lundi 18 juillet 2011

Incitation à la fraude



  • Un enseignant d'université repère 20% de ses étudiants qui trichent dans les devoirs.

    A la fin de l'année, comme les profs sont évalués par les étudiants, il s'effondre dans la note moyenne d'évaluation et voit donc son salaire sanctionné par la Stern Business School de NYU.

    Il en tire la conclusion qu'il est un peu vain dans un tel contexte de passer autant de temps à détecter les tricheurs.

  • L'histoire de l'Inflation des notes dans les Universités américaines depuis 70 ans montre que c'est surtout la Note A qui a monté et C qui a baissé, alors que B, D et F demeuraient à peu près fixes en proportion. La note A est passée d'un sixième des étudiants à près de la moitié, B tourne toujours autours d'un tiers, C est passée d'un tiers à un sixième, D est passée de 12% à 5%, F est restée à 5%.

  • Via Matthew Yglesias, voici Madelyn Antoncic, après 12 ans chez Goldman-Sachs, elle devient Chef de la gestion des risques financiers chez Lehman Brothers de 1999 jusqu'à 2007, juste avant la faillite spectaculaire de la Banque en 2008.

    Vous devez craindre qu'après un tel CV, elle doit être inembauchable, même si elle répond qu'elle avait été écartée par ses collègues en 2007, quand les problèmes des subprimes commencent à peine à être décelés. Mais il semblerait bien que, contrairement à ce que dit cette version, elle continuait à y travailler après la faillite de septembre 2008.

    Vous serez sans doute rassurés : après avoir enseigné dans la Stern Business School (la même que ci-dessus), Madelyn Antoncic a été choisie le mois dernier comme nouvelle Vice-Présidente et Trésorière de la Banque mondiale, sans doute en raison de sa gestion exemplaire des risques "systémiques" et son exploitation de la dérégulation financière.

  • 3 commentaires:

    1. Apparemment, Panos l'Épirote a retiré l'article sur son blog (mais il est encore visible en cache sur Google) : il serait intéressant de savoir pourquoi. L'article lui-même était très intéressant bien que peu surprenant.
      L'évaluation des enseignements par les étudiants arrive également dans l'université française et les récents arrêtés sur la nouvelle licence prévoient que c'est le recteur d'académie lui-même qui en tirera les conséquences !
      http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4861

      RépondreSupprimer
    2. Dommage qu'il ait retiré ce texte. J'espère qu'il n'a pas eu peur des réactions de son Dean à NYU, il me paraissait clair qu'il ne mettait pas en cause sa propre université mais un système bien plus général.

      Même dans le secondaire, le dispositif CLAIR (devenu "ECLAIR") cherchera à donner plus de pouvoir pour le chef d'établissement de recruter qui il veut ou de faire partir un enseignant qui n'entrerait pas dans un "Projet" d'établissement.

      RépondreSupprimer
    3. Sur Twitter (#ipeirotis), l'auteur indique que ce sont des menaces de poursuites envoyées à la NYU qui le conduisent à retirer le récit de son blog.

      RépondreSupprimer