mercredi 1 décembre 2021

Le(s) Monde(s) de Rêve de Dragon

Le fait de lire Everway, jeu de voyage entre les cosmos, m'a fait dévier vers un autre vieux souvenir de rôludiste et je voulais revisiter quelques lieux décrits dans quelques scénarios de Rêve de Dragon (1e édition) par Denis Gerfaud (même si l'oeuvre de Gerfaud est bien trop prolifique pour que je tente d'en faire un survol complet). 

Une autre ressemblance avec Everway est que Rolland Barthélemy avait d'ailleurs fait aussi un Tarot Draconic pour Rêve de Dragons, avec 21 cartes (Le Vaisseau, Le Château, Le Voyageur, La Déchirure, L’Auberge, Les Marais, Le Luth, Le Rabot, Le Coffre, La Sébile, Le Grimoire, Le Groin, La Vierge, L’Épée, La Couronne, Le Gibet, Le Soleil, La Lune, La Licorne, L’Esprit Thanataire et le Haut-Rêvant). 

Gerfaud disait souvent ne pas chercher à développer un univers "cohérent" et vouloir au contraire voyager dans des cadres contradictoires comme les rêves. Cependant, dans les suppléments de la première édition et donc avant même l'Unirêve de la 2e édition MultiSim, les Onze Miroirs des Terres médianes avaient une sorte d'univers. 

Dans le n°3 Les Larmes d'Ashani, une carte avait remis ensemble plusieurs lieux qui se retrouvèrent détaillés par la suite. Le n°10 A l'heure du Vaisseau y ajouta une extension de la carte vers l'ouest. 

Dans les règles, 1e édition Les Galettes d'Oyoulé à Aliciol, dans la Vallée de la Folle (près de la Désolation des Groins). En plein hiver, on part chercher la recette des galettes du Héros-Pâtissier. Ceci est donc la toute première carte du jeu, à petite échelle et qui disparaît ensuite dans les cartes à plus grande échelle. Je ne saisis pas toujours tous les jeux de mots (Oyoulé par exemple ?). 


"L'Acrobate" (Casus Belli n°29) ou "Rêves de la Lune bleue" (Casus Belli n°32) ne sont pas localisés précisément mais "La Forêt des Sentinelles Mortes" (Casus Belli n°30) se passe bien dans ce cadre, près de Saguedix (au sud de ce Marais Huileux et à l'ouest de la carte du MdTM n°3, comme si l'ordre du scénario avait suivi le cours de la rivière vers le sud). 

Miroir des Terres Médianes n°1 : Le Cidre de Narhuit Cité du Grand Pressoir à l'Est de cette Désolation des Groins, Pays Dha-Pol (d'Apple) où règne la Népocratie (succession des "Neveux de Narhuit")

Miroir des Terres Médianes n°2 : Au bonheur des Zyglutes à Glumeln sur la rivière L'Enténeuse (dont la "boue médicinale" est décrite dans le n°4 p. 18-19). Il y a des tribus de Cyans et de Groins dans les Landes salées. 

Miroir des Terres Médianes n°3 : Les Larmes d'Ashani à Miark, la Cité des Chats, juste au nord de Glumeln, où on ramasse les Gemmes larmes d'Ashani. 



Miroir des Terres Médianes n°4 : Le Sacré Pinceau à Barbe à Balène, la Cité des Glabres. On y mentionne que la ville d'Esparlongue sur la côte est favorable à la magie et aux Hauts-Rêvants, ce qui n'était pas du tout le cas dans les villes plus au nord. Il y a de nouveau des pierres magiques, Pierres de chance. Ce numéro a un dossier pour jouer des non-humains et notamment des Cyans comme PJ, qui change pas mal de perspective par rapport à la description originelle dans le livre de règles. 

Miroir des Terres Médianes n°5 L'Empire du Roi-Joueur se passe en fait dans un autre plan-prison dans les Limbes mais on y mentionne Chandrapore en Sélikanthe, qui sera décrite en détails dans le n°7. Les règles sur la musique parlent aussi d'un "Air d'Esparlongue" musique sereine qui peut calmer. Le scénario est assez compliqué mais je me souviens avoir lu du célèbre avocat Maître Eolas que c'était son meilleur souvenir en jeu de rôle (les reviews du Grog sont moins enthousiastes). 



Miroir des Terres Médianes n°6 L'Auberge des Derniers voyageurs part d'une auberge qui peut être située n'importe où de sauvage, dans une région environnée d'une horde de Groins pour que les voyageurs aient envie de se réfugier dans l'auberge. Le n° a un index des numéros précédents. NB : Une vieille magicienne s'appelle Thérébenthe et elle s'appelait aussi ainsi dans le scénario L'Acrobate de Casus Belli n°29, mais je crois que c'est juste une coïncidence. 

Miroir des Terres Médianes n°7 (1988) Un Parfum d'Oniroses commence à Chandrapore, cité commerciale du Prince Ibtarid XIX, Empereur des plaines de Selikanthe au bord du Lac Trazimène. Il y a plusieurs cartes et c'est une aventure très longue et riche en péripéties (avec à nouveau des Cyans). 


Miroir des Terres Médianes n°8 La Cité des Treize Plaisirs on y décrit Névrose (Cité du Refoulement) et Spasme (Cité des Plaisirs). Les 13 plaisirs vont du plus physique au plus "thanatique" : le Vin, le Sucre, le Sang (Arènes), le Sexe, le Parfum, les Bains, la Musique, le Régal (une fusion de plusieurs des Plaisirs précédents en harmonie), le Tatouage (magique, il stimule en permanence une des parties du corps), le Vieux Jeu (jeu de traque à mort). le Caveau (Mort douce), le Grand Spasme (Douleur infinie) et le Dernier Mystère de Spasme (le Plaisir Inconnu). C'est un des chefs d'oeuvre de Rêve de Dragon, un cadre étrange pour faire du "bac-à-sable" urbain-onirique. Le n°11 revient dans la Mer des Brouillards. 

Miroir des Terres Médianes n°9 L'Elixir de Haut-Rêve repart au nord de la Forêt d'Ostarlath, entre la rivière l'Aectre et la cité de Tolboa. Notons que ce numéro a aussi un index des scénarios que Denis Gerfaud avait fait paraître dans d'autres supports que le Miroir des Terres Médianes, comme Casus Belli, Dragon Radieux, etc. 

Miroir des Terres Médianes n°10 A l'heure du Vaisseau introduit la 3e carte à grande échelle, plus des cartes de la vallée de La Mouche près d'Edelburg


Miroir des Terres Médianes n°11 Le Trésor de Black Squirrel, suite du précédent, le navire des PJ se retrouve perdu dans la Mer des Brouillards, du côté d'Oblivion-la-Vieille-Cité-Grise. Mais dans cette version de la carte (on est peut-être dans un autre rêve), l'île de Tucléide avec sa Cité du Grand Savoir semble avoir disparu dans l'oubli... Et le scénario change de toute manière de rêve dans sa poursuite du trésor. 

Trois reflets d'anciens rêves (1998) est une révision pour la seconde édition des n°5-6-7 (c'est-à-dire ceux que Denis Gerfaud avait pu réaliser avec l'illustratrice Florence Magnin). Y a-t-il dedans la carte du n°3 ? 

mardi 30 novembre 2021

Nanowrimo 30

 


Et bien voilà, c'est fait, ouf, chapitre 29, je vais pouvoir cesser de vous casser les pieds avec le décompte pour me motiver. Certes techniquement, il y a un chapitre hors sujet d'environ 1400 mots, le IV. Et j'ai l'impression que j'aurais besoin d'environ 3000 mots de plus pour arriver vers un vrai dénouement satisfaisant, mais je suis presque retombé sur mes pieds (enfin, pour quelqu'un comme moi pas très doué pour construire de vraies intrigues bien ficelées). L'écriture a certains points communs avec la libido au sens où il faut arriver à différer la satisfaction avec un bon rythme et la dea ex machina est moins brutale que je le craignais. 

Comme disait Totoro dans les commentaires, la fin fait comprendre le commencement et donne envie de réécrire le début maintenant que je sais enfin vers quoi j'allais. On a refait la Révolution française mais avec la Bibliothèque de Babel à la place de la Bastille et dès qu'on entre dans la Bibliothèque dans le chapitre 26, ça m'a re-donné envie d'écrire, j'aurais dû commencer par cela. 

Je sais qu'il y a trop de "DragonPorn" partout dans l'histoire et je ne suis pas sûr que la métaphore politique y gagne grand-chose (surtout depuis que Game of Thrones a trop saturé le paysage de la pop culture avec cette image du pouvoir). Mais des bouquins et des dragons étaient simplement la stratégie de dopamine pour faire un circuit de la récompense pendant le Pensum de Novembre. Le problème de ces Dragons (ou de la magie ou de n'importe quelle intrusion du surnaturel) est que si on réduit leur puissance, on se demande pourquoi ils sont là, et si au contraire on leur donne de l'importance ils volent l'attention et occupent toute la place. 

Et il faudrait réécrire pour redonner plus d'épaisseur à Mummo, trop éclipsée par Valoisa, personnage plus "traditionnelle" que le projet initial. 

lundi 29 novembre 2021

Nanowrimo 29

 48 100 mots (contre 48 343 attendus). 

Ecrit le chapitre 26 qui m'a plu parce que pour une fois j'ai trouvé des éléments qui m'ont surpris pour l'intrigue mais sans paraître complètement "téléphonés" ou artificiels comme mes intrigues habituelles (même s'il faudra réécrire un peu le début pour rajouter du foreshadowing de certains détails qui ont changé). 

dimanche 28 novembre 2021

Nanowrimo 28

44 230 mots (sur 46 676 attendus). J'ai encore un retard de 2450 mots à peu près au lieu de 6300. J'ai fait les très brefs chapitres 24, 25 et 26. 

Je ne suis pas assez littéraire pour réussir les descriptions et pas même assez visuel pour réussir les scènes d'action. Cela compromet une vocation... 

Cela ne laisse donc surtout que du théâtre dialogué ou bien des scènes d'exposition d'information qui sont ce que je trouve le plus facile à rédiger. Ce chapitre 26 se passe dans une Bibliothèque magique et c'est la porte ouverte à tous les prétextes pour faire de l'exposition. 

Mais au moins je commence enfin à trouver que Mummo regagne son statut de protagoniste que d'autres personnages comme Valoisa ou Sarasta lui avaient volé. 

Mes jeux de mots en franco-finnois pour trouver les noms des personnages sont tellement bizarres que je suis presque certain que je ne les retrouverais même pas moi-même après coup. Par exemple, un des Bibliothécaires s'appelle "Kotkatieta", déformation de "Aigle Sait" (parce qu'il est très vaguement inspiré de Condorcet). Une magicienne s'appelle Haukka ("Faucon") parce que c'est une traduction proposée du grec "Circé" et une autre s'appelle Mietiskella ("Méditer") parce qu'elle évoque "Médée"... Médée est un personnage qui représente le transfert de souveraineté (Iason/Aietès). 

Je n'ai toujours pas ma scène d'anagnorisis Valoisa/Sarasta mais c'est parce que je voudrais faire durer le climax... 

samedi 27 novembre 2021

L'Oracle (6-10)

Voir les n°1-5

Tome 6 Sylvain Cordurié, Stéphane Bervas Le Supplicié 2015

Homère, maintenant aveugle et guidé par Cydippé (tome 5), est accueilli chez un inconnu. Il lui raconte comment Perséphone avait aidé Sisyphe à se libérer de son éternel châtiment et comment le rusé Sisyphe s'était vengé des Olympiens en délivrant les Titans du Tartare. Les Titans se font ensuite passer pour les Olympiens sur Terre pour les discréditer. La Seconde Titanomachie se finit dans une défaite relative des Olympiens, quand Kronos obtient comme tribut les Champs Elysées à la place du Tartare. Mais quel sera le destin du plus rusé des mortels ? 

Contrairement à ce que j'avais dit au début sur le fait que tous les héros étaient originaux, ce volume 6 est donc le premier à avoir pour héros un personnage des mythes grecs traditionnels même si l'histoire est nouvelle. Un défaut de l'histoire est que les New Teen Titans avaient déjà fait une version avec une base assez parallèle où les Titans mythiques s'évadaient du Tartare. L'originalité n'est donc pas ici la Titanomachie mais le fait d'y ajouter la vengeance de Sisyphe. Sylvain Cordurié écrit aussi le dernier volume qui raconte à nouveau une guerre entre les dieux. 

En passant, dans cette version, Ulysse est né du viol d'Anticlé par Sisyphe alors qu'il y a des versions, si je me souviens bien, où c'est Autolycos qui voulait que Sisyphe engendre son petit-fils. 

Tome 7 Antoine Tracqui, Lucio Leoni, Emanuela Negrin Le clairvoyant 2016

Homère, qui commence à préparer l'Iliade, et Cydippé rencontrent à Lacédémone un enfant nommé Philométis qui leur raconte l'histoire de cet album. Homère croise Lycurgue qui est en train de créer la Constitution si particulière de Sparte. 
J'avais parlé d'un thème prométhéen de la série depuis le début mais ici il s'agit d'une version évhémérisée (historicisée ou humanisée) de la légende de Prométhée

Après la chute de la civilisation mycénienne, les Olympiens déclinent et sont remplacés par un culte matriarcal, la Potnia Theron. Mais Zeus et Héra vont manipuler les deux jumeaux (mortels) du Titan Japet, Protogonos (Epiméthée) et Deuteron (Prométhée le Clairvoyant) pour assurer le retour de leur culte. Ce Prométhée explore le passé comme Homère est en train d'essayer de ressusciter la Guerre de Troie. 

C'est l'un des volumes les plus ambitieux dans la complexité de son scénario par le romancier Antoine Tracqui. Ce Prométhée n'a pas volé le feu aux origines, il tente de voler l'immortalité, comme Sisyphe, et de protéger la flamme de la civilisation face à la tyrannie des Olympiens, qui ressemblent un peu à la version qu'on voyait dans Il était une fois l'espace... la Planète Mytho (des sortes d'extraterrestres géants plus que des dieux). 

Dans les voyages de Prométhée, il est un peu curieux de le faire rencontrer brièvement Moïse en fondateur du monothéisme pour qu'il en tire une relativisation du divin et on a parfois l'impression qu'il y a eu une saturation de thèmes (le Matriarcat originel, le Culture Hero comme diffusion et non création - on voit une mise en parallèle de Lycurgue le Législateur Borgne et de ce Prométhée philosophe). Athéna apparaît dans une scène comme ne valant pas tellement mieux qu'Arès et c'est une des idées qui revient assez souvent dans la série qu'Athéna est plus intelligente mais pas moralement supérieure aux autres Olympiens. 

Tome 8 Patrice Lesparre, Fabio d'Auria, Roberto Viacava Le héros 

P. Lesparre avait déjà fait le tome 4, Le Malformé et il écrit aussi la suite. Ca commence mal avec une nouvelle scène de viol où Zeus abuse de Cydippé comme il se l'était promis dans le tome 5. On me dira que c'est assez fidèle à ce qu'est Zeus mais cela devient un peu récurrent dans la série. Je croyais que cela signifierait que Cydippé aurait un enfant de Zeus mais non, la vengeance de Zeus n'est pas finie. 

La suite a une progression tragique mais l'unité des thèmes ne m'y apparaissent pas toujours clairement parce que la série anthropomorphise toujours les dieux et traite ses héros comme des humains parfois assez banals. On suit Belphoron d'Eretrie (île d'Eubée) qui voudrait devenir un Héros immortel et qui est assez doué pour vaincre le monstre Scylla. On va voir aussi des origines mystérieuses de Hécate et Empusa. Hécate est représentée comme une "jeune" déesse qui serait une fonctionnaire dans l'administration de Zeus, avec des fonctions plutôt positives de fertilité et de sauvetage en mer (?? comme Leucothée ?) et qui va progressivement avoir un déclin de son "portfolio" pour devenir déesse des chiennes, des carrefours et de la sorcellerie, avec sa maîtresse Empousa en première fondatrice des Vampires occidentaux classiques. Hécate est une déesse peut-être plus ancienne, pré-hellénique, mystérieuse et fascinante (même si certains mythes la réduisent parfois à un aspect d'Artémis) mais ici elle n'est guère qu'une super-ado cruelle et capricieuse. 

Tome 9 Patrice Lesparre, Roberto Jorge Viacava La louve 

On dirait une version très sanglante de Wonder Woman. Thalystris est la princesse orpheline des Amazones massacrées par le dieu Arès, exilé de l'Olympe pour avoir tué un fils d'Héphaïstos (dans le tome 10 ils disent que ce fut un fils de Poseidon). Elle réussira avec son armée à vaincre le dieu et ses Spartiates mais un des fils d'Arès Deimos continue de la poursuivre. Homère et Cydippé tenteront d'arrêter ce dieu fou. On revoit passer une Athéna relativement amorale et qui ne brille guère que par le fait de ne pas être Arès. 

Ce doit être le volume avec le plus de massacres et membres tranchés. Viacava me semble parfois avoir des anatomies avec des anamorphoses. Les noms de certains personnages sont parfois peu grecs (Marcus, Samira). 

Tome 10 Sylvain Cordurié Dessinateur : Bojan Vukic Le déchu 2017 

Homère est devenu une épave depuis l'assassinat de Cydippé. Zeus lui rend la vue et son pouvoir oraculaire pour comparaître pour le Procès d'Apollon, qui a tenté à nouveau de tuer son père. Pourtant, Homère est surpris de voir qu'Apollon, si vain, semble avoir évolué plus que bien des Olympiens. La partie "Procès" est assez fascinante mais la suite, plus violente, redevient plus prévisible. 

C'est le final de la série et bien que l'album réussisse pas mal de péripéties (j'aime beaucoup l'idée d'avoir Hadès comme un des "héros" négligés parmi les Olympiens, le seul à être fidèle en amour même si Perséphone ne l'est pas), j'avais espéré un retournement plus surprenant. Je trouve la fin un peu décevante, avec son Homère en Sisyphe existentialiste haïssant les dieux et plein d'autonomie comme Oreste dans Les Mouches. Les auteurs de cette série se font une représentation très bizarre de nos premières épopées. Ils font comme s'ils souscrivaient à la conception platonicienne d'Homère en impie. 

Dans la première pentalogie, j'avais préféré les volumes 5 (Cydippé), 4 (Melos), 3 (Léandre) et à présent mon favori doit être surtout le 7 (Prométhée) puis le 6 (Sisyphe) ou ce volume 10. Si vous aimez la mythologie grecque mais à condition d'avoir de la tolérance à l'ultraviolence des éditions Soleil, je recommanderais donc surtout le 5 (katabasis inspirée de Psyché et avec des graphismes originaux d'Erwan Seure-Le Bihan) et le 7 (évhémérisation de Prométhée). 

5000 mots de retard

Ma compagne et moi avons attrapé le virus et j'ai donc été dans un état vaseux depuis 3 jours. On est confiné jusqu'au 4 décembre avec les deux enfants (qui ne semblent pas l'avoir attrapé, ils l'avaient eu l'an dernier). Mais le vaccin de juin dernier atténue bien les effets de la covid, pas de crise d'asthme, juste bronchite, envie de dormir tout le temps et des courbatures. 

Mais cela va être difficile de rattraper ce retard... 

Je n'ai pas non plus avancé beaucoup dans le livre de Graeber & Wrengow, The Dawn of Everything dont je parlais il y a une semaine. Je ne crois pas tellement à la thèse que les Lumières auraient dissimulé leur dettes aux informateurs indigènes réels alors que leurs "autochtones" étaient souvent aussi fictifs que l'état de nature mais il a au moins l'intérêt purement scolaire de constituer une "3e partie" parfaite pour des cours puisqu'ils ne cessent de renvoyer dos à dos Hobbes et Rousseau.

mercredi 24 novembre 2021

Nanowrimo 24

 40 408 mots. 80,8%. Chapitre XXIII. 

J'ai à nouveau attrapé un rhume, avec un mal de crâne suspect et j'ai dormi toute l'après-midi. J'avais décidé à 15h d'arrêter Mummo. Mais j'ai réussi à faire mes 2000 mots assez vite en deux heures ce soir parce qu'Armide s'est occupée des enfants. Il y a certains chapitres qui sont parfois inachevés (le long XIX où je ne trouve toujours pas de chute) et que j'arrête abruptement plutôt que de rester bloqué. 

On verra si j'ai assez d'énergie pour continuer. Sinon, ce serait assez curieux de n'abandonner qu'à 80% et non pas à 20% comme la plupart des Nanowrimoteurs. 

Contrairement au premier essai, je crois que je ne serai pas arrivé à une "fin" ou un dénouement acceptable le 30 novembre. Il vaut mieux une novella inachevée qu'une fin bâclée. Il me suffit d'atteindre les 50 000 mots même si on n'est pas encore à une "fin". Je cesserai d'importuner les lecteurs si je poursuis en décembre. 

mardi 23 novembre 2021

Nanowrimo 23

19 Frédéric 233, jour du Comte Pedro d'Aranda (1718 – 1798), l'Espagnol des Lumières, ami des Encyclopédistes, le ministre principal de Charles III et (brièvement) de Charles IV. Il tenta vainement de freiner le déclin de l'Empire espagnol mais fut arrêté en 1792 quand la Cour considéra qu'il fallait attaquer la République française qui représentait l'aboutissement des idéaux d'Aranda. 

(à ne pas confondre avec cet autre Emmanuel d'Aranda un siècle avant qui écrivit ses mémoires d'esclave des Barbaresques en Algérie)


3 frimaire 230

38 363 mots. 76%. Il y a 11 ans, j'en étais à 84%. 


Valoisa vient de se rendre compte qu'elle a perdu la vue. Mais je ne vois pas non plus plus loin que la phrase suivante... J'ai fait cours sur le Contre Sainte-Beuve aujourd'hui et je n'ai pas pu m'empêcher de mettre un passage complètement autobiographique dans le chapitre XXII. 

lundi 22 novembre 2021

Nanowrimo 22

36 700 mots. A cette date il y a 11 ans, j'avais 40 000 mots, près de trois jours d'avance. 

Cette partie est trop bavarde. Il va falloir que j'arrive à mettre à nouveau plus d'action. La Dragonne Arniekhegy revient de Valkonie (Albe la Longue) et soigne sa soeur Sotetfelho. Contre toute attente, cette dernière va donner l'impression d'aller mieux (je n'ai pas encore décidé si elle meurt ou pas). La Salamandre (le Dauphin) discute avec une femme modeste et décide d'apprendre des sources d'informations nouvelles. 

La greffe des éléments fantastiques a mal pris sur le cadre pseudohistorique. Il est difficile que tout ce merveilleux ne finisse par tout recouvrir ou cacher les autres éléments du cadre. En cela, je peux comprendre ceux qui n'apprécient pas ce genre. 

L'Oracle (tome 1-5)


L'Oracle
, anthologie de bandes dessinées sur la mythologie grecque a été créée sous la direction éditoriale de JL Istin chez Soleil en 2014, avec des équipes d'auteurs différents à chaque fois. Tous les héros (du moins dans ces 5 premiers volumes) sont des créations originales des scénaristes dans le style des mythes, avec parfois des interférences d'autres mythes déjà connus. Le ton est sinistre et violent, avec des Olympiens plus immondes les uns que les autres. Le thème principal est "prométhéen", le ressentiment ou la Némésis des mortels contre les Dieux cruels et inconstants alors que les mythes grecs déplorent plus l'hubris des mortels que l'indifférence des Olympiens. Des productions hollywoodiennes récentes (comme le mauvais remake de Clash of Titans ou sa suite Wrath of the Titans, 2012) se fondent souvent aussi sur cette idée d'une guerre des humains contre le divin. 

L'intrigue au fil des albums suit un aède aveugle au pouvoir oraculaire qui raconte les différentes histoires à un jeune aède qui est devenu son disciple, Homère. Homère est enfant dans le tome 1 et vieillit à chaque fois avant de devenir assez âgé au tome 5. 

Tome 1 (Olivier Peru, Stefano Martino) La Pythie

La Pythie Aspasia est violée par Apollon et part en guerre pour se venger du dieu en manipulant ses prédictions. Athéna, qui cherche à discréditer Apollon auprès de son père, semble soutenir la Pythie

Tome 2 (Ronan Le Breton, Bertrand Benoît) L'Esclave 

Akilon est un fils adultérin de Zeus et d'une Reine thrace. Abandonné par le mari de sa mère, il est réduit en esclavage par les Argiens et jure de se venger de Zeus pour sa destinée. Devenu le maître de pancrace de Balerios, prince d'Argos, en préparation des Jeux Olympiques, il est aussi l'amant de Perséphone et a pris à Héra un Masque qui lui permet de changer de forme. 

Je n'ai pas tellement aimé tous ces combats sanglants parce que j'ai du mal à suivre l'idée qu'un mortel puisse tuer Zeus aussi facilement et se faire ressusciter de l'Hadès aussi simplement. Héra y semble plus aimante que que dans le tome 5. 

Tome 3 (Nicolas Jarry, Gwendal Lemercier) Le Petit Roi

Léandre est le Roi héritier de la petite île de Seriphos. Il est partagé entre son devoir social de protéger son île et son désir personnel d'abdiquer et de devenir un sculpteur qui réussirait à représenter le divin Zeus dans la matière inerte. Le ton de cet album est plus mélancolique et moins gore que les autres, avec des allusions claires aux Dialogues Méliens où Athènes opprime la petite Mélos en disant qu'il n'y a que des rapports de force dans la réalité politique. 

Mais s'il est moins cliché que les précédents (pas de vengeance, donc moins de mélodrame), il a une structure narrative plus répétitive dans son hésitation entre plusieurs thèmes (Autarcie ou Interdépendance, l'Art ou la Vie). Je ne suis pas certain que la conclusion soit si grecque (ou du moins peut-être pas très nietzschéenne en tout cas). Zeus (dont on nous dit qu'il n'est qu'un reflet de ses adorateurs) y est pour une fois moins antipathique aussi que dans les autres tomes. 

Tome 4 (Patrice Lesparre, Nicolas Demare)  Le Malformé

Cela ressemble à une histoire de vengeance comme le tome 1 mais c'est plus une tragédie sur l'amour. Melos est un bel amant d'Aphrodite mais Apollon (décidément l'antagoniste dans cette série) se venge en le transformant en un être difforme rejeté de tous, un φαρμακός. Devenu monstrueux pour les yeux et sans espoir de plaire à la Déesse de la Beauté, Melos rejoint le cortège des Satyres et des Ménades de Dionysos et il devient le plus grand artiste des plaisirs de la saveur, le meilleur de tous les cuisinier pour récupérer la faveur d'Aphrodite malgré sa laideur repoussante. Mais l'hubris ne le quitte pas et on va finir par perdre notre pitié pour ce Bouc-émissaire de la tragédie... 

Trigger Warning : viol, cannibalisme... Je me demande si le côté très sensuel de cet épisode doit quelque chose au Parfum de Süskind car Melos évoque un peu Jean-Baptiste Grenouille avec le goût à la place de l'odorat. Lesparre est un ami de Peru et ce volume peut être vu comme symétrique du 1. 

Tome 5  (Stéphane Betbeder, Erwan Seure-Le Bihan) La Veuve

Zeus a abusé de Galatée, poursuivie par le cyclope Polyphème, et Poséidon a englouti sa Cité, sous les ordres de son frère, pour qu'Héra ne soit pas au courant de ce nouvel adultère. La veuve Cydippé, esclave affranchie et dernière survivante du cataclysme, menace de tout révéler si Zeus ne l'aide pas à récupérer toute sa famille dans l'Hadès. Cydippé accomplit avec Polyphème une Katabasis (une Descente aux Enfers) jusqu'aux Champs Elysées où vit Achille et jusqu'au Tartare. En passant, on croise une "Sémélé" qui n'a pas jamais été ressuscitée par Dionysos. Zeus apparaît encore plus odieux et manipulateur et c'est encore plus grim & daaark que les histoires déjà assez gore auparavant. 

La veuve Cydippé, nouvelle Psyché aux Enfers, doit être l'héroïne la plus accomplie de ces 5 volumes (Léandre échoue, Aspasia, Akilon ou Melos sont antipathiques) mais elle est un peu trop parfaite (en dehors de certains de ses choix amoraux où la famille doit compter plus que tout engagement). Ce doit être mon album favori dans les 5 premiers avec le 3 et le 4 derrière (mais il est rare que je n'aime pas une bonne Katabasis). Seul le 3 a un peu de lumière apollinienne et une représentation plus nuancée du divin. 

C'est dans ce volume que l'Oracle, narrateur des 5 premiers volumes, ravagé par la lèpre, meurt et que Homère perd la vue. 

dimanche 21 novembre 2021

Nanowrimo 21

35 281 mots 70,5% du roman est fait, retard d'hier rattrapé de justesse. Plus que 9 jours et 14 720 mots... 

Le long chapitre XIX n'est toujours pas achevé mais j'ai sauté au suivant parce que je ne trouve pas encore de "chute" à celui-là. 

Dialogue improvisé au chapitre XX entre la Salamandre et une lavandière. Je ne savais jamais à chaque phrase ce qui allait avoir lieu ensuite, ce n'était pas déplaisant mais pas très rapide. 

Lu un peu du livre posthume de David Graeber, The Dawn of Everything. Les critiques disent qu'à la fin, il était devenu de moins en moins sérieux dans son érudition et de plus en plus simpliste ou militant. La partie sur Rousseau (où il dit que ce n'était qu'un hypocrite flatteur de la Cour qui a tout volé aux vrais penseurs amérindiens) paraît effectivement un peu ridicule (même s'il y a tant de choses qu'on pourrait reprocher à Rousseau, que ce soit sa misogynie ou le fait qu'il veuille interdire les livres à Emile), mais au moins cela m'a donné envie d'en savoir plus sur ce Baron libertin, le Baron Louis-Armand de Lom d'Arce de Lahontan (1666-1716), qui écrivit ses Dialogues avec un Sauvage (1703) bien avant l'Ingénu ou le Supplément au Voyage de Bougainville (par une coïncidence étrange, le territoire de Lahontan avait appartenu cent ans avant à Monsieur de Montaigne...). Lahontan (ou La Hontan) avait 20 ans de moins que Leibniz mais finit aussi du côté de Hanovre vers la même année, à 50 ans. 

samedi 20 novembre 2021

Nanowrimo 20

 Trop fatigué aujourd'hui, je ne comprenais même plus ce que j'écrivais. 32 903 mots, cent 430 mots de retard. 

vendredi 19 novembre 2021

Nanowrimo 19

 31 800 mots (63,6%). 

L'intrigue politique piétine parce que j'ai lancé en l'air des assauts mais que je ne sais pas comment doivent réagir les pouvoirs en place. Je n'ai pas encore réussi à trouver des prétextes aussi clairs que les Etats-Généraux.  

Un autre défaut est que trop de métaphores (Le Peuple, Le Théâtre, etc.) tuent vite tout degré de réalité. 

Mais après tout, à une époque où des nuls incompétents comme Trump ou Bolsonaro ont gagné des élections et où des abrutis achètent des NFTs, on a du mal à dire que quelque chose qu'on pourrait écrire serait "irréaliste". 

jeudi 18 novembre 2021

Nanowrimo 18

30 699 mots. 61,4%. Demain Samedi, nous serons au 2/3 exactement. Je triche car je compte dans les mots 900 des annexes que j'ai faits avec la liste des personnages et la table des matières, qui me sert bien car même en si peu de jours, j'oublie parfois certaines pistes que j'avais lancées. 


J'ai trouvé un certain plaisir à écrire aujourd'hui parce qu'il y avait un peu d'humour. Je pense que je devrais retenir si je fais un autre Nanowrimo que j'en ai besoin pour tenir un mois. 

Dans le chapitre XVIII, l'équivalent de la Guilde des Voleurs (le Cénacle) délibère pour savoir s'ils resteront "neutres" en cas de sédition entre Sarasta, Valti et la Régente. 

L'histoire parle d'une révolution et il paraît difficile d'être réaliste car une révolution est par définition un moment où soudain des conditions normales sont suspendues en l'air en une inquiétante étrangeté sans qu'on comprenne complètement pourquoi ou comment ces conditions étaient acceptées comme normales auparavant. Je ne suis pas certain de paraître très plausible car je pense que ce n'est que rétroactivement que nous pouvons croire que c'était devenu possible. Comme le dit Ursula Le Guin, si un jour le capitalisme parvient à être profondément transformé, cela apparaîtra à certains comme une transgression d'une loi de la nature parce qu'ils n'auront pas imaginé possible que cela ne relève pas d'un cadre objectif et permanent. 

Le récit demeure complètement prisonnier d'une vision naïve à la Hegel-Carlyle de la Grande Personne Héroïque comme Agent de l'Histoire, pour des raisons de facilité dramatique et non par une vision de l'Histoire. Je ne sais pas trouver de moyen où le sujet de l'action serait vraiment une collectivité et cela demeure donc très traditionnel et finalement trop complotiste au sens où les révolutions seraient avant tout des individus qui tentent d'accélérer ou de freiner un processus en le pilotant ou en le réprimant. 

mercredi 17 novembre 2021

Nanowrimo 17

 28 635 mots (57%). 

Fini le chapitre XVII avec le fantasque Pimsvely qui se montre comme encore moins sympathique qu'on pourrait le penser. J'aime bien le Mélodrame et c'est réussi sur ce point, il y en a. 

mardi 16 novembre 2021

Everway (1/?)

Everway est un jeu de rôle créé par Jonathan Tweet en 1995 et qui utilise divers jeux de cartes ressemblant à un Tarot à la place de dés (36 cartes de "Fortune"), plus une centaine (ou potentiellement une infinité) d'Images dites de "Vision" qui devaient lancer une interprétation collective du sens de ces illustrations. Une splendide seconde édition vient de sortir, créée par les deux frères Richard Thames Rowan & Jesse McGatha (Rowan a changé de nom) pour les 25 ans d'anniversaire. J'ai reçu cet été 2021 le Tarot de Fortune (qui est demeuré exactement le même qu'en 1995) mais je n'ai pas commandé les Visions, qui ont l'air d'être la partie la plus intéressante du point de vue graphique (mais elles sont reproduites dans le Manuel du Joueur). 

Je ne vais pas rappeler l'importance historique d'Everway (Amber est de 1991, Castle Falkenstein de 1994). Cet excellent post sur RlyehReview replace bien le jeu dans son contexte. Tweet y a créé un des principaux modèles des jeux narrativistes et free-form indépendants. Le jeu fut un échec (pas seulement à cause de son coût, 35$ de 1995, soit 65$ de 2021). Voir aussi la série de posts chez Perdustin et les recensions sur le GROG. 

Premier survol

Dans Everway, on joue des "Spherewalkers", des mages venus de tout un Multivers capables d'utiliser des Portails pour voyager à travers les dimensions. Pour être précis, une "Sphère" est une dimension mais un "Domaine" (Realm) est un ensemble avec des Lois communes dans la même Sphère mais toutes ces Sphères sont de la fantasy sans haute technologie et où les Quatre Eléments sont universels. On n'est pas dans TORG mais plus proche de Planescape (1994) ou du Multivers de Magic: The Gathering, si ce n'est qu'Everway est plus contemplatif et moins belliqueux que MtG (ce qui explique en partie pourquoi il ne devint pas le jeu de rôle officiel de MtG). La plupart des Sphères n'ont que 2 Portails, un entrant et un sortant vers une autre Sphère spécifique. Les plans ont l'air d'être aussi souvent "humanocentrés", même si on mentionne des Dragons intelligents et des Fées par exemple. 

Ces 4 éléments correspondent dans Everway aux caractéristiques suivantes : Air (Intelligence), Feu (Force et Dextérité), Terre (Endurance + Volonté), Eau (Perception). Ce genre d'association n'est pas toujours évident. Si on veut comparer par exemple avec Legends of the 5 Rings (1997), les correspondances ne sont pas les mêmes (à part la Terre) puisque l'Air y représente les Réflexes et l'Intuition, le Feu représente l'Agilité et l'Intelligence, la Terre l'Endurance et la Volonté, l'Eau la Force et la Perception.  

Everway est le nom d'une Cité construite au carrefour du Multivers, dans un croisement entre 72 Portails (comme Tanelorn, Sigil, Nexus, Cynosure...). Ce nom anglais d'Everway m'a toujours gêné par son côté intraduisible (et tous les toponymes et noms propres sont de semblables descriptions). Je garderai juste l'anglais car je ne vois pas de belle traduction en français. "Toutevoie", "Eteroute", "Partour" ou un dérivé ? Du latin du genre Omnivia, Sempervia ou Sempiter ? Du grec avec Panthode ? Non... 

Un des détails que je n'aime pas est que par magie tout le Multivers a une langue commune interdimensionnelle commune qui s'appelle La Langue. C'est certes commode pour un jeu de rôle mais cela paraît un peu facile. 

Bien qu'Everway ait accueilli une mosaïque de voyageurs dimensionnels, elle a une "identité" culturelle, dans le Royaume de Roundwander (Errond ? les Portails sont en fait disséminés dans tout ce Royaume, pas dans la Cité). C'est une société matrilinéaire de clans professionnels. Par exemple, si votre nom de famille est "Hôte", cela veut dire que vous appartenez au Clan des Hôtes (les familles qui possèdent toutes les auberges d'Everway) et si vous vous appelez "Jean Gardien", votre famille, à la peau noire, garde les Portails, la famille Soleil est composée de guides pour pélerins interdimensionnels, les Mères sont des guérisseurs ou guérisseuses. 

Le Roi d'Everway appartient à la famille Emeraude (et la succession étant matrilinéaire, le pouvoir passe ensuite au fils de sa soeur, il n'a pas le droit de se marier légalement) et il adore la Déesse ou la Devī , fusion de toutes les Déesses du Multivers, mais c'est le Conseil d'Everway qui a le vrai pouvoir. Ce Conseil est dirigé par les 7 Clans principaux : Bagueserpent (fonctionnaires), Corneille (soldats), Crosse (mages), Danselune (prêtresses), Gratte (scribes), Mineur (financiers) et Taillepierre (architectes). Les Emeraudes sont la 3e dynastie après les Tour (qui ont abdiqué et vivent dans les forêts) et les Rugissants (des pirates qui furent exilés pour tyrannie). Le Roi a des processions sur un éléphant et on imagine que l'ambiance générale d'Everway est assez orientale. 

Au centre de la Cité se trouve une mystérieuse Pyramide de 60 mètres créée par le Marcheur, une divinité inconnue qui a fondé la ville. Pas loin se trouve la Bibliothèque de Tous les Mondes dirigée par la société de La Chambre Platine (composée notamment des clans Crosse, Gardiens & Gratte) qui cherche à enregistrer les connaissances encyclopédiques sur tout le Multivers (et qui engage donc des agents en mission à travers les Sphères). Au sud-est sur l'autre rive se trouve le quartier des Etrangers pour tous les réfugiés des différentes Sphères. 


Une autre critique possible est qu'Everway paraît presque banale en comparaison de Sigil, la cité de Planescape. Everway n'a guère (à première vue) que ses étranges coutumes de clans matrilinéaires ou ses Pèlerins pour la singulariser. Elle a quelques mystères (la Pyramide) mais reste en surface une Cité "normale". Sigil est un anneau de Möbius sur un cône infini où des factions irréligieuses développent des philosophies à la place de simples alignements moraux. 

Dans la Sphère d'Everway, le pays de Roundwander est relativement banal aussi en dehors de tous ces Portails, mais les pays voisins sont parfois bien plus étranges : le royaume de Chariot est composé de nomades intellectuels dirigés par le Lettré-Roi, Havre est une thalassocratie d'hybrides d'hommes et de poissons, la Phalange est dirigée par l'Empereur-Phénix adorant Saturne et qui a perdu le contrôle de ses golems de bronze, la Réflexion est composée de Moines ascétiques, Sommet était dirigée par une Dragonne disparue. 

Les 36 cartes de la Fortune sont séparées en 8 catégories qui forment la Pyramide : 

VIDE (carte de l'Usurpateur, qui joue le rôle du Diable dans le Tarot),
2 = Dualité (Création (la Mère) / Protection (le Père)),
les 3 Animaux (Aigle, Poisson, Lion),
les 4 Saisons,
les 5 égarements, Noyé en Armure, Craindre des Ombres, Négliger le Diamant, Semer des Pierres, Frapper le Dragon 
les 6 Bêtes anciennes (la Cockatrice, le Dragon, le Griffon, le Phénix, le Satyre, la Licorne),
les 7 classes (Bouffon, Ermite, Forgeron, Paysan, Prêtresse, Roi, Soldat) et
les 8 Dieux (Connaissance (Quetzalcoatl),  Fertilité (Kuan Yin), Guerre (Ogun), Inspiration (Brighid), Loi (Odin), Mort (Anubis), Nature (Gaia), Trickster (Coyote).

L'Ogdoade correspond à 8 Panthéons : Aztèques, Chinois, Yoruba, Celtes, Scandinaves, Egyptiens, Grecs, Amérindiens. Il y a des associations discutables (je classerais plus Odin en Mort qu'en Loi peut-être ?). 

Nanowrimo 16

 26756 (il ne reste plus que 47% à écrire). 

Chapitre XVI pompé en partie sur La France libre (été 1789, Camille lancera son journal en novembre). Je suis étonné de l'ampleur de la liberté d'expression en cet été 89. Il y est d'un anti-cléricalisme virulent et ne cache pas que son vrai projet n'est pas seulement une monarchie parlementaire à la Mirabeau mais bien déjà l'abolition de la monarchie (même s'il dit encore avoir de la sympathie pour l'individu Louis XVI mais pas pour ce qu'il représente). 

C'est un peu mélodramatique (Mylyjen y déclenche l'insurrection parce qu'il est sans nouvelle de Valoisa). 

lundi 15 novembre 2021

Nanowrimo 15

25 231 mots. Ca y est, la moitié est passée. Bon, je rappelle que mon compteur comptent les points comme des mots, donc j'imagine que je suis en réalité plutôt aux alentour de 23000 mots mais peu importe... 

La narratrice d'aujourd'hui (Puhdashya de Kielo, alias Catherine de Medicis qui joue le rôle d'une super-Marie-Antoinette) a essayé de mettre un peu de poésie. Je n'ai aucune oreille pour cela mais c'est quand même plus satisfaisant que ma prose trop banale. L'ennui est que cela ralentit. Le meilleur style pour un Nanowrimo doit plutôt être du Pulp's. Il faut plus rivaliser avec du feuilleton qu'avec de l'écriture si on veut atteindre ses 1700 mots sans trop souffrir en 3 heures. 

dimanche 14 novembre 2021

Nanowrimo 14

 10 Frédéric 233, jour de Gustave-Adolphe. Quartidi 14 Brumaire 230, jour de l'Orange. 

23 620 mots (47%). Retard rattrapé. J'ai vraiment du mal à prendre un jour de congé car 3334 mots, cela fait trop ensuite. Il y a 11 ans, j'arrivais à maintenir un peu d'avance au début (j'en étais à 26 000 mots à cette date !). 

Voilà le Wordle des 14 premiers chapitres. "Comme" est toujours là dans mes tics. Je ne nomme décidément pas assez la protagoniste Mummo, on dirait. 


Le chapitre XIII, plein d'action et central pour toute l'intrigue, était très médiocre (à part un peu d'ironie dramatique) et je ne sais pas comment l'améliorer. 

Le XIV, entièrement en discours direct et à l'ironie plus lourde, était en revanche un des deux seuls (avec le VII) depuis le début pas trop raté. Cela fait un mauvais ratio si je rate 6/7e des chapitres. 

Je crois que j'ai aussi un problème de longueur pour la suite, car je suis allé plus vite que je ne le croyais et je vais devoir trouver de nouvelles péripéties pour tenir encore jusqu'au 30 novembre. Si jamais je refais cela une autre année, je ferai un plan des chapitres avant le 1er pour mieux planifier.

samedi 13 novembre 2021

Nanowrimo 13

Oui, j'ai perdu le fil hier et j'ai donc du retard à rattraper. 

21 254 (420 mots de retard)