mardi 10 mai 2011

Reductio ad Lepenum



Laurent Wauquiez a dit que son projet inapplicable et inutile se justifiait pour lutter contre le vote FN. Il a raconté qu'un de ses administrés lui aurait dit voter FN parce que son voisin au RSA avait gardé un toit sans travail à temps complet. Cela fait déjà assez longtemps (au moins depuis la campagne de 2007) que l'UMP tente de justifier n'importe quel propos de comptoir "pour faire baisser le FN" en devançant ses idées. Il ne s'agit plus de parler de "bonnes questions" mais de jouer à deviner d'éventuelles aigreurs.

L'ennui est que le FN a changé son discours. On les accusait d'ultralibéralisme et on se moquait des défavorisés qui votaient contre leurs intérêts (bande d'aliénés) et à présent, le FN tient un discours de "protection sociale". Les cadres du FN ont donc dénoncé les propos de Wauquiez ainsi :

Par ses récentes déclarations, le ministre chargé des affaires européennes, coupable et responsable, démontre le mépris et l’extrême démagogie, entretenue par l’UMP, à l’égard des 8 millions de travailleurs pauvres français…

La suite est plus xénophobe (il n'aurait pas assez ajouté d'apartheid à la place de sa haine de la plèbe) mais en gros le début accuse Laurent Wauquiez non pas d'imiter ses idées (comme lorsque Marine Le Pen remettait une carte d'honneur à Claude Guéant) mais de les dépasser par l'extrême droite !

C'est vraiment du grand n'importe quoi.

La "Droite sociale" croit-elle vraiment une seconde qu'un électeur UMP tenté par le FN va revenir au bercail si on leur fait croire que le RSA voté par l'UMP était en fait du parasitisme et de l'oisiveté ???

Croient-ils vraiment qu'appuyer ainsi sur les contradictions de leur politique sociale en mentant et en diffamant va séduire le moindre électorat craintif sur l'Etat paternaliste ou faire oublier leurs échecs sur le chômage ?

Je peux comprendre qu'ils soient cyniques mais serait-ce trop leur demander que de tenter de l'être au moins efficacement, sans se ridiculiser ainsi ?

2 commentaires:

  1. Peut-être qu'il y a un parallèle à faire entre hubris et ivresse politique qui verrait des élus proférer des "paroles d'essai" comme des magiciens amateurs essaieraient "hocus pocus", juste pour voir ce que dit la réalité de leur réalité.

    RépondreSupprimer
  2. "C'est vraiment du grand n'importe quoi." Amen! C'est ce que je me dis tous les jours en considérant la situation politique. Personne ne semble plus parler de nulle part - et les seuls discours "cohérents" ne le sont que parce qu'inapplicables, de convention. La réalité se dérobe…

    RépondreSupprimer