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samedi 21 décembre 2024

Le Maréchal MacMacron

 (pardonnez-moi pour ce partage d'une image par IA, dont on connaît les effets environnementaux délétères...)

Si Sarkozy se voyait en Napoléon III (populiste autoritaire servant la bourgeoisie), Emmanuel Macron est à la fois le Président royaliste MacMachon de 1875 mais surtout le Roi Louis-Philippe d'Orléans visitant Mayotte (conquise en 1841-1843). 

La population : "Monsieur, de l'eau, de l'eau."

Le Potentat : - Que d'eau, que d'eau. 



jeudi 15 septembre 2016

Badinguet Prophète

Notre ancien (et probalement futur) Président vient de découvrir le concept d'hubris.

Mais l'hubris de l'homme, dans son nouveau discours, n'est pas que l'homme puisse nuire à l'environnement. Non. C'est qu'il puisse même croire qu'il le fait.

Je ne comprends même pas cette prétention métaphysique.

Imaginons une hypothèse folle et concédons à cet individu son affirmation idiote.

Même en supposant qu'il ait raison et que la part du réchauffement climatique causée par l'homme soit plus faible que ce que les scientifiques disent, en supposant que d'héroïques industriels tentent de rétablir la Vérité contre les sombres complots des savants, cela ne voudrait-il pas dire quand même qu'on doit agir sur la part sur laquelle on peut agir ?

Autrement dit, si on croyait une seconde qu'un politicien inconstant et sophiste connaît mieux le climat que les climatologues, est-ce que cela soutiendrait la conclusion contre toute action pour lutter contre le réchauffement climatique ???

lundi 16 novembre 2015

Les degrés insensibles du mal radical


Je n'ai rien à dire sur le terrible attentat de ce vendredi 13 novembre mais j'ai quelques scrupules à revenir sur mes sujets frivoles d'escapisme tout de suite (Comme dit méchamment Alan Moore, ceux qui renoncent à comprendre le monde compensent en classifiant des mondes imaginaires minuscules).

Mais là, tout débat m'irrite par avance. On pouvait toujours (à la limite) débattre sur les limites ou pas de la liberté d'expression, sur le respect ou pas des communautés minoritaires, de leurs croyances ou sur le droit de blasphème lors des assassinats du 7 janvier mais (comme pour les autres assassinats du 8-9 janvier) ceux du 13 novembre ne peuvent susciter de débats intéressants et même les plus occidentalophobes seront d'accord et n'iront pas dire que ceux qui sont (dans un commerce communautaire ou) à des terrasses de café l'ont bien cherché. On peut ensuite discuter en tant que citoyen ne voulant pas tout abandonner aux prétendus experts des après-coups, du bien fondé ou de l'efficacité de telles ou telles représailles militaires.

Le débat sémantique sur la guerre est assez peu intéressant : une organisation non reconnue comme un Etat a envoyé des assassins faire un crime de masse, mais à quoi sert de se demander s'il s'agit plutôt d'un crime civil fomenté par une organisation étrangère ou d'un crime de guerre mais venant d'une organisation non-étatique, alors qu'on n'a personne à qui déclarer une supposée guerre ou un vrai armistice par la suite. Et la confusion règnera encore longtemps dans nos choix stratégiques où nous (ni les Français ni les Américains) n'arrivons pas à choisir entre le régime d'Assad, les mouvements de Daech et le rôle des Russes aux côtés d'Assad ou des organisations salafistes des pétromonarchies aux côtés de Daech. [L'argument que nous avons tous pour dire Daech et non plus E.I. ou ISIS est du simple esprit de contradiction, que c'est le terme que Daech aime le moins pour les qualifier.]

Mais autant le Mal de Daech est une figure trop évidente pour qu'on puisse en débattre, ce qui est frappant est les petits degrés d'autres Maux. Je ne parle pas des maux prévisibles comme le ressentiment, la sottise insondable du démagogue qui exerça la fonction de Président ("toute personne qui consulte un site islamiste doit être considéré comme un islamiste", "tout personne fichée administrativement à quelque degré que ce soit doit être arrêtée alors qu'il n'y a pas eu de mise en accusation contradictoire"), les amalgames avec les réfugiés (alors que tout le monde sait que c'était un des buts de Daech que de pousser à ces amalgames) ou les récupérations politiques.

Je parle de la croissance de nuisances minuscules dont je n'avais pas vu autant de précédents en janvier dernier. Je parle de ces multitudes purulentes de canulars et photomontages que les journaux passent leur temps à rectifier. Ces trolls font certes nettement moins de dégâts mais en un sens leur volonté de nuisance de petits Erostrate a quelque chose d'encore plus haineux que les illuminés de Daech, qui ont au moins une idéologie millénariste pour justifier leurs crimes à leurs yeux. Par exemple, des trolls (qui semblent liés à certaines sphères racistes des GamerGate) ont pris une image d'un Sikh qu'ils n'aimaient pas et ont voulu faire croire qu'il était un des suspects. L'effort nécessaire pour tenter de nuire ainsi (même si c'est pendant peu de temps) a quelque chose du Mal pour le Mal plus irrationnel que des militants terroristes qui croient au moins avoir quelques raisons ou prétextes pour fonder leur ressentiment.

Les sites de "Désintox" semblent avoir beaucoup plus d'utilité encore à réfuter tous ces petits trollages. En s'accumulant, cette nuée d'inexactitudes donnent l'impression que le rapport signal sur bruit tend à décroîte très vite et va tous nous rendre "complotistes" en annulant la fiabilité des réseaux non-officiels. La multiplication des sources tendra alors à tellement faire douter de chaque information même la plus anodine qu'elle la rendra inaudible. C'est peut-être le but inconscient de ce "Mal pour le Mal", tendre à augmenter les incertitudes de l'information pour qu'elle se réduise à une sorte de chaos saturé ou de songe contradictoire.

 Add. En y réfléchissant, les médias officiels ne sont bien entendu pas tellement mieux. Même sur des sujets nettement moins brulants d'actualité, ils peuvent s'emporter. La BBC a repris trop vite un mathématicien nigérian qui disait qu'il avait résolu l'Hypothèse de Riemann et il semble bien qu'ils n'aient pas assez attendu de vérification de la prétendue preuve (sachant que des charlatans ou même des mathématiciens sincères prétendent l'avoir prouvée sans arrêt - il y avait déjà eu un même emballement en 2008 sur une preuve qui fut réfutée).

lundi 7 mai 2012

On l'a échappé belle



Mais ça y est, la ministre-mascotte de ce blog, Marie-Luce Penchard, la Secrétaire d'Etat puis Ministre des DOM-TOM (2009-2012) qui professait son intention d'avantager dans l'exercice de ses fonctions son propre Département de Guadeloupe par rapport à la Martinique ou à la Guyane, quittera enfin le Gouvernement, grâce à la victoire de la gauche.

Rappelons à nos compatriotes en stage à l'EPAD qui ne l'auraient pas remarqué que quelle que soit la gaffe "vénielle", n'importe quelle République avec un zeste de sens de la dignité lui aurait suggéré de partir depuis longtemps.

Mais il s'en est fallu de peu, hein, seulement 1 131 000 voix sur 35 millions d'exprimés. 3%.

Selon les chiffres définitifs du ministère de l'Intérieur portant sur 46 millions d'inscrits, plus de 18 millions de votants ont porté leur choix sur François Hollande, 16,9 millions sur Nicolas Sarkozy, 2,1 millions d'électeurs ont voté blanc ou nul et 9 millions de personnes se sont abstenues.


Bon, en dehors de cela, un Président démagogue et instable, un ministre de l'Intérieur qui croit malin de présenter la discrimination comme un choix moral courageux, et toute une équipe dangereuse partiront aussi en passant. Et dire qu'en 2002, on avait pu rassembler 82% des votes exprimés contre le lepenisme et qu'ici, ce n'est plus que 51,6%. Cela ne relativise pas la victoire elle-même (contrairement à ce que voudraient les trolls sarkozystes) mais cela rappelle que le contexte n'était pas favorable et qu'il a fallu beaucoup de rejet du Ploutocrate de la République pour que l'alternance soit possible.

J'aimerais bien clore définitivement la rubrique "Badinguet" de ce blog et ne jamais plus parler de ses frasques de téléréalité, mais comme il a plus ou moins laissé dire qu'il allait faire autre chose et qu'il est complètement marteau, cela signifie qu'il va revenir se venger du peuple et nous casser les pieds comme un recours en 2017. Il sera plus collant qu'un VGE, qu'une bande adhésive ou qu'une parasitose latente. Tu trouves qu'on "t'a déjà beaucoup donné" ? Bien, pars prendre ta Dolce Vita chez Gazprom et on t'implore de ne plus nous donner de nouvelles. Non, on ne veut même rien connaître de ton statut conjugal. Prends l'oseille (puisqu'on sait bien que tu ne seras jamais inquiété) et tire-toi.

jeudi 3 mai 2012

Anaphore


J'ai essayé de parler du débat présidentiel hier soir sur mon compte twitter mais le moment le plus marquant, du moins pour un auditeur de l'opposition, devait être le discours sur le "style présidentiel" où Hollande énumère les défauts politiques et moraux du style sarkozyen - l'autre camp a préféré retenir son agacement quand il crie à la calomnie et qu'il n'a jamais eu le moindre rapport avec Berlusconi ou avec les collectes de fonds dans l'hôtel Bristol.



Certes, les 13 ou 15 (je n'ai plus compté) "Moi, Président de la République, je n'aurais pas..." sont un chouïa trop longs mais le début avait du souffle et semblent vraiment réussir à faire passer une différence essentielle. On s'est habitué à l'anormal en cinq ans, comme tous ces cas où Sarkozy invitait officiellement tous les députés de la majorité et seulement eux (le seul bémol de Sarkozy : il n'y avait pas seulement l'UMP mais aussi le Nouveau Centre !) parce qu'il voulait aussi s'inviter à l'Assemblée nationale comme chef de la Majorité. La Présidence "décomplexée" et "sans hypocrisie" remettait ainsi en cause une fiction qui est finalement assez utile : le Président devrait feindre un peu de ne plus être que ce chef de la Majorité. Mitterrand n'osait même plus se rendre physiquement à des réunions du PS en 1988 et Chirac savait encore entretenir cette convention protocolaire qui ferait du parti présidentiel une sorte de rassemblement parmi d'autres qui se trouvait comme par coïncidence s'identifier avec le chef de l'Etat.

La version remixée en Daft punk de ce passage n'a aucun intérêt comme c'est la fin de chaque période qui faisait l'intérêt de la répétition, pas l'anaphore elle-même. [Correction : J'ai tort. Ils commencent à diffuser la suite des phrases à partir de 3 minutes environ. ]

Je ne me fais pas d'illusion sur le débat, qui n'a pas bougé une situation où Hollande gagnait déjà. Il suffisait que Hollande réussisse à se défendre et il y eut même des cas où son ton combatif parvenait à agacer son adversaire et où il me semblait l'emporter clairement, quand le Président en était réduit à mentir de manière éhontée. Mais tous ceux qui sont déjà convaincus ne répondront que selon leur propre préjugé, il suffit donc que Hollande n'ait pas donné prise pour effrayer une minorité de centristes qui hésiteraient réellement.

Ségolène Royal avait échoué en 2007 dans sa tentative d'énerver Sarkozy et elle était donc apparue fébrile et agressive quand elle expliquait sa "juste colère". En revanche, on voyait que l'arrogant Sarkozy retrouvait ses spasmes de nervosité face à Hollande en 2012, sans que Hollande ait besoin de trop en rajouter dans l'indignation.

Hollande a pu être imprécis sur certains chiffres (sur le déficit, il était maladroit d'être approximatif), mais je ne pense pas qu'il ait pu semblé incompétent aux modérés. Sarkozy a fait certains mensonges énormes sur le Bristol (c'est vraiment facile à vérifier, c'est absurde), sur les syndicats allemands (qui appellent encore plus à voter pour la SPD, il ne connaît décidément rien à l'étranger, c'est plutôt la France qui est originale dans le caractère prétendument apolitique des Confédérations syndicales, ce qu'il sait bien quand il drague la CGT de Fessenheim), sur l'éducation nationale (1/6 à la place d'1/2 de la fonction publique), etc..

Add. Schneiderman a compté, c'est 16 répétitions dans l'anaphore.

Trois minutes vingt, le temps d'une chanson, pour effacer, venger, cinq ans d'appropriation, cinq ans de gloutonnerie, d'anomalie et au total d'humiliation. Comme on regrettait, pendant ces trois minutes vingt, l'interdiction des plans de coupe, qui nous privait de la réaction du sortant, dénoncé en creux, sans jamais être nommé ! Dès le lendemain matin, jeudi, Hollande assurait que cette tirade, dans sa forme, n'avait pas été préparée. 

lundi 30 avril 2012

Constance politique








  • Je lis en ce moment Tout s'allume de Gébé (1979). Cette "encéphalo-fiction" anticipe les slogans actuels de Stiegler sur une "neuropolitique" où il s'agit de se demander quelle part du Cerveau disponible on peut occuper. Une des choses étonnantes pour l'instant est que l'association de "prise de conscience" utopique est financée par des milliardaires philanthropes et désintéressés, je ne m'attendais pas à un tel mythe du mécène dans une bd de Gébé.

  • L'Extrême gauche est assez stable entre 2002 et 2012 (elle perd un point) :

      2002
    Daniel Gluckstein 0,47 % + Robert Hue 3,37% + Olivier Besancenot 4,25% + Arlette Laguiller 5,72% = 13,81%
    (Je ne compte pas JP Chevénement, 5,33%, comme extrême-gauche, et bien entendu encore moins Taubira)

      2007
    Gérard Schivardi 0,34% + José Bové 1,32% + Arlette Laguillier 1,33% + Marie-George Buffet 1,93% + Olivier Besancenot 4,08% = 9%
    (Je compte José Bové dans l'extrême gauche et non pas seulement l'écologie à l'époque, comme son mouvement s'appelait Collectif national d’initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche)

      2012
    Nathalie Arthaud 0,56% + Philippe Poutou 1,15 % + Jean-Luc Mélenchon 11,10 % = 12,81%
    (Je ne compte pas Jacques Cheminade, l'obscur larouchiste à 0,25 %)

    Mélenchon a fait mieux que prévu au départ (même s'il a fait moins bien que certains sondages plus récents) mais cela semble en partie une revanche de l'aile gauche (du molletisme) sur le trotskisme de 2002 (où les trois trostkistes unis faisaient environ 10,5% et où le PCF était encore à 3%).

  • L'Extrême droite est assez stable entre 2002 et 2012 (elle perd 1,3 point, même après 5 ans de matraquage buissonien) :

      2002
    Bruno Mégret 2,34% + Jean-Marie Le Pen 16,86% = 19,2%
    (Je ne compte pas les Chasseurs)

      2012
    Marine Le Pen 17,9%
    Elle fait 0,1 point de plus que son père au second tour de 2002.

    Voir aussi le tableau des résultats du FN aux Présidentielles qui reste relativement stable depuis 1988, de 15% à 19%.

    NS se plaint de n'avoir droit qu'à un seul débat au lieu des trois qu'il avait tenté d'imposer. Mais il faut lui rappeler (comme le fait Humour de droite) que Jean-Marie Le Pen n'avait eu droit à aucun débat en 2002, lui.

  • Il existe un bon argument contre la "sarkophobie" : cette manière de croire que les problèmes des Français viendraient d'un mauvais génie qui "jouerait avec le feu", qui "attiserait les démons xénophobes" risque de simplifier son personnage et d'en faire un bouc-émissaire de nos défauts. En somme, la sarkophobie risque d'imiter en miroir ses propres gestes de caricature, en prenant simplement le démagogue ploutocrate neuilléen à la place du Rom, du Syndicaliste ou du Fonctionnaire.

    Ce que nous rejetons tant dans sa gesticulation si incohérente sur tous les sujets, c'est en partie notre propre manque de constance et le fait que nous redoutons de "mériter" (si cela avait un sens) à notre plus grande honte un tel "représentant" de nos travers.
  • jeudi 12 avril 2012

    οὐαί σοι πόλις ἧς ὁ βασιλεύς σου νεώτερος



    J'imagine que tout le monde a déjà lu cette interview de l'ex-directrice d'Areva qui en dit long sur la nullité du système de Badinguet :

    Il avait commis cinq erreurs graves. La première, c'est d'avoir voulu fusionner Areva et Alstom pour le compte de Bouygues. Il ne l'a finalement pas fait, mais le suspense a duré un an et demi et a suffi à brouiller l'image de notre stratégie et à provoquer la sortie de Siemens, une catastrophe économique et un impair géopolitique... Deuxième erreur, avoir créé, avec la commission Roussely, une opération détestable pour l'image internationale de la filière nucléaire française. Pendant ce temps, notre augmentation de capital était à nouveau suspendue. Troisièmement, la nomination de Proglio. Quatrième erreur, il a laissé s'organiser un système de clan, de bandes et de prébendes. Ce système a fait la promotion d'un nucléaire bas de gamme à l'international et proposé de transférer nos droits de propriété intellectuelle mondiaux aux... Chinois, et de vendre du nucléaire à des pays où ce n'est pas raisonnable.

    A qui précisément?

    Par exemple au colonel Kadhafi. Nous jouions à fronts renversés: moi, qui aurais dû pousser à la vente, je m'y opposais vigoureusement, et l'Etat, censé être plus responsable, soutenait cette folie. Imaginez, si on l'avait fait, de quoi nous aurions l'air maintenant ! La vente de nucléaire s'accompagne de la création d'une autorité de sûreté capable d'arrêter la centrale en cas de problème. Or, dans un tel régime, un président de l'autorité de sûreté qui n'obéit pas est au mieux jeté en prison, au pire exécuté ! Pourtant, quelle insistance ! A l'été 2010, j'ai encore eu, à l'Elysée, une séance à ce sujet avec Claude Guéant et Henri Proglio...

    Dans un pays normal, j'imagine que cette déclaration suffirait à faire une affaire d'Etat. En France, on va le mentionner comme si de rien n'était.

    lundi 2 avril 2012

    Et ça sait s'exprimer



    Le Président de la République nie tout risque possible pour le nucléaire civil français puisque évidemment toute critique d'une telle énergie doit ignorer qu'il n'y a pas de tsunami à l'intérieur de notre territoire. Il conclut avec un air goguenard qui rendrait même Biguard mal à l'aise :

    Et ça veut diriger la France ?

    Il a un vrai talent pour la contradiction performative en démentant aussitôt ce qu'il feint de réclamer d'autrui.

    Si gouverner consistait à créer des hommes de pailles et des sophismes vulgaires, ce Président aurait réellement la dignité de la fonction.

    Jacques Chirac avait eu raison au moins une fois, en disant vers 1996 que NS, il fallait lui marcher dessus parce que c'était la seule chose qu'il comprenait et parce que cela porte chance.

    mardi 6 mars 2012

    DPDA

    jfmartins :

    Pffff,Ce matin on parle encore de hallal, sachez qu'on elit un president en mai, pas le chef du rayon boucherie chez Cora.

    Fabius a été très mauvais (et pourtant, je suis tellement sarkophobe que je soutiendrais même une clenche de porte dans un duel contre Badinguet). Il savait qu'il devait éviter une image d'arrogance mais le passage où Badinguet l'accuse non sans raison d'être un "cuistre" sur Tartuffe risque de le poursuivre. Il voulait peut-être consoler son vieil ami Juppé en se discréditant aussi devant un candidat aux Présidentielles, ce doit être un code de l'honneur énarque.

    Bon, ce n'est pas comme si Fabius croyait vraiment à la rumeur de son retour à Matignon... Je parie toujours pour une cohabitation de Hollande avec Aubry (mais il y a la rumeur Ayrault).

    Mais le sommet a été ce rédacteur en chef du Point en valet feignant l'ironie distanciée venu reprocher à Badinguet de ne pas être assez audible alors qu'il a tellement raison...
    "Vous faites des propositions si géniales sur l'éducation, pourquoi on ne vous écoute pas assez ?" Oh oh, calme-toi, FOG, il y a des limites à l'impertinence, c'est quand même le Chef de l'Etat, là.

    "Il faut que je gagne pour vous, FOG".
    SVP, Get. A. Room.

    Add. Peut-être en commentaire sur le passage final ("Pendant la campagne de 2007, j'étais malheureux, maintenant je suis heureux tout le temps" - introduit par "Je ne veux en aucun cas être indécent mais..."), Cahuzac commente :

    cinq ans de Présidence Sarkozy ça fait cher la psychanalyse payée par les Français

    C'est peut-être là le sommet du processus de "privatisation", il n'y a plus rien de privé quand le petit tas de secret devient la seule affaire publique.

    dimanche 19 février 2012

    Badinguétophobie galopante



    Des psychanalystes disaient souvent que vers 2007-2008 leurs patients faisaient des cauchemars hystériques sur le Président actuel mais que les choses se sont calmées depuis.

    Hélas pas pour tout le monde, car je ne sais si c'est sa ressemblance avec Louis de Funès mais je ne peux pas voir cette photo du Quartier Général des Forces Badinguétistes :


    sans penser à cette image :


    Je m'attendais vraiment à le voir retirer son masque d'un coup en éclatant d'un rire satanique (cela n'eut pas lieu sur scène en tout cas).




    Voir le reportage sur le nouveau QG m'en a appris plus sur notre rapport quasi-religieux aux hommes politiques. Les UMPistes avaient imprimé sur les couloirs en lettres géantes "Oui, je suis candidat à la Présidence de la République" - Mercredi 15 février 2012", comme s'il s'agissait là d'une sorte d'apophtegme digne d'être retenu à travers les siècles.

    Je me demande quelle phrase il restera de ses 30 ans de carrière politique mais je subodore que ce sera plus une interjection au Salon de l'Agriculture.

    En attendant, Fantomas nous prévient : même quand il se fera payer par Gazprom, il ne nous laissera pas seuls (il a déjà dû se faire cloner comme l'Ombre Jaune dans Bob Morane).


    NOOOOOOOOON, pas le mème de la France Forte, NOOOON....

    mardi 7 février 2012

    Galimafrée



  • Je vais encore faire une prétérition de plus.

    Je n'ai plus envie de commenter toutes les saillies de notre Ministre de l'Intérieur. C'est un piège grossier, dans tous les sens du terme.

    Si on le commente, on prend au sérieux un prétendu débat, on commence à distinguer plusieurs sens à culture ou à civilisation ou à lui expliquer la contradiction performative de son propre énoncé qui rabaisse ce qu'il prétend réhausser. Ce serait faire trop d'honneur à ce personnage qu'on espère vite oublier.

    Si on s'indigne, de même, il aurait beau jeu de dire "Ah, vous voyez, j'avais raison de dire que ce n'était que des nihilistes / relativistes et autres mots en -istes qu'il ne faut pas être d'après mon ami Zemmour, de Mauvais Français Dhimmis Vendus de l'Anti-Valeur Civilisatrice".

    La seule réaction républicaine ou même saine d'esprit serait de rougir ou de se taire.

    On a honte collectivement de cet individu car il reflète peut-être un peu plus que son propre cynisme, mais cela ne changera rien. On a honte de ce piège grossier, honte de cette équipe, si on aime justement bien plus ce pays que ces individus qui se prétendent patriotes alors qu'ils ne sont que des défaitistes qui vendent la peur du déclin pour en faucher quelques bénéfices.

    Pour une fois, les pragmatistes ont raison : le sens de l'énoncé n'a rien à voir ici avec une signification intemporelle d'une proposition qu'il faudrait discuter ou analyser. On analyse des problèmes réels, on n'ergote pas sur de petits jeux tactiques à court terme. Le sens, ici, c'est seulement ce dont il se sert. C'est un instrument dans un contexte bien situé, pour lancer un petit signal et pouvoir jouir de la polémique prévisible, de quelques ondelettes de reprises pour titiller le complexe amygdalien jusqu'à la semaine prochaine. C'est tellement vain que cela ne mérite même plus de juste indignation.

    Y aura-t-il vraiment quelques pourcentages de fachistes qui lâcheront Le Pen pour Srkozy rien que pour ces petites libations à l'auto-glorification de notre ethnocentrisme ? On peut en douter. Donc cela n'est qu'un peu d'agitation, un petit sursaut de honte et de vanité dans la lassitude d'une démocratie avancée.

  • Guillermo avait déjà écrit ce qu'il fallait à ce sujet il y a 7 ans (et il le redit hier) : le relativisme peut lasser mais on sait bien ce qu'habille ici en l'occurrence l'anti-relativisme facile de la tribune. La rectitude politique existe mais on sent tout de suite ce qu'ont de nauséabond la plupart de ceux qui se disent avec naïveté aller "contre le politiquement correct" ou "contre la pensée unique", sans même se rendre compte du cliché.

    Toutes les moeurs ne se valent pas. L'esclavagisme a moins de valeur que l'abolitionnisme et le sacrifice humain a moins de valeur que la tarte aux pommes. Mais tout le monde sait (à part quelques trolls) qu'il ne s'agit absolument pas de cela. On ne va pas croire sur parole la défense de ceux qui disent que le Ministre pouvait soutenir cela devant l'UNI et les ultra-conservateurs du MIL sans une "intention", dans tout un réseau où il serait le défenseur de notre civilisation.

    Donc oui, on lui fait un "procès d'intention", et oui, l'intention est tellement criante qu'on n'a pas à surinterpréter, il l'affiche avec cette "maladresse calculée" qui fait tout l'esprit du sarkozysme en décomposition. Ce n'est pas une intention, cela relève du réflexe.

  • Oui, Alain Juppé a peut-être trouvé un moyen ingénieux de "pas de côté" en disant qu'on pouvait se demander quelle était l'échelle légitime d'une "civilisation" dans ce genre de propos. Au moins, le Musée Jacques Chirac des Arts Pas Récents aura peut-être servi à cette petite "prise de distance".

    Le sacrifice des veuves ou le castisme dans l'Hindouisme, ce n'est pas bien, mais j'aurais du mal à dire que tous les Upanishad sont contaminés comme un tout organique, ou que tout l'Art hindou devrait être hiérarchisé en-deçà de notre Art sans Castisme. Je ne sais si la géométrie grecque fait pardonner l'esclavage ou la misogynie. Et franchement, ce n'est pas une question à se poser.

    Dans la bouche de l'orateur devant l'UNI, la civilisation dont il parle, c'est, prétend-il, la civilisation française des Droits de l'homme, de la République, de la Laïcité (que le sarkozysme n'a cessé d'attaquer avant de l'instrumentaliser comme un nouveau fard de xénophobie). Mais cela ne vaut pas la peine de faire des distinguos entre "toutes les cultures / toutes les valeurs / toutes les pratiques". A quoi bon, alors que son seul but est de dire qu'on est un Ennemi de la Nation si on a le malheur de ne pas voir l'opportunité d'une loi de plus sur des vêtements.

  • Un ancien Premier ministre très justement oublié, Raffarin, dit que Guéant ferait un "mauvais ethnologue".

    Cher Raffarin,

    Va prendre ton argent auprès de la dictature chinoise mais ne prétend pas que c'est par humanisme montaignien ou parce que tu aurais lu Lévi-Strauss.

    Pour le coup, le "relativisme" si on veut lui faire son éternel procès, on le voit bien à droite, chez ce Président qui nous dit qu'il y a Plusieurs Vérités mais que lui ne croit qu'en son Authenticité. Il n'y a rien de plus toxique que ces relativistes qui se font passer pour le seul remède contre l'universelle relativisation.

  • Oui, tout ne se vaut pas : par exemple, une société où l'accès aux soins dépend de l'argent est barbare.

    Même si le marché aiguillonnait l'innovation comme ils nous le répètent, cela ne pourrait justifier qu'un individu doive être privé de soins nécessaires seulement en raison de ses revenus ou de ceux de ses parents. Dans un siècle ou dans deux, chacun en conviendra comme d'une évidence et même notre "Etat-Providence en Crise" paraîtra bien trop pingre et malthusien.

    Donc un Président de la République qui met en place une franchise médicale et saccage l'hôpital, a contribué à faire régresser le "Niveau de Civilisation" de notre pays, s'il veut parler en ces termes.

    Mais il se permettait un jour aux USA de donner des leçons à Obama à ce sujet.

    Mais oui, je suis stupide, je tombe dans le piège et je commence à en parler. On ne m'y reprendra plus.

  • La politique des allusions et des clins d'oeil est une spécialité du Parti républicain. Newt Gingrich a déclaré qu'Obama, c'était le "Président des Tickets d'aide alimentaire" (Food Stamp President). Gingrich peut prétendre qu'il voulait seulement dire que l'aide alimentaire avait augmenté.

    Mais toute personne qui connaît le racisme dans certains Etats n'a pas besoin de "procès d'intention" pour savoir ce avec quoi il jouait. Le but était de rappeler (au cas où l'électorat âgé des Primaires l'oubliait) qu'Obama représenterait certaines classes (des assistés, bien entendu, des "Reines de l'Etat-Providence" dont parlait Reagan) et plus précisément certains groupes à l'intérieur de certaines classes.

  • lundi 30 janvier 2012

    Les couards, ça ose tout



    Il était une fois un lointain pays dont le Président, Monsieur Malinguet, avait exercé son mandat depuis déjà cinq ans.

    Dans une version peu plausible du conte, M. Malinguet fut interrogé par plusieurs journalistes économiques.

    Il y avait de la diversité dans ceux qui l'interviewaient : l'un était un journaliste économique qui pensait que M. Malinguet avait vraiment fait des réformes nécessaires mais qu'il aurait dû aller plus loin ; et l'autre était un journaliste économique qui pensait que M. Malinguet avait vraiment fait des réformes nécessaires mais qu'il aurait pu aller plus loin. Tout le spectre des théories économiques et politiques était donc couvert.

    Monsieur Malinguet expliqua avec sérénité qu'il "ne se déroberait pas à ses responsabilités". Tous admirèrent sa gravité. Il était prêt à l'héroïsme. Il exerçait tous les pouvoirs depuis cinq ans et il n'irait pas immédiatement pantoufler chez Gazprom comme son ami le Chancelier social-démocrate de Germanie pour mener enfin la vie dorée de ses amis. Il pourrait même remettre les navires de luxe à cinq ans après. Il était prêt à tous les sacrifices et même à ne gagner que ce salaire minable de Président dans ses années avant sa retraite. C'est dire s'il était altruiste, mais il trouvait que ce serait indécent de trop le faire remarquer.

    Il dit avec sagesse et flegme qu'il avait toutes les audaces. D'abord, il n'hésiterait pas, quel qu'en soit le risque, à baisser les impôts sur les plus hauts revenus de ses amis les plus fortunés. Non, il était de cette trempe-là. Oui, il savait qu'un autre n'aurait pas été assez intrépide pour le faire. Et oui, il aurait la bravoure suffisante pour faire ce que ses amis du Mouvement des Dirigeants d'Entreprise lui demandaient en baissant les charges patronales et en faisant payer l'ensemble des citoyens en montant la TVA pour compenser cette baisse. Et il aurait assez de caractère, de cran et de conscience pour dire qu'il le faisait parce que lui, au moins, il croyait à l'Intérêt Général et qu'il ne voulait pas s'attaquer aux "Classes Moyennes". Il avait quelque chose d'héroïque. Les autres faisaient de la politique. Lui défendait toujours les intérêts de ses amis, quel qu'en soit le coût politique. Il savait que certains n'auraient pas assez de hauteur d'âme pour comprendre cela. Si seulement d'autres que lui étaient capables de son sens du don de soi.

    Et oui, il serait même assez hardi pour dire qu'il savait que la hausse de la TVA ne ferait pas monter les prix. Il en avait la conviction intime, quelque part entre ses intuitions compartimentées. D'ailleurs, dit-il avec équanimité, il n'y a pas de Vérité. Il n'y a que l'Authenticité. Et on savait bien qu'il n'y avait rien de plus authentique qu'un acteur qui a assez de fermeté d'âme pour dire que la Vérité n'existe pas. D'ailleurs il n'y a plus de gauche ou de droite aujourd'hui. Il faut vraiment être un idiot de gauche pour croire qu'il y a une gauche et une droite. Il n'y a que le miroitement multiple des Vérités et l'Authenticité Unique des Héros assez généreux pour mener une politique si impopulaire chez ceux qu'il ne fréquentait pas mais qui devraient voter pour lui s'ils avaient un peu le sens des responsabilités.

    Et oui, il aurait assez de résolution pour s'attribuer un nouvel impôt sur les transactions financières alors qu'il avait supprimé cinq ans avant un impôt sur les opérations de bourse. Il parvenait à s'attribuer la création de ce qu'il avait détruit, ce qui est le sommet de l'art politique. Et il ajouta avec placidité que sans aucun doute l'Allemagneleferaitaussi. Hum. Il le dit très vite et aucun journaliste ne lui demanda d'où il tirait cette information au détour d'une des Vérités perdues parmi d'autres.

    Il serait assez vaillant pour permettre à ses mêmes amis dirigeants de négocier librement dans chaque entreprise s'ils voulaient réduire les salaires sans tous ces ignobles crimes perpétrés par des lois communes ou un code du travail. Mais il était convaincu que cela n'entraînerait aucune baisse des salaires ou aucune détérioration des conditions du travail. Hélas, certains syndicats représentant seulement des employés s'opposeraient à cette nouvelle liberté. Il était déterminé à donner la priorité aux souhaits des employeurs. Mais il n'y avait plus de droite ou de gauche. Car "la Vérité", plus personne ne croit à ces vieilles lunes désuètes et métaphysiques d'une "Vérité", on est quand même au XXIe siècle, non, est-ce que je me trompe ou bien ?

    Le lendemain, les journaux et les médias s'étonnèrent des vertus morales insignes de Monsieur Malinguet. Quel courage ! Quelle chutzpah !

    Sans aucun doute, s'il n'était pas réélu, ce serait seulement parce qu'un peuple de citoyens timorés n'arrivait pas à suivre le sens du sacrifice d'un héros qu'ils ne méritaient pas. Mais un jour, quand il serait parti pantoufler avec une autre mannequin sur un autre navire d'un autre oligarque qui lui serait resté "loyal", ils devraient enfin reconnaître qu'ils n'étaient pas prêts, eux, si médiocres, à une telle figure capable ainsi de mettre l'intérêt du cercle de ses proches au-dessus de tout désir démagogique de défendre d'autres intérêts.

    Quel courage !

    mercredi 4 janvier 2012

    Discours rapporté



    Rappar avait fait justement remarquer que Badinguet n'avait pas vraiment voulu insulter Zapatero en disant "Il n'est peut-être "pas intelligent" mais lui au moins il gagne les élections". L'expression était une reprise de l'interlocuteur (c'est d'ailleurs un peu vrai aussi pour le célèbre passage sur la racaille, si je me souviens bien).

    C'est donc ironique que les sbires de Badinguet feignent maintenant de s'indigner quand François Hollande dit "Badinguet va dire au Français "Je suis peut-être "un sale mec" mais moi au moins je peux vous protéger"".

    Une des règles principales de notre communication si apauvrie est qu'un homme politique doit éviter tout style indirect où une proposition reprend un énoncé d'un autre. Une autre règle doit être d'éviter tout conditionnel irréel ("Quand bien même j'avais vraiment dit cela...") où on risque de croire que vous affirmez l'hypothèse.

    On n'est certes pas encore au niveau de malhonnêteté de la publicité négative de Mitt Romney où ils attribuaient à Obama une phrase qu'Obama avait prononcée au style indirect en 2008. Dans le contexte d'origine, Obama feignait de faire parler John McCain en disant : "Si nous continuons à parler d'économie, nous allons perdre".


  • Add.
    Dans les propos les plus insultants des temps récents, Badinguet s'est surpassé quand il a osé dire à Bruxelles il y a 15 jours à la brillante Premier Ministre danoise (qui prend la présidence de l'Union) qu'il n'avait pas à l'écouter :

    Mr Sarkozy was characteristically blunt. “David, we will not pay you to save the euro,” he said, according to one account.
    He went on to rebuke Helle Thorning-Schmidt, the freshly elected Danish prime minister, for the temerity to speak up for a deal at 27. “You're an out, a small out, and you're new. We don't want to hear from you,” Mr Sarkozy said.

    Je ne sais ce qui est le plus navrant : la phrase méprisante et stupide ou le style tel qu'il a été retranscrit par un témoin ( "vous êtes un Out"). Badinguet est toujours à son pire niveau face à une femme qu'il croit pouvoir rabaisser en toute impunité.

    Le Danemark est certes resté à l'extérieur de l'Euro mais la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt, qui vient de gagner les élections (et qui a des problèmes intérieurs), était plutôt favorable au lien entre la Couronne danoise et l'Euro. Certes, sur le fond, la proposition de Thorning-Schmidt de continuer à chercher un accord à 27 était peut-être irréaliste (surtout au moment où David Cameron faisait monter les enchères).

    Le ton ignoble de ce sinistre individu qui semble si conforme aux pires clichés sur l'arrogance de notre nation a dû renforcer l'europhobie danoise et rappeler que la démocratie européenne serait piétinée par le couple franco-allemand.

    On fait parfois l'éloge de son "énergie".

    Mais ce genre de goujaterie n'a rien de la dignité qu'on attend d'une personne qui doit négocier un accord avec nos partenaires de l'Union européenne.






  • "Ne prêtez pas attention à Louis de Funès."
    "On est hors de l'Euro mais au moins, nous avons toujours notre Note AAA."

    lundi 4 juillet 2011

    Perspective forcée

    Je ne sais si cette photo hollandaise d'une rencontre entre leur Premier ministre libéral Mark Rutte et notre Président a été modifiée mais elle a quelque chose d'étrange, presque une impression d'un effet spécial à la Lord of the Rings.

    mardi 10 mai 2011

    Reductio ad Lepenum



    Laurent Wauquiez a dit que son projet inapplicable et inutile se justifiait pour lutter contre le vote FN. Il a raconté qu'un de ses administrés lui aurait dit voter FN parce que son voisin au RSA avait gardé un toit sans travail à temps complet. Cela fait déjà assez longtemps (au moins depuis la campagne de 2007) que l'UMP tente de justifier n'importe quel propos de comptoir "pour faire baisser le FN" en devançant ses idées. Il ne s'agit plus de parler de "bonnes questions" mais de jouer à deviner d'éventuelles aigreurs.

    L'ennui est que le FN a changé son discours. On les accusait d'ultralibéralisme et on se moquait des défavorisés qui votaient contre leurs intérêts (bande d'aliénés) et à présent, le FN tient un discours de "protection sociale". Les cadres du FN ont donc dénoncé les propos de Wauquiez ainsi :

    Par ses récentes déclarations, le ministre chargé des affaires européennes, coupable et responsable, démontre le mépris et l’extrême démagogie, entretenue par l’UMP, à l’égard des 8 millions de travailleurs pauvres français…

    La suite est plus xénophobe (il n'aurait pas assez ajouté d'apartheid à la place de sa haine de la plèbe) mais en gros le début accuse Laurent Wauquiez non pas d'imiter ses idées (comme lorsque Marine Le Pen remettait une carte d'honneur à Claude Guéant) mais de les dépasser par l'extrême droite !

    C'est vraiment du grand n'importe quoi.

    La "Droite sociale" croit-elle vraiment une seconde qu'un électeur UMP tenté par le FN va revenir au bercail si on leur fait croire que le RSA voté par l'UMP était en fait du parasitisme et de l'oisiveté ???

    Croient-ils vraiment qu'appuyer ainsi sur les contradictions de leur politique sociale en mentant et en diffamant va séduire le moindre électorat craintif sur l'Etat paternaliste ou faire oublier leurs échecs sur le chômage ?

    Je peux comprendre qu'ils soient cyniques mais serait-ce trop leur demander que de tenter de l'être au moins efficacement, sans se ridiculiser ainsi ?

    Métastases de métaphore oncologique


    Silvio Berlusconi : les juges, et surtout le procureur de Milan, sont le cancer de la démocratie.

    Laurent Wauquiez : les dérives de l'assistanat sont le cancer de la société française.

    Comme le faisait remarquer la Répubblica, le propre de la démagogie au stade termninale est qu'elle autoriserait ensuite toute opération, aussi violente ou drastique soit-elle, au nom de l'analogie organique. Le cancer est le dysfonctionnement du processus vital lui-même et donc éradiquer ces tumeurs devient dans l'intérêt de tout le corps. Dans le cas de Berlusconi, c'est plus agressif dans un pays où les Juges se font tuer par la Mafia. Dans le cas de Wauquiez, c'est attaquer 1,8 millions de personnes qui ne peuvent guère répondre juste pour quelques quarts d'heure médiatiques dans les débats de Copé. C'est vraiment pitoyable.

    jeudi 21 avril 2011

    Les obsessions du Point


    Même dans leurs Marronniers pourris de ressentiment, les rédacteurs du Point ne peuvent plus s'empêcher de parler de leur Président sur toutes leurs couvertures.




    C'est complètement immature, et je ne sais pas me servir de Paint, mais cela me fait du bien quand même.

    Primes


    Le Généralissime Badinguet a su tirer des leçons de son ami le Colonel. Il promet de nouvelles niches fiscales obligatoires pour les entreprises qui auraient (1) plus de 50 employés (cela concerne potentiellement 8 millions de personnes), (2) qui versent des dividendes, (3) qui augmenteraient fortement ces dividendes en 2011-2012, (4) avec un montant libre à négocier mais qui pourrait très bien être, je ne sais pas, moi, d'un montant qui irait peut-être hypothétiquement jusqu'à une éventuelle aumône généreuse annuelle de mille euros si cela se trouve et si les actionnaires avaient trop d'argent dont ils ne savaient pas quoi faire. Mme Parisot aurait raison de dénoncer un tel "collectivisme". Les effets pervers de la planification (décourager l'augmentation de dividendes et éventuellement des investisseurs), mais toute apparence de "justice" en moins.

    Le Colonel Kadhafi, lui, avait moins su contrôler l'inflation galopante de ses pétro-dinars libyens en promettant des versements mensuels de 5000 dinars ("4150 $" en théorie) pour 500 000 familles libyennes ou de 1000 dinars ("830$") pour un particulier. Certes, il avait des provinces entières qui se soulevaient contre lui.

    M. Guaino a justifié la nouvelle doctrine économique en disant que maintenant seulement on demandait des sacrifices parce qu'on sortait de la Crise (on apprend donc qu'il y a eu une politique de relance par le Bouclier fiscal en 2008-2010). La coïncidence d'échéances électorales et d'une rentrée sociale de septembre 2011 n'a rien à voir.

    Add. J'avais raté l'explication dans le Canard de Badinguet disant pourquoi il fallait bloquer les salaires dans la fonction publique : "Dans la fonction publique, il n'y a pas de dividendes, il n'y a que des déficits."

    Avec un tel raisonnement d'actionnaire, je comprends que les services publics ne soient plus perçus que comme des "dépenses" non rentables.

    mardi 19 avril 2011

    Gratitude

    Il faut reconnaître que depuis quelques mois, ce Président est d'une générosité sans limite pour ceux qui lui seraient hostiles. On croirait parfois qu'il fait même effort pour nous faire plaisir, comme une sorte de sketch quotidien. Cela n'enlève certes pas les dégâts de plus long terme pour les malades ou pour les systèmes de santé, mais au moins il veille à nous alimenter en Schadenfreude.

    Oh, selon ces sondages, il n'y aurait plus que 5-6% des Français qui auraient une image Très Positive du Président. Mais c'est peut-être le scepticisme blasé des Français.

    LH2/nouvelObs.com 10 avril Solde -36
    Ipsos/le Point 9 avril Solde -39
    ViaVoice/Libération 8 avril Solde -39
    Ifop/Paris Match 8 avril Solde -34
    Ifop/Paris Match 1 avril Solde -40
    TNS Sofres/Logica/Le Figaro 29 mars Solde -51
    BVA/Orange Express/France Inter 26 mars Solde -33
    Ifop/Le Journal du Dimanche 11 mars Solde -42
    OpinionWay/Metro 9 mars Solde -41
    CSA/Le Parisien 2 février Solde -29

    (En passant, pourquoi Ipsos n'a-t-il pas remis à jour ce sondage depuis octobre 2010 ?

    Une rumeur reparle à nouveau d'un éventuel nouveau remaniement avant les Présidentielles de 2012 !

    Ce serait le comble du comique. Des mois à annoncer un remaniement avant de garder presque les mêmes le 14 novembre 2010. Puis un mini-remaniement en février 2011 en prenant le prétexte des événements internationaux pour Alliot-Marie alors qu'il s'agissait aussi d'ex-filtrer Hortefeux (pour le remplacer par un conseiller qui mène la même stratégie de Patrick Buisson).

    Mais cette fois-ci, là, là..., promis, maintenant, on passe à une équipe de "professionnels".

    Il y a une telle panique à droite que Badinguet est de plus en plus souvent désavoué par les Filloniens sur la continuation de la stratégie Buisson de lepenisation. S'il les vire, il accroît la division de l'UMP et renforce les chances d'une candidature rivale. S'il les garde, il continue à afficher ces divisions intérieures.

    Oh, cela ne sera certes peut-être pas suffisant pour éviter quelques désastres pour DSK (ou même Hollande ?) si le "libéralisme" "sociétal" de ses moeurs privés finissait par lui coûter plus cher pendant la Campagne présidentielle que tout libéralisme économique (ce qui serait assez surprenant dans l'histoire du libéralisme de gauche).

    Mais en attendant, c'est quand même distrayant.

    Add. Ah, susciter de grands espoirs de manière surprenante en promettant soudain un cadeau pré-électoral de 1000 euros (mais seulement pour les employés de compagnies de plus de 50 salariés distribuant des dividendes) et la réduire ensuite devant les protestations du Medef, c'est presque du grand art pour échouer dans une politique de communication.

    Cette dernière phrase de François Baroin est magnifique : "La France est la fille aînée de l'Eglise. Il semble normal, même dans un Etat laïque, que l'Etat soit représenté". Il est en effet sans doute défendable que la France envoie un ambassadeur à une cérémonie d'un chef d'Etat voisin qui dirige la religion majoritaire mais de là à utiliser l'expression si idéologique de "fille aînée de l'Eglise", il ne voit même pas la contradiction.
    Badinguet avait déjà repris de la vieille propagande carolingienne (en parlant rapidement de sacre de Clovis à la place de baptême).

    vendredi 18 mars 2011

    Un gouvernement de professionnels


    Via, le gouvernement se ridiculise une nouvelle fois en essayant de nommer à la Cour européenne des droits de l'homme un député Nouveau Centre et ancien avocat, mais celui-ci avait été retiré des candidats par les magistrats de la Cour Permanente d'arbitrage comme insuffisamment qualifié. Mais le conseiller média Franck Louvrier espérait ainsi se présenter à son poste de député du Pays de Loire et il aurait donc remis le nom dans les candidats. On peut se demander alors à quoi doit servir les arbitres si on s'assoie sur leur décision.

    D'après le Canard de cette semaine, Badinguet continue à se plaindre avec indignation qu'on ait tant parlé du poste de Badinguet-Fils à l'EPAD. C'est assez parlant qu'ils ne peuvent pas bien saisir l'enjeu de ces problèmes.

    Mais il doit penser que d'autres institutions comme le CNU ne montrent pas l'exemple.

    Add. N'a Fait Qu'Un Tour
    Jean Badinguet-le-Dauphin déclare (sur France 2, 20h), pour critiquer Devedjian :

    "La politique a besoin de sang neuf."

    Ce "sang" n'est peut-être pas la meilleure expression qu'il pouvait trouver.