lundi 15 janvier 2018

[Star Trek: Discovery] 1 x 11 Le Loup Intérieur

Encore un très bon épisode. Cela s'est décidément grandement amélioré depuis le 10 et je regrette que de nombreux spectateurs aient pu être moins patient et aient abandonné depuis longtemps après des mois de Klingons pas très intéressants.

Il y a certes quelques clichés agaçants comme le fait que tous les personnages de l'Univers parallèle doivent nécessairement être par les Lois de l'Intrigue être des doubles de personnages qu'on connaît déjà. Mais cela permet des confrontations prévisibles mais dramatiques comme la rencontre avec le Sarek, le Voq ou la Philippa Georgiou.

Comme je n'ai jamais regardé Enterprise, j'ignorais que la Hoshi Sato de l'Univers Miroir y était devenu l'Impératrice, ce qui gâche un peu le choc de voir Georgiou (qui, elle, est censée être malaisienne) reprendre le même poste un siècle après.

Le Sarek de cet Univers conduit la Résistance avec leur Voq (ce qui donne une jolie inversion) mais leur Spock, lui, avait rejoint la cause impériale sans doute en suivant sa mère humaine plus que son père vulcain.

mardi 9 janvier 2018

Folia personarum

Dommage qu'elles soient si orientées pour D&D car j'aime beaucoup les feuilles de perso Old School de Tony Terlizzi.

lundi 8 janvier 2018

[Star Trek: Discovery] 1 x 10 Malgré soi


Nouvel épisode après une interruption de 2 mois. Voir résumé du 9e.

Ah, enfin. Sans doute le meilleur épisode par la quantité des révélations.

Dommage qu'il faille attendre 10 heures pour avoir un rythme aussi réussi. Et qu'il ait fallu supporter des idées aussi bizarres que le vol sporique à base de Tardigrades pour arriver maintenant à tant de détails qui commencent à résonner les uns avec les autres (vous avez remarqué les "ganglions de menace" de Saru le Kelpien quand il comprend où ils sont).

Divulgâchage

La mauvaise nouvelle est que les théories sur lesquelles on pouvait encore faire des conjectures sont finalement confirmées.

Mais il y a une petite complication : Ash Tyler est vraiment amoureux de Michael Burnham et il semble vraiment croire qu'il est Tyler, ce qui donne une superposition intéressante entre son inconscient de messie klingon Voq Son of None et son identité de couverture humaine - surtout quand le médecin de la Fédération dit qu'ils avaient été assez intelligents pour se demander s'il avait eu un lavage de cerveau et qu'ils n'ont rien trouvé. Il n'a pas tué le docteur Culber seulement pour protéger son secret mais bien parce qu'il voulait partir pour protéger Michael (ou du moins c'est ainsi qu'il le rationalise pour lui-même).

L'Empire Terrien xénophobe de cet univers parallèle (le Mirror Universe déjà rencontré dans presque toutes les séries Star Trek) est très bien utilisé. La Capitaine Tilly (Killy) est un personnage un peu ridicule mais la scène où Michael tue son second est peut-être la première fois qu'une scène de combat est aussi nécessaire et satisfaisante. Le Capitaine Gabriel Lorca est pour la première fois brillant quand il pense aussitôt à adapter tout le vaisseau aux couleurs impériales (ce qui est moins surprenant si Lorca vient bien de l'Empire).

L'hypothèse probable est que ce Lorca (qu'on prend pour "notre" Lorca) est en fait le Lorca de l'Univers Miroir mais il se peut que le Lorca rebelle de cette dimension soit en fait le Lorca de la Fédération. Ou alors leur Lorca était vraiment un rebelle pour des raisons pragmatiques.

Il y aura sans doute aussi une révélation sur l'identité mystérieuse de l'Empereur. J'espère que ce ne sera pas encore un autre membre de l'équipage du Discovery ou du Shenzhou (Impératrice Georgiou) mais plutôt quelque chose de plus inattendu (encore Khan qui aurait survécu depuis la Guerre des Eugéniques ?).

Récit de cauchemar


Pour continuer dans la série des cauchemars dont j'arrive à me souvenir.

Je suis dans un cinéma et c'est un multiplex mais le film n'est pas précisé. Je me dis qu'il est dommage que je n'aie pas entendu la musique qui était dans un film antérieur (je suppose qu'il s'agit d'une série de blockbusters) et qui me permettrait de mieux apprécier ce film-ci.

Je décide alors (et cela me semble être un pari raisonnable dans la "logique" du rêve) que je dois quitter la salle, au risque de rater une partie du film pour aller illégalement dans une autre salle écouter cette musique (car le multiplex doit sans doute diffuser en parallèle le premier épisode). Je perds une chaussure noire dans la salle obscure et je la laisse au sol sous ma chaise en me disant qu'elle me permettra de prouver que j'étais bien là quand je reviendrai.

Je sors de la salle, un peu angoissé, non pas seulement parce que je resquille mais parce que je ne suis pas sûr de bien estimer les temps et si je vais rater une part trop importante du film en faisant le pari d'écouter la musique en resquillant et en m'insinuant dans l'autre salle.

Je clopine très lentement avec une seule chaussure et le changement de salle demande de marcher sur le toit gris d'un complexe industriel. L'autre salle semble être assez éloignée, dans une autre aile du multiplex et je marche comme un voleur honteux en me disant que mon choix est complètement irrationnel, surtout si je ne récupère jamais ma chaussure. J'ai l'impression que l'itinéraire est interminable comme si le rêve se ralentissait soudain sur chaque centimètre parcouru.

Et là, je me réveille, assez anxieux juste avant que le réveil ne sonne.

Auto-analyse :

Comme dans le précédent, c'est une inhibition morale sur des choix irrationnels ou un complexe de l'imposture, mais il y a quelque chose de plus précis : mes cauchemars font souvent référence à des objets perdus (et j'imagine que si je croyais à de la mythologie freudienne, cela se réduirait à de la castration).

Dans un autre cauchemar très analogue, je suis dans un train où j'ai mis des valises et je vois d'autres articles laissés au quai et lorsque je redescends pour les chercher le train part sans moi et je me reproche de n'être pas redescendu en gardant toutes les valises avec moi. J'ai l'impression qu'il s'agit de la même anxiété déplacée sur l'encombrement et l'aliénation, y compris dans la vie quotidienne où je ne cesse d'avoir peur de perdre clefs, papiers ou copies. Ces valises et la chaussures semblent être la peur d'être fragmenté et de dépendre de cette fragmentation, comme si l'idée même d'une pluralité d'objets dont je suis dépendant était quelque chose de fondamentalement anormale. Et depuis l'enfance, j'ai un rapport assez névrotique à l'oubli comme si je redoutais plus de tout cette dispersion où je perdrais mes pensées et où il faudrait que je les revisite sans cesse pour vérifier si elles sont bien là (ce qui explique sans doute le fait d'écrire des blogs même si plusieurs sont quand même effacés par le temps). L'objet perdu n'est pas "tranché" comme dans la castration mais plutôt angoissant par son caractère extérieur, facultatif ou amovible.

Ou alors il y a aussi la crainte que je ne puisse jamais faire de la recherche sérieuse en remontant sans cesse à des détails inessentiels via des chaînes d'associations et sans arriver à me concentrer sur le présent et sur le travail à faire (et de manière générale, une anxiété sur une culture réduite à des renvois où je perdrais le fil). Non, là, je surinterprète.

Je venais de lire juste avant de dormir un chapitre de Walter Burkert sur la toison d'or (Homo Necans, chap. 2 : il y rappelle que Thyeste - dont le nom ressemble au mot "θυσία", sacrifice, vole un agneau d'or à Atrée avant que celui-ci ne le force à dévorer ses enfants) mais je ne crois pas que la chaussure perdue soit une allusion à Jason et sa sandale perdue mais je me suis souvent interrogé sur la signification de cette inégalité ou claudication. Mais ce sujet m'entraînerait vers des associations hors sujet (comme les parallèles entre Atrée/Thyeste et Pélias).

mardi 2 janvier 2018

La Mort de Descartes


Dans ce poème, Catherine Descartes (1637-1706), la nièce bretonne du philosophe, invente une version mythique de la mort de son oncle René en Suède en 1650 et prétend que ce texte viendrait d'un inconnu qui serait venu la lui conter. Avec ingénuité, elle tente de faire de l'accident contingent une sorte de fatalité sur notre pouvoir de connaître. Elle oppose les vortex magnétiques ou gravitationnels aux simples particules épicuriens (les écueils sur la mer du savoir, vers 11-24) mais Descartes meurt d'avoir dévoilé l'intérieur de la nature, comme si ces tourbillons communiquaient avec ceux de son cerveau...

Christine jouissait d'une éclatante estime ;
Sa beauté, son esprit & son sçavoir sublime,
Des Sçavans de l'Europe étaient l'étonnement
Et des Rois empressés le doux enchantement.

Les Langues d'Orient, & mortes & vivantes
Celles de l'Occident vulgaires & sçavantes,
Etaient dans sa mémoire avec ce qu'elles ont,
De sçavant, de poli, de rare & de profond.

Mais quand sur la Physique elle fut parvenue,
Jusqu'où n'arriva point sa pénétrante vue ?
Toutefois deux écueils dans cette vaste mer
Virent ce grand génie en péril d'abîmer.

L'aimant, dont les côtés aux deux pôles répondent :
Et qui l'esprit humain et la raison confondent,
L'un semble aimer le fer et l'autre le haïr ;
Si l'un sçait l'attirer, l'autre le fait fuir :

La Mer dont elle voit tantôt le sable aride,
Et tantôt inondé par l'élément liquide ;
Ce réglé changement, écueil de la raison,
Indépendant des tems, des vents, de la saison,
De Christine épuisait le merveilleux génie.

Tout ce qu'en tous les tems dit la Philosophie,
Aristote, Platon, Démocrite, Gassend
Offrent à cette Reine un secours impuissant :

Elle en connaît le foible ; & sa recherche vaine
Augmente son ardeur et redouble sa peine,
Quel sort pour ce grand cœur, dans son espoir trompé
Du désir de sçavoir sans relâche occupé !



Un jour l'esprit rempli de ce dépit funeste,
Elle crut voir paraître une femme modeste,
D'un air sombre & rêveur, & d'un teint décharné :
Puis elle entend ces mots :
                                        "Vois l'illustre René,
Seul entre les mortels, il peut finir ta peine ;
Conçu chez les Bretons, il naquit en Touraine ;
Aujourd'hui près d'Egmont & le jour & la nuit,
Il médite avec moi loin du monde & du bruit.
Entends-le ; c'est l'ami de la Philosophie."
Elle dit & s'envole ; et Christine, ravie,
Avide de sçavoir, ne croit pas que jamais
Elle puisse assez tôt le voir en son palais.


Cependant, enchanté du plaisir de l'étude,
Jouissant de lui-même & de la solitude,
Le sage en ce repos voudrait bien persister
Mais aux loix d'une Reine il ne peut résister.

Tu quittes pour jamais ta charmante retraite,
Grand Homme ; ainsi le veut du Ciel la voix secrète
Pour instruire une Reine il s'avance à grand pas,
Croit aller à la gloire & court à son trépas.

Il arrive ; & déjà l'attentive Christine,
Reçoit avidement sa solide doctrine ;
Ecoute avec transport le système nouveau,
S'en sert heureusement de guide & de flambeau ;
Et pour avoir le tems de l'écouter encore,
Retranche son sommeil & devance l'aurore.

Enfin, par des sentiers inconnus jusqu'alors,
Elle voit la nature et connaît ses ressorts,
On dit qu'en ce moment, la nature étonnée
Se sentant découvrir, en parut indignée.

Téméraire mortel, esprit audacieux,
Apprends qu'impunément on ne voit point les Dieux !
Telle que dans un bain belle & fière Diane,
Vous parûtes aux yeux d'un trop hardi profane,
Quand cet heureux témoin de vos divins appas
Paya ce beau moment par un affreux trépas ;
Telle aux yeux de René se voyant découverte,
La nature s'irrite & conjure sa perte ;
Et d'un torrent d'humeurs qu'elle porte au cerveau,
Accable ce grand homme et le met au tombeau.

Carte inversée


Gygax avait déjà créé un monde avec une carte inversée dans son jeu de rôle (justement négligé) Mythus où sa "Aerth" a une Sub-Aerth intérieure (ou Under-Aerth, je ne me souviens plus, une Terre creuse) où nos océans font de grandes plaques continentales et nos continents de vastes mers. Mais les continents avaient le défaut d'être des jungles peu détaillées alors que dans cette version ils ont tenté de placer les Etats réels le plus près de leur emplacement et avec une taille grosso modo représentative (j'ai l'impression que l'Allemagne, qui occupe toute la Mer du Nord, est bien trop immense et la Pologne, limitée à quelques lacs d'Europe de l'Est, est ridiculement trop petite).

L'idée que la Mésopotamie et l'Egypte ne seraient plus un Croissant fertile mais placés respectivement dans le Golfe persique et la Mer rouge (avec une grande Mer arabe entre les deux) peut déjà suffire à donner des idées de cosmogonies fantastiques.