes, moins entraînantes mais aussi moins ridicules que du Legrand, dans un genre lyrique qui tente des dialogues. Mais le film est tarte. Je n'ai rien contre le mélo et ils n'en rajoutent pas trop de ce côté mais tout sonne pourtant faux. Sakura a quitté la salle après une demi-heure - peut-être choquée par le ménage à trois bissexuel, ce qui serait assez ironique - et surtout par esprit de contradiction je suis resté pour endurer ce machin qu'elle avait choisi. Elle a ensuite dit qu'elle détestait les films qui se concentraient sur une "haute bourgeoisie oisive et désoeuvrée", ce qui me paraissait bien le moindre des défauts de ce film agaçant. A conseiller aux gens que vous n'aimez pas. Le seul critique avec lequel je sois d'accord est Le Vern d'aVoir-aLire.com - :

Christophe Honoré construit une histoire obsolète, aussi passionnante qu'une sitcom acidulée politiquement correct, qui aligne des vignettes clichés dans un grand esprit bobo parisianiste du genre irritant. Sa présence à Cannes demeure une énigme.

J'ai remarqué un élément surprenant d'optimisme dans ma vie. Je n'ai pas été malade cette année. En dehors de l'hernie de l'an dernier, rien, presque aucun rhume ni mal de dents. A 17 ans, je passais presque toute l'année entre divers rhumes, sinusites, allergies et crises d'asthme et craignais que cela ne ferait fatalement que s'aggraver avec le temps. C'était devenu proverbial dans ma famille, on ne me demandait même plus si j'étais malade, j'achetais des quantités énormes de mouchoirs par avance, et je croyais être d'une fragilité anormale. Pour une fois, une de mes prédictions pessimistes ne s'est pas réalisée et c'est très agréable de ne plus ressentir ces maladies constantes.

J'ai demandé à ma mère ce qu'elle souhaitait pour la Fête de ce dimanche - ma famille est très attachée aux ersatz de rituels de calendriers. Elle a demandé des chèque-cadeaux d'une parfumerie, que j'ai donc envoyés à Marseille, ne comprenant pas bien pourquoi.

Il y a une pub curieuse pour la Fête des Pères en ce moment où le père, qui a la cinquantaine, reçoit une calculatrice dernier cri. On voit qu'il y tape "9 + 2 = 11" et on se dit qu'un Père qui aurait besoin d'une machine pour cette opération doit avoir des problèmes bien plus profonds que ceux qu'une calculette pourrait résoudre.

Le Théâtre de la Colline est déjà plein pour les deux semaines qui viennent. Il faudra que je réessaye pour le mardi 18 juin, par exemple mardi soir prochain. J'hésite à y inviter Elfriede, pour ne pas y aller tout seul - il est hors de question que j'y invite Sakura. Cette dernière m'a invité chez elle pour cet été et j'ai refusé.





May 30, 2007 11:12 AM

Retour au Cybercafé

Zut, comme pendant ce sinistre mois de décembre où ma connexion ne marchait plus à cause du téléphone. J'ai légèrement bougé mon ordinateur et cela a déplacé la carte graphique, impossible de le rallumer. J'ai demandé à Petit-Frère d'y jeter un coup d'oeil en fin de semaine parce que j'ai peur d'aggraver le mal en ouvrant le truc.

Je reviens donc travailler en Cybercafé. Celui-ci, un autre de la rue Gambetta, n'est finalement pas si mal, et moins cher que le Milk même s'il n'est pas ouvert 24h/24.

Mais il y aura peu de bloguage cette semaine. A 2 euros de l'heure, cela devient un peu un luxe. Il faut que j'arrête de scruter la minuterie.

Sakura m'a invité pour un café aujourd'hui. Cela me paraît presque un pensum à présent alors que cela m'aurait fait plaisir à une époque. Elle a parfois une étrange voix. Vous connaissez la voix qu'a une personne au téléphone quand elle veut mettre fin à la conversation "bonnnnnn, bennn, voilààààààà". Elle a cette voix en permanence, comme si toute discussion semblait l'avoir lassée.

Ai discuté avec Koronis pour qui j'ai d'habitude une admiration presque sans borne mais nous nous sommes disputé car elle trouve que l'arrivée de Kouchner au gouvernement est une bonne chose et une preuve d'ouverture. Je ne comprends décidément rien aux gens.

Tout m'agace chez ce type. Il supprime les impôts sur les successions et cela ne choque personne. Je ne veux pas être très formaliste mais le fait qu'il fasse du jogging en portant un T-Shirt "US Special Agent" dépasse la ploucitude. Même Bush aurait-il osé ??

Mon téléphone a été à nouveau coupé et rétabli. La routine. Mais ce qui est original - et assez incompréhensible - est que le retour a réparé le répondeur qui ne fonctionnait plus depuis deux ans... Il va falloir me réhabituer à le consulter.

Je m'ennuyais tellement hier soir sans wilfage et sans Internet - bon sang, comment font les gens qui n'utilisent que la télé pour détruire leurs neurones - que je me suis inventé un nouveau loisir de boulimique : l'indigestion. Je conseille la cuisine du sud-ouest, très bien pour cela.






May 28, 2007 2:11 AM

Ballade

J'avais recopié en janvier ces Ballades de Charles d'Orléans, François Villon et d'autres suivant la contrainte "Je meurs de soif auprès de la fontaine".

J'ai essayé d'en écrire une qui ne doit être qu'assez répétitive si vous avez lu les précédentes.

Soyez indulgents.

Je meurs de soif auprès de la fontaine,
Tirant plaisir d'un feu douloureux,
Paillard lascif aux amours puritaines,
Esprit fougueux en un coeur langoureux,
Si souffreteux pour être vigoureux,
Prenant chair nue pour encombrant pourpoint,
Goût de fadeur pour régal savoureux,
Me divisant en un unique point.

Vers ma Prochaine en Princesse lointaine,
Gueux éploré ayant sort bienheureux,
Couard valet et vaillant capitaine,
Preux aspirant à devenir peureux,
Froussard poltron guidant les valeureux,
En désaccord avec mon contrepoint,
Foyer glacé au pôle chaleureux,
Me divisant en un unique point.

Montrant respect à la morgue hautaine,
Songe de fer au haubert vaporeux,
Doutant surtout de vérités certaines,
Dans l'eau séché, dans un galet poreux,
Se calcinant en hiver rigoureux,
Lourd de soucis, épuisé de tout soin,
En Arcadie, je serais malheureux,
Me divisant en un unique point.

Ô Dame au loin, dont je suis désireux,
Riant à tous, masquant mon mal-en-point,
Froid et blasé, je me vois amoureux,
Me divisant en un unique point

Oui, je sais, il y a des clichés. Genette relève dans son amusant dictionnaire Bardadrac : "Princesse : Toujours lointaine", sans doute à cause de la pièce de Rostand. Mais il y a peu de rimes en -taine en dehors des chiffres comme centaine et quarantaine, je voulais mettre une allusion à Jaufré Rudel, que cite souvent Roubaud, et ne pouvais reprendre mon vers favori dans la Ballade des contradictions de Villon, "En mon païs suis en terre loingtaine".




May 27, 2007 11:11 PM

Sous l'incurable ennui que verse mon baiser

"It's a dangerous business
going out your front door."
(Tolkien)

Il faudrait que je cesse de voir des mauvais films. J'ai cédé à ma soeur et suis allé voir Pirates of the Caribbean - qui ne se passe pas trop dans les Antilles. Je ne pourrais plus dire que je n'en ai vu aucun et ai donc commencé directement avec le Troisième. Le cabotinage affecté de Johnny Depp est un peu pénible, mais it's not a bug, it's a feature. Je ne m'attendais pas à tant de références à des jeux de rôle d'Heroic Fantasy dans un film prétendument de pirates. Il y a plus de D&D que d'Errol Flynn : les Neuf Seigneurs-Pirates doivent réunir Neuf Objets magiques pour libérer la Déesse des Mers mais le vilain s'est allié à une Liche et ses zombies qui viennent tout droit de Der fliegende Holländer (oui, Davy Jones's Locker n'est pas une création du film). On a même droit à tous ces sous-jungismes sortis encore une fois de Joseph Campbell - y a-t-il quelqu'un qui a fait plus de mal à la fiction que Campbell dans l'histoire de l'humanité en standardisant ces étapes obligatoires du Passage du Seuil, du Ventre de la Baleine, de la Renaissance du héros, etc. ?? Mais je ne vais pas bouder mon plaisir : lorsque notre anorexique favorite, la capitaine Keira Knightley / Elizabeth Swann déguisée en Cheng Yi Sao demande à la flotille pirate de hausser le Jolly Roger, je n'ai pu m'empêcher d'un frisson devant les étendards des Frères de la Côte.

Mon oncle, qui possède une maison, s'est fait cambrioler pendant un quart d'heure d'absence et j'ai encore moins envie de sortir que d'habitude. Non, je n'ai pas besoin d'un tel prétexte. Mais depuis que j'ai cassé la lampe de mon salon, il faut bien que je sorte un peu malgré la pluie. Je ne supporte plus mes pâtes aux aubergines quotidiennes et manger de la malbouffe dehors est devenu un loisir.

En plus, mon adresse mail ne fonctionne pas aujourd'hui - comme souvent le dimanche - et je passe mon temps à wilfer compulsivement sur mon Google Reader.

Je suis un peu jaloux de Sakura qui va partir en Inde faire du trekking. En même temps, je ne suis pas sûr de vouloir y aller seul et il faudra que j'attende de rencontrer une spécialiste de sanscrit.

J'ai repris la lecture de Bardabrac de Gérard Genette et je le recommande chaleureusement, c'est à la fois très drôle et fascinant de culture universelle. L'une des choses pour lesquelles je suis reconnaissant à un enseignement généraliste et aux dérives trop formalistes est d'avoir pu lire Genette, qui serait sans cela resté un truc pour Lettres Modernes.

Allez, un autre Jeanne Cherhal, pour la Fête des Mères, "Un Couple Normal", qui me rappelle quelqu'un :






May 27, 2007 11:11 PM

Der Untergang des Abendlandes

Le modèle et l'exception française était en danger depuis longtemps et j'imagine que même si Royal ou Bayrou avaient gagné, cela n'aurait fait que retarder les choses de cinq ans tout au plus. L'histoire des cultures du monde n'est plus que la lente désagrégation dans la culture mondiale, c'est-à-dire en gros l'Américanisation - geste auquel je participe consciemment en traduisant de l'anglais et en essayant de connaître le plus possible ce Grand Autre qui nous absorbe.

Notre dépression collective s'explique en partie par le poids de ce modèle que nous n'arrivons plus à soutenir contre la déferlante américaine. Avec Sarkozy, nous sommes passés de notre Phase "dépressive" à la Phase Maniaque.

Ceux qui défendent ou qui attaquent Mai 68 ne se rendent pas compte que l'effet n'a en fait été que la Modernisation, c'est-à-dire pour nous-autres Européens l'Américanisation, comme l'avaient bien vue Cohn-Bendit et VGE. Les critiques qu'on fait contre Mai 68, comme la fin de l'autorité, de la culture et de la transmission, sont celles que Arendt faisait déjà dès 1958 contre le modèle américain, sans que le libéralisme américain - dans tous les sens de ce terme - n'ait d'influence marxisante.

Mai 68 pouvait citer Marx, Mao, Marcuse ou Nietzsche mais, par une ruse de l'histoire, les effets furent les mêmes que le "Pragmatisme" prétendument néo-hégélien de Dewey qui a contrôlé la philosophie américaine du XXe siècle. Toute critique de l'éducation doit passer par l'éducation technique selon Dewey plus que par les textes mai-soixantuitards ou la sociologie bourdivine, puisqu'ils en sont la pensée cachée aux acteurs eux-mêmes - à la rigueur l'influence de l'Emile est importante. Il y a quelque chose de tragique à penser qu'une personne aussi généreuse a créé une idéologie aussi destructrice.

Pour prendre un autre exemple, le combat du Républicanisme contre le Communautarisme est définitivement perdu. J'avais gardé un peu d'espoir au moment où Sarkozy utilisait ces références communautaristes car il avait du coup immunisé la gauche à cela et renforcé les résistances de la droite. On avait même vu Malik Boutih changer d'avis et devenir anti-communautariste grâce à Sarkozy.

Mais à présent, tout le monde, dans les médias, à droite, à gauche, encense le communautarisme de Sarkozy. La question de la validité ne se pose même plus, on ne parle plus que du "retard" qu'aurait pris la gauche dans la discrimination positive.

Il restera des différences historiques énormes. Les USA avaient la diversité des sectes. La France va passer d'une déchristianisation catholique à une concurrence avec diverses formes d'Islam. J'espère qu'on pourra défendre le modèle médical un peu contre l'assaut d'AXA.


May 27, 2007 5:11 PM

Divers Indépendants

Voir Précédents

  • Army At Love #3

    Sex & Death J'exagère un peu mon "conservatisme" quand je parle de comic books. Je n'apprécie pas le cynisme sombre quand il affecte le genre des Super-héros, parce qu'il ne me semble pas fait pour cela. Mais cela ne veut pas dire que ce ton ne soit pas très bien adapté pour d'autres genres comme la bande dessinée de Guerre. Army At Love, sans doute le plus audacieux de tous les comic books "mainstream" en ce moment, l'illustre bien. Le titre mélange astucieusement un titre de war comics des années 50, Army at War, et ceux des romance comics. La bd est une grande réussite, me faisant penser à une sorte de Desperate Housewives en Irak - la bd dit "Afbaghistan" mais c'est bien les contrats de "reconstruction" et les insurgés irakiens. Il y a aussi des scènes qui peuvent venir d'Apocalypse Now, comme celle où l'armée organisait un défilé de playmates au Vietnam.

    Il y a presque une violence sarcastique où les diverses familles américaines qui se trompent sont minées par un consumérisme nihiliste, un égoïsme hédoniste et une corruption généralisée. Cette audace n'étonne pas tellement du dessinateur / scénariste Rick Veitch. Même s'il n'est pas britannique mais bien Américain, il a déjà connu sa part de controverse et de censure - l'épisode le plus fameux il y a près de vingt ans étant celui où il fit un comic où Jesus était en fait un magicien. Mais il est plus surprenant qu'un éditeur aussi traditionnel que DC Comics, via Vertigo, ose publier cela. Il est vrai qu'ils semblent tenter la controverse aussi dans Testament - où une interprétation un peu New Age de la Bible est utilisée pour des métaphores anti-Bush. Je me demande si des tarés du genre de Fox News ne vont pas bientôt appeler à des pétitions contre cette bd.

    Cet épisode voit de retour en Amérique quelques-uns de ces soldats, comme Flabbergast, une sorte de magicien Houdini qui travaille pour le Service MOMO (Motivation and Morale) de l'Armée. La scène cartoony où les insurgés afbaghistanis se font exploser eux-mêmes dans un plan digne des Monty Pythons m'a fait rire quelle que soit l'horreur réaliste de ce genre de situation.

  • Ex Machina #28

    Bloomberg doit rêver en lisant ça.
    La suite de l'histoire pendant le Grand Blackout du 14 août 2003. J'avais tort, l'inconnu au scaphandre steampunk ne vient pas du futur mais d'une Terre parallèle.

    Le ton de cette série qui mélange Spin City et un seul maire superhéros risque d'évoluer si les éléments de SF se multiplient, mais il fallait bien expliquer un jour l'anomalie des superpouvoirs dans ce monde réaliste.

    C'est un peu la même difficulté qu'a Concrete de Paul Chadwick, qui tente des histoires très réalistes avec un prémisse de départ de SF.

  • Dynamo 5 #3

    Dans les bd de Jay Farber, je m'intéresse généralement aux thèmes Soap Opera mais peu aux histoires pseudo-superhéroïques. C'est encore plus le cas ici où les rapports entre les cinq demi-frères et soeurs éclipsent complètement les missions qui sont trop classiques et semblent même faire perdre du temps. On a plus envie de voir les gags sur American Pie entre les personnages que leurs aventures.

  • Noble Causes #29

    Je suis ambivalent sur la fin de cet épisode.

    D'un côté, Jay Farber éclaire enfin un point gênant du tout début de la série, le volume 1 : Liz Donnelly-Noble avait perdu son mari Race et était partie vers une Terre parallèle pour le retrouver. La série se passe désormais sur cette Terre - la Terre de l'univers Image où vit aussi le Savage Dragon malgré quelques incohérences. Comme le dit un des personnages, personne ne mentionne jamais cela et cela semblait d'ailleurs être plutôt un défaut du volume 1.

    Mais à présent, ils se resservent de cette possibilité d'aller vers d'autres mondes, ce qui met le doigt sur un gros problème de la notion de Multivers - problème que j'ai déjà évoqué sur le Multivers DC. Si les personnages d'une fiction sont conscients de la possibilité de changer complètement de monde fictionnel et de faire varier le contexte à l'infini, on risque de ne s'intéresser à rien, rien n'aurait de prise réelle et pourrait toujours être aboli. (De manière analogue, les Résurrections à répétition des comics ont vidé la mort de toute substance.) On résume souvent ce problème par un cliché sur le rapport inverse entre importance du récit et variabilité : "If Anything Can Happen, Nothing Matters". Comme je l'ai dit, c'est un sophisme du point de vue métaphysique, mais c'est tout à fait vrai du point de vue esthétique. DC a essayé de régler ce problème avec un nombre fini arbitraire de Terres parallèles : il n'y en a que 52. Mais ici ce comic-book, comme tout le genre du Superhéros, risque de ne pas pouvoir affronter ce problème.

    Les dessins de Yildinay Cinar - qui s'encre lui-même - me semblent s'améliorer encore et sont même très agréables ici.

  • Phonogram #6/6

    Je continue d'adorer la finesse des dessins de Jamie McKelvie mais malgré tous les efforts et les annotations de Kieron Gillen j'ai de plus en plus décroché des références de Brit-Pop. J'ai beau être fan de Blur, toute la métaphore sur la nostalgie et notre rapport aliéné à un contexte historique ne me fait rien. Et à force de répéter dans chaque épisode que le héros phonomancien David Kohl est un con antipathique, je crois que j'ai fini par y croire et perdre toute empathie avec un type "too cool for school". J'ai parfois le même problème avec John Constantine, quelles que soient ses vulnérabilités.

  • Deepak Chopra Presents: India Authentic #1 Ganesha

    Babar !
    Grosse déception. J'espérais que cette bd de Virgin Comics trouverait une histoire utilisant ce Dieu Ganesha, dont la forme paraît si faite pour une bd, mais on n'a droit qu'à une adaptation directe et sans distance de ses origines mythiques déjà bien connues dans les Purânas, mais sans expliquer l'autre partie du mythe sur le fait qu'il n'ait qu'une seule défense. Il est vrai que Ganesh a peu d'aventures mythiques. Danielou cite dans Mythes et dieux de l'Inde p. 449 le Mudgâla Purâna qui expliquerait cette dissymétrie des Défenses (Ekadanta) comme une allégorie de l'Illusion derrière l'Unité.

    Les couleurs sont impressionnantes mais on n'apprend vraiment rien. La préface jungienne par le médecin New Age Deepak Chopra ne me convainc pas non plus. Le #2 portera sur la Noire Kâli et le #3 sur l'ancien dieu védique Indra, qui pourrait être plus original.

  • Rex Mundi #5

    La suite de cette France alternative de 1933. Le Duc de Lorraine, devenu le Tyran usurpateur en tant que descendant des Mérovingiens et de Jésus (oui, encore les mêmes machins), déshérite sa fille volage Isabelle. La France a réussi au sud-ouest sa Reconquista des Califats ibériques mais sur le front est les troupes austro-prussiennes marchent sur la capitale. Le Duc de Lorraine fait exécuter toute l'ancienne famille royale dans une référence à Yekaterinburg 1917 et met ensuite le feu à Paris contre les armées coalisées comme Moscou 1812. Toute cette macédoine pseudohistorique m'amuse beaucoup, mais le héros Julien Saunière continue d'être bien pâle par rapport au contexte.

  • Welcome to Tranquillity #6

    La chute de ce premier arc de la série est satisfaisante et répond à de nombreuses questions mais détruit également en partie tout le concept. On apprend que cette ville pour superhéros retraité avait été construite sur [SPOILER] une minuscule source de Jouvence, et que c'est ce secret qui expliquait les crimes récents mais aussi toute l'origine de cette ville pour personnes âgées. C'est un lien "logique" et intéressant mais la révélation me fait penser que la ville n'a pas assez d'intérêt en elle-même pour permettre d'autres histoires. De plus, ce dessinateur Neil Googe n'a pas un style que j'apprécie.


  • May 25, 2007 11:39 PM

    GoogleAds

    C'est curieux ces GoogleAds de 20six au-dessus du Blog en ce moment.

    Il y en a un pour le site de Fabius. Ce n'est pas pour les Législatives, Fabius se fera réélire facilement. Il dépense donc de l'argent parce qu'il croit encore à son destin national ???

    Mais le plus drôle est encore cet étrange lien qui ressemble à tant de Spam pour des Cartes vertes...

    Oui, sarko comme argument pour émigrer...

    Que veulent-ils dire ? Que nous allons émuler l'atlantisme de notre Président ou bien qu'il va nous donner envie de quitter le pays ?? Tant qu'à avoir l'américanisation, autant avoir l'original plutôt que le fac-simile en plus petit - mais cet argument ne marche pas, il l'a prouvé avec certains thèmes lepénistes.



    May 25, 2007 11:39 PM

    Divers Marvel

  • Fantastic Four #546
    J'avais mentionné il y a quinze jours l'épisode de Black Panther qui se passait juste après cette partie. C'est un bon numéro et Paul Pelletier est vraiment doué, peut-être meilleur que McKone. Le seul petit problème graphique me semble être l'effet cosmique autour de Gravity, qui me fait plus penser à un bain moussant de bulles de savon.

    Du point de vue du scénario, cela confirme une théorie : contrairement à ce que croient tous les Marvel Zombies, Galactus n'est pas un vilain intéressant. Comme il est censé être omnipotent, le scénariste est toujours forcé de se servir d'un Deus Ex Machina peu crédible pour le vaincre, et cela rend toujours Galactus de plus en plus ridicule puisque la menace prétendument divine se fait battre à chaque fois par des héros mortels. Galactus est donc une promesse de mauvais scénario et qui s'autodétruit. Ici, le moyen utilisé pour le vaincre est particulièrement raté puisque on ne voit pas alors ce qui empêcherait de l'utiliser à nouveau pour enfin arrêter l'appétit insatiable du Dévoreur de Planète.

    Mais il est amusant de voir la Panthère noire réutiliser un gadget du Doctor Doom vu dans Fantastic Four #58 - "Cosmic Torch!". C'était il y a 41 ans ! Et je ne sais même pas d'où viennent ces Grenouilles omnipotentes.

    On annonce déjà le retour de Reed Richards et Sue et j'ai l'impression que le passage de T'Challa et Ororo ne va pas durer au moment où le comic book devra se plier à la sortie du second film. B+

  • Mighty Avengers #3
    De plus en plus sexiste et sexploitation, comme si Bendis tenait à nous dire qu'il sait pourquoi on achète du Frank Cho. Oui, j'aime bien, même si le fétichisme s'est déplacé hors de la Guêpe.

    La fameuse scène où Henry Pym tente de coucher avec Tigra est - ce qui n'est de toute façon pas aussi torride que la scène où Henry Pym réduit sa taille pour pratiquer une certaine titillation de Janet. B+

  • New Universal #6
    Je ne sais même pas pourquoi j'essaye encore des comics de Warren Ellis. Il a une bonne réputation mais à chaque fois, je ne vois que massacres sans intérêt. Ici, le nouveau héros Justice policier télépathe voit les péchés d'une foule et les exécute en masse... Le gouvernement prépare à nouveau un génocide contre la nouvelle race de superhéros. Bon, je me désabonne, je n'ai pas envie de lire des histoires où des salauds tuent des salauds. D

  • New X-Men #38
    J'ai acheté ce titre que je n'essaye plus depuis des années afin de voir ce qu'était le retour de Magik, Illyana Rasputina, la soeur défunte de Colossus - même si la seule New Mutant qui me manque serait plutôt Dani Moonstar (Mirage), qui a perdu ses pouvoirs après la Décimation par la Sorcière rouge. Mais je n'avais pas idée à quel point lire une bd de Skottie Young m'est physiquement douloureux. Je n'ai rien compris, tous les personnages étaient des figures grimaçantes et je ne sais s'ils avaient tous des pouvoirs élastiques car les formes étaient plus inhumaines que Plastic Man. Pourrait convenir pour un bd enfantine avec peu de personnages mais là c'est absolument ignoble. Z-

  • Special X-Men First Class
    Ce numéro spécial de 40 pages est une anthologie écrite par Jeff Parker - valeur montante sur des titres plus naïfs comme Marvel Adventures - et dessinée par divers artistes comme les talentueux Kevin Nowlan ou Paul Smith. Les histoires font suite à la série limitée en huit épisodes X-Men First Class. Ce sont des scènes le plus souvent parodiques autour des X-Men "originaux", l'équipe des années 60, et Parker ne cache pas d'ailleurs cet ancrage dans le passé, en jourant sur les références désuettes comme le Café Beatnik / Psychedelic que fréquentait les étudiants - tiens, pour une fois j'aime beaucoup des dessins de Dragotta et Allred. L'histoire d'amitié entre Jean Grey et un Dragon-Man domestique n'est pas vraiment pasionnante, surtout que Slott a déjà fait mieux avec l'Awesome Android dans She-Hulk. Les gags d'une page peuvent être "mignons" mais sont moins drôles que les strips de Giarusso dans Savage Dragon - ce qui n'est pas exactement un compliment. C'est agréable mais relativement oubliable, malgré de bons dessinateurs. B

  • She-Hulk #18
    Qu'est-ce que les couvertures de Greg Horn sont moches... La meilleure bd Marvel de la semaine.

    She-Hulk découvre enfin qu'elle a été utilisée par Iron Man depuis plusieurs numéros et Tony Stark s'y montre encore plus immonde que dans d'autres titres récents. Je commence à penser que l'hypothèse qu'il a été remplacé devient inévitable, même si ce n'était pas le projet initial.

    Je trouvais les critiques de l'univers DC contre Wonder Woman excessives quand elle avait tué Maxwell Lord mais ici les violations de droits civiques par Stark commencent à passer du discutable à l'absolument indéfendable.

    C'est par Dan Slott, qui écrit aussi The Initiative et j'ai l'impression qu'on se dirige vers un châtiment pour l'homme en armure de gueules et d'or. La suite est déjà parue dans Incredible Hulk #106, et annonce le nouveau World War Hulk. A



  • May 24, 2007 11:39 PM

    Divers DC

    • Countdown #50-49

      Le début de la série a été un peu trop centré sur l'univers batmanien avec Duela Dent et l'Asile d'Arkham, mais les autres intrigues commencent à se développer.

      L'idée principale est qu'il y a désormais 52 Monitors correspondant aux 52 Terres alternatives du Multivers DC et qu'ils ne sont pas tous d'accord. Ils redoutent un nouveau cataclysme qui serait agencé par Darkseid, qui est censé être le seul vilain à peu réussi de cet éditeur.

      Crisis on Infinite Earths a beau être l'un de mes comics favoris, même moi je commence à perdre patience quand DC refait cette histoire de re-création de tout l'univers. Marvel a réussi à faire une histoire plus resserrée sur les Droits civiques américains avec Civil War. DC se croit encore obligé de refaire la destruction de tout le Multivers tous les ans, alors qu'il vient à peine d'être rebooté l'an dernier dans Infinite Crisis et 52.

      Countdown est lié de près à ce qui se passe dans d'autres titres, notamment l'intrigue de Justice League of America avec la Légion des Super-héros, mais pour l'instant les éléments les plus intéressants viennent surtout des Rogues - les ennemis de Flash - comme Pied Piper, le Flutiste, qui pourrait devenir un des meilleurs anti-héros infiltrant la pègre.

      La surprise est que l'insupportable Jimmy Olsen aussi a eu une influence de son passé de l'Age d'argent : il récupère les pouvoirs de Elastic Lad. Cela le rend presque moins pénible.

      On a aussi droit au retour de Black Adam qui avait à peine eu le temps de disparaître il y a trois semaines.



    • Justice League of America #9 :

      Malgré toutes mes réserves sur le dessinateur Ed Benes et sur la vacuité des six premiers épisodes, c'est plutôt agréable.

      Mais je suis bon public quand il y a la Légion des Superhéros. Le retour de Wildfire et Dawnstar rappelle à nouveau à quel point la Légion de la période Levitz nous manque depuis vingt ans.

      Dans JSA #5, Superman retrouve la Légion classique dans la Forteresse de Solitude.

      Brad Meltzer et Geoff Johns ont introduit quelques jolis clins d'oeil comme les origines de l'Ultra-Humanite - vient-il de Terre 2 ? -, plus intéressant que l'habituel Gorilla Grodd, et un passage par la planète Thanagar qui a l'air d'oublier les événements récents dans la Guerre Rann-Thanagar.

      Dawnstar, Amérindienne de l'espaaaaaace.


    • Supergirl and the Legion of Super-Heroes #30

      La série relancée par Mark Waid et Barry Kitson va bientôt changer d'équipe et ils arrivent à une résolution assez satisfaisante, avec un piège assez réussi sur le sort du nouveau Mon-El.

      La chute sur Cosmic Boy est un hommage à la première apparition de la Légion dans Adventure Comics #247 (1958).

      Mais en dehors de ces bonnes idées, le style de Kitson devient de plus en plus monotone - je ne crois pas que ce soit de la faute des encreurs Gray & Palmiotti. Colossal Kid a une tête de Quasimodo. Cela me donne donc assez peu envie d'essayer sa prochaine série chez Marvel.

      Le nouveau leader de la Légion devrait être Karate Kid ou Ultra-Boy, et j'espère qu'on va moins voir le premier... "Historiquement", avant le Reboot, Ultra-Boy fut le premier leader de la Légion à être élu par les lecteurs en 1968 avec 16% des voix, et son successeur fut Karate Kid - dans la chronologie de Levitz, Giffen et les Bierbaums, cela correspondait à l'année 2979.

    • Wonder Woman #9

      On a décidément été trop sévère avec la nouvelle scénariste. C'est très réussi, même si cela risque de rendre les Amazones encore plus aliénées. La scène où Hippolytè émascule l'obélisque du Washington Monument est bien vue, comme le fait remarquer avec humour Batman : "Si elles visaient la Maison blanche, elles ont échoué - si elles visaient une métaphore, elles ont réussi". De même, la blague de Nemesis sur Death of a Salesman est plutôt réussie.

      En revanche, je regrette que l'artiste n'ait pas gardé le style moderne de la nouvelle Athéna, reine de l'Olympe depuis qu'elle a renversé son père, le fils de Kronos. Rucka en avait fait une informaticienne mais elle réapparaît ici devant Hippolyté en casque et peplos classique.






    Pathemata

    Laurent Joffrin dit qu'il soutient le projet de faire lire la dernière lettre du jeune résistant Guy Môquet. Il ajoute que si une Présidente de gauche avait eu la même idée, personne ne la critiquerait.

    Il a raison sur deux points : 1 j'imagine que dans notre contexte où l'émotion brute remplace tout symbole authentique dans notre spectacle permanent un Président de gauche aurait très bien pu faire cette idiotie, 2 personne n'aurait en effet osé la critiquer en dehors de quelques aigrivains.

    Mais c'est quand même une mauvaise idée.

    La lettre n'a aucun intérêt historique. Il dit qu'il aime sa maman et qu'il espère qu'elle va bien. Il ne dit rien sur le contexte. N'importe quelle plaque dit déjà plus.

    La lettre n'a aucun intérêt rhétorique. Qu'on lise n'importe quel discours de la Révolution si on le veut, qu'on lise du Malraux ou du Badinter mais pas cette lettre de jeune adolescent de 17 ans. Le Président a été ému et il veut que nous communions tous dans une émotion.

    Guy Môquet fut assurément un jeune héros et sa lettre est touchante, voire bouleversante à un niveau très primaire qui prend aux tripes. Mais elle n'est que cela, de l'émotion brute, sans signification en dehors de notre complaisance à nous identifier à des martyrs - nous n'aimons plus les héros trop ambigus qu'en victimes inconditionnelles.

    Laissons cela à Hollywood, c'est exactement le contraire de ce que doit enseigner l'Histoire et l'Ecole en général, qui sont la distance et l'esprit critique, une admiration fondée en raison, et non l'enthousiasme fanatique. Une classe a un rituel et demande certes de la rhétorique, mais n'est ni un spectacle ni une messe.

    Rendre cette lettre obligatoire, c'est nier l'Ecole. C'est réduire l'éducation au nom d'impératifs de nos médias de masse. C'est remplacer la culture par un vague supplément d'âme, mettre la seule purgation des affects au-dessus de la contemplation. La culture ne meurt pas dans l'oubli, elle meurt aussi dans la simplification et la transformation en divertissement de soap opera.

    Cette lettre n'est que du pathos. On exalte ce résistant parce qu'il était jeune et on dit qu'il doit servir de modèle de sacrifice. Mais en fait, on n'attend pas le courage par ces larmes faciles, seulement une identification infantilisante à l'innocence supposée totale de la jeunesse, au moment même où on commence à répandre un péché originel génétique sur les enfants.

    Le problème n'est pas qu'il sache récupérer et recycler des résistants ou des communistes. Cela peut se concevoir au nom de l'unité de notre histoire et au moins cela reste laïque. Je ne suis même pas sûr que le but soit seulement tactique ou cynique. Le problème est que cela ne puisse dissimuler la vacuité totale de ce projet.








    Heroes Ep. 23

    Voir Heroes Episode 1-18, Episode 19, Episode 20 et Episode 21, Episode 22.

    Ca y est, l'épisode 23, Comment Arrêter un Homme Explosif, Final de la Saison de la série Heroes a eu lieu et je vais mettre des Spoilers en Blanc sur Blanc qu'on peut voir en sélectionnant le texte ci-dessous.

    SPOILER

    Cliquez à vos risques et périls :

    Il est drôle de voir à quel point la fin correspondait exactement à nos désirs : châtiment de Sylar, héroïsme de Hiro (enfin Yatta ne m'a pas énervé, rédemption de Nathan, salut de presque tous les personnages et malgré cette happy end "prévisible", cela restait satisfaisant parce qu'ils avaient réussi à faire croire à la possibilité que cette happy end n'ait pas lieu. La technique consiste donc à rendre le dénouement prévisible d'autant plus désirable qu'on a peur d'être frustré de la décharge attendue.

    Je suis seulement étonné que Linderman soit vraiment mort. C'était un bon vilain. Il nous reste Angela Petrelli et son pouvoir encore inconnu.

    J'avais tort sur Candice. Elle était vraiment jolie même quand les illusions se dissipent. Sa phrase sur des problèmes de poids était vraiment une plaisanterie.

    Peter peut revenir grâce à la régénération mais je me demande comment Nathan a pu s'en sortir. Il a pu lâcher Peter avant l'explosion. Au pire, un voyage temporel ?

    Sylar a dû aussi survivre soit dans cette flaque de sang qu'on voit glisser vers les égoûts, dans le Cafard qu'on voit - Gabriel Samsa ! -, soit en utilisant un de ses pouvoirs inconnus : une hypothèse est qu'il peut se transférer et que son esprit est dans le corps de Parkman. Mais l'acteur revient donc il pourra sans doute bien réparer son corps.

    Molly rocks.

    La famille de Nikki, DL et Micah m'agaçait mais avec l'ajout de Molly, ils deviennent mes favoris.

    Je ne dois pas être le seul à avoir pensé aux Palantiri quand Molly The Tracking System dit qu'il y a quelque chose d'Autre et qu'Il peut la voir quand elle Le cherche.

    En revanche, je ne vois pas l'intérêt de ce teaser sur le Japon du XVIIe siècle et l'Eclipse.

    Jim pose une bonne question : Pourquoi Peter ne s'est-il pas envolé tout seul. Une réponse possible est que le risque d'explosion le bloquait et qu'il avait besoin du roc solide de son Frère pour lui en donner le courage. Et peut-être est-il comme Ultra-Boy de la Légion des superhéros : un seul pouvoir activé à la fois.

    Vivement la Saison 2, "Genesis" et ses six nouveaux "humains évolués" - Heroes n'utilise pas le terme Mutant pour amoindrir l'analogie avec les X-Men.





    Clash of the Century!!


    BECAUSE YOU DEMANDED IT!

    THE LEGION OF SUPERHEROES

    C'était aussi la couverture du supplément pour le jeu de rôle DC Heroes.

    VS

    Le PETIT PRINCE

    Ok, pourquoi, moi ça me fait vraiment rire ??

    Oui, je crois bien que Gim Allon (Colossal Boy/Leviathan) est en train de piétiner la Rose.

    Tant mieux, ça lui fera les racines à cette pimbêche.

    Qu'il essaye donc de demander à Lone Wolf de lui dessiner un mouton.

    Princess Projectra ou Saturn Girl peuvent le noyer sous une illusion d'un océan d'ovidés.

    Chameleon peut devenir un Mouton Géant Norstrilien, et qu'il essaye donc d'apprivoiser ça.

    Starman peut facilement transformer cet astéroïde à la gravité ridicule en un Trou noir et Element Lad peut transformer tout son planétoïde en inertron.

    Ah, ah, on rit moins, Monsieur le Roitelet -Autoproclamé- Extraterrestre Horticole qui vient harceler nos aviateurs de Sol III.




    Plus mon petit Liré

    Tout arrive. Ce chanteur est connu comme rappeur mais ici il reprend un de mes poèmes favoris sur un air qui pourrait plutôt faire penser à du Henri Dès :

    Popout

    Il a mélangé le sonnet 31 - c'est , au fait - et un texte qui a l'air de lui, même s'il reprend l'idée des Sirènes qu'on retrouve aussi au sonnet 130.

    A part cet ajout discutable, ce serait presque aussi bien que la reprise des octosyllabes de la Ballade des Dames du Temps jadis par Brassens, mais c'est plus difficile avec des alexandrins, et il a triché sur le refrain qui use un quasi-hémistiche "Mais quand reverrai-je" au lieu de "Quand reverrai-je, hélas".

    *

    Bon, rien à voir, mais il faudrait aussi que je sorte de mon crush sur Jeanne Cherhal. Ceci ne va pas aider, avec un rythme un peu brésilien et sa joyeuse autodépréciation :

    Popout Bon sang, depuis quand j'aime la scène française ? - BTW, La librairie qu'on voit dans le clip, c'est Shakespeare & Company, non ?








    Pénombres.

    ἀρχὴ γὰρ καὶ θεὸς ἐν ἀνθρώποις ἱδρυμένη σῴζει πάντα

    Lois, VI, 775e

    Ca y est, j'ai fini les dernières Missions urgentes et corrigé les épreuves de la traduction à déposer chez l'éditeur. Contrairement à ce que disait avec tant de véhémence la correctrice, il me semble qu'il n'y avait que des erreurs typographiques assez mineures et pas de grosses fautes comme des phrases oubliées - ce qui est un peu ma hantise tant il est facile de ne pas le remarquer.

    Je craignais de me sentir soudain désoeuvré mais ça va, j'accueille cette pause avec quiétude. Et il y a encore les petits agrégatifs dont je dois m'occuper.

    Un des plus grands plaisirs de la vie d'adulte, plaisir qui devient d'ailleurs de moins en moins fréquent en vieillissant, hélas, est celui de changer d'avis sur quelque question d'importance. Cela fait plus d'une douzaine d'années que j'avais le préjugé fortement ancré que Hannah Arendt était une philosophe surévaluée. En fait, je n'avais pas compris les buts de son grand livre Human Condition, 1958 - relativement mal traduit d'ailleurs -, mais je viens de lire la suite Between Past and Future, 1961, joliment traduit en français avec le titre très husserlien d'un des chapitres, La Crise de la Culture, en anglais c'est Crisis In Culture, et je suis enthousiasmé, j'ai enfin compris là où elle voulait en venir avec toute sa critique de l'animal laborans versus vita activa. J'avais l'impression - un peu comme chez McIntyre - qu'elle ne faisait que répéter Aristote, alors que c'est en fait l'inverse, elle veut isoler la praxis libre à la fois de la Theoria et du Travail, contre le Platonisme et contre le Marxisme. Le problème est que bien qu'elle use souvent de la stratégie de renvoyer Progressisme et Conservatisme dos à dos à la façon de la Dialectique transcendantale, je trouve qu'elle est de mauvaise foi et que sans être conservatrice, elle fait avant tout une critique des illusions du Progressisme mais sans rien apporter comme substitut, puisqu'elle reconnaîtrait que la Réaction est un échec. Cela donne ce ton de mélancolie sans nostalgie puisque le Retour est impossible, et d'un diagnostic pessimiste sans cure, une description philosophique qui refuse toute philosophie de l'histoire. [Au passage, quelqu'un a déjà étudié l'idée que la critique de l'epistemé anthropologique chez Foucault pouvait en fait reprendre Die Antiquiertheit des Menschen de Günther Anders dix ans avant ? Je me souviens que je n'ai compris les Mots et les choses qu'en le situant par rapport à la Krisis et au Kantbuch]

    La semaine prochaine arrive une autre pièce de mon dramaturge favori, Les Trois Soeurs de Tchekhov, à la Colline, et cela devrait me donner au moins un motif de sortir de chez moi. Il est curieux qu'un théâtrophobe et russophobe comme moi aime tant ses pièces. Alors que je déteste Tolstoï et même Dostoievski - sauf l'Idiot -, je suis pris d'un fanatisme pour Tchekhov qui n'a pas d'équivalent pour un autre écrivain, à part peut-être Borges.

    J'ai aussi des désirs irrationnels d'essayer des hobbies différents des jeux de rôle, comme des HeroClix ou autre chose. Oui, c'est idiot, je sais bien que le désir d'y jouer s'estompera dès que j'aurai fait l'achat, ça a toujours été le cas quand j'ai acheté des Wargames ou des TCGs. Je n'arrive pas à faire l'économie de ces erreurs. Il y a tant d'actions dont je sais déjà par avance qu'elles ne seront pas productives et que leur réalisation s'auto-annule. Mais le temps réussit toujours à l'emporter sur les illusions du désir.

    Sakura a appelé à nouveau. Cela fait des semaines que je dis que j'étais over it, mais c'est devenu tout à fait vrai, le comportement s'est réconcilié avec les croyances conscientes et j'ai enfin réussi à refuser l'invitation et à cesser cette complaisance masochiste.

    Ma lampe de salon est cassée et je ne sais comment la réparer - le problème est plus sérieux qu'une ampoule, il va falloir changer l'installation, et je tape ceci dans une pénombre éclairée par l'écran d'ordinateur. Mes yeux brulent un peu.

    Je suis allé à Versailles voir брат Саша et on a comparé nos enfances respectives. Je lui ai fait part de ma nouvelle théorie que j'ai eu une forme légère d'autisme - non, ce n'est pas une nouvelle forme d'hypocondrie, je me demande pourquoi je n'y avais jamais pensé en songeant aux indices - et il m'a expliqué à quel point il a eu l'impression d'être abandonné pendant son adolescence. Une fois que j'eue quitté la maison pour les USA, ma mère ne s'est plus vraiment occupé de lui et il s'est refermé sur lui-même, et c'est là que j'ai remarqué à quel point ce qu'elle considérait comme un respect de notre autonomie pouvait passer pour une étrange distance assez peu responsable quand il s'agit de Саша, qui avait manifestement besoin de plus d'attention.





    Généalogie

    Je suis allé hier à la Nuit des Musées au Château de Versailles, que je n'avais jamais visité. 1h45 d'attente mais cela valait le coup pour une visite gratuite.

    Et puisqu'on parle de ce Château dont l'ancienne conservatrice vient de devenir Ministre, je suis tombé par hasard sur ce vieux lien et je me demande soudain : quel est le rapport entre Christine Albanel et Véronique Albanel ?

    Christine Albanel, fille du Dr Jean-Claude Albanel, née en 1955, est la nouvelle ministre de la culture, agrégée de lettres et membre du conseil d'Etat. Elle était une des plumes de Chirac.

    Véronique Albanel, née Galouzeau de Villepin en 1955 également, est une Enarque, de même promotion que son frère Dominique de Villepin, né en 53, que Ségolène Royal, que François Hollande et son ami Jean-Pierre Jouyet qui vient d'être nommé Ministre aux Affaires européennes. Elle est théologienne catholique à Sciences Po et elle fut envoyée en mission avec Régis Debray pour faire partir le dictateur Aristide de Haïti. Elle est mariée au Général Baudouin Albanel, né en 1950.

    Si ce dernier est le frère de Christine, cela signifie que la Ministre est la belle-soeur de la soeur de l'ancien Premier ministre. Small World, indeed...




    Je ne comprends rien à ce pays

    Deux Français sur trois (66%) estiment que le socialiste Bernard Kouchner a eu raison d'accepter d'être ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, selon un sondage CSA-Cisco, rendu public vendredi. Selon cette étude, 19% lui donnent tort et 15% sont sans avis.

    Pour le seul électorat de Ségolène Royal, 56% donnent raison au "French Doctor", contre 37% et 7% de sans opinion.

    Barf.

    Je vais donner l'impression d'être sectaire - mais je peux à la rigueur comprendre quelqu'un comme le brillant Martin Hirsch, et je crois encore un peu à sa sincérité de Catholique social, qui veut réellement agir, même s'il fut ancien directeur de cabinet de Kouchner sous Jospin.

    Mais ce n'est pa seulement le fait que Kouchner ait été "socialiste" en théorie. Kouchner a dit il y a 3 semaines que Sarkozy était un danger pour la démocratie. On a le droit de trouver que c'est excessif mais on ne s'exprime pas ainsi en public pour soutenir ensuite le Danger. Et il accepte de devenir son ministre des Affaires étrangères, c'est-à-dire sous sa férule ! C'est bien pire qu'un traître névrosé comme Besson, c'est quelqu'un qui se fout du monde. On ne s'étonne pas que cet abruti ait soutenu l'invasion Halliburtonienne de l'Irak. Cet homme est pire qu'un narcissique inconséquent à l'Ego disproportionné à la JJSS, c'est un salaud.

    Et il n'y a qu'un cinquième des Français - un tiers des électeurs de Royal - à le critiquer ???

    Je n'en veux pas à Sarkozy de ce joli coup tactique mais comment Kouchnet peut-il être assez médiocre et vil pour trahir si vite ce qu'il vient de dire ??

    Oui, il a 67 ans et il doit se dire que c'est sa dernière chance de revenir au pouvoir.

    J'espère au moins que Ockrent va perdre son émission. Non, ce n'est pas de l'amertume - j'aimais même plutôt l'émission - mais il faut être cohérent. Entre le retour de Schönberg et elle, on va avoir une télé étrange.

    France 2 est devenu un monde parallèle à la Pravda, comme Paris-Match. Tout le pays sait que l'épouse du chef de l'Etat a refusé de voter pour lui et France 2 continue de faire des reportages qui non seulement ne le mentionnent pas mais prétendent même que c'est un modèle de famille unie et resplendissante, que ce sont "de nouveaux Kennedy"... Pauvre Camelot... Certes, JFK trompait sa femme aussi mais on ne sache pas que Jackie ait fait campagne contre lui avec son conseiller médias... Ce ne sont pas les Kennedy, ni les Atrides, mais plutôt les Daubray-Lacaze.

    Et Sarkozy qui dit que l'UMP n'a pas besoin d'un chef élu quand il est au pouvoir. Et il n'y a personne à l'UMP pour protester ??? Pourquoi n'avait-il pas ces réserves quand Chirac était Président ???????

    - Oh, et pour montrer que je ne suis pas si sectaire : depuis que je sais que Royal a menti sur Handiscol pendant le débat, je pense qu'elle est presque aussi dangereuse que le Bonapartiste ploutocrate.





    Joyeux anniversaire !

    Daniel Goossens !

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    Il doit être le seul dessinateur professionnel à être aussi un universitaire.

    May 17, 2007 11:56 AM

    Superbordeaux

    Tim Kring, le créateur de Heroes, craint que nous n'aurons pas tout de suite une version de Storm du Bordelais.

    Kring still can't get over his success.
    He just returned from France, where fans accosted him to pitch new superheroes, like "a character who could make amazing wine because he could affect the weather over his tiny little plot of land."

    Si lui ou Wired n'ont pas inventé cette anecdote, je crois que je vais me cacher sous la table.

    Tiens, Kring dit qu'il n'a jamais lu de comics et qu'il est l'influence mainstream modérant les références Geeks. C'est assez curieux, comme il avait déjà créé Misfits of Science (1985), une des premières séries avec des pouvoirs différents.



    May 16, 2007 11:56 PM

    Las de l'amer repos où ma paresse offense

    Une correctrice m'écrit que ma traduction est bourrée de phrases incorrectes. Je dois admettre que j'ai la nausée quand j'essaye de la relire tant je sens l'anglais derrière chaque phrase. J'avais oublié que si je voulais être traducteur je suis quand même nul en Version.

    Une élève de mon cours d'agreg me dit qu'elle s'est inscrite en colle oral avec moi la semaine prochaine parce qu'elle pensait que ce ne serait pas moi et qu'elle voudrait changer parce qu'elle trouve les sujets que je donne trop difficiles. Je crois que j'aurais été moins choqué si elle m'avait gifflé.



    May 15, 2007 6:42 PM

    Heroes ep. 22

    Voir Heroes Episode 1-18, Episode 19, Episode 20 et Episode 21.

    Le 22e épisode de Heroes hier soir sur NBC, avant-dernier avant le Final de la Saison, était Landslide, ce qui veut dire "Raz-de marée (électoral)" mais aussi littéralement glissement de terrain, rupture avant le désastre annoncé de l'explosion de New York.

    Le suspense continue de fonctionner de manière surprenante malgré toutes les conventions de comics. C'est une très belle convergence de nombreuses trames narratives, avec le retour au centre de la petite Molly the Tracking Device mais aussi de l'agente du FBI Audrey Hanson (Clea DuVall).

    SPOILERS abound...

    Zut, on ne sait toujours pas quels sont les pouvoirs des parents Petrelli et du père Kaito Nakamura - à part d'être Mr Sulu. Oh, très belle scène d'images speudojaponaises dans les aventures de Takezo Kensei - google m'apprend que le personnage n'est pas un vrai héros mythique mais une création de la série. Je doute qu'on ait un jour une explication de tout ce jeu sur l'idéogramme calligraphié d'hélice ADN de Kensei.

    Oh, et à quoi sert cet entraînement de Kendo ?? En une heure Hiro apprend l'escrime ? J'aurais préféré que Hiro arrête avec son attachement infantile à sa Safety Blanket transitionnelle...

  • Je me demande si Linderman peut se guérir lui-même. Dans le futur prévu, il faisait passer le Linderman Act d'immatriculation des mutants - je ne pense pas qu'une loi puisse porter un nom par simple hommage à celui qui n'est pas le législateur, même si on parle informellement du Brady Act.

    J'ai bien aimé la critique sous-jacente très efficace contre les machines à voter de la compagnie Diebold avec Micah. Peut-être que cet épisode fera plus que toutes nos pétitions pour restaurer les isoloirs et le paper trail.

    Mais en même temps, cela devrait quand même choquer les gens que Nathan Petrelli passe de 38% dans les projections de sorties d'urnes à 64%... Je veux bien douter des sondages - y compris en 2004 - mais un écart pareil aurait fait se lever des sourcils. Le Grand Discours de Nathan n'est en effet pas trop mal pour un scénario qui n'est quand même pas d'Aaron Sorkin.

  • Oh, DL Hawkins me manquera, j'ai toujours adoré les Passe-murailles - ce fut un de mes premiers personnages dans mes campagnes du jeu de rôle Superworld en 1985, même si je n'aime pas Kitty Pryde... Décidément, les personnages noirs à la Magical Negro ne tiennent jamais longtemps dans les fictions américaines, comme le rappelle Jim Henley.

  • Amygdala fait remarquer justement que le pouvoir de télépathie de Parkman est très peu fiable : il surprend Sylar et "Thompson" (l'Homme aux Lunettes) en embuscade, mais pas Thompson la fois d'après ni Suresh ? Parkman n'a pas l'air de reconnaître Molly et n'a pas pu lire chez Bennet ce qu'il cachait.

  • Sylar a été très efficace dans cet épisode mais je ne comprends pas vraiment s'il est suicidaire. Sans pouvoir de régénération de Claire, que veut-il faire avec l'explosion nucléaire ?

    Les méta-mutants Peter et Sylar vont devenir des personnages difficiles pour les scénaristes : ils ont tellement de pouvoirs que c'est parfois lourd à retenir. Sylar a au moins télékinésie, cryokinèse, fonte des métaux, superouïe, mémoire eidétique, persuasion, précognition et depuis cet épisode les pouvoirs de Ted. On ignore quels étaient les pouvoirs du père de Molly, James Walker, que Sylar a acquis. Peter a vol, régénération, invisibilité, précognition et les pouvoirs de Ted. Il doit aussi avoir la manipulation de l'espace-temps de Hiro et la télépathie de Parkman ? Peter a-t-il pris la télékinésie à Sylar ? Si Angela et son mari ont des pouvoirs aussi, pourquoi l'empathe n'en a-t-il pas hérité par contact ?

  • L'idée que l'illusionniste Candice Wilmer (Melissa Peregrym) ne montre jamais sa vraie apparence d'obèse (I'm huge) rappelle un peu Moonglow dans Supreme Squadron.

    Au fait, Angella Petrelli tentant de convaincre Nathan la dernière fois, vous pensez que c'était vraiment elle ou bien Candice ?

  • Au cas où vous vous posez la question : un numéro 1 du Silver Surfer (août 1968) en bon état coûterait environ 100 dollars.

  • Le propriétaire de la boutique de Forgeron Jittetsu s'appelle "Claremont", le nom du scénariste des Nouveaux X-Men dans toutes les années 1978-90.

  • Il y a une phrase que je n'ai pas comprise : quand Linderman dit que le père de Nathan était faible, que lui répond-il ? [Oh, "he was my hero". ]

  • Et pour parler d'autre chose, MadTV a fait ce Pastiche.

    Il y a quelques gags que j'aime bien dans cette parodie, comme le vrai pouvoir de Mohinder.

    Popout
  • Heroes va être repris pour une seconde saison et NBC a annoncé qu'elle sera composée de 22 épisodes plus 8 épisodes spéciaux en Spin-off appelés Heroes: Origins, qui introduiront de nouveaux personnages. En théorie, un vote des téléspectateurs sur le site de NBC doit décider lesquels parmi ces 8 personnages rejoindra les héros principaux pour la Saison 3.
    Il faut espérer qu'ils n'auront pas ensuite les problèmes de scénario qu'ont eu parfois les auteurs de la Légion des Super-héros. Dans ce comic, les votes des lecteurs décidaient du dirigeant de la Légion et c'est ainsi que Dream Girl, seul pouvoir : celui d'Isaac Mendez, des rêves précognitifs, a dirigé la Légion au début des années 80 pendant le combat contre Darkseid...
  • Le succès de Heroes commence à provoquer des imitations. Je n'ai pas accroché à Painkiller Jane, où Claire Bennet, pardon Jane Vasco, avec le pouvoir de Wolverine, lutte contre les mutants les "neuros". La voix de l'actrice Kristanna Loken est un peu irritante. La nouvelle version de Bionic Woman (en français c'était Super-Jaimie) ne m'attire pas tellement non plus.



  • May 14, 2007 9:41 PM

    Ewwww / Awwwww

    • Vous savez quoi, je ne peux même plus commenter les trahisons de Kouchner et des autres. Ca y est, mes réserves d'écoeurement ont éclaté. Je me croyais cynique mais je n'aurais pas imaginé que tant de gens iraient à la soUMPe. Il n'y avait pas eu autant de défections en 1995, il me semble. C'est vrai que 5 ans sans le pouvoir ça doit apparaître long. Oh, le Shark Cosy est fort... On n'est vraiment pas de taille - si j'ose dire... En plus sa stratégie d'ouverture - du moins jusqu'aux Législatives - va atomiser encore plus Bayrou, qui va connaître une vraie traversée du désert.
    • Je trouve paradoxal que certains Socialistes découvrent soudain des attraits de NS après son élection juste au moment où on apprend que sa propre épouse au contraire n'aurait même pas voté pour lui.
    • Je me contredis souvent sur Royal. D'un côté elle a été nulle. De l'autre, je ne suis toujours pas persuadé que d'autres auraient fait mieux. De même, je ne crois pas vraiment aux deux théories opposées selon lesquelles Royal aurait dû être "plus centriste" ou bien plus "à gauche". Je pense qu'elle aurait dû être plus cohérente. Son programme était d'une gauche floue et vide sur certains sujets comme les retraites et en plus elle le disait elle-même en insistant sur un discours centriste. Mais en même temps, elle aurait dû éviter de suivre NS tout le temps en ne parlant que des sujets dont il ne parlait pas, et en attaquant sur les sujets sur lesquels il était le plus faible au lieu de tenter de surenchérir sur les terrains idéologiques qu'il avait su introduire et faire prospérer.
    • Des images du mariage d'Alan Moore (en chapeau melon violet) ce dimanche, photographié par Neil Gaiman.


    May 13, 2007 3:40 PM

    Berluskozy

    Mon autre blog plus sérieux est cassé et je vais donc me défouler ici.

    • Je ne suis pas vraiment choqué par la petite croisière Jet Set de Sarkozy. Cela marque un manque de sens de l'Etat mais après tout c'est ce à quoi je m'attends de lui. Et son ex-mentor trahi Chirac était l'ami des Dassault et va vivre à présent dans une maison de la famille Hariri. (sans parler de Mitterrand avec ses amis Pelat, Rousselet et surtout Bousquet). Certes, Pompidou aurait, paraît-il, dit en 1962 qu'il ne pouvait plus aller en vacances chez les Bolloré dès le moment où il fut nommé à Matignon. N.S. m'a seulement fait rire quand il a nié que cela pouvait créer un conflit d'intérêt, que Bolloré n'avait aucun rapport avec l'Etat ou que Bolloré était un vrai Entrepreneur alors qu'il a hérité d'une fortune vieille de 200 ans - qu'il a certes refondée grâce à ses relations avec des hommes influents. Mais je préfererais qu'on garde des réserves d'indignation sur des choses plus sérieuses et moins sur des symboles. Un Italien l'a dit en tirant l'expérience de Berlusconi : en le critiquant sur ces symboles, on ne fait qu'afficher du ressentiment et on le renforce.
    • On ne pourra rien faire contre des lois injustes comme le Bouclier fiscal - qui est plus discutable au moment où on veut monter des impôts indirects plus injustes - ou la suppression scandaleuse des droits de succession mais on peut espérer qu'on pourra lutter contre la Franchise sur l'Assurance-maladie, qui est la pire menace de son programme vendu au groupe Axa et à Claude Bébéar.
    • Sur la RTBF (sur EuroNews), j'ai vu un délégué UMP en Belgique dire aux grandes fortunes émigrées de ne pas revenir parce qu'on ne sait pas si le Bouclier fiscal tiendra en 2012 ! Quel défaitisme, quel sens de la nation. Ces gens aiment vraiment notre patrie et sont de bons défenseurs de notre Identité Nationale...
    • Je n'étais pas d'accord avec Bayrou quand il voulait supprimer l'ENA mais je pense qu'un vrai problème est plutôt le Pantouflage. Il faudrait des lois plus strictes, comme elles peuvent exister dans de nombreuses autres démocraties. Or, la semaine dernière le gouvernement Villepin a fait passer les décrets - dans une indifférence générale - pour la Loi sur la Modernisation de la Fonction publique (votée en février) pour rendre le pantouflage plus facile ! Non seulement on ne résout pas le problème mais on décide de l'aggraver. C'est déprimant.
    • Les trahisons en cascade des Mitterrandistes comme Védrine, Lauvergeon - on dit qu'Areva va aussi ouvrir plus son capital au privé - et Allègre sont plutôt une bonne nouvelle en épurant un peu une partie du PS. Bockel a démenti mais les autres sont prêts à aller à la soupe. Mais il est spectaculaire que N.S. qui a gagné de beaucoup sur une campagne très à droite inverse à présent sa stratégie sur une "Grande Ouverture aux talents de tous les côtés" juste avant les Législatives. Ca risque de laisser beaucoup d'amers dans les rangs - une rumeur dit que Hortefeux serait moins en Cour, par exemple -, surtout si le gouvernement est vraiment réduit et féminisé à parité.
    • Une recherche Google tombée ici m'apprend que je ne suis pas le seul à avoir pensé à des analogies Petrelli-Sarkozy. Si ce n'est que j'espère toujours une nouvelle rédemption possible de Nathan, alors que je ne crois pas comme Emmanuel Todd que la Charge va métamorphoser le personnage.



    May 12, 2007 6:39 PM

    Je me souviens...

    ... que le fond des bouteilles métalliques de sirop de fruits - comme ceux de la marque Tesseire - conserve toujours une part de liquide qui ne descend pas par le goulot étroit. Il est alors nécessaire de finir ce fond en le diluant directement dans la bouteille mais il reste toujours un résidu inaccessible, de plus en plus dilué.

    Divers Marvel

    Je dois d'abord faire une Révélation qui est que j'apparais dans une vidéo faite par The Friendly Neighborhood Arkham Asylum.

    Popout

    I'm ready for my close-up, Mr DeMille.

    Puisqu'on parle de vidéo, les parodies "I'm a Marvel/I'm a DC" (qui reprennent "I'm a Mac /I'm a PC", où le PC est hélas toujours plus drôle) sont assez réussies, bien que nettement pro-Marvel. J'aime notamment le 4e épisode où Superman se plaint de n'avoir que des cailloux verts à combattre dans son film.

    Il est curieux de penser comme les choses se sont inversées pour les deux compagnies. Il y a une douzaine d'années on disait toujours que DC avait de gros succès avec son Superman de 1978 ou les Batman depuis 1989, alors que Marvel ratait ses adaptations au cinéma avec des bides comme Howard the Duck (1986), The Punisher (1989), Captain America (1991), The Fantastic Four (version Corman, 1994) jusqu'au succès surprise de Blade, 1998 qui permit les deux trilogies X-Men, 2000, Spider-Man, 2002. Il y eut quelques erreurs comme le Hulk et le Daredevil de 2003 ou les Fantastic Four, 2005 - même s'il y a un FF2 et un Hulk 2 - mais en général il y a désormais moins de ridicule qu'avec Batman & Robin, 1997 - et je ne parle même pas du Catwoman de 2004 - et le Superman Returns, 2006 qui rendait plus hommage au premier film de Donner qu'au personnage. Il n'y a que le Batman Begins et demain j'imagine le Dark Knight qui marchent pour DC.

    Popout

    Cette différence sur le Cinéma explique en partie l'écart qui se creuse entre les deux compagnies - l'autre différence est le succès de Civil War. Les ventes de DC baissent en se spécialisant sur un public de fans âgés dans mon genre. Marvel a une hausse de 50% de ses bénéfices grâce au dernier Spider-Man 3.

    Black Panther #27 : Ah, petit problème de chronologie puisque cela se passe après les événements de Fantastic Four #546 qui ne sort que dans deux semaines. On ne comprend pas bien ce qu'est cette Grenouille Dorée Omnipotente par exemple... Je continue de beaucoup aimer la série mais il commence à y avoir un petit problème de perfection presque inhumaine du héros. Il y a un léger risque que les scénaristes aillent un peu trop loin dans l'idée que T'Challa ne fait jamais d'erreur et est toujours trop intelligent pour nous, une sorte d'évolution à la Superman des années 70 ou à la Reed Richards.

    New Avengers #30 : Les dessins de Leinil Yu sont tellement sombres que je commence à avoir du mal à lire. Cela convient bien à cette histoire de ninjas - encore des gens qui ne connaissent pas la règle : un ninja peut être cool, 100 ninjas, c'est juste ridicule. Il y a aussi le retour de Clint Barton et les origines sans intérêt du Nouveau Ronin. Je n'aime pas vraiment, au point que je vais peut-être rester avec les plus idéologiquement suspects mais plus chatoyants Mighty Avengers. Au moins ces Vengeurs rebelles - qui pourraient s'appeler les Defenders - se posent la question du but de leur révolte. En passant, les dialogues de Brian Bendis me font remarquer quelque chose qui me manque vraiment dans les films Spider-Man : l'humour des réparties. Il est vraiment étrange que les films n'aient jamais réussi à reconstituer ces plaisanteries de Spidey.

    Nova #2 : C'est très réussi. J'étais sceptique quand le personnage cosmique est revenu sur Terre après la Guerre contre l'armée d'Annihilus mais le lien avec la Guerre Civile des superhéros est bien fait, surtout que Nova était membre des jeunes New Warriors dont la mort a provoqué la Loi d'Immatriculation des Superhéros.

    Runaways Digest #7 (réunit les #19-24) : Ce digest réunit les derniers épisodes écrits par Brian Vaughan avant l'arrivée de Joss Whedon. L'histoire de magie et de résurrection me laisse froid mais les dialogues de Vaughan sont toujours aussi incroyables et les personnages sont vraiment sympathiques.

    Une de mes scènes favorites est cet échange au début, peut-être un peu trop subtile pour des personnages adolescents :

    - I vow to do whatever I can to improve your world.

    - No, only villains try to change the whole world... The rest of us take it one person at a time.



    May 11, 2007 11:39 PM

    Divers comics DC

    52 #52 : Le dernier épisode de cette série hebdomandaire est un spécial de 40 pages. Ce fut le plus gros succès de DC Comics cette année, ce qui explique que le titre est donc suivi par un nouveau feuilleton annuel, Countdown, qui aura l'avantage de se passer simultanément au temps de l'univers DC et non pas dans une année intercalaire et n'aura pas non plus de contrainte d'une semaine fictive par épisode.

    La révélation est donc que l'univers DC a à nouveau son Multivers, des plusieurs Terres alternatives, non plus une Infinité comme avant 1986 mais seulement 52, ce qui explique enfin le titre.

    Ces 52 Terres doivent être assez nombreuses pour y caser les Elseworlds mais pas assez pour qu'on ait l'impression que ce qui a lieu sur la Terre principale - ou "New Earth", qui reste la synthèse de Terre 1, 2, 4, S et X n'a pas d'importance. On a donc eu ici avec ces 52 mondes une sorte de juste milieu de l'unité et de l'infinité dans une pluralité finie.

    La science-fiction a la particularité par rapport à d'autres Genres littéraires de jouer explicitement sur les Mondes possibles comme un de ses thèmes alors que la littérature s'en sert comme forme et non comme contenu - je reprends ici les arguments développés par le critique Richard Saint-Gelais dans son livre L'Empire du Pseudo. Or la SF ou les comic-books de super-héros, qui utilisent encore plus ces idées de continuité fictionnelle, ont une grande différence avec la réalité. C'est l'occasion d'opposer la métaphysique et l'esthétique. Même s'il y a plusieurs mondes réels et même si la réalité actuelle était un concept relatif ou indexical, il nous importerait quand même beaucoup de savoir ce qui arrive dans notre monde actuel. Je ne tire aucun plaisir de penser que Sarkozy a perdu dans un autre monde possible puisque cela ne change rien ici. Mais à l'inverse, dans les bd, s'il y a une infinité de mondes et que le lecteur les contemple en quelque sorte sans s'immerger dans un seul de ces mondes, les personnages risquent d'être dilués dans cette infinité de scénarios alternatifs. L'empathie du lecteur suppose une finitude et une relative irréversibilité du récit, non l'infinité des possibilités alternatives simultanées.

    On revoit quelques Terres parallèles habituelles :

    • La Terre DC actuelle n'est pas un retour à Terre 1, Grant Morrison l'a rappelé. Elle intègre plusieurs Terre, 1, 2, 4, S, X mais aussi la Terre 8 qui a été inventée dans Infinite Crisis #5 pour être le monde d'où viennent les successeurs les plus récents des héros canoniques. La Légion des superhéros vue récemment dans JLA et JSA doit être la Légion de Terre 1 et on a appris récemment que la Légion du premier reboot post-Zero Hour (1994-2004) était sur un autre futur alternatif appelé Terre 247.
    • Terre 2 est toujours là, mais sans son Superman et sa Power Girl, partis vers la Nouvelle Terre ou morts pendant la Crise.
    • Terre 3 n'a plus besoin d'être dans l'univers d'anti-matière de Qward. Je le regrette presque, cela rendait Qward un peu plus riche parce qu'il n'y a rien à part les Armuriers et Foudroyeurs qui arment Sinestro.
    • Terre 4 (l'univers Charlton) a son propre Blue Beetle, différent de Ted Kord, pour ne pas nier son sacrifice pendant Infinite Crisis.
    • Terre S (l'univers Shazam-Fawcett) s'appelle maintenant Terre 5.
    • Terre X (l'univers Quality Comics) s'appelle maintenant Terre 10.
    • La Terre 17 des aventures de SF de Kirby est de retour.
    • L'univers de Kingdom Come est sur Terre-22.
    • L'univers Wildstorm est sur Terre 50. Cela conduit déjà à une contradiction puisque via la Plaie l'univers Wildstorm a aussi accès à son propre Multivers, une Infinité d'autres Terres parallèles. Peut-être que la relation d'accessibilité entre les mondes possibles n'est pas transitive ?

    S'il n'y a que 52 Terres, comment se nomme désormais Terre #97, l'Univers Tangent qu'on a revu passer récemment dans Ion ?

    Il y a encore d'autres Terres qu'on n'a pas vues ici mais qui avaient été nommées dans le passé, comme Terre 11, la Terre où Tintin a marché sur la Lune avec sa fusée syldave de Tournesol dans les années 50 et où cela a déclenché la Troisième guerre mondiale qui a irradié la planète.

    Mais le problème avec ces 52 Terres est l'origine débile qu'ils en donnent. Au lieu de suivre l'idée de départ où Krona aurait divisé le Multivers, ici le responsable est le petit Mr Mind, et même en faisant des efforts je n'arrive pas y croire. Je veux bien rire sur le fait qu'un vermisseau-Mothra devienne le plus grand villain de l'univers DC mais le fait qu'il crée 51 Terres parallèles qui se trouvent comme par hasard ressembler toutes à des Terres d'avant la Crise est une idée grotesque qui vient du désir de nouer ce retour du Multivers avec la fin un peu bâclée de cette série - la résolution avec Skeets ne tient vraiment pas debout.

    Oh, et je ne dirais rien de la scène où The Question II semble avoir pris plus de poids que Harvey Bullock ou du retour de Ralph & Sue, qui me paraît une mauvaise idée...

    Countdown #51 : Le Décompte commence en sens inverse de 52 #52, le numéro suivant sera le #50 et ainsi de suite.

    Le premier épisode se passe surtout dans la partie batmanienne de l'univers DC avec Duela Dent (Joker's Daughter) et ce pauvre Jason Todd (Red Robin II), ce qui ne m'exalte pas vraiment, mais on voit que les Monitors ne semblent pas si unis qu'on pourrait le croire. Ils doivent être 52 aussi, comme les 52 Terres - mais je préfèrais l'idée que le Monitor, comme Oa, était unique et n'avait que l'Anti-Monitor comme Contrepartie.

    The All-New Atom #11 : Quasi-illisible. Gail Simone peut parfois être vraiment surévaluée ou bien surchargée...

    Green Lantern #19 : On apprend la nouvelle version des origines de Star Sapphire.

    Dans les années 60, elle était une "Reine" choisie par des extraterrestres, les Zamarons, puis on avait fait des Zamarons les femelles des Oans et abandonné l'idée qu'elle règnerait sur elles.

    A présent, il y a plusieurs Star Sapphires comme il y a tout un Corps de Green Lanterns, un Corps de Sinestro ou une armée de DarkStars.

    En passant, le dessinateur renonce à faire des Zamarons les humanoïdes caucasiennes pour devenir des créatures cyanoderme peu attirantes et qui font même un peu penser aux Reines alienesques de Seven Soldiers.

    Très classique, comme souvent chez Johns, qui réintroduit l'attraction entre Hal et Carol qu'on croyait éteinte.

    Green Lantern Corps #12 : Le suspense est très réussi et la série fait des progrès spectaculaire depuis deux numéros en faisant converger plusieurs intrigues. Il aura fallu être patient. Quand même dommage que je ne m'habitue pas aux dessins de Gleason.

    Superman #662 : Malgré toutes les qualités de Pacheco - qui dessine Power Girl et Zatanna - je n'accroche pas.

    Teen Titans #46 : Pénible aussi bien dans un combat interminable que dans ce dessinateur qui cherche des angles aberrants qui me donnent le mal de mer.



    May 10, 2007 10:52 PM

    Wilfage

    Tiens, Libé parle du verbe "to wilf" (procrastiner en se demandant ce qu'on cherche au juste sur Google) aujourd'hui alors que les articles anglais dataient d'il y a un mois. Je me demande ce qui fait soudain plus l'actualité au wilfing ou surfing sans but. L'étude dit aussi que le wilfer est très masculin, comme le zapping.



    May 10, 2007 5:44 PM

    Le dernier souper

    Les partisans américains de la peine de mort comme Scalia à la Cour Suprême répètent souvent qu'il n'y a pas de preuve récente d'un seul condamné à mort dont on aurait prouvé l'innocence après son exécution.

    Je ne pense pas qu'ils soient de bonne foi mais cette affaire au Tennessee (un Etat qui n'a exécuté que 3 prisonniers depuis le retour de la peine de mort, contre 385 au Texas) pourrait devenir un exemple.

    Philip Workman, exécuté hier (et qui était blanc, d'ailleurs pour une fois), était condamné pour avoir tué un policier pendant un hold-up en 1981. Workman avait vraiment commis le vol et il a vraiment tiré plusieurs coups de revolver pendant sa fuite mais il semble que le policier aurait pu être tué par un de ses collègues par erreur.

    Le seul témoin qui accusait Workman avait retiré son témoignage sous détecteur de mensonge, une officier de police a dit qu'elle croyait à son innocence et qu'elle avait subi des pressions pour ne pas parler de la manipulation des preuves et plusieurs spécialistes disent que la balle pouvait en effet venir de quelqu'un d'autre. La fille de la victime avait demandé en vain au Gouverneur une grâce pour le condamné.

    Une autre controverse est née sur le dernier repas, Workman demandant qu'une Pizza Végétarienne soit donnée aux sans abris près de la prison. La prison refusa mais diverses associations renchérirent pour distribuer des pizzas ce jour-mà.



    May 10, 2007 5:44 PM

    Alice in Oz

    Alice est presque aussi cruelle dans cette pub Eurostar que dans l'originalJe n'ai toujours pas lu le volumineux livre de Bryan Talbot sur Alice in Slumberland.

    Mais en attendant voilà le Webcomic Cheshire Crossing.

    Oui, c'est nommé pour notre vieil ami, le Chat de Warrington. Il y a Mary Poppins en plus d'Alice, Dorothy et Wendy qui apparaissent aussi dans Lost Girls - Alan Moore avait aussi utilisé Polly dans LoEG.


    May 10, 2007 5:44 PM

    Heroes ep. 21

    Voir Episode 1-18, Episode 19 et Episode 20.

    Le 21e épisode, The Hard Part est l'antépénultième épisode de la première saison. On est juste deux jours avant les élections de mi-mandat de Novembre où Nathan Petrelli doit être élu "Congressman" de New York, et quatre jours avant l'explosion qui doit détruire Manhattan.

    Je croyais que Petrelli serait un des deux Sénateurs de l'Etat, ce qui justifierait son importance future et le fait de gagner les élections présidentielles deux ans après.

    Mais en fait il se présente seulement comme Représentant de la "30e" circonscription de l'Etat, circonscription choisie parce qu'elle n'existe pas, elle a été abolie après le recensement de 2000 quand l'Etat de New York est passé à 29 circonscriptions au lieu de 31.

    En fait, s'il était vraiment dans cette 30e, il devrait faire campagne près du Lac Erie et de Buffalo, à la frontière canadienne et on le verrait sans doute plus à Albany, la capitale de l'Etat, et pas à la zone métropolitaine de New York City qui est recouverte par les circonscriptions 2-17 (Manhattan est sur 7-8, 14-18).

    Ok, c'est vraiment un détail...

    Juste quelques détails :

    1) J'ai vraiment craint que Gabriel ait sa rédemption comme beaucoup de personnages mais il n'en est rien, malgré les allusions à Carrie. Non seulement cela, mais la voie suivie par Nathan, Mme Angella Petrelli et M. Linderman semble de pire en pire, quelles que soient les prétendues intentions. Le sophisme de la comparaison avec Truman et Hiroshima doit aussi apparaître dans Watchmen mais cela n'a rien à voir, il faudrait comparer avec la théorie conspirationniste-parano selon laquelle Roosevelt aurait laissé faire volontairement Pearl Harbor.

    Mais je suis content qu'on revoit le pouvoir de glace (Cryokinèse) de Sylar (plus vue depuis le 2e épisode, je crois), ainsi que sa super-ouïe, ce qui nous change de sa télékinésie.

    2) Tout le monde me dit que son personnage favori est Hiro. Personnellement, j'arrive certes à m'identifier à ce Geek mais son pouvoir est trop omnipotent, ce qui contraint à des explications absurdes pour limiter sa capacité ou faire des Dei Ex Machina sans limite - le coup de la dépendance psychologique au Katana de Takeko Kensei m'agace un peu - pour ceux qui connaissent les romans de superhéros Wild Cards cela fait un peu penser à The Turtle, qui n'est un puissant télékinésiste qu'enfermé dans sa coquille opaque à cause d'une sorte de timidité agoraphobe.

    3) Les scénaristes commencent sérieusement à me faire croire à un scénario du genre Armée des Douze Singes avec Fatalité tragique où Peter exploserait à cause de ce qui est fait pour l'en empêcher.

    Non, ils n'oseront jamais, ce serait vraiment déprimant. Mais j'aime beaucoup les fausses pistes dans cet épisode où on nous fait espérer que Peter ne serait pas le responsable et que cela peut être Ted Sprague ou Sylar.

    4) Tiens, DL Hawkins peut devenir intangible non seulement avec des objets mais d'autres personnes. Cela pourrait le rendre assez invulnérable.

    5) Mohinder Suresh avait une soeur mutante. Est-ce que son seul pouvoir mutant est vraiment d'avoir des anti-corps qui peuvent soigner le gène mutant ?? En ce cas, le Virus anti-mutant que j'imagine un jour, comme dans les épisodes d'Astonishing X-Men de Whedon imités dans le film aura-t-il Suresh comme antidote.

    En revanche, le pouvoir de Molly Walker (que Parkman avait trouvée dans le 2e épisode) est un peu étrange.

    6) Un truc que je n'ai pas bien compris : comment Peter et Claire retrouvent-ils Bennet, Parkman et Sprague ? La seule explication est la théorie que les Mutants s'attirent les uns les autres pour une raison inconnue... C'est peut-être un mécanisme de l'évolution pour faire survivre la nouvelle espèce en augmentant les chances de reproduction ??

    Est-ce que le Haïtien est au courant ? Pourrait-il sauver Manhattan en bloquant Peter ?

    7) Quel peut être le pouvoir de la mère des Petrelli, Angella ? Y aura-t-il un lien avec son arrestation pour kleptomanie au début de la série ?

    PS: Il y a une bonne critique de l'argument d'Angela Petrelli :

    Somehow they think Nathan will put the world on “a new path,” but, unlike Watchmen, the series hasn’t troubled to specify just what it is they think is wrong with the present or how, causally, wiping out “half New York” will cure it.
    As Jason Fliegel wrote in comments two weeks ago:
    "The real problem with the “engineer a big disaster in New York to unite all of humanity” plot device is not that it’s borrowed or cliched. It’s that we had an honest-to-goodness-real big disaster in New York. It did unite all of humanity.
    That lasted for about a month. Then we went back to business as usual."
    Ouaip, "nous sommes tous Américains" ne fait pas une politique à moyen terme...



    May 10, 2007 5:44 PM

    Paradoxes

    Un texte de balancements que j'aime bien :

    Sarko a fait campagne avec Raffarin, entre autres, sur le thème de la rupture, et ils ont voté pour lui.
    Il a traîné un piètre bilan à l'Intérieur (quand il daignait passer au bureau, au lieu de travailler à son élection), et ils ont voté pour lui pour plus de sécurité.
    Il a expliqué qu'il allait lutter contre le chômage en permettant aux gens de travailler plus pour gagner plus, et ils ont voté pour lui.
    Il a passé sa campagne à expliquer que ses adversaires étaient du côté de la racaille et des bandits, tout en clamant qu'il ne s'abaissait pas à critiquer ses adversaires, et ils ont voté pour lui.

    On pourrait continuer :

    Il a le plus mauvais bilan de ministre du Budget de toute la Cinquième République, augmentant la dette de 45% du PIB à 55% en seulement deux ans, et ils ont voté pour lui comme un homme compétent.
    Ils disent eux-mêmes selon les sondages que la sécurité s'est détériorée depuis 5 ans et ils ont voté pour lui pour son bilan de ministre de l'intérieur.
    Les ruraux ont fortement voté Non au Traité constitutionnel européen qu'ils jugeaient trop libéral et ils ont voté pour lui, qui est sans doute moins social que le Traité.
    Les ruraux ont voté Non au TCE et il va le faire repasser par le Parlement en s'asseyant sur leur décision, et ils ont voté pour lui.
    Les Français soutiennent à 75% l'attitude de Chirac contre l'invasion de l'Irak, et ils ont voté pour le seul candidat qui en était partisan.
    Les Français soutiennent à 75% la loi sur la laïcité et ils ont voté pour le seul candidat à y être opposé.
    Les Français feignent de s'émouvoir du manque de logement social, et ils ont voté pour un maire de Neuilly qui viole la Loi SRU et n'a que 2% de logements sociaux.



    May 10, 2007 5:44 PM

    Bonapartisme


    Les peuples sur leur tête ont cette splendeur noire ;
    Il est debout;
    César, majesté, prince, empereur, dans l'histoire,
    Et dans l'égout.

    Le monde, ainsi qu'au temps de Claude et de Comnène,
    Est là béant,
    Contemplant ce pygmée énorme, grandeur naine,
    Hautain néant.

    Il règne, il a la joie obscure de Tibère ;
    Il est content ;
    Et pendant ce temps-là, le destin délibère,
    Et l'ombre attend ;

    Et, soeur de Némésis, l'implacable logique
    Au front serein,
    Assise à son fourneau, chauffe à son feu tragique
    Le vers d'airain.
    Hugo, Les Années funestes, XXXVI 




    Scènes au bureau de vote

    Je me demande pourquoi on ne me demande plus d'aider au dépouillement, alors qu'on le demande à une jeune fille juste après moi. J'ai voté à 9h avec quand même une demi-heure d'attente. Un quinquagénaire à l'air pas tout à fait à jeun a crié que puisque c'était ainsi il ne voterait pas, promesse que hélas il n'a pas tenue.

    Un jeune homme m'a demandé quelle file correspondait à quelle lettre de son "prénom" (sic). Il n'avait pas l'air mal-voyant, il n'y avait que deux files A-J et K-Z et je craignais qu'il ne soit analphabète, ce qui fut confirmé quand il arriva à l'urne et qu'on lui expliqua qu'il s'était quand même trompé de file malgré mes précisions orales et qu'il n'était de plus pas inscrit dans cet arrondissement.

    Un couple discutait et se demandait sérieusement s'il y aurait "ballotage". Oui, aujourd'hui, au second tour...


    critique exagérée de la semaine

    Le critique du Time délire :

    To place a sensitive story in a male-epic genre — to dramatize feelings of angst and personal betrayal worthy of an Ingmar Bergman film, and then to dress them up in gaudy comic-book colors — is to pull off a smartly subversive drag show.

    Ingmar Bergman ??

    Heu... Il parle de L'Homme-Araignée III... Parfois l'hyperbole tue toute comparaison...

    Mais il y a pire :

    There's a weird racial aspect to the goo-suit: it gives Peter not just black impulses but a black (Afro-American) attitude. Bopping down the street to a hip-hop rhythm, he's laughably gauche — a white kid playing at soul man, a good kid who's not very good at being baaad.

    Ce prétendu weird racial aspect en dit plus sur lui que sur le film à mon avis...

    La critique est très divisée (45% d'opinion positive dans les critiques les plus réputés...).

    May 10, 2007 5:44 PM

    Dragonlance

    J'ai trouvé d'occasion chez Starplayer les suppléments de Dragonlance, ce qui me donne l'occasion de parler un peu de ce monde de campagne que j'ai toujours voulu tester.

    Le monde de Krynn n'a été créé à l'origine en 1984 que pour une série de modules où les personnages auraient l'occasion d'affronter plus de Dragons que dans les scénarios habituels de D&D. Mais le changement vint surtout du fait que les romans furent un énorme succès et que le monde fut désormais plus un vecteur de ces séries dans un Monde partagé - il y a eu depuis 23 ans plus de 150 romans et anthologies dans cet univers !

    Ces romans sont assez médiocres à ma connaissance - mais j'en ai peu lu. C'est devenu à la fantasy du genre Tolkien ce que Star Wars est à la SF du genre de Dune, une énorme license commerciale qui simplifie les mêmes thèmes.

    Les campagnes de ce jeu de rôle ont l'originalité d'avoir des relations sentimentales entre les personnages mais le défaut est de contraindre souvent la liberté des joueurs. Les campagnes sont du "railroading", du dirigisme, souvent sur le même modèle stéréotypé : les personnages entendent parler d'un Objet Magique McGuffin, ils partent dans divers ruines pour les récupérer et sauver le monde, ce qui est aussi cliché que toutes ces aventures de Call of Cthulhu où il faut empêcher une Cérémonie qui va ouvrir un Portail pour Invoquer un Grand Méchant.

    Mais ce monde très manichéen a aussi quelques qualités dont des personnages un peu plus ambigus. Une des influences majeures de ces romans de fantasy n'est pas seulement le Lord of the Rings mais aussi Star Wars et on a droit à quelques vilains "nobles" ou dignes comme Kitiara la Dame Bleue, amie des héros et générale des forces du Mal.

    J'ai toujours voulu trouver des joueurs pour essayer un jour cette campagne et voir comment concilier ce côté dirigiste et la flexibilité que j'aime avoir dans la progression du jeu.

  • La Guerre de la Lance

    La première campagne décrivait le monde 350 ans après le Cataclysme.

    Il y a des siècles vivaient sur Krynn des Dragons, Dragons chromatiques maléfiques servant Takhisis la Déesse des Ténèbres et Dragons métalliques fidèles au dieu Paladine. Les différentes races des humains, elfes, nains mais aussi Gnomes, Ogres, Minotaures et Kenders se sont divisés dans ce conflit.

    Finalement l'Ordre honorable des Chevaliers Solamniques a vaincu les Dragons maléfiques, avec les mythiques Lance-Dragons et ils ont disparu du monde. Mais ensuite les Chevaliers et les Prêtres mirent en place un régime théocratique rigide qui devint si extrême dans son inquisition que les Dieux finirent par punir le monde dans un énorme désastre et en abandonnant tous les mortels à leur sort. Il n'y a plus aujourd'hui de Prêtres de ces anciens Dieux oubliés et ils ne répondent plus aux prières.

    En revanche, la Sorcellerie existe toujours mais elle est très organisée dans trois "Ordres", Blanc, Noir et Rouge comme les Trois Lunes de Krynn. Ce Conclave des trois Ordres éduquent leurs membres dans des Tours isolées, qui sont des terrains neutres où les conflits magiques sont interdits.

    La campagne raconte comment les anciens Dragons maléfiques reviennent envahir le monde, avec une nouvelle race de Draconiens humanoïdes, des alliés ogres et gobelins. Les personnages doivent à la fois retrouver les anciens Dieux, reforger les Lance-Dragons et réunir une coalition contre les Armées draconiques.

    Ce qui m'attire dans la campagne est certains personnages pré-tirés assez intéressants, notamment Tanis le Demi-Elfe, qui doit négocier avec les Elfes qui le méprisent comme un métis ou Raistlin le Mage rouge puis noir - demi-frère de Kitiara - qui est corrompu par le Mal progressivement mais cherche quand même à bien agir pour aider ceux qu'il aime.

    L'idée que le Cataclysme est si récent, moins de 400 ans avant, a permis aussi d'avoir un univers qui a un passé riche mais qui reste pourtant à redécouvrir.

  • L'Age des Mortels

    L'époque actuelle des romans et du jeu, créée au moment de la création du jeu Saga, le "Cinquième Age", 420 ans après le Cataclysme, plus de 60 ans après la Guerre de la Lance.

    Les Dieux se sont entre-déchirés et finalement retiré du monde après la Guerre des Ames et le Second Cataclysme. Il ne reste donc plus comme force principale que les plus puissants Suzerains Dragons qui ont commencé à conquérir le monde de manière indépendante, en s'entredévorant et en absorbant les puissances magiques les uns des autres.

    Les anciens combattants de la Guerre de la Lance ont fait de nouvelles alliances parfois surprenantes : les Ogres ont pu s'allier aux Elfes - Tanis et sa famille ont échoué à réunifier les Elfes, certains Draconiens ne servent plus aussi aveuglément la Déesse des Ténèbres et l'un des plus puissants Dragons bleus a pris le contrôle d'une ville uniquement pour une recherche privée.

    [Les mondes de fantasy ont souvent un Empire maléfique qui est complètement terrassé comme l'Allemagne nazie en 45. Les Armées draconiques après la Guerre de la Lance sont plutôt comme la Corée du Nord ou bien en général dans la situation de la Guerre froide, en recul sur certains fronts, en coexistence plus ou moins pacifique mais avec occupation de nombreux territoires. ]

    Les anciennes forces du Mal ont créé aussi des Ordres chevaleresques tout aussi honorables comme les Chevaliers Noirs du Lys de Neraka, en imitation des Chevaliers solamniques de la Rose. Il y a aussi un Ordre de chevalerie non-aligné, les Légionnaires d'Acier.

    Hélas, la nouvelle campagne ne me paraît pas passionnante : le nouveau groupe de héros hérite d'une relique, la Clef de l'ancienne Reine elfique, et ils doivent voyager à travers Krynn pour en comprendre la fonction.

    Je me suis souvent demandé s'il serait possible de rendre moins manichéenne l'opposition entre Takhisis et Paladine. L'opposition entre le Second Age - les Forces du Bien détruisent les Dragons maléfiques - et le Troisième Age - les Forces du Bien sont à leur tour punies et détruites dans leur Hubris - peut y contribuer. Il y a aussi l'idée que les Forces du Mal croient plutôt à l'Honneur dans la Force - ou en terme D&D "Loyal-Mauvais" - alors que les Forces du Bien peuvent être parfois rigides dans l'attachement au Droit. Je verrais bien Takhisis et Paladine comme des sorts de principes Yin et Yang, la Force et le Droit, et non pas le Chaos et la Loi, ce qui explique comment pendant la Guerre des Ames à la fin du Quatrième Age certaines forces des deux côtés peuvent s'unir contre le Chaos, dans la synthèse de la Force et de la Loi.

    Les systèmes de jeu

    Dragonlance avait été conçu pour AD&D 1ère édition en 1984 avec la campagne originelle, puis adapté pour la seconde édition avec le Dragonlance Adventure. En 1996-2000, ils ont aussi essayé un autre système baptisé Dragonlance SAGA: The Fifth Age de William Connors, avec des cartes à la place des dés, plus "narratif" qu'AD&D - le même système fut aussi utilisé pour le second jeu de rôle Marvel Superheroes de TST/WotC après la version FASERIP de Jeff Grubb. La version SAGA - qui est celle avec laquelle j'ai commencé car je n'ai jamais aimé AD&D ni les romans - était assez jolie mais avait trop de suppléments peu utiles et une campagne moins intéressante, des PJs moins développés, avec des adversaires dans les Suzerains Dragons qui étaient hors de portée et invincibles. La version actuelle est revenue à D&D3.5. Après la chute des Suzerains Dragons et de l'ultime départ de Takhisis, c'est un peu plus proche des conflits des mortels, mais cela manque du coup un peu de l'unité d'intrigue à laquelle cet univers est habitué. WotC a l'air de vouloir enterrer le monde une nouvelle fois pour se concentrer sur Forgotten Realms et Eberron.



  • May 10, 2007 5:44 PM

    Divers Marvel

    Avengers: The Initiative #2 :
    J'aime bien le titre en partie à cause de son côté presque illisible. C'est vraiment peu accessible, avec de nombreux personnages et clins d'oeil, comme souvent avec Dan Slott. J'exagère un peu mais ce n'est pas pour débutants. Dans les personnages principaux, Henry Pym reste le plus attachant et Slott n'a pas encore réussi à développer la nouvelle génération comme Cloud 9 ou Trauma - qui me fait penser à Danielle Moonstar - si ce n'est qu'il devient les craintes de son entourage au lieu de simplement les projeter.
    Mais je continue à trouver quelques gags de Dan Slott discutables. Le gouvernement engage un super-savant nazi à la Strangelove en 2007 ? Et d'ailleurs, est-ce qu'on ne pourrait pas de passer de Hydra, organisation criminelle nazie ? George Bush est montré comme doivent se l'imaginer ses fans en homme courageux (I won't cut and run), mais manquant quand même un peu de sens commun, et je suppose que c'est une parodie au second degré.

    Omega Flight #2 :
    L'équipe d'Ottawa continue de se réunir avec l'arrivée de Talisman, la fille de Shaman, qui vient pour sauver le Sasquatch, et des membres américains de l'équipe canadienne, Arachne et USAgent. On aura droit aussi au nouveau super-mutant le Guardian, et des indices au Musée de Toronto laissent penser que la Déesse inuit Snowbird - "Harfang" disaient les anciennes traductions LUG - va revenir sous une forme ou une autre. Oeming m'a convaincu de continuer à acheter ce titre, malgré quelques approximations de Kolins au dessin quand il représente Talisman, mais je crains qu'il ne soit pas assez accessible aux nouveaux lecteurs pour durer très longtemps hélas...

    Runaways #25-26 :
    Runaways est sans doute la meilleure création originale dans l'univers Marvel en ce moment, surtout que cela fait une vingtaine d'années qu'ils ne créent plus vraiment de personnages nouveaux. Brian Vaughan - le créateur de Y: The Last Man et d'Ex Machina - a relancé l'idée d'une équipe de superhéros adolescents en en faisant des enfants de supervilains. Ces "Fugueurs" ne cherchent pas à sauver le monde, ils fuient le monde des adultes et la justice qui peut les considérer comme responsables de la disparition de leurs parents. L'équipe compte actuellement Nico, une jeune magicienne, Chase, fils moyennement malin de savants fous - il est lié télépathiquement à un dinosaure nommé "Vieille Dentelle", Molly, la plus jeune, une mutante à superforce, Karolina, une extraterrestre Majesdanienne qui est fiancée à Xavin, un(e) super-Skrull hermaphrodite. Le membre le plus récent avec ce Xavin est Victor, androïde cyborg "fils" d'Ultron, fan de superhéros et doté de pouvoirs électromagnétiques.
    Le nouveau scénariste est ici le célèbre Joss Whedon, le créateur de Buffy, et il sait très bien exploiter l'ambiguïté de ces adolescents puisqu'on les voit négocier avec le Caïd (Kingpin) et affronter le Punisher - rien que cette scène justifie l'achat pour venger toutes ces humiliations que l'immonde Garth Ennis avait administré à Spider-Man quand il écrivait les histoires du psychopathe. Je ne suis pas toujours emballé par certains éléments de caractérisation de teenage romance - il va vers un triangle entre Nico, Karolina et Xavin alors que Nico semblait clairement être avec Victor dans les derniers épisodes de Vaughan ? Mais Whedon a aussi réussi à reprendre cette bonne série par un parfait point accessible aux nouveaux lecteurs. Et l'histoire de voyage dans le temps qui s'annonce pourrait aussi faire évoluer les clichés des jeunes fugueurs - je suis heureux qu'il ne joue pas sur le retour du fantôme d'Alex qu'on voit à la fin de Runaways #24.



    May 10, 2007 5:44 PM

    Le jour de la BD gratuite !

    Le premier Samedi de Mai, c'est Free Comic Book Day!

    Il faut finir toutes ses phrases par des points d'exclamation !

    Dans mon Friendly Neighborhood Comic Book Store (Arkham, 7 rue Broca), j'ai eu deux comics gratuits !

  • The Unseen Peanuts publie plusieurs strips quotidiens de la série de Charles Schulz qui n'avaient jamais été repris dans les collections - sauf le Complete Peanuts qui est réalisé en ce moment chez Fantagraphics - déjà 7 volumes parus sur 25 couvrant les années 1950 à 1964. L'un des intérêts est de voir non seulement quelques épisodes atypiques mais aussi les annotations sur les repentirs de Schulz.

  • Chez Steve Rude Production qui relance le héros Nexus, alias Horatio Hellpop, on a un joli portfolio de l'art de Steve Rude. Nexus est une bd indépendante créée en 1981. Son héros qui ressemble graphiquement un peu au Space Ghost ou à Cyclops est plutôt une sorte d'exécuteur presque omnipotent un peu comme le Spectre. Les motivations de Hellpop ne lui laissent aucun choix : il aimerait arrêter de tuer des criminels ou avoir la capacité de déléguer ou de juger au cas par cas, mais s'il ne tue pas, il est torturé par la culpabilité et des cauchemars des victimes qu'il doit venger. L'originalité est le contexte de SF puisqu'il vit, comme Space Ghost ou la Légion des superhéros, dans un monde lointain environné d'extraterrestres et non dans le monde pseudo-contemporain. Mais l'intérêt principal est surtout le dessin de Steve Rude, parfois d'une rare subtilité classique dans certains encrages.

  • J'ai aussi acheté l'énorme Alice in Sunderland mais il me faudra sans doute un bon mois avant d'en faire une review, surtout que le mois de mai va redevenir occupé.








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