dimanche 9 octobre 2011

Ca vire vite



Jean-Marie Le Guen (ancien strauss-kahnien et soutien de François Hollande), ce soir :

"Mais nous avons toujours été pour le protectionnisme européen."

Si Arnaud Montebourg monte au-dessus d'un sixième des voix, Aubry et Hollande vont bientôt reprendre l'expression de "Démondialisation".

C'est encore plus ouvert que prévu pour le second tour, sauf si des électeurs prennent peur et se disent qu'il faut voter "utile" au second tour parce que Hollande serait plus "rassurant" contre Badinguet.

C'est impressionnant que Royal ait pu faire 60% des militants en novembre 2006 (sur 180,000 voix), a presque failli conquérir le Parti (à 49,96% !) en novembre 2008 et tombe à 7% dans des primaires "ouvertes" en octobre 2011 (sur deux millions). Elle avait parlé de "mener à d'autres victoires" au soir du 6 mai 2007 mais elle a fini par diviser tout son propre camp, où il ne lui reste plus guère ce soir que le loyal Jean-Louis Bianco. Elle vient de reconnaître des "résultats très décevants" et son ancien porte-parole Montebourg a presque trois fois plus de voix qu'elle. Malgré un discours toujours similaire, elle a perdu son aura de nouveauté ou de rupture démocratique de 2006.

6 commentaires:

  1. Royal : on peut aussi lire les résultats autrement, comme la confirmation que dans une consultation de la gauche socialiste (≠ scrutin national), elle est incapable d'emporter l'adhésion au-delà d'un noyau dur de fidèles (100 à 150 000 militants et sympathisants) dont la loyauté est presque celle de membres d'une secte, à lire leurs réactions ce matin.
    Primaire de 2006 : 108 000 voix
    Congrès de Reims : 67 349 voix
    Primaire de 2011 : 150 000 voix

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  2. @ Phersu : tu vois que les Hollandais avaient tort de croire que cela allait être un simple adoubement. La dispersion à gauche donne de meilleures perspectives à Aubry ; Hollande est obligé de faire des concessions à la gauche (et les Hollandais/DSKistes d'arrêter de faire comme s'ils allaient gouverner sans faire appel au reste du parti) ; Royal, malgré son effondrement, est quand même en position d'arbitrer (et d'obtenir au moins la promesse du perchoir) ; et je m'attends à la sortie d'un sondage comparant les performences des deux candidats potentiels face à NS pour nous décider à voter utile.

    @ Samuel : chiffres très éclairant en effet (même si on peut supputer qu'il y avait un peu d'adhésion et pas seulement de vote à contre-coeur dans les 17 millions de voix du second tour de 2007). Une partie de sa popularité était dans les classes populaires qui ne participent peut-être pas aux consultations internes.

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  3. > Samuel
    Oui, dans l'absolu, elle resterait à peu près stable.
    Mais elle peut quand même être légitimement surprise que ce "culte" de certains militants (dont, semble-t-il, une large majorité des éphémères "militants à 20 euros", quand le prix de l'adhésion avait été réduit pour les primaires de 2006) ne se traduise plus du tout chez les "sympathisants" au sens large.
    Tout le problème a toujours été sa "personnalisation" (en miroir avec d'autres hyper-personnalisations). Elle a suscité un rapport étrange, affectif ou maternel, avec ses membres de Désirs d'Avenir. Elle a voulu rénover de l'extérieur contre les Eléphants et le Parti, et à présent elle se retrouve encore plus marginalisée dans le PS.

    J'étais un peu soulagé de ce déclin et en même temps, j'ai de la compassion devant les images cruelles où elle était en sanglots. Je pense qu'elle croyait vraiment que les sondages la sous-estimaient. Il y a peu de défaites politiques qui doivent paraître si "personnelles" justement.

    > Goodtime
    Royal doit choisir entre son ex-compagnon (à qui elle n'a visiblement pas pardonné sa trahison) et celle qu'elle accuse de lui avoir volé le parti par des fraudes en 2008. Et ses quelques 150 000 électeurs seront peut-être plus disciplinés que ceux de Montebourg (qui risquent d'aller plus vers Aubry même si Montebourg obtenait un hochet de Hollande). Une partie du vote Montebourg vient d'ailleurs de la gauche déçue mélenchoniste qui pourrait s'abstenir au second tour des primaires.

    Royal à la Présidence de l'Assemblée. S'en contenterait-elle ? Ayrault va peut-être aussi lorgner le poste (j'imagine que Fabius voudrait revenir à un poste ministériel ?).

    D'ailleurs, je me demande si je ne vois pas finalement mieux Aubry à Matignon qu'à l'Elysée (même si en effet la victoire d'Aubry aux Primaires paraît tout à fait possible). Et dans ce cas, en imaginant un Président Hollande, la relation Président-Premier ministre évoluerait peut-être à nouveau à l'envers de Fillon, dans un rapport plus "Medvedev-Poutine" que "Sarkozy-Fillon".

    S'ils gagnaient, iraient-ils donner à Lang un machin au Conseil constitutionnel comme cadeau de retraite ? Il faudra espérer qu'il ne finisse pas aussi dégénéré que Roland Dumas.

    Jérôme Cahuzac aurait sans doute les finance à la place de DSK. J'ai été convaincu par ton idée que Vallini pourrait avoir les sceaux si Aubry ne gagne pas (je crois qu'ils ne se supportent plus), et si Montebourg ne réussit pas à l'exiger. Eva Joly risque d'avoir un score trop confidentiel pour qu'on accorde cela à une ancienne Juge. Je me demande qui hériterait de l'Education nationale. Peillon ?

    Je crains qu'on ait alors Moscovici aux Affaires étrangères comme il avait les Affaires européennes sous Jospin et qu'on lui prête une compétence sans qu'on sache exactement pourquoi. Cela ne peut certes pas être pire que l'ignoble Hubert Védrine, dont on peut espérer que l'Ouverture nous en a délivrés.

    Avant que vous ne disiez que c'est prématuré, oui, je pense aussi que la victoire de Badinguet par surprise reste possible malgré le chômage, les hausses d'impôts et les sondages catastrophiques.

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  4. Qu'est-ce qu'il vous a fait Védrine?

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  5. A chaque fois que je l'entends faire l'éloge de la Realpolitik et insulter tout propos sur les droits de l'homme en parlant de crétinisme, je crois que je préfère presque Alain Juppé.

    Certes, Védrine aurait été moins hypocrite que Kouchner.

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  6. Oh, à l'époque où les néocons dominaient à Washington je trouvais sa rhétorique réaliste plutôt de bon aloi... c'est peut-être plus agaçant aujourd'hui.

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