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samedi 29 mars 2025

Monarchies de Péninsule ibérique à l'époque contemporaine

Les Monarchies d'Espagne et du Portugal ont des destinées assez communes au XIXe siècle : (1) déstabilisées par les Guerres napoléoniennes, (2) perdant leur vaste empire colonial (mais avec une inversion car une partie des Rois du Portugal veulent rester au Brésil) ; (3) conflit politique et religieux entre Libéraux et Ultra-Traditionalistes représenté dans les deux cas par deux branches de la famille royale : Carlistes en Espagne, Miguélistes au Portugal ; (4) plusieurs essais de République mais instabilité liée au pouvoir de l'Armée avec pronunciamento et juntes

Il y a aussi des analogies avec la France. L'histoire française a aussi le point (1) et (4) avec le Bonapartisme et le point (3) avec la lutte entre Ultra-Légitimistes et Orléanistes, ou entre Catholiques et tradition laïque des Radicaux. En revanche, le XIXe siècle est encore une période d'expansion coloniale en France, même sous la IIIe République et la décolonisation ne commence qu'après la Deuxième guerre mondiale. L'histoire britannique a une opposition libéraux-tradition et une décolonisation tardive, mais pas la même instabilité constitutionnelle ou militaire.

1801 Avec le soutien de la France, l'Espagne de Charles IV (1748-1819) envahit le Portugal de la Reine Maria la Folle (1734-1816 - régent son fils Jean (1767-1826) depuis ses crises de folie des années 1790) et lui prend une partie de son territoire ("Guerre des Oranges").

1807 La France envahit le Portugal avec le soutien de l'Espagne. Le Portugal est divisé en plusieurs territoires. La Reine Maria et son fils le Régent Jean s'enfuient au Brésil.

1808 Le Roi d'Espagne Ferdinand VII (1784-1833) s'allie à Napoléon pour renverser son père Charles IV mais il est renversé par Napoléon et les deux monarques sont emprisonnés en France. Début de la guerre de la Péninsule.

1810 Début de la Guerre d'Indépendance du Mexique.  

1812 Constitution monarchique "libérale" en Espagne. 

1814 Le Roi Ferdinand VII est libéré de sa prison (alors que son père Charles IV reste en exil) mais quand il revient, il refuse, contrairement à ses promesses, la Constitution libérale de 1812.

1816 A la mort de sa mère Maria, le roi Jean VI du Portugal décide de rester au Brésil. 

1820 Révolte libérale au Portugal. Les Cortes exigent le retour du Roi Jean VI à Lisbonne. 

Révolte libérale en Espagne pour forcer Ferdinand VII à accepter la Constitution.

1821 Le Roi Jean VI est forcé de revenir au Portugal mais laisse son fils Pedro (1798-1834) au Brésil (car les élites brésiliennes craignent un retour au statut colonial si le Roi règne depuis Lisbonne). Le Roi Jean VI est forcé de jurer fidélité à la nouvelle constitution libérale mais son épouse Charlotte refuse et est bannie. 

Septembre 1821 : Fin de la Vice-Royauté du Mexique qui déclare son indépendance. 

1822 Agustin de Iturbide (1783-1824) se proclame Empereur du Mexique en mai. Voir le survol historique du Mexique.

7 septembre Pedro Ier proclame l'indépendance du Brésil et se nomme Empereur alors que son père règne sur le Portugal. 

1823 Le petit-frère de Pedro resté au Portugal, l'Infant Miguel (1802-1866), qui soutient sa mère Charlotte, se révolte contre la Constitution libérale pour restaurer une monarchie absolutiste. 

En Espagne, à la demande de Ferdinand VII, les troupes françaises (les "100 000 fils de Saint-Louis") envoyées par Louis XVIII, battent les Libéraux au pouvoir depuis 1820 (Expédition d'Espagne mai-novembre). Ferdinand VII, prisonnier des Libéraux à Cadiz, est libéré par les Français après la Bataille du Trocadero. Il annule la Constitution libérale de 1812 et va régner en monarque absolu pendant ses dix dernières années.

Agustin de Iturbide abdique de son trône au Mexique. 

1824 Après une nouvelle tentative de révolte, l'Infant Miguel est banni. 

1825 Le Roi Jean VI reconnaît l'indépendance du Brésil. 

1826 Jean VI meurt (certains disent qu'il aurait été empoisonné par l'Infant Miguel). L'Empereur Pedro est nommé Roi du Portugal (sous le nom de Pedro IV) mais abdique pour sa jeune fille de sept ans Maria II (1819-1853) à condition qu'elle épouse son frère exilé l'Infant Miguel et que celui-ci accepte la Constitution libérale. 

1828 Miguel Ier feint d'accepter le pacte avec son frère Pedro et sa nièce Maria II mais, avec le soutien de sa mère Charlotte, il se proclame Roi absolu, dissout les Cortes. 

1829 Le Roi Ferdinand VII (35 ans), qui n'a toujours pas eu d'héritier, épouse sa nièce (fille de sa soeur), Maria Christina des Deux Siciles (1806-1878).

1830 Le Roi Ferdinand VII signe une Pragmatique Sanction pour annuler la Loi salique amenée par les Bourbons. Peu de temps après naît sa fille Isabella (1830-1904) qui peut donc lui succéder. Le frère de Ferdinand VII, l'Infant Carlos (Comte de Molina, 1788-1855) refuse cette modification de la Loi salique.

1831 Pedro Ier abdique du trône du Brésil en faveur de son fils Pedro II (1825-1891) et repart au Portugal pour lutter aux côtés des Libéraux (sous le titre de "Duc de Bragance") pour les droits de sa fille Maria II contre son frère Miguel Ier

1832 Après un accident de calèche, le Roi Ferdinand VII, blessé, aurait promis à son frère l'Infant Carlos de revenir sur sa Pragmatique Sanction. Rétabli, il le nie ensuite. 

1833 Le Roi Ferdinand VII meurt. L'Infant Carlos se proclame Roi sous le titre de Carlos V.  Début de la Guerre Carliste entre la Régente Maria Christina (pour sa fille la Reine Isabella II) et Carlos V. Maria Christina s'est remariée aussitôt en secret avec son amant, un de ses gardes. Les Carlistes ont le soutien des Basques en promettant de l'autonomie en Navarre.

1834 Pedro duc de Bragance (allié aux Libéraux espagnols de la Reine Isabella, à la France et au Royaume-Uni) bat son frère absolutiste Miguel Ier. Celui-ci est exilé mais Pedro meurt peu de temps après. 

1836 La Reine du Portugal Maria II (17 ans) épouse Ferdinand de Saxe-Coburg-Gotha (1816-1885) et ils ont un fils, Pedro (1837-1861). 

1837 Les Cortes espagnols votent une Constitution libérale semblable à celle de 1812. 

1840 Après 7 ans de la Première Guerre carliste, les Isabellistes libéraux ont la victoire. La Régente d'Espagne Maria Christina est exilée pour s'être remariée en secret et le Général Espartero (Libéral "Progressiste" arrive au pouvoir. 

1843 Une junte de Généraux libéraux plus "modérés" renversent le Général Espartero, jugé trop progressiste. Isabella II est officiellement nommée Reine, même si elle dépend toujours de l'Armée. 

1846 Les Carlistes voudraient exiger que la Reine Isabelle épouse Carlos VI (1818-1861), fils du précédent prétendant carliste pour mettre fin à la guerre dynastique, mais ce dernier exige d'être reconnu comme le Roi et non pas un Prince consort.  Le gouvernement modéré force la Reine Isabelle II à épouser un autre cousin dans les Bourbons, François de Cadiz (1822-1902) et sa soeur épouse le Prince de Montpensier, fils de Louis Philippe d'Orléans (malgré les protestations britanniques), qui va à son tour représenter un rival et prétendant au trône. Le mariage d'Isabella II va causer des crises politiques comme elle ne cache pas ses amants et son désir de divorcer de son mari qu'elle dit homosexuel. 

1847-1849 Deuxième guerre carliste : Les Carlistes se soulèvent à nouveau contre la Reine Isabelle en Catalogne. Les Carlistes disent que les enfants d'Isabella sont illégitimes.

1852 Un prêtre libéral tente d'assassiner la Reine Isabelle mais elle n'est que blessée.

1853 La Reine du Portugal Maria II meurt en couche à sa 11e grossesse à 35 ans. Pedro V lui succède mais n'aura pas d'héritier. 

1854 Révolution progressiste en Espagne. Le Général Esparto (chassé en 1843) revient au pouvoir pendant deux ans mais les Libéraux Modérés reprennent le pouvoir en 1856. 

1861 Le Roi du Portugal Pedro V meurt du choléra (avec beaucoup d'autres Princes royaux). Son frère Luis Ier (1838-1889) lui succède. Il épouse Marie de Savoie, fille du Roi Victor Emmanuel II d'Italie. 

1868 Glorieuse Révolution en Espagne. La Reine Isabella II est renversée et exilée en France. 

1870 Les Libéraux progressivistes d'Espagne ont choisi une solution monarchiste (un peu comme en 1862 les Grecs avaient cherché un Roi de substitution en demandant aux divers Etats). Luis Ier du Portugal refuse le trône d'Espagne (car il aurait dû abdiquer du trône du Portugal) et son beau-frère Amédée de Savoie (1845-1890), fils de Victor Emmanuel II, devient Roi d'Espagne. Mais Amédée, l'homme des Progressivistes, est impopulaire, dressant contre lui à la fois les Républicains, les Monarchistes isabellistes ("les Modérés"), les Carlistes et l'Eglise catholique. 

1871 Dans le Pays Basque, des Carlistes s'allient aux Républicains contre le Roi Amédée (!). 

1872 Carlos VII (1848-1909), nouveau leader des Carlistes, relance une tentative de Guerre (la 3e Guerre carliste) et fait des promesses fédéralistes pour l'autonomie des Basques et Catalans. 

1873 Amédée est renversé par les Radicaux et repart en exil. Proclamation de la Première République espagnole qui va être éphémère. 

1874 Alfonso XII (1857-1885), fils d'Isabelle (et probablement d'un capitaine des gardes) est couronné. 

1876 Les Carlistes de Carlos VII sont vaincus. 

1886 Naissance d'Alfonse XIII (1886-1941) six mois après la mort de son père. Régence de la Reine Marie-Christine d'Autriche jusqu'en 1902.

1889 Luis Ier du Portugal meurt et est remplacé par son fils Carlos Ier (1863-1908). Proclamation de la République au Brésil.

1898 Les USA battent l'Espagne et lui prennent plusieurs possessions comme Philippines, Puerto Rico et un protectorat sur Cuba.  

1906 Un anarchiste tente de tuer le Roi Alfonse XIII avec une bombe mais ne tue que des passants.

1908 Le Roi Carlos Ier du Portugal ainsi que son fils le prince héritier Louis Philippe sont assassinés dans leur calèche par balles par deux militants républicains membres de la "Charbonnerie". Son fils Manuel II (1889-1932) devient le (dernier) Roi du Portugal. 

1910 Octobre Le Roi Manuel II du Portugal est exilé. Proclamation de la Première République portugaise (1910-1926). 

1919 Après l'assassinat du dictateur Sidonio Pais au Portugal, un officier monarchiste tente de rétablir la Monarchie dans le Nord du Portugal mais c'est un échec et même Manuel II en exil ne le soutient pas. 

1923 Le Général Primo de Rivera devient le dictateur avec Alfonso XIII comme Roi. 

1926 Coup d'Etat au Portugal et fin de la Première République, ce qui annonce ce qu'on va appeler l'Estado Novo. Salazar (1889-1974) va devenir "Premier ministre" et dictateur.

1931 Victoire des Républicains en Espagne. Alfonso XIII part en exil. Seconde République espagnole (1931-1939).

1936-1939 Guerre civile espagnole. 

1939-1975 Régime franquiste.

1974 Révolution des Oeillets au Portugal. Troisième République portugaise. Voir le survol de la vie politique portugaise.

1975 Mort de Franco. Restauration de la monarchie espagnole. Juan Carlos (1938- ), petit-fils d'Alfonse XIII, devient Roi. Transition démocratique. 

2014 Abdication de Juan Carlos après 39 ans de règne. Son fils Felipe VI (1968- ) devient le deuxième Roi de la dynastie restaurée.

dimanche 30 janvier 2022

Victoire du PS

 

Mais au Portugal... 

Le Premier Ministre Antonio Costa (PS) aurait même augmenté sa majorité à 42% contre 36% en 2019, 32% en 2015). C'est un échec pour le Bloc de Gauche de Catarina Martins qui venait de retirer son soutien et qui avait fait déclencher cette élection législative anticipée du 30 janvier. Mais avec qui Costa va-t-il devoir faire sa nouvelle coalition si son aile gauche ne le soutenait plus ? CORR. Le PS obtient la majorité absolue même sans ses alliés. 

On peut rappeler les dates de la IIIe République portugaise. 

1974 Révolution des Oeillets par l'armée contre la dictature

1975 Election de l'Assemblée constituante (IIIe République) et victoire de la gauche. 

1976 Le Général Ramalho Eanes (centriste) gagne les élections présidentielles (pour 5 ans). Il est réélu en 1981. Le PS gagne les législatives et Mario Soares (1924-2017) devient Premier Ministre en coalition avec le centre. 

1978 Fin de la coalition, chute du gouvernement Soares. Majorité centre-droit (1978-1983). 

1983-1985 Le PS revient au pouvoir. Nouveau gouvernement Soares

1985-1995 Elections législatives anticipées et retour de la droite avec Anibal Cavaco Silva (né en 1939). Il sera réélu aux Législatives de 1987 et 1991

1986-1996 Mario Soares devient Président de la République et il sera réélu en 1991.  

1995-2002 Antonio Guterres (PS) devient Premier Ministre. 

1996-2006 Jorge Sampaio (PS) devient Président de la République. 1995-2002 est une brève période sans cohabitation (même si Soares, Guterres et Sampaio sont de vieux ennemis politiques). 

2002-2005 Retour de la droite (avec Barroso, Premier Ministre qui sera ensuite plus connu comme Président de la Commission européenne). 

2005-2011 José Socratés (né en 1957, PS) Premier Ministre. 

2006-2016 Anibal Cavaco Silva (droite) Président de la République. 

2011-2015 Pedro Passos Coelho (né en 1964, droite) Premier Ministre. 

2015- Antonio Costa (né en 1961, PS) Premier Ministre

2016- Marcelo Rebelo de Sousa (né en 1948, droite) Président de la République. 

Si on ne compte que les Législatives depuis 1976, sur 46 ans, la gauche a donc pour l'instant gouverné environ 24 ans au Portugal, en 76-78, 83-85, 1995-2002, 2005-2011, 2015-2022. 

Si on compte sur la même période en France, on obtiendrait 20 ans, 1981-1986, 1988-1993, 1997-2002, 2012-2017 (oui, à condition de compter encore le gouvernement Valls comme "de gauche" symboliquement pour simplifier). 

Add. 

Oh, Mme Hidalgo, on dit PS, pas "PSD", nom de la droite... 



mercredi 28 octobre 2015

Golpe de Estado


Les élections législatives portugaises pour la (monocamérale) Assembleia da República ont eu lieu le 4 octobre dernier. Il y a 230 sièges, élus au scrutin proportionnel (il faut donc 116 sièges pour renverser le gouvernement). Les forces politiques portugaises depuis la Révolution des Oeillets sont en gros composées du Parti social-démocrate (droite libérale - ici dans une coalition au nom très berlusconien appelée Portugal à Frente) et du Parti socialiste (centre-gauche). La participation fut relativement faible (56%, soit 5,4 millions de votants sur les 9,8 millions inscrits). Le soir du 4 octobre, on avait cru que la droite portugaise, au pouvoir depuis 5 ans, avait "gagné" les élections mais en perdant la majorité absolue (et 25 sièges). Les articles avaient même parlé d'un scrutin "pro-austérité" malgré la croissance des partis de gauche. Avec environ 38,6% des voix, les Partis de Portugal en avant obtenaient 46,5% des sièges. C'était considéré comme un soutien tacite, surtout au Nord du pays (la coupure entre Nord et Sud étant le phénomène principal) en faveur des politiques d'austérité du Premier ministre Pedro Passos Coelho.

Le Parti socialiste d'António Costa (l'ancien maire de Lisbonne) a 86 sièges (32,3% des voix, 37,4% des sièges), le Bloco de Esquerda (gauche anti-austérité) monte à 19 sièges (8% des sièges) et la Coalition CDU des Communistes et des Ecologistes (+ un élu écologiste indépendant) est juste derrière à 18 sièges (7,8%). Si on additionne le PS, le Bloc et la Coalition, on obtiendrait 123, soit une majorité absolue (53,4% des sièges). Mais on estimait que le PS (pro-européen et donc favorable à une certaine dose d'austérité) ne pourrait jamais constituer un gouvernement avec l'extrême gauche (dont certains au Bloc et surtout à la CDU souhaitent le départ de l'Euro).



La surprise est venue dans les négociations quand le Parti socialiste a refusé tout soutien à la politique d'austérité des Conservateurs ("Parti social-démocrate") et qu'ils ont dit être prêts à préférer une alliance avec l'extrême gauche plutôt qu'un soutien passif à la droite.

Le Président Aníbal Cavaco Silva, ancien Premier ministre libéral, élu depuis 2006 (il était en Cohabitation avec le gouvernement socialiste en 2006-2011), a alors annoncé qu'il refuserait un gouvernement, même majoritaire, s'il ne respectait pas les engagements envers l'austérité, l'Europe et l'Otan. Il estimait toute autre solution instable et s'appuyait sur l'argument que la coalition minoritaire serait donc plus "cohérente". Il a re-nommé Coelho à la tête d'un gouvernement minoritaire au bout de trois semaines en refusant tout autre compromis avec le PS. La gauche (et notamment le Parti communiste) parle donc d'un Coup d'Etat ou au minimum d'une Crise constitutionnelle grave où le Président refuse une majorité parlementaire au nom de ce qu'il affirme être un intérêt de la Nation. Le PS notamment explique qu'il avait pu négocié un gouvernement contre l'austérité mais sans renier tous ses engagements européens en faveur de l'Euro. Il continue les négociations avec me Bloc, le PCP et les écologistes.

Tout cela signifie sans doute un vote de défiance contre le gouvernement de Coelho, sauf si une partie du PS prend peur. Cela doit donc conduire à de nouvelles élections législatives à court terme. On n'en est donc pas encore à un vrai "Coup d'Etat" de l'Europe contre le peuple portugais mais la pression choisie par Cavaco Silva est en effet un déni de démocratie et une interprétation discutable de la lettre de la Constitution. Le Président de la République Cavaco Silva n'a pas encore suspendu les élections mais il introduit une anomalie dans la procédure parlementaire sans précédent depuis la restauration de la démocratie au Portugal il y a 40 ans. Même le Premier ministre conservateur espagnol Rajoy, peu suspect de gauchisme, s'est publiquement étonné de cette procédure : la voie démocratique normale aurait dû être de laisser le PS former un gouvernement et de ne voir qu'au moment du budget si oui ou non, l'alliance alternative était trop instable. Même à droite (mais dans la droite eurosceptique), on s'effraie de cette pression contre la Constitution de la République portugaise. La voie actuelle de technocratie libérale de l'Europe revient (de manière très contre-productive pour ses desseins) à valider toutes les critiques contre ses propres institutions : comme en Grèce, la démocratie parlementaire est mise de côté dès qu'elle risque de remettre en cause un consensus économique sur l'austérité budgétaire.

[Note hors-sujet : ceux qui ont pu voir la télévision française ont pu être atterrés par le symptome de notre incroyable repli national. Le Portugal est un pays voisin, avec des problèmes et enjeux finalement très proches et c'est aussi un des principaux pays de notre immigration récente et les chaînes de télévision en ont à peu près autant parlé que s'il s'agissait des massacres au Sud-Soudan ou des crises politiques en Thaïlande. Cela en dit long sur la force de ce repli où la politique européenne est perçue avant tout comme une politique étrangère exotique.]

mardi 10 mai 2011

Propagande lusophone



Je ne suis pas certain que tenter de l'humour autodépréciateur va réussir à persuader les Perussuomalaiset ("Vrais Finlandais") d'accepter des subventions européennes pour le Portugal.



Mais s'il vous plaît, arrêtez avec ce vieux mythe : le japonais arigatō NE VIENT PAS d'obrigado (mais ça a l'air vrai pour le tempura).