mercredi 29 février 2012

Autres oligarchies



  • Le Russie est un pays étrange où le camp du Président Poutine peut vraiment s'amuser à faire une publicité où le slogan est que Poutine va vous... comment dire... prendre votre virginité d'électeur mais "par amour" et sans risque d'adultère.



    On doit tous être le puritain de quelqu'un mais, cela, même Berlusconi n'aurait pas osé.

  • Je ne comprends rien au système chinois mais je n'imaginais pas que l'Assemblée nationale populaire chinoise comptait nettement plus de milliardaires que le Congrès américain, même relativement à la taille respective.

    Le Parti "communiste" chinois a environ les 2/3 des 3000 Députés de cette Assemblée nationale et il a progressivement incorporé depuis une vingtaine d'années les plus riches patrons chinois (même si une partie de ces milliardaires doit appartenir au Front Uni des partis "indépendants" autorisés et à la Fédération de la Chambre du Commerce et de l'Industrie qui est membre de droit de l'Assemblée). Et le vrai pouvoir est davantage à l'intérieur des factions du PCC qu'à l'Assemblée (un peu comme en France, les factions du parti majoritaire comptaient parfois plus que l'Assemblée réduite à une sorte de Conseil économique et social de figuration).

    Ezra Klein fait remarquer que malgré le nombre considérable de millionnaires dans le Congrès américain (il y a presque une majorité d'élus qui font partie des 1% les plus riches), on maintient encore un peu la fiction d'une distinction entre oligarchie financière et représentation politique : les premiers soutiennent les seconds mais sans s'identifier littéralement avec ces derniers.

    La dictature chinoise ne prend pas ces gants. Les investisseurs sont présents directement de crainte d'être gênés dans leurs affaires si leurs concurrents gagnaient du "capital" politique. Une part importante de ces entrepreneurs chinois a fait fortune dans l'Immobilier, qui est un "terrain" encore plus politique dans un pays où on peut exproprier des surfaces énormes par une décision administrative.

    Ce qui est intéressant est à quel point la nouvelle classe d'entrepreneurs défend explicitement et franchement la supériorité de la Dictature oligarchique sur la Démocratie au nom de l'efficacité. Ce propagandiste, qui a dû trop écouter les Républicains américains, confond démocratie et théocratie et juge qu'il est temps de dépasser la voix du peuple par une administration plus "pragmatiques" :

    The fundamental difference between Washington’s view and Beijing’s is whether political rights are considered God-given and therefore absolute or whether they should be seen as privileges to be negotiated based on the needs and conditions of the nation.

    The West seems incapable of becoming less democratic even when its survival may depend on such a shift. In this sense, America today is similar to the old Soviet Union, which also viewed its political system as the ultimate end.

    History does not bode well for the American way. Indeed, faith-based ideological hubris may soon drive democracy over the cliff.

    Le texte est complètement grotesque mais c'est assez amusant de voir un capitaliste chinois donner des leçons de "pragmatisme" à une Amérique trop pris dans le "préjugé religieux des droits de l'homme".

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