mercredi 22 décembre 2021

La mue du serpent

La mue du serpent est une aventure pour L'Oeil Noir (aventure ON-L02 en VF, traduction de Die gehäutete Schlange, Heldenwerk 003, 2015). C'est une intrigue policière urbaine à Vinsalt (VF Saltes), la plus grande ville de l'Empire Horas dans les Champs Charmants (VF : Fertilia). 

L'Empereur a sa villégiature plus à l'ouest, à Hôrasia, au Palais de Sangréal. Si le Mittelreich est l'Empire romain-germanique, le vieil Empire Horas tient à la fois des villes de l'Italie de la Renaissance (Vinsalt a été construite sur les ruines antiques de Bosparan, la capitale de l'Ancien Empire et le bosparano est le "latin" de l'Aventurie), de la France (sur la couverture de la vieille campagne Unter dem Adlerbanner, 2006, on voit des mousquetaires) ou de la péninsule ibérique (avec une façade océanique à l'ouest qui pousse à la navigation et la colonisation). L'ambiance générale pourrait faire penser à Gagner la guerre de Jaworski, si ce n'est que le Prince actuel a l'air d'assez bien dominer les familles patriciennes depuis la fin de la guerre civile et qu'on est donc dans un Etat plus centralisé que les cités-Etats italiennes. 

Détail tiré de la carte par robak238


Vinsalt est aussi le siège du temple de Nandus, le demi-dieu des énigmes, fils de Hesinde, Déesse des Arts, et la ville est associée à son (re-)fondateur, le mage Rohal le Sage au VIe siècle. Le MJ doit regarder aussi dans l'Almanach la partie sur Xeledon, l'autre fils de Hesinde. C'est un trickster associé aux masques, au ridicule et à l'imprévisibilité. Son étoile noire vient d'apparaître dans le ciel en 1039. L'école de Xélédon est une des guildes d'assassins de Vinsalt (Hinter dem Thron p. 71, Reich des Horas p. 217). Leur symbole est la consonne "X" mais on pourrait se demander pourquoi ils laisseraient une signature : ils aiment au contraire déguiser leurs meurtres en accident ou pour faire accuser quelqu'un d'autre (l'autre guilde d'assassins est les Vipères, centrés en Vieux-Bosparan). La base de l'école de Xeledon était près du quartier du Mont des Temples (Tempelberg). Vinsalt est aussi une ville gangrenée par d'autres mafias comme le Cartel

Etant donnée l'importance de la connaissance et de Rohal dans cette mini-aventure, cela pourrait être bien relié comme une introduction à la mini-campagne qui vient d'être traduite Le Legs de Niobara, qui consiste justement à suivre des énigmes et les pistes de divers manuscrits d'une astrologue qui fut une des assistantes de Rohal. Il serait plus confus d'insérer La mue du serpent dans l'épisode vinsaltien (Legs de Niobara VF p. 58 sqq) si les PJ croient qu'il y a un rapport entre les deux intrigues. Il y a eu aussi une autre mini-aventure reliée, "Himmelfeuer" dans Aventurischer Bote n°174 (mai-juin 2015) mais je ne l'ai pas (elle est à 3 euros sur le site d'Ulisses Spiel). 

Dans la mue du serpent, les PJ sont recrutés parce que Melchior, un érudit et idéaliste chef d'un mouvement d'enseignants pour la diffusion de la connaissance, a été assassiné par un de ses propres disciples, Pieno qui est reparti en s'enfuyant vers l'Ancienne Bosparan. Un des détails que j'aime bien est qu'au-delà de l'enquête, il s'agit d'un contexte où la question humaniste de la Renaissance devient centrale. 

Ensuite, une des coïncidences du scénario (pour forcer les joueurs à être plus impliqués) me paraît discutable car les PJ pourraient y voir du dirigisme excessif. 

Sur le forum de BBE, ils mentionnent quelques cartes de Vinsalt. Ce n'est pas indispensable, il suffit de distinguer quartiers riches des temples et du palais et quartier du Vieux Bosparan. Il y a eu une grande carte couleur de Vinsalt dans le vieux supplément Königreich am Yaquir (1990), une carte détaillée en N&B dans Hinter dem Thron (2006) p. 95 et de nouvelles cartes dans Reich des Horas (2015). 

Carte dans Hinter dem Thron

Le Temple de Hesinde (n°18) est au centre mais le Temple de Nandus (n°41) est de l'autre côté du pont sur l'autre rive. 

Hommage à Frédéric Sintès

J'apprends par ce très bel hommage de Fabrice Hildwein que Frédéric Sintès nous a quittés à l'âge de 42 ans. Il était l'un des principaux auteurs français de jeux de rôle indépendants, avec des expériences poétiques et atypiques comme le jeu avec narration partagée Prosopopée ou le plus complexe Démiurges. Sa voix et sa sensibilité nous manqueront. 

Add. Les amis de F. Sintès ont créé une cagnotte pour sa famille

dimanche 12 décembre 2021

Plus que deux jours pour le foulancement Cats! La Mascarade

 C'est là. Pour ceux qui ne connaissent pas, on joue des chats intelligents dans notre monde en apparence normal (même si certains humains se doutent qu'il y a quelque chose de bizarre). Ils ont des pouvoirs psychiques mais doivent cacher aux humains leur intelligence. Une option permet aussi de jouer des "bastets", des humains d'apparence mais qui ont en fait un esprit d'un chat (ce qui arrive quand on fait durer trop longtemps un transfert d'esprit pour contrôler un humain, on ne peut plus revenir dans sa vraie enveloppe). 

Je crois avoir compris qu'on peut encore avoir l'écran en option en plus maintenant que l'édition collector est épuisée. (Je n'ai pas de fétichisme particulier sur les dés officiels© mais j'ai du mal à résister aux écrans). 

Par ailleurs, si vous aimez bien L'Oeil Noir et si vous lisez la langue d'E.T.A. Hoffmann, les auteurs d'Ulisses Spiel ont aussi fait en 2019 Die Schwarze Katze où vous jouez des chat intelligents dans le monde renaissance-fantastique de l'Aventurie. Il y a d'ailleurs des soldes en ce moment (mais c'est sur les produits dérivés, pas sur le jeu). Ce n'est pas censé être une Aventurie parallèle ou uchronique mais bien des Chats bottés (et habillés) qui se cachent à l'intérieur du cadre habituel, notamment dans la cité de Havena. Bien que le système de règle soit assez différent que Das Schwarze Auge, il est prévu qu'on puisse refaire certains scénarios de Havena mais vus du point de vue des chats. 

samedi 11 décembre 2021

Wonder Woman Art Nouveau

Je crois que George Pérez fut le premier à faire WW en personnage d'Art Nouveau sur la couverture de Wonder Woman (vol. 2) Annual 1 (1987) ? 


Mais c'est devenu beaucoup plus courant et il y a de nombreuses autres WW ou Athéna dans le style de Mucha comme celle-ci de Dan Shearn


Joshuah Middleton (qui réalise les couvertures alternatives pour WW en ce moment) s'en est fait aussi une spécialité ces derniers temps. 



Promethea aussi avait joué sur ces références, par exemple dans la couverture du n°23

10 questions pour 10 jeux

 (2e partie d'un coup des 20 questions)

  • Le JdR dont vous ne parlez jamais : J'interprète cela non au sens d'un jeu auquel j'ai quand même envie de jouer mais dont je n'ose pas parler. Nobilis. J'avais très envie d'essayer une campagne et j'ai contacté des joueurs, mais ensuite, en préparant la campagne (où je voulais que chaque Personnage joue un "Genre" de fiction), j'ai été trop intimidé et j'ai préféré ne plus en parler pour éviter l'embarras. 
  • Le JdR que vous trouvez surestimé : Warhammer. Une campagne intéressante mais un système qui me laisse assez froid. 
  • Le JdR qui vous fait faire la gueule : Pour éviter des réponses évidentes du genre RaHoWa, je dirais Recon
  • Le JdR qui utilise un accessoire pas marrant : Dread, le jeu qui utilise le Jenga. 
  • Le JDR dont vous détestez les cartes / les plans : Je ne suis pas fan des cartes de Hârn, qui ont la qualité d'être détaillées mais que je trouve mornes. 
  • Le JdR dont vous détestez l’auteur(e) : Arrows of Indra. Myfarog
  • Le JdR auquel vous avez le moins joué : Mais quand même une fois et envie d'y rejouer ? Shaan
  • Le JdR qui parle de thèmes qui vous importent peu : Boot Hill
  • Le JdR dont vous trouvez le look nul : Exalted. Oui, des goûts et des couleurs... 
  • Le JdR auquel vous pouvez jouer toujours et encore : Superworld

Athéna Hygieia

 

Il semblerait que cela soit avant le début de la Guerre du Péloponnèse et ce n'était donc pas une réaction à la Grande Peste qui n'arriva de l'île de Lemnos qu'après, en 430. Mais d'autres disent que ce fut bien au début de l'épidémie. 

Périclès avait réuni les fonds et l'architecte Mnésiclès bâtissait les grands Propylées d'entrée sur l'Acropole. Un des meilleurs ouvriers eut alors un accident sur les Propylées en tombant d'un toit et les médecins échouaient à le soigner. Périclès, très préoccupé par ce retard et par le mauvais signe que cela impliquait, eut alors un songe où la Déesse Athéna lui apparut et lui expliqua quelle plante utiliser pour sauver le bâtisseur. 

Pour la remercier, Périclès fit construire une nouvelle statue de bronze dédiée à Athéna Hygieia, Gardienne de la Santé, qui fut mise du côté sud des Propylées (Plutarque, Vie de Périclès, 13). La statue de l'aspect d'Athéna aurait été mise à côté d'une statue d'Hygieia, la fille du dieu Asclépios. Pline l'Ancien parle aussi de cet épisode en racontant que la plante utilisée était la sideritis ou pathenium et que l'esclave sauvé ainsi par Périclès aurait été aussi représenté par une statue de bronze (Histoires naturelles 22, 20 sur la plante et 34, 19 sur la statue où l'esclave est en train de souffler sur les entrailles qu'il fait griller). 

Sur la statue de bronze était marqué : 

Ἀθεναῖοι τε͂ι Ἀθεναίαι τε͂ι Ὑγιείαι.
Πύρρος ἐποίησεν Ἀθεναῖος.

Les Athéniens à l'Athèna de la Santé 
Pyrrhos l'Athénien l'a fabriquée
(épigraphie Raubitschek DAA 166)

Pyrrhos était un élève de Phidias (et Plutarque attribue la statue à Phidias). 

"Mais dis-moi, Pyrrhos ? 

- Oui, Périclès. 

- Elle est très bien, très bien, cette statue. 

- Merci, ô stratège. 

- Mais tu ne trouves pas que la Gorgone sur l'Egide paraît un peu placide ? 

- C'est la Gardienne de la Santé. Ce n'est pas son aspect le plus effrayant, Périclès, par Asclépios. 

- Oui, oui. Mais ce casque, surtout, ce casque. Elle porte une sphynge et deux Pégases. 

- Oui, cela changeait un peu de tous ces serpents. 

- Mais Pégase est un fils de Poséidon et c'est lui le maître des chevaux et des hippocampes. Cela ne va pas lui déplaire ? 

- Non, tu sais bien qu'on l'adore aussi sous le nom d'Athéna Hippia. Et la Raison sort de sa tête en triomphant des Monstres. 

Périclès mourut de la Peste en -429. Phidias mourut emprisonné en -430, accusé d'avoir sculpté un portrait de lui aux côtés de Périclès sur le bouclier de l'Athéna Parthénos autour de la tête de Méduse (où des Athéniens sont en train de se battre contre les Amazones). 

On a perdu l'Athéna de bronze originelle de Pyrrhos mais on a plusieurs copies en marbre de l'époque romaine, dont une, dite Athéna Farnese (trouvée en 1743 à Rome, 2,24m, aujourd'hui au Musée archéologique de Naples avec les autres marbres de la famille Farnese, collection Albani - l'autre version, plus abîmée et sans bras est l'Athéna de la collection Hope en Angleterre). 

Une autre théorie est que ces marbres sont des copies de l'Athéna Itonia (d'Itonos) faite par Agorakritos de Paros, l'amant de Phidias qui l'avait faite au temple de Koroneia en Béotie. 







vendredi 10 décembre 2021

Wonder Woman Historia - The Amazons

 Wonder Woman Historia: The Amazons, Book One (Kelly Sue DeConnick & Phil Jimenez), Interdit aux moins de 17 ans (!)

Cette série limitée sur les origines des Amazones est sans doute le meilleur titre jamais réalisé par DC sur Wonder Woman. Oui, meilleur que The Hiketeia. Certes quand même pas meilleur que Promethea si on la considère comme une version alternative de WW par Alan Moore. 

Pourquoi est-ce si réussi ? 

Phil Jimenez (qui fut aussi le scénariste et dessinateur de WW en 2000-2003) a souvent été sous-estimé comme un sous-George Pérez (en peut-être un peu plus rigide parfois dans ses anatomies) parce que c'était ainsi qu'il se présentait lui-même comme le continuateur ou le porteur de flammes de ce style de comics américain. Mais ici, il a ajouté une influence plus complexe encore qui me rappelle d'ailleurs le psychédélisme druilletien qu'a fait Liam Sharp sur Green Lantern ces dernières années ou ses jeux sur les graphismes celtiques à la Jim Fitzpatrick dans la série limitée The Brave & the Bold: Batman & Wonder Woman

George Pérez adorait dessiner les Olympiens mais en dehors de quelques perspectives Escheresques sur l'Olympe, ils demeuraient très anthropomorphiques et Jimenez a souvent été fidèle à ce modèle. Mais ici, peut-être en partie inspirés par les réinventions "totémiques" par Brian Azzarello & Cliff Chiang il y a une douzaine d'années) la scénariste Kelly Sue DeConnick et lui ont choisi des représentations bien plus inhumaines des Olympiens qui feraient passer les Célestes de Kirby pour de simples cosmonautes. Ils deviennent des formes transcendantes plus "sublimes" ou effrayantes. 

Voici par exemple, rien que pour prendre les premières pages au début, les Déesses Hestia, Artemis, Hécate, Aphrodite et Athéna


(cliquez pour voir en entier)

Aphrodite en Vénus de Willendorf ruisselle du sang d'Ouranos, la géométrie des Trois Têtes de Hécate est déjà non-euclidienne et Athéna a rarement été aussi inquiétante en panoplie spectrale désincarnée, une égide sans visage. 

Mais c'est sans doute Héra en déesse recouverte des Yeux d'Argos et de Plumes de Paon qui est la plus réussie. 


Les Amazones des mythes semblaient plutôt adorer le sauvage Arès. La version de William Moulton Marston quand il a créé Wonder Woman en 1940 (en utilisant ses fantasmes érotiques sado-masochistes sur le bondage et le pouvoir féminin) avait inversé les Amazones en fidèles d'Aphrodite, "guerrières de l'amour" (et Mars devenait leur principal adversaire au contraire). 
George Pérez avait retiré tout ce culte de Vénus dans sa version, en faisant des Amazones les adoratrices des Déesses grecques en général et Phil Jimenez était allé encore plus loin Wonder Woman, vol. 2, #164–188 (2001–2003) en changeant leur panthéon en celui de Déesses de plusieurs mythologies mondiales à la fois, Athéna mais aussi Ishtar, Isis, Neith, Sekhmet ou d'autres. 

Ici, DeConnick privilégie Héra à la place d'Athéna mais c'est comme figure de la Royauté féminine, de la Shakti, comme La Déesse et contre-pouvoir à Zeus (qui devient ici un étrange Zeus-Ammon bélier qui ne cesse d'osciller entre ses diverses métamorphoses en Taureau, en Aigle ou en Cygne). 




Pérez avait commencé sa version de WW en disant que Hippolyte n'avait pas créé le souffle de vie de la Pandore-Diana mais que les enveloppes des Amazones gardaient les âmes des femmes persécutées et assassinées par l'histoire du Patriarcat. Ici, l'idée est développée avec des tribus d'Amazones différenciées selon les diverses déesses et des âmes de petites filles dans les Limbes de Héra. Et c'est la première fois qu'on développe autant les Amazones pour qu'elles ne servent pas seulement d'arrière-fond pour Diana. 

Je n'avais pas vraiment apprécié la bd de sexploitation à la Tarantino dans l'Amazone d'Oracle n°9. Mais ici le thème de la violence patriarcale me paraît globalement mieux fait, même si c'est avec la même amertume et la même cruauté. C'est sans doute une des meilleures bd sur l'Antiquité que j'ai lues depuis la fabuleuse déconstruction du mythe spartiate dans Three (2014) de Kieron Gillen ou la dramatisation de la guerre de Troie dans Age of Bronze

mercredi 8 décembre 2021

10 questions pour 10 jeux

 Je vais reprendre à Imaginos le jeu des questions mais sans faire un vrai calendrier de l'avent. 

1 Le premier jeu de rôle auquel vous avez joué : Basic D&D (mais c'est aussi avec Mega que j'ai dû être meneur de jeu pour la première fois). 

Le JdR avec votre règle de jeu détestée : La règle des langues d'alignement dans D&D ? La magie vancienne dans D&D ? 

Le JdR qu’on vous a le plus offert : Des dérivés de BRP. 

Le JdR dont le contexte ne vous reste pas en tête : Dans (le plutôt nul) Sovereign Stone, je confondais les noms de pays qui se ressemblaient alors qu'il n'y en avait pas tant que cela. 

5 Le JdR de vos vieux jours : Je reste toujours le plus à l'aise sur BRP mais je me vois plus maîtriser à quelque chose de plus freeform comme du Heroquest. 

6 Le JdR qui vous fait rigoler : Tous en jouant... En lisant... comme Imaginos, je ne crois pas avoir vraiment ri en lisant un jeu mais je crois me souvenir que j'avais apprécié quand même une ou deux blagues dans Murphy's World (1995). Je ne saurais pas dire lesquelles. Ah, et il y avait cet exemple de partie parodique très bien écrit dans un jeu (un d20 comme 13th Age ? ou peut-être Dying Earth ?) où une PJ appelle à dépasser les conventions et à s'allier avec les gobelins opprimés avant de finalement les tuer et leur prendre leur trésor. Je ne sais plus ou c'était. 

7 Le JdR qui vous a fait détester un genre : Le fait que Cyberpunk avait encore des classes et niveaux dans la première édition m'avait fait fuir sans jamais acheter une seule édition (alors que les versions ultérieures FUZION (mélange d'Interlock et de HERO) devaient être plus proches de mes goût). Mais le genre ne m'attirait déjà pas tellement (même si j'ai plutôt essayé Shadowrun). 

8 Le JdR que vous avez fini par détester : Call of Cthulhu, pas pour son système mais parce que je trouve que le Mythe de Lovecraft a trop saturé les jeux de rôle. Bien sûr je cache ce noir secret parce que je ne veux pas me faire haïr de tous mes amis rôlistes. 

Le JdR que vous préférez à ses dérivés : Champions, plus adapté à son genre que les tentatives d'en faire plusieurs jeux génériques ensuite. 

10 Le JdR que vous n’auriez pas aimé écrire : N'importe quel jeu de sf parce que je ne pourrai jamais faire des listes d'équipement. Ou les tableaux de compétences dans Légendes qui me font encore des cauchemars 37 ans après. 

George Pérez by George Pérez

Un des jeux auto-référentiels des comics est que les auteurs se mettent souvent en scène à l'intérieur des histoires. George Pérez existe donc à la fois sur Terre-616 (la Terre Marvel) et sur Terre-1 (la Terre standard de DC avant la Crise - comme le fait remarquer Chris Ryall). 

Il apparaît pour la première fois dès ses débuts dans les comics, dans un titre noir & blanc, Deadly Hands of Kung-Fu n°19 (décembre 1975), écrit par Bill Mantlo. Pérez, né à New York d'une famille porto-ricaine, y crée dans cet épisode (avec Yvette Pérez mise en co-autrice et Karen Mantlo en lettreuse) the White Tiger, un superhéros porto-ricain. 

Un an après, dans Fantastic Four n°176 (novembre 1976, écrit par Roy Thomas), il apparaît dans une histoire parodique où Impossible Man vient visiter les studios Marvel et exige de Stan Lee d'avoir son propre titre. 


Perez avait 22 ans en 1976 et il se dessine encore lui-même (avec encrage de Joe Sinnott) comme le "jeune homme générique" de Marvel. On dirait qu'il a la même tête que Rick Jones par exemple, alors que les autres membres de Marvel sont bien plus caricaturés. 

Voici une photo de lui de 1977. 



Il se remettra en scène quatre ans après dans Marvel Two-In-One n°60 (février 1980), où il assiste avec son scénariste Mark Gruenwald au buffet de l'exposition des statues d'Alicia Masters (avec à nouveau Impossible Man). 


Le style de Pérez (encré par Gene Day) a beaucoup changé et ses traits (à 26 ans) sont bien plus reconnaissables. Il se représente en train de dessiner the Thing qui est à côté de lui. 

Deux ans plus tard, Pérez est passé chez DC et son style a encore évolué avec la série qui va lui donner le plus de succès. 



Dans New Teen Titans n°20 (juin 1982, "A Titanic Tale of Titans'Tomfoolery"), le couple réapparaît dans une histoire parodique où le Professeur Igor Igorigorigorivich téléporte le George Perez et le Marv Wolfman de Terre-Prime (la Terre banale sans superhéros qui est censée être le double de la nôtre) pour leur prendre les secrets des Titans. Wolfman, terrorisé, se prépare à tout révéler au savant fou de Terre-Un et Pérez est représenté dans une relation conflictuelle avec son scénariste. 


Il n'a plus de barbe mais se dessine plus comme une sorte d'Elvis Presley vers la fin, avec de l'embonpoint et comme le faire-valoir sérieux de Wolfman. 

A ma connaissance, il ne s'est plus dessiné à nouveau chez DC (je vérifierai quand même s'il est dans les invités du mariage de Donna et Terry dans Tales of the New Teen Titans n°50 mais il y dessine à nouveau Marv Wolfman en tout cas). 

Il est sur la couverture de Comics Interview n°50 en janvier 1987 (avec White Tiger à l'arrière). 



A son retour chez Marvel, il apparaît à nouveau dans Avengers (vol.3) 14) n°14 (1999) avec le scénariste Kurt Busiek. Cette fois, on est dans un jeu métaréférentiel plus proche de She-Hulk et Pérez est mis à côté des cases qu'il est en train de dessiner. Il finit l'épisode en regrettant de ne pas pouvoir dessiner The Beast plus souvent. 




En 2015, le dessin animé Teen Titans Go! a fait un hommage dans un épisode qui s'appelle juste "Marv Wolfman & George Perez" (Saison 7, épisode 7) où les deux créateurs tentent de "réinventer" leurs personnages. 


Le dernier comic qu'a fait George Perez en 2021 fut pour Marvel en reprenant une ultime fois en un cercle White Tiger, le premier personnage qu'il avait créé en 1975 avec ce malheureux Bill Mantlo (qui vit toujours paralysé depuis des décennies après avoir été renversé par une voiture). 

mardi 7 décembre 2021

George Pérez

George Pérez, 67 ans, l'un de mes dessinateurs de comic books favoris avec Brian Bolland, Alan Davis, José-Luis Garcia-Lopez ou Bob McLeod, et qui avait pris sa retraite cet été, vient d'annoncer que son cancer au pancréas n'était pas opérable et qu'il allait bientôt mourir. 

Un des talents si reconnaissables de Perez et qui le rendait si bien adapté à ce genre d'art graphique, était son goût pour des scènes de foules différenciées où on pouvait reconnaître un personnage rien qu'à quelques détails de la silhouette, les titres épiques d'équipes de superhéros de toutes les couleurs (même si ces dernières années, cela finissait par devenir une caricature où les éditeurs semblaient vouloir le forcer à multiplier des scènes de masses). 

Il commença notamment sur les Quatre Fantastiques ou les Avengers mais ne devint vraiment une star qu'avec les New Teen Titans (et je pense qu'il faisait plus, avec les encrages de Romeo Tanghal, que les scénarios de Marv Wolfman pour faire de ce titre le best-seller de DC à cette période) et sa propre récréation de Wonder Woman

Quand j'étais enfant et que j'ai commencé à m'intéresser à autre chose qu'aux titres Marvel traduits en français, je me souviens que c'était cette double page du magazine DC Comics Presents (peu de temps avant Crisis of Infinite Earths) qui m'avait fait prendre conscience du charme particulier du multivers DC, son côté plus hétéroclite ou bigarré que celui auquel j'était habitué, peut-être à cause de Hoppy the Marvel Bunny, les Metal Men ou la Time Bubble de la Légion du XXXe siècle. C'est paru dans DC Comics Presents n°38 (1981). 


Le dessin devait représenter tous les personnages rencontrés par Superman dans ses team-ups dans les 36 premiers épisodes. On y voit même le jeune Superboy (#14) mais pas encore le Superman de Terre-2 (que Superman rencontrera dans DC Comics Presents Annual n°1). Pérez a oublié deux personnages, Aquaman et Red Tornado. 



Le dessin animé Marx

Pour le bicentenaire de la naissance de Karl Marx en 2018, la République populaire de Chine a produit un dessin animé en 7 épisodes sur sa vie : 领风者 (Lǐng fēng zhě, Le "Leader", celui qui inspire des vents nouveaux) C'est co-écrit par une équipe d'universitaires de "l'Académie des Sciences Sociales" et assez étrange parfois de détails (par exemple dans les premiers épisodes sur la formation philosophique qui présuppose beaucoup sur Kant, Hegel et les Jeunes Hégéliens). Le générique de fin se termine en propagande pro-chinoise pour nous rappeler qu'officiellement du moins la dictature ultralibérale demeure "marxiste" en théorie. 

lundi 6 décembre 2021

Fin d'isolement

J'ai attrapé la covid (variant B.1.617.2, "Delta") sans doute vers le début de la semaine du 22 novembre, j'imagine, même si je ne vois pas bien quand j'ai pu retirer le masque que je porte toute la journée. Peut-être dans la salle du micro-onde de la salle des profs ? J'ai eu les premiers symptômes de fatigue le mercredi 24 mais n'ai pensé à me faire tester que le vendredi 26. J'ai eu de la chance, pas eu trop de toux ou de maux de crâne sauf quelques jours. En revanche, je dors tout le temps, je pourrais aller me coucher à n'importe quel moment et m'endormir quand même, et je n'ai plus tellement faim (mais j'ai gardé le sens du goût pour l'instant). Finalement, nous l'avons tous eu à la maison, même les enfants qui l'avaient déjà eu une fois au mois de mars 2021 mais qui n'ont pas été symptomatiques. 

La bonne nouvelle est que certaines études critiqueraient l'idée de "covid long" en montrant qu'une majorité des cas serait psychosomatique (du moins chez ceux qui avaient eu des formes légères ou asymptomatiques). Mais j'ai lu cela sans vérifier les sources, donc c'est à prendre avec des pincettes. 

dimanche 5 décembre 2021

Quoi de neuf en Aventurie ?


Il y a 8 ans, j'avais fait une chronologie des événements récents du début XIe siècle (994-1034) en Aventurie, dans le monde de l'Oeil Noir. Le monde de Das Schwarze Auge évolue en temps réel chaque mois dans la revue Aventurischer Bote et surtout l'Aventurisches Jahrbuch. Je ne crois pas que c'était vrai dès 1985 mais la formule du rythme a l'air d'être à peu près devenue Date réelle - 978 et nous sommes donc en l'an 1043

Ce concept de "monde vivant" me paraît personnellement une mauvaise idée en rendant le Monde officiel nécessairement très vite différent des campagnes (Hârn a fait le choix inverse de ne jamais faire évoluer les suppléments pour qu'ils restent compatibles) mais cela fait quarante ans que cela dure et au moins ils n'ont pas fait des discontinuités inutiles d'un siècle comme les Royaumes Oubliés de Wizards of the Coast. Je n'indique que quelques faits en me centrant à nouveau sur le Mittelreich, qui est la région que j'ai le plus suivie. 

1035
Le jeune Horas Khadan (né en 1022) envoie des Missionnaires des Douze Dieux au-delà de l'Océan pour convertir l'Ancien Continent occidental Myranor (qui adore encore l'ancienne Ogdoade des Titans, voir le Survol de l'Aventurie). En effet le Mur Marin d'Efferd (VF: Thylos) qui gêne la navigation depuis Myranor commence à faiblir et Khadan, qui est l'un des plus grands érudits malgré son jeune âge, craint une invasion myranorienne. 

L'Impératrice Rohaja du Mittelreich (née en 1008) bat les rebelles du Wildermark (région au nord de la capitale Gareth). C'est l'objet de la campagne Mit wehenden Banner (2012). Cela conduit l'année suivante en 1036 à la  réorganisation des fiefs, la création des Marches de Rommilys où la jeune Marquise Svantje von Rabenmund règne sur la nouvelle région (qui refusionne la Principauté de Darpatie avec les Wildermark).
C'est aussi la fin de la campagne Quanionquest (la Lumière éternelle de Praios est retrouvée).

L'Impératrice Rohaïa & le Horas Khadan Varsinian Firdayon

1036
Thesia de Kurkum, Reine des Amazones, accouche de sa fille demi-elfe Valaria. Voir le supplément Töchter der Rache (2016). 
Finian Ui Bennain, Prince d'Albernia, épouse Talena Vom Draustein. 
L'Ordre des Bâtons Gris reconnaît que son Grand Maître Tarlisin von Borbra (qui fut naguère compromis en démonologie mais eut ensuite une rédemption en devenant le plus grand expert contre les démons) a disparu et que l'Ordre aura désormais une direction collégiale (Tarlisin était le PJ de Heike Kamaris).  

1037 
Mariage de Rohaja von Gareth (29 ans) avec Rondrigan Paligan, Marquis de Perricum. Mais depuis 5 ans, tout l'Empire s'alarme de l'infertilité de leur mariage. L'Impératrice est-elle maudite ? Si oui et si sa soeur Yppolita (qui fut bannie pour ses intrigues) a un enfant, deviendra-t-il l'héritier ? Rohaja a bien eu un bâtard, Albiron, en 1027 mais il ne peut pas hériter (et ignore même sa vraie identité). 

1038-1041
Des étoiles s'effondrent et des constellations sont changées dans le ciel (pour justifier des changements des règles de magie mais certains accusent aussi le Horas Khadan d'être responsable quand il réussit à détruire un des fragments de la Couronne des Démons).

1039 
Guerre entre l'Impératrice Rohaja et l'ancien Maréchal de l'empire devenu un des Heptarques, Helme Haffax, qui revient encore une fois et ravage en partie le grand port de Perricum. Voir les aventures en 2015, A211 Die verlorenen Lande et A212 Der Schattenmarschall

1040 
Helme Haffax a à nouveau disparu (il aurait eu le temps de mettre son âme dans le cadavre d'un ancien Dragon). La Diète de l'Empire organise la reconstruction et l'accueil des réfugiés du Duché de Tobrien occupés depuis la Guerre de Borbarad. 
En Horas-Reich, le Horas Khadan (qui serait le fils du Dragon Shafir) se réveille de son long sommeil et redevient Horas de plein titre à 18 ans après une régence. Sa fiancée meurt, officiellement d'un "accident de cheval". 

1042 
Traité de paix à Morganabad entre le Mittelreich et l'Arania, négociée grâce au culte de Rondra par L'Epée des Epées (la grande prêtresse de Rondra). 
Déclaration officielle du décès de Thesia von Ilmenstein (une PJ d'Ulrich Kiesow (1949-1997), le créateur de DSA), qui disparut dans sa lutte contre l'Heptarque Glorana, la Sorcière du Givre Noir, mais est-elle vraiment morte ? 

vendredi 3 décembre 2021

Les Mondes de Rêve de Dragon (2)

Rêve de Dragon (2e édition, 1993) changea de cadre du songe et tenta encore moins que dans la première édition d'imposer de la cohérence (du moins avant l'Unirêve, 1996). Chaque scénario est donc séparé si ce n'est ceux dans les règles, avec dans le Livre 3 (Livre des Mondes, Chapitre 5 Invitation au Voyage) trois aventures La Fontaine d'Ortigrise, Pleure pas, Nineth, Les Jeux de Tourmeline). Cette seconde édition chez Multisim eut une grande continuité graphiques, les couvertures étaient toutes de Florence Magnin et les illustrations intérieures de Rolland Barthélémy. 

Il y a quelques notes sur la "Smoldurée", vallée de la Smouldre. A l'Ouest du fleuve, on accepte les Haut-Rêvants mais sur la côte orientale de la Smouldre (Tourmaline et la côte melzanienne, dirigée par le Potentat d'Epode), ils sont persécutés. Le Plateau d'Orkarth a des tribus nomades de Cyans et les Maleterres ont des Groins. La Forêt de Biketh ou les Marais Saurins contiendraient les ruines perdues d'une ancienne bibliothèque du Second Âge. 


Voyage n°1 Le Secret de Muringhen commence en Smeraldie mais part ensuite vers le nouveau monde de Karmelande


Voyage n°2 Rêve en Boldzarie décrit un refoulement du cauchemar, entre cadre très banal (avec des noms pseudo-slaves) et arrière-monde plus inquiétant. 


Voyage n°3 L'Oeuf de Psiluma part d'une cité nommé Cloverstone dans une autre région sans rapport. 

Voyage n°4 La Dame des Songes est un de ceux qui a le plus d'étapes. Il part du village de Valjoie, sur la vallée du Slurp au nord de la Forêt des Bruits mais ils peuvent ensuite se retrouver dans le pays maritime de Melurnée et dans une longue quête avant de revenir dans le premier rêve et parvenir au Pays d'Oniranie. Le fait que les cartes ne soient pas fiables dans cet univers est un élément important puisque les personnages ne sauront pas toujours tout de suite s'ils ont ou non changé de rêve. 




Voyage n°5 Poussière d'étoiles : les personnages vont travers la plaine des nomades monteurs d'aligates de Kamak avant d'arriver à Sideralis, la Cité des Astrologues. A nouveau, l'aventure joue sur de nombreuses cartes vagues ou contradictoires. 

Voyage n°6 Château Dormant a une quête héroïque dont un des moments-clefs repose sur un jeu de mots un peu nonsense qui aurait plutôt tendance à me faire sortir de l'immersion. Ce scénario contient des Cyans (je l'indique comme c'est l'un de mes peuples non-humains favoris). 

Voyage n°7 La Ballade de Harpsichore (1996) a une quête poétique pour interpréter les paroles obscures d'une chanson, comme le Jabberwocky. On y visite notamment Philarmonith, cité de la musique en Mestrie, mais aussi la gynarchie de Madzona ou la gérontocratie de Kamarakol, la Cité envahie par des Mouches qui frappent les mâles de sénescence. Le scénario est difficile mais certaines étapes peuvent être retentées dans le rêve plusieurs fois heureusement. 



5 ans plus tard chez Nestiveqnen Le Maître de Shamatoo (2001) a de nouveau une Cité des Chats, Shamatoo sur la rivière Escargonde mais Miark (dans le Miroir des Terres médianes n°3 Les Larmes d'Ashani) sacrifiait ses chats de manière cruelle alors qu'ici Shamatoo donne bien une place sacrée aux félins. Ils sont en guerre avec les Neucéens qui détestent chats et Hauts-Rêvants. Les personnages iront ensuite dans un autre rêve et il faudra trouver un moyen de revenir dans celui-là. Pour une fois, Denis Gerfaud a laissé une référence à un rêve antérieur, le nom de la Mer Immenséenne qu'on trouvait dans le livre de règle de la 2e édition mais de toute façon, le scénario prévoit qu'on arrive par l'est, par les terres dans la Forêt de Tantéplus. 


mercredi 1 décembre 2021

Le(s) Monde(s) de Rêve de Dragon

Le fait de lire Everway, jeu de voyage entre les cosmos, m'a fait dévier vers un autre vieux souvenir de rôludiste et je voulais revisiter quelques lieux décrits dans quelques scénarios de Rêve de Dragon (1e édition) par Denis Gerfaud (même si l'oeuvre de Gerfaud est bien trop prolifique pour que je tente d'en faire un survol complet). 

Une autre ressemblance avec Everway est que Rolland Barthélemy avait d'ailleurs fait aussi un Tarot Draconic pour Rêve de Dragons, avec 21 cartes (Le Vaisseau, Le Château, Le Voyageur, La Déchirure, L’Auberge, Les Marais, Le Luth, Le Rabot, Le Coffre, La Sébile, Le Grimoire, Le Groin, La Vierge, L’Épée, La Couronne, Le Gibet, Le Soleil, La Lune, La Licorne, L’Esprit Thanataire et le Haut-Rêvant). 

Gerfaud disait souvent ne pas chercher à développer un univers "cohérent" et vouloir au contraire voyager dans des cadres contradictoires comme les rêves. Cependant, dans les suppléments de la première édition et donc avant même l'Unirêve de la 2e édition MultiSim, les Onze Miroirs des Terres médianes avaient une sorte d'univers. 

Dans le n°3 Les Larmes d'Ashani, une carte avait remis ensemble plusieurs lieux qui se retrouvèrent détaillés par la suite. Le n°10 A l'heure du Vaisseau y ajouta une extension de la carte vers l'ouest. 

Dans les règles, 1e édition Les Galettes d'Oyoulé à Aliciol, dans la Vallée de la Folle (près de la Désolation des Groins). En plein hiver, on part chercher la recette des galettes du Héros-Pâtissier. Ceci est donc la toute première carte du jeu, à petite échelle et qui disparaît ensuite dans les cartes à plus grande échelle. Je ne saisis pas toujours tous les jeux de mots (Oyoulé par exemple ?). 


"L'Acrobate" (Casus Belli n°29) ou "Rêves de la Lune bleue" (Casus Belli n°32) ne sont pas localisés précisément mais "La Forêt des Sentinelles Mortes" (Casus Belli n°30) se passe bien dans ce cadre, près de Saguedix (au sud de ce Marais Huileux et à l'ouest de la carte du MdTM n°3, comme si l'ordre du scénario avait suivi le cours de la rivière vers le sud). 

Miroir des Terres Médianes n°1 : Le Cidre de Narhuit Cité du Grand Pressoir à l'Est de cette Désolation des Groins, Pays Dha-Pol (d'Apple) où règne la Népocratie (succession des "Neveux de Narhuit")

Miroir des Terres Médianes n°2 : Au bonheur des Zyglutes à Glumeln sur la rivière L'Enténeuse (dont la "boue médicinale" est décrite dans le n°4 p. 18-19). Il y a des tribus de Cyans et de Groins dans les Landes salées. 

Miroir des Terres Médianes n°3 : Les Larmes d'Ashani à Miark, la Cité des Chats, juste au nord de Glumeln, où on ramasse les Gemmes larmes d'Ashani. 



Miroir des Terres Médianes n°4 : Le Sacré Pinceau à Barbe à Balène, la Cité des Glabres. On y mentionne que la ville d'Esparlongue sur la côte est favorable à la magie et aux Hauts-Rêvants, ce qui n'était pas du tout le cas dans les villes plus au nord. Il y a de nouveau des pierres magiques, Pierres de chance. Ce numéro a un dossier pour jouer des non-humains et notamment des Cyans comme PJ, qui change pas mal de perspective par rapport à la description originelle dans le livre de règles. 

Miroir des Terres Médianes n°5 L'Empire du Roi-Joueur se passe en fait dans un autre plan-prison dans les Limbes mais on y mentionne Chandrapore en Sélikanthe, qui sera décrite en détails dans le n°7. Les règles sur la musique parlent aussi d'un "Air d'Esparlongue" musique sereine qui peut calmer. Le scénario est assez compliqué mais je me souviens avoir lu du célèbre avocat Maître Eolas que c'était son meilleur souvenir en jeu de rôle (les reviews du Grog sont moins enthousiastes). 



Miroir des Terres Médianes n°6 L'Auberge des Derniers voyageurs part d'une auberge qui peut être située n'importe où de sauvage, dans une région environnée d'une horde de Groins pour que les voyageurs aient envie de se réfugier dans l'auberge. Le n° a un index des numéros précédents. NB : Une vieille magicienne s'appelle Thérébenthe et elle s'appelait aussi ainsi dans le scénario L'Acrobate de Casus Belli n°29, mais je crois que c'est juste une coïncidence. 

Miroir des Terres Médianes n°7 (1988) Un Parfum d'Oniroses commence à Chandrapore, cité commerciale du Prince Ibtarid XIX, Empereur des plaines de Selikanthe au bord du Lac Trazimène. Il y a plusieurs cartes et c'est une aventure très longue et riche en péripéties (avec à nouveau des Cyans). 


Miroir des Terres Médianes n°8 La Cité des Treize Plaisirs on y décrit Névrose (Cité du Refoulement) et Spasme (Cité des Plaisirs). Les 13 plaisirs vont du plus physique au plus "thanatique" : le Vin, le Sucre, le Sang (Arènes), le Sexe, le Parfum, les Bains, la Musique, le Régal (une fusion de plusieurs des Plaisirs précédents en harmonie), le Tatouage (magique, il stimule en permanence une des parties du corps), le Vieux Jeu (jeu de traque à mort). le Caveau (Mort douce), le Grand Spasme (Douleur infinie) et le Dernier Mystère de Spasme (le Plaisir Inconnu). C'est un des chefs d'oeuvre de Rêve de Dragon, un cadre étrange pour faire du "bac-à-sable" urbain-onirique. Le n°11 revient dans la Mer des Brouillards. 

Miroir des Terres Médianes n°9 L'Elixir de Haut-Rêve repart au nord de la Forêt d'Ostarlath, entre la rivière l'Aectre et la cité de Tolboa. Notons que ce numéro a aussi un index des scénarios que Denis Gerfaud avait fait paraître dans d'autres supports que le Miroir des Terres Médianes, comme Casus Belli, Dragon Radieux, etc. 

Miroir des Terres Médianes n°10 A l'heure du Vaisseau introduit la 3e carte à grande échelle, plus des cartes de la vallée de La Mouche près d'Edelburg


Miroir des Terres Médianes n°11 Le Trésor de Black Squirrel, suite du précédent, le navire des PJ se retrouve perdu dans la Mer des Brouillards, du côté d'Oblivion-la-Vieille-Cité-Grise. Mais dans cette version de la carte (on est peut-être dans un autre rêve), l'île de Tucléide avec sa Cité du Grand Savoir semble avoir disparu dans l'oubli... Et le scénario change de toute manière de rêve dans sa poursuite du trésor. 

Trois reflets d'anciens rêves (1998) est une révision pour la seconde édition des n°5-6-7 (c'est-à-dire ceux que Denis Gerfaud avait pu réaliser avec l'illustratrice Florence Magnin). Y a-t-il dedans la carte du n°3 ?