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jeudi 15 mai 2025

Galimafrée

1 Endlichkeit & Torschlußpanik

James Maliszewski a un effrayant Memento Mori qui m'a fait prendre une conscience trop douloureuse de ma propre Mauvaise Foi sur ma mortalité. 

Il dit qu'il commence à se demander sur le temps limité qui lui reste à vivre (il est né en 1969, nous avons à peu près le même âge) sur quelles campagnes de jeu de rôle il a encore envie de s'investir et qu'il doit reconnaître qu'il n'est plus comme dans sa jeunesse capable de se dire qu'il va multiplier les essais de nouvels univers. 

Je crois que cela fait 40 ans de jeu de rôle que je regarde mes collections en pensant toujours de manière confuse et absurde que je pourrais faire entrer une infinité d'univers en un temps si fini, alors que je joue de moins en moins et que lutter contre mon Trouble de l'Attention commence à m'épuiser. 

Sur RPG.net, il y avait une sorte de contrainte Oulipiste (enfin "OuJeudRoPiste") qui consiste à se forcer à ne plus parler pendant 100 jours que d'un seul Setting et je me suis toujours dit que je devrais le faire pendant trois mois pour voir les effets. Mais bien sûr, je ne tiens jamais plus qu'une semaine à chaque fois. 

Rien que cette année, j'ai dû successivement me dire que j'allais faire un effort pour me consacrer "exclusivement" à : Babel, Donjons & Chatons, Espadons & Esperluettes, The One Ring, RuneQuest / QuestWorld, Shaan / Chrysalis et sans doute beaucoup d'autres.

2 Narrenschiff

Paul Baldowski avait participé à la relance du jeu de rôle britannique sur l'époque Tudor Maelstrom et créé entre autres un jeu de rôle The Dee Sanction, où on joue des agents (pas très compétents) qui enquêtent sur le Surnaturel à la Cour de la Reine Elizabeth Iere (le système est inspiré de la lignée de The Black Hack). Il vient de se dépasser en créant un autre contexte de jeu sur... la Cour de l'Anti-Pape (espagnol) Pierre de Lune (dit "Benedictus XIII", 1329-1422, à ne pas confondre avec l'officiel) en 1395 : The Ship of Fools. 

On est en pleine Guerre de Cent Ans pendant le Grand Schisme d'Occident, juste avant que la Régence du Roi Charles VI le Fol (Philippe le Hardi), ne retire son soutien à la Papauté d'Avignon. Comme on est quelques années avant que ne commence la Guerre civile entre Bourguignons (Jean sans Peur, fils de Philippe le Hardi) et ceux qu'on appellera ensuite les Armagnacs (le parti de Louis d'Orléans), on pourrait prendre cela en compte.

Les personnages sont des Agents d'Avignon mais là où on voit que Baldowski est un fan de Paranoia, ces Agents doivent aussi tirer en même temps sur une table s'ils sont membres de sectes hérétiques, apocalyptiques ou révolutionnaires (ou au contraire des agents doubles servant "l'Anti-Pape" de Rome).

Un des gags est qu'ils sont tous aussi des Simoniaques dont les miracles sont faits de quelques Reliques sacrées et l'aventure tourne aussi autour de trafic de Reliques.

J'ai rarement vu passer un thème aussi original (oui, il y avait aussi eu un one-shot sur un Conclave imaginaire non daté, Black Smoke) mais ma réflexion précédente sur la saturation des jeux me gâche un peu ma vaine prétention à pouvoir l'essayer un jour. J'ai quand même téléchargé le contexte mais je n'ai pas the Sanction, les règles de base. 

(Le livre le plus connu sur ce thème de la Nef des Fous date d'un siècle plus tard, à la Renaissance en 1494.)

3 Was ist die Aufklärung ?

Une discussion philosophiquement intéressante sur le thème de l'Illumination dans Glorantha. 

J'y ai enfin remarqué que j'assimilais trop vite le moksha hindou et le nirvana bouddhiste. Le mokṣa मोक्ष est normalement l'idée que le Soi est "détaché", délivré du cycle du saṃsāra (mais qu'il est toujours Soi, dans la plupart des interprétations hindoues, même s'il peut s'élever vers l'Absolu). Le nirvāṇa निर्वाण est l'extinction des désirs, de la souffrance et de l'illusion du soi-disant "soi". Autrement dit, le moksha est la Liberté du Soi (génitif subjectif), le nirvana est être libéré de soi (génitif objectif).

lundi 27 août 2012

Loisir générationnel (2)

Après avoir étudié le livre à tête reposée [i.e. l'avoir feuilleté deux minutes en librairie], La Théorie de l'Information évoquée l'autre jour qui prétendait avoir "étudié les jeux de rôle" n'a l'air de n'en parler que p. 72-74, pour dire des banalités de manière assez factuelle.

Bellanger n'en donne aucun traitement "fictif" et énumère quelques données qui pourraient vraiment venir d'une entrée Wikipedia (je croyais qu'il plaisantait quand il disait s'en être beaucoup servi). Je ne sais pas comment la fiction pourrait s'emparer de manière intéressante du jeu de rôle dans le récit mais en tout cas, il ne le tente pas. Il se contente de dire que son héros se mit aux jeux de rôle et à D&D puis au Grandeur-Nature.

Il remarque simplement que le JDR n'a pas de fin clairement définie contrairement à la plupart des autres jeux, ce qui me paraît vrai, mais pas particulièrement bouleversant comme c'est un des angles les plus entendus sur ce loisir.

jeudi 23 août 2012

Loisir générationnel


Je ne voulais pas lire de "Roman de la Rentrée Littéraire" (je suis trop paresseux, trop peu curieux et trop jaloux pour cela) mais dans son interview, Aurélien Bellanger, l'auteur de La Théorie de l'Information (et né en 1980), dit que comme il a voulu décrire la génération des Geeks accédant à l'informatique au début des années 80, il a dû se documenter sur le "jeu de rôle" (vu l'époque, cela ne doit pas encore être le jeu en ligne). Il va donc falloir tenter de lire cela, malgré tout le bruit autour.

Mais c'est promis, si j'arrive à le lire, je ne jouerai pas au fan effarouché qui relève un manque de réalisme supposé sur des minuties sans importance, comme l'auteur rappelle que dans le roman - un peu comme dans le jeu - "le vraisemblable supplante le véridique". Et cela ne pourra jamais être aussi violent ou crispant que la scène sur les jeux de rôle dans Les Beaux Gosses.

Pour l'instant, la critique plus agressive de Jérôme Dupuis contre le livre ne m'a pas vraiment convaincu en énumérant quelques lignes avec des noms techniques - vous vous rendez compte, un narrateur informaticien ose donner des listes de logiciels, quelle faute de goût ! En revanche, il paraît assez "vraisemblable" que les individus (dé)formés par la philosophie manquent souvent (par sens de l'abstraction) l'épaisseur d'individus singuliers qui est nécessaire dans la littérature.