mercredi 9 janvier 2013

Galimafrée




  • Ce blog de jeu de rôle Dandy in the Underworld (J. Duncan) tient son titre d'une chanson de Marc Bolan. Marc Feld, dit "Bolan" (Bob Dylan), 1947-1977, était un chanteur britannique fan de Tolkien (un batteur de son groupe avait d'ailleurs pris comme nom de scène Peregrin Took) et il prétendait avoir vraiment rencontré un Sorcier dans les années 60 (voir la chanson dans la version 1970), ce qui ressemblerait à ces scènes dans les épisodes récents de LoEG d'Alan Moore.

    De même que David Bowie s'était créé un personnage extraterrestre avec des allusions de SF, son ami Marc Bolan préparait un opéra glam-rock inachevé avec une référence à une mythopoiesis personnelle plus tolkiénienne au début des années 70 : "The Children of Rarn", qui se déroule sur le monde préhistorique de "Beltane" avec une Guerre entre les Dworn métalliques, les maléfiques Lithons draconiens et les Trolls. Les oeufs des Lithons donnèrent ensuite les dinosaures, comme dans Glorantha et Beltane est donc aussi un passé archaïque de la Terre. Bolan mourut d'un accident de voiture à 30 ans sans jamais avoir fini ce concept de Beltane qui traverse beaucoup de ses chansons.

    Dandy in the Underworld a aussi sa propre cité gothique, Galbaruc, qui utilise d'autres mythologies personnelles comme celle de William Blake (l'Eglise d'Urizen) avec des touches qui doivent venir de Lord Dunsany ou de Clark Ashton Smith.

  • Via Monster Brains, l'oeuvre surréaliste avant la lettre de Charles-Frédéric Soehnée (1789-1878)
    .

  • J'avais mentionné le mois dernier deux univers originaux pour Traveller. En voilà encore un autre exemple (dont j'aime bien certaines cartes de planètes, même si les noms très aléatoires tirés de la géographie terrestre font penser aux vrais secteurs de l'Univers Officiel).

    Et sur RPG.net, il y a aussi une série de reviews sur l'univers de Gygpy Knights (un peu plus Hard Science et un peu moins "américanocentrique" que l'OTU), qui a l'avantage de plus décrire chaque système stellaire que les profils habituels de mondes.

  • Une critique intéressante des superhéros au cinéma comme avant tout narcissiques et plus intéressés par la notion vague de psychologie populaire d'Acceptation de Soi que par ses exploits ou sa confrontation face à un adversaire :
    If you wanted to psychoanalyze, I suspect that the modern brand of superhero represents a simultaneous self-realization and self-delusion. We admit that America did some bad things for awhile there, but we also want everyone to know that our heart was in the right place.
  • 4 commentaires:

    1. Dans son roman Armageddon Rag, George R. R. Martin a créé un groupe de rock fictif appelé the Nazgûl, dont le chanteur se faisait surnommer le Hobbit.

      C'était tellement convaincant que je me rappelle avoir longtemps cherché leurs albums dans les bacs de mon disquaire (La vie avant Internet).

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    2. Surtout qu'après tout il y a vraiment Gandalf.

      Rush en 1975 a eu aussi un album, Caress of Steel avec une allusion un peu tolkiénienne dans The Necromancer vaincu par "By-Tor et les Voyageurs du Val-aux-Saules".

      Et bien sûr, pour lancer un Hameçon à Imaginos, le groupe Culte de l'Hüïtre Bleue (je ne sais où mettre l'Umlaut ou le tréma) aussi avait créé toute une histoire un peu SF lovecraftienne comme arrière-fond de certaines chansons dès 1972 (et cela entre complètement dans l'univers actuel des comics de Grant Morrison).

      Bon, il va vraiment falloir faire un jeu nouant toutes ces références des années 70...

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    3. À cause de toi, j'ai eu l'air de Dandy in the Underworld dans la tête une bonne partie de la matinée... ;-)

      J'imagine que ton "hameçon" fait référence à l'album Imaginos, justement (qui si ma mémoire est bonne ne contient qu'un tiers de ce qui était prévu pour l'histoire en question).

      Les inspirations puisées dans la littérature de SF / fantasy ne manquent pas parmi les groupes des années '70 / '80 (et même après) : entre Blue Öyster Cult qui parlait d'Elric et Stormbringer dans Black Blade (chanson d'ailleurs co-signée Moorcock lui-même, et ce ne fut pas la seule qu'il leur écrivit) sur l'album Cultösaurus Erectus (1980), Hawkwind qui consacra un album entier au même albinos (The Chronicle of the Black Sword, 1985, avec là encore participation de Moorcock ; album que, coïncidence, je me suis réécouté il y a quelques jours), ou plus récemment les Français d'Yyrkoon (groupe qui n'est pas franchement à mon goût) ou le maxi The Fall of Melnibone (2001) des Espagnols de Dark Moor, entre autres, pour l'influence de Moorcock ; divers groupes qui se sont inspirés de Lovecraft (n'étant pas particulièrement amateur de cet auteur, je manque d'exemples à fournir à brûle-pourpoint, à part la chanson de Metallica The Call of Ktulu sur Ride the Lightning (1984), dont j'avais lu quelque part qu'elle parlait en fait du perso de JdR d'un des musicos, nommé Ktulu) ; ou Dune de Frank Herbert, qui a inspiré à Iron Maiden la chanson To Tame a Land (sur Piece of Mind, 1983) et au groupe de zeuhl français Dün son nom ; pour ne citer que ces exemples là.
      Mais c'est certainement Tolkien qui se taille la part du lion, avec une tripotée de groupes qui lui doivent leur nom (je ne connaissais Gandalf que de nom, mais dans un genre qui m'est plus familier il y a par exemple Aragorn, groupe de NWOBHM formé en 1978), et/ou le sujet de leurs chansons (les Finlandais de Battlelore). Tiens, en ouvrant au hasard L'encyclopédie du hard rock des 70's de Denis Protat, je tombe sur un groupe américain des années '70 nommé Mirkwood.

      On pourrait écrire des bouquins entiers sur les relations entre la "littérature de genre" et le rock, et ça a d'ailleurs sûrement déjà été fait.

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    4. J'ai fait un petit test par curiosité : une brève recherche sur l'Encyclopaedia Metallum me ramène six groupes nommés Nazgul, sans compter Nazgul Rising, Nazgul SS, Nazgulum ou Nazhgul...

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