jeudi 1 mars 2012

[Borgen] Episodes 7-8




On peut dire que l'idéalisme un peu fantastique des épisodes précédents a enfin été dépassé et qu'on est arrivé à des histoires plus sombres. Dans le 7e, c'est la première fois qu'on a vraiment l'impression de compromis moraux de Birgitte Nyborg qui puissent être discutables. D'habitude, ses choix paraissaient tellement innocents qu'elle semblait presque naïve ou excessivement exigente de s'en culpabiliser.

Les scénaristes ont le défaut de mettre toujours les salauds dans le même parti de la coalition, le "Parti travailliste".

Ce Parti travailliste serait l'équivalent fictif du vrai Parti social-démocrate si ce n'est qu'ils sont dominés par le "Parti modéré" qui a à peu près autant de sièges. Dans la réalité, ce Parti centriste revient à ce qui s'appelle au Danemark les Radicaux de Gauche (aussi appelés Les Libéraux Sociaux), mais les Radicaux ont en ce moment trois fois moins de sièges que les Sociaux-Démocrates (et la leader Margrethe Vestager est la Vice-Premier Ministre du nouveau gouvernement social-démocrate de Helle Thorning-Schmidt).

Michael Laugesen, l'ancien chef du Parti travailliste, est devenu l'immonde rédacteur en chef d'un tabloid pour se venger et le Ministre de la Justice Troels Höxenhaven, qui a fait tomber Laugesen et trahit Nyborg et Anne Sophie Lindenkrone dans cet épisode est aussi un Travailliste (et il a l'air assez abruti). Même le pâle Bjørn Marrot, le Ministre des Affaires étrangères, était montré comme incompétent dans la gestion du dossier du Groënland (4e épisode).

Le double discours de Nyborg dans le 7e épisode ("Je lui garde toute ma confiance") est à mon avis l'un des meilleurs de la série. On voit d'ailleurs dans cet épisode le premier échange parlementaire dans les questions à Höxenhaven alors que la série se limite toujours d'habitude aux trois décors : les Intérieurs de bureau, les Intérieurs privé ou le Studio télé de Télé1 (ils font toujours comme s'il n'y avait qu'une seule chaîne).

En revanche, je n'arrive pas à m'intéresser à la désintégration de sa vie personnelle ou au drame à la Festen de Kenneth/Kasper Juul dans le 8e épisode.

Cette oscillation entre le sordide de la vie privée et les sacrifices dans la vie publique donne toujours deux séries divergentes, le Soap Opera commun de drame télé et des petites percées surprenantes de quelque chose qui ressemble à de la politique. Mais les séries politiques ont souvent peur de la politique ou plutôt elles ont peur de notre manque de confiance dans la politique : il faut le plus possible ancrer dans l'humain. Et le sarcasme envers le personnage du prof de gym qui ne s'intéresse pas aux discussions parlementaires semble presque une allusion au spectateur lui-même : pourquoi avons-nous besoin de la vie sexuelle de Katrine Fønsmark, des abus sexuels contre Kasper ou les adultères de Philip Christensen ?

Un détail de la chronologie fictive de la série est que l'ex-Premier ministre libéral Lars Hesselboe a fait entrer le Danemark dans la Guerre en Irak, ce qui en fait donc l'équivalent direct du Premier ministre libéral Anders Fogh Rasmussen (actuel secrétaire de l'Otan).

Il ne faut pas confondre ce Anders Fogh Rasmussen (Premier ministre de 2001 à 2009) avec son prédécesseur le Premier ministre social-démocrate Poul Nyrup Rasmussen (1993-2001), ni avec son successeur libéral Lars Løkke Rasmussen (2009-2011), qui a le même prénom que Hesselboe. Oui, le Danemark a eu trois Rasmussen différents (sans aucun lien de parenté) depuis 1993 et Helle Thorning-Schmidt était donc la première non-Rasmussen depuis 19 ans.

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