mercredi 22 juillet 2009

Les 4 modèles de santé



Via Yglesias, les 4 modèles de systèmes de santé dans le monde.

  • Le Modèle Beveridge (Grande Bretagne, Espagne, Scandinavie) : la plupart des hopitaux et des médecins travaillent directement pour l'Etat comme des fonctionnaires (et même les médecins privés se font payer ensuite par des fonds publics).

  • Le Modèle Bismarck (Allemagne, France, Benelux, Suisse, Japon, certains pays d'Amérique Latine) : les assurés sociaux cotisent à des fonds d'assurance maladie payés en partie par les employeurs et les employés. La Sécurité sociale ne cherche pas à faire des profits (contrairement à des assurances privées) et les médecins privés peuvent en partie être remboursés par ces fonds.

  • Le Modèle Tommy Douglas (Canada, Corée du Sud, Taiwan) : il y a maintien d'un secteur privé avec un programme d'assurance universel obligatoire, ce qui donne un marché monopsone (Single-Buyer). Le système d'assurance national peut ainsi faire baisser le prix des médicaments et gère les files d'attente des patients.

  • Tu raques ou tu crèves (le Tiers-Monde)


  • (Dans la description, la différence entre système allemand et canadien ne me paraît pas très claire)

    La conclusion de la comparaison est que les USA ont de manière inefficace et coûteuse les quatre modèles à la fois, mais pour des parts distinctes de la population :


  • When it comes to treating veterans, we're Britain or Cuba.
  • For Americans over the age of 65 on Medicare, we're Canada.
  • For working Americans who get insurance on the job, we're Germany.

  • For the 15 percent of the population who have no health insurance, the United States is Cambodia or Burkina Faso or rural India, with access to a doctor available if you can pay the bill out-of-pocket at the time of treatment or if you're sick enough to be admitted to the emergency ward at the public hospital.


  • Ce qui se joue en ce moment avec le Plan Obama si compromis par l'aile droite des Démocrates (les "Chiens Bleus" et leurs alliés au Sénat) est sans doute un des événements politiques les plus importants depuis Roosevelt ou la Déségrégation.

    Depuis la Seconde Guerre mondiale, tous les pays industrialisés ont assuré à leurs concitoyens un système de sécurité collective qui a été refusé aux habitants du pays le plus riche du monde.

    Comme le dit ce courrier de lecteurs, si le système des intérêts privés réussit une fois de plus à empêcher un plan déjà proposé de multiples fois depuis 65 ans, cela sera la preuve que le pays le plus opulent a une sclérose politique, une oligarchie bloquée où les intérêts du plus grand nombre sont toujours sacrifiés par le statu quo. L'expérience démocratique du pays le plus avancé technologiquement et capable d'innovations parfois inouïes prouverait ses limites dans le conservatisme forcené et corrompu de son système de représentation. Les contre-pouvoirs s'annuleraient dans un Empire déclinant devenu la République bananière de ses lobbies financiers.

    5 commentaires:

    1. Oui, enfin même avec le système d'assurance médicale, la santé coûte très cher aux US. J'ai encore mal au portefeuille des 1000 $ que j'ai dû payer pour ma couronne, malgré mon assurance.

      Il y a une stat intéressante sur les US (je crois que je l'avais lu dans Time magazine) : les US sont de très loin le pays qui dépensent la fraction la plus importante de leur PIB pour leur santé. Je me souviens que c'était deux fois plus que la France en proportion. Donc non seulement leur système est assez inefficace, mais encore il est affreusement cher.

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    2. Argh, je ne me suis pas relu dans le commentaire précédent, désolé pour les fautes.

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    3. Oui, même ceux qui sont couverts par une entreprise peuvent avoir de mauvaise surprise (comme le montrait le film Sicko). Beaucoup de ceux qui dépendent de HMO peuvent voir des remboursements refusés.

      Oui, d'après ces chiffres de 2005, les USA dépensent 6400$ par habitant (15% du PIB) et la France 3300$ par habitant (11% du PIB). En revanche, dans les comparaisons des résultats, les USA sont derrière les autres pays industrialisés, sauf sur certaines maladies.

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    4. En effet, "dans la description, la différence entre système allemand et canadien ne [...] paraît pas très claire". J'ai l'impression que la seule différence est que le système bismarckien repose sur des assurés, rassemblés sur une base professionnelle et qui paient des cotisations, tandis que le système canadien est étatisé et doit reposer sur des impôts payés par les citoyens. Mais comme le relève le billet cité "tight regulation gives government much of the cost-control clout that the single-payer Beveridge Model provides".

      En France, les prix des médicaments et le montant des honoraires remboursés sont négociés mais, c'est un pur préjugé, je doute que la Sécurité sociale défende au mieux ses intérêts. Comment ont fait les Canadiens ?

      J'avais bien aimé ce billet d' éconoclaste .

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    5. Merci pour le billet d'éconoclaste.

      J'y découvre l'expérience de pensée faite par un libertarien où on aurait étatisé la prostitution. Son argument se veut anti-couverture médicale mais on peut le lire contre l'auteur. Il rappelle en effet que le système américain dépendant de l'employeur est un héritage d'un contexte particulier avec la Dépression et la Seconde Guerre mondiale : les employeurs offraient la couverture médicale comme substitut à l'absence d'augmentations de salaires et ensuite le gouvernement américain a freiné tout plan de couverture étatique en partie pour cette raison : l'économie américaine avait atteint un équilibre avec tout un secteur très profitable sur la santé.

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