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mardi 8 décembre 2015

Pourquoi en France au fait ?


Il ne semble rien y avoir de mystérieux au fait que l'extrême droite puisse prospérer après 40 ans de crise avec chomage de masse. Cela semble même ressembler à une sorte de déterminisme historique assez simple.

Mais la question est alors de se demander pourquoi cela ne se reproduit pas partout au même niveau.

La question n'est donc pas "Pourquoi l'extrême droite ?" (l'Autriche aussi a déjà eu une région, la Carinthie, dirigée par une extrême droite xénophobe, le FPÖ) mais "Pourquoi 28% ici et nettement moins dans beaucoup de pays voisins ?" (si on laisse des cas très particuliers comme la Hongrie qui a des raisons historiques spécifiques pour avoir son extrême droite locale, ou le cas de la Finlande).

Il y a donc bien, en dehors de ce contexte socio-économique, d'autres causes historiques, culturelles ou politiques. On constate que la Bretagne (de tradition ex-catholique, dirait Emmanuel Todd, mais dont les grandes villes sont devenues plus socialistes) résiste bien mieux pour l'instant mais il est difficile de comprendre pourquoi. Ce score élevé sur tout le nord et l'est de la France (et les zones "péri-urbaines") n'a pas reçu d'explication entièrement claire. Todd prétendait il y a quelques années que c'était paradoxalement une revendication "égalitariste" française qui serait un terreau d'une extrême droite particulière, plus liée à un ressentiment de classe qu'à un racisme. Mais j'ignore si ces modèles "anthropologiques" sont testables.

Pour en rester seulement aux pays européens voisins, en Belgique, la question des nationalités est très différente. Le Vlaams Belang flamand a connu une ascension (jusqu'à 11% sur les Flandres, avec des pointes comme Anvers à 33%) jusqu'à ce que la droite libérale de la Nieuw-Vlaamse Alliantie réussisse à absorber leurs voix. En gros, la N-VA leur fait depuis 3 ans ce que Sarkozy avait espéré réussir avec le FN aux Présidentielles de 2007 (avant de découvrir en ce moment qu'à force de rendre crédible le FN il avait rendu son électorat plus perméable). Les Pays-Bas ont le PVV qui est pour l'instant autour de 15%.

L'Allemagne est un peu une exception sans aucune extrême droite au niveau national (la NPD, néo-nazie, est à 1-2%, ce qui lui a donné un élu européen). On n'a pas de preuve que PEGIDA (les quelques milliers de manifestants anti-Islam en Saxe) va avoir de l'essor sur le territoire. La République fédérale est plus protégée que nous peut-être simplement à cause d'une culpabilité face au nazisme. Ou bien, il faudrait expliquer comment les vieux Partis traditionnels arrivent à garder la loyauté des électeurs. Les Partis de gouvernement sont restés forts, même dans les nouveaux Länders (aux dernières élections de 2013, la CDU a eu le score impressionnant de 41%, la SPD 26%, Die Linke 9%, les Verts 8% et le petit FDP centriste s'est complètement effondré, perdant 10 points sans doute au profit de la CDU). Le tout nouveau mouvement eurosceptique Alternative für Deutschland (des anciens CDU, qui frise les 5%) est conservateur mais ne peut pas encore être clairement rangé à l'extrême droite (contrairement à un mouvement eurosceptique britannique comme l'UKIP par exemple, qui allie l'europhobie à une xénophobie générale plus affichée). Mais ces temps-ci, Alternative für Deutschland a une attitude plus ambiguë vis-à-vis de PEGIDA, en parlant de "préoccupations légitimes".

En revanche, en dehors de l'Union européenne, la Suisse connaît depuis au moins les années 1990 une droite xénophobe et europhobe, l'UDC (qui est un peu comme le Saint Empire romain, ni démocratique ni centriste, son nom germanique est SVP, Parti du Peuple suisse). L'UDC frise aussi les 30%. Le vieux parti "agrarien" se fonde à la fois sur l'isolationnisme suisse contre l'UE, le conservatisme des cantons ruraux allemaniques et sur la crainte face aux réfugiés.

Le cas de l'Italie est plus complexe car l'Alliance Nationale, héritière du néo-fascisme du MSI, se fit d'abord absorber dans le Berlusconisme libéral-populiste avant de persister maintenant comme une partie de la droite libérale. Son leader Gianfranco Fini réussit même à être Président de la Chambre des députés récemment (2007-2013) mais son parti semble avoir perdu un peu de son identité. De même, la Ligue du Nord, régionaliste mais surtout xénophobe, est plutôt dans un relatif déclin, autour de 5-6%. C'est avec 5 élus de la Ligue du Nord italienne, un élu du Vlaams Belang flamand, 4 élus du PVV néerlandais et 4 élus du FPÖ autrichien que le FN (20 députés) a créé son alliance au Parlement européen, l'ENL (plus deux membres du KNP polonais "libertarien" conservateur, un élu indépendant du Parti conservateur roumain et une élue exclue d'UKIP).

L'Espagne semble aussi préservée pour l'instant (tout comme le Portugal), malgré un taux de chomage bien plus élevé qu'en France. La querelle des nationalités ou des autonomies en Espagne, au Pays Basque et en Catalogne, et des mouvements populistes de gauche l'emportent sur toute résurgence de mouvements d'extrême droite (même si le Parti populaire de centre-droit a des origines liées à d'anciens Franquistes). A cause du franquisme, les mouvements indépendantistes ou nationalistes peuvent avoir des traditions politiques qu'on ne peut même pas toujours rattacher à la droite. Et à l'inverse, un mouvement national comme "Ciudadanos" est "centralisteur" politiquement mais plutôt rattaché à la droite libérale par ailleurs (même s'il se veut non-partisan).

jeudi 6 août 2015

Walker & le Wisconsin


Les Présidentielles américaines n'auront lieu qu'en novembre 2016 et nous sommes donc à plus d'un an. Je crois, comme un peu tout le monde, que l'exubérant Donald Trump, qui domine très largement les sondages des Primaires républicaines en ce moment, explosera en vol comme tous les candidats un peu excentriques et charismatiques qui attirent le regard des Républicains quand la campagne sérieuse n'est pas encore lancée. La folle en Christ du Minnesota Michele Bachmann était aussi donnée dans les favorites des Primaires en 2011 devant Mitt Romney avant de disparaître complètement avant même les premiers votes.



Le candidat le plus sérieux (si on laisse de côté l'argent et la notoriété de Jeb Bush) semble être pour l'instant Scott Walker, le Gouverneur du Wisconsin (né en 1967). Walker présente bien, il allie deux qualités opposées : il plaît beaucoup à la base la plus archi-conservatrice tout en ayant une apparence assez rassurante et qui semble très "éligible" (un peu le contraire de Trump qui sait exciter la rage par des propos racistes mais risque de vite décevoir l'aile conservatrice pour ses positions sociales assez fluctuantes). Walker est toujours souriant et semble toujours posé et d'un calme de Vulcain, même quand il lance quelques attaques.

Il pourra à la fois ne pas avoir une image de riche détaché de la base comme Mitt Romney (ou Jeb Bush) et sembler bien plus poli qu'un tribun de la plèbe pour attirer les fonds des Frères Koch et d'autres ploutocrates (en ce moment, surtout 4 familles). Mike Huckabee, l'ancien gouverneur de l'Arkansas, aussi avait réussi à allier pendant un temps en 2008 un conservatisme religieux impeccable et un air assez affable, mais Walker est beaucoup plus influent politiquement et plus habile que lui. Il est l'un des candidats les plus "pauvres" (avec de lourdes dettes personnelles), sans fortune familiale et avec une carrière entièrement politique depuis le début.

Walker est un fils de pasteur et depuis le plus jeune âge, il a été en campagne d'évangélisation. Cela ne semble pas être que de la propagande hypocrite quand il dit qu'il croit depuis l'enfance que Dieu l'a choisi pour être Président. Il était avant tout un militant pro-Life, anti-avortement dans tous les cas, même viol ou inceste, mais cela risque de ne pas trop compter. Les Présidents républicains sont tous anti-avortement mais cela n'a guère d'incidences directes en dehors des nominations à la Cour Suprême et d'une promesse de faire passer un jour un Amendement donnant la Personnalité aux foetus. Le Gender Gap risque certes d'être une question avec Hillary Clinton.

Mais ce n'est pas ce qui l'a rendu célèbre au niveau national. Il a su insister sur des combat anti-fonctionnaires qui ont beaucoup plu à la droite du Wisconsin au nom de la baisse des impôts et la baisse du pouvoir (déjà faible) des syndicats. Il a passé une loi pour limiter les négociations salariales des fonctionnaires, en dehors des policiers et pompiers (il visait en fait surtout les enseignants du public). Il a baissé les impôts des plus riches et contribué à démanteler le système d'aide sociale (relativement "généreux" au Wisconsin par rapport aux USA avant lui). Il est devenu ainsi le candidat de la Droite ploutocratique "sérieuse", quels que soient ses discours où il laisse exprimer des doutes sur le fait qu'Obama soit vraiment chrétien.



Le Wisconsin a environ 5,7 millions d'habitants et c'est un Etat qui a pu être un des plus "européens" (immigration d'Allemands et Polonais au XIXe siècle), ce qui a conduit à une politique relativement plus social-démocrate qu'ailleurs (un peu comme le scandinave Minnesota, qui lui était plus luthérien). Le Parti socialiste américain y faisait des scores plus importants qu'ailleurs et la plus grande ville, Milwaukee, eut trois maires socialistes qui dominèrent toute la première partie du XXe siècle. Mais Milwaukee a évolué récemment vers une crise urbaine accrue où les populations noires sont arrivées bien plus tard qu'ailleurs, juste au moment où la ville s'enfonçait dans le déclin économique, et où l'intégration s'est pour l'instant encore moins bien passée qu'à Chicago ou dans les grandes villes du Sud. La banlieue blanche de Milwaukee en a tiré un ressentiment digne des Etats les plus ségrégationnistes et ce sont ces zones qui soutiennent massivement Scott Walker, élu en 2010, 2012 et 2014 à environ 52% (voir cet article qui insiste sur ce facteur d'explication dans la New Republic). Toute sa campagne locale se fait contre Milwaukee (où 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec 40% de Noirs et 17% d'Hispaniques) et il a un soutien quasi-monolithique de ces zones blanches (5% sous le seuil de pauvreté).

Cette scission explique aussi l'écart entre les élections présidentielles et les autres élections. Pendant les élections présidentielles, où la participation est massive sur tout l'Etat, ils votent plutôt Démocrate, alors que dans les autres élections, dès que les populations urbaines de Milwaukee ou de la capitale à Madison sont moins mobilisées, l'Etat semble solidement républicain.

Walker a fait quelques gaffes et a du mal à cacher son inexpérience en politique étrangère. Il a dit sérieusement que sa lutte contre les syndicats enseignants l'aideraient à faire face à Poutine et a déclaré que les renvois de syndicats de contrôleurs aériens par Ronald Reagan était sa plus importante réussite en politique étrangère... Il a déjà dit que sa priorité serait de revenir sur tout accord avec l'Iran signé par Obama mais cela ne le singularise pas tellement par rapport aux autres candidats.

Scott Walker est actuellement troisième dans les sondages, derrière Donald Trump et Jeb Bush. Mais ce serait une erreur de le sous-estimer. Quand la campagne commencera vraiment, il a sans doute nettement moins de désavantages que ses deux rivaux : Trump s'autodétruira et Bush peut finalement souffrir de sa notoriété. Ted Cruz (qu'on considérait comme le candidat parfait pour le TEA Party) ou Rand Paul sont loin derrière Scott Walker pour l'instant.

dimanche 10 mai 2015

Elections britanniques 2015


Défaite des sondages qui parlaient d'une nouvelle Coalition (même si cela faisait déjà quelques temps que les Tories restaient en tête). Les Tories ont une majorité absolue et ils sont donc garantis de rester là jusqu'en 2020. Ils ont eu à peu près le même nombre de voix qu'en 2010 (36%) mais 24 sièges de plus - sur 650. David Cameron n'a plus besoin des Lib-dems. Ils ont même repris tout le fief historique au sud-ouest des Lib-dems avec la Cornouailles (à part Exeter, travailliste). La droite anti-européenne de l'UKIP (avec ses 12% en moyenne sur tout le territoire) n'a finalement pas gêné les Tories (on remarque que contrairement à d'autres pays européens, l'extrême droite certifiée reste groupusculaire, en dehors de cet UKIP. L'UKIP peut toujours prétendre avoir seulement un programme eurosceptique et non pas essentiellement xénophobe même si la xénophobie se retrouve assez facilement dans de nombreuses affiches). Cameron a promis un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne (où il ferait campagne pour le Oui, comme presque tous les Partis), mais cela pourrait se retourner contre eux en renforçant l'UKIP (même si le référendum passe).

Les Travaillistes sont très déçus. Leur score en voix a en fait peu changé au niveau national avec 30% mais ils ont 26 sièges de moins, et disparaissent presque d'Ecosse (à part Edinburgh sud) où ils sont remplacés par le SNP (le Parti travailliste perd même Glasgow-la-Rouge et de nombreux membres du Cabinet Fantôme). Ils gardent en gros (en dehors de l'Ecosse) des zones assez proches de 2010 : (1) le nord et l'est de Londres, (2) presque tout le sud urbanisé du Pays de Galles, (3) Birmingham et Nottingham dans les Midlands, (4) les circonscriptions urbaines du Nord, de Liverpool et Manchester au Yorkshire, Durham et le Northumberland. Voir cette carte du Telegraph qui a l'avantage d'avoir des hexagones de populations équivalentes (comme celle de 2010), ce qui relativise un peu les grandes circonscriptions rurales des Tories et les zones peu denses du SNP (sur cet article, il y a aussi la comparaison 2010/2015).



(Voir aussi chez Kieran Healy la carte des partis arrivés en deuxième position par circonscription, qui est assez intéressante pour nuancer les jugements dans un système majoritaire à un seul tour - on y voit plus nettement la position assez forte de l'UKIP dans le sud de l'Angleterre, et le fait qu'on ne devrait pas enterrer les Lib-dems trop vite)


Ed Miliband a démissionné et le nouveau leader devrait être Andy Burnham, 45 ans, député de Leigh dans la banlieue de Manchester, chargé des questions de santé dans le Cabinet fantôme. Mais une partie de l'aile droite blairiste voudrait en profiter pour le chasser comme il représenterait selon eux la même tendance sociale-démocrate que Milliband et donc un choix de "continuité" (alors que l'aile gauche le considère tout aussi compromis par son ancien soutien à Blair). On ne semble pas trop croire à un retour du frère d'Ed, David (qui est parti aux USA travailler pour la Croix Rouge après avoir été battu par Ed à la tête du Parti). D'autres noms évoqués sont Yvette Cooper (dont le mari est aussi un dirigeant important du Parti, Ed Balls, mais qui vient d'être battu - donc cela évoque certains aspects de Ségolène Royal) et Chuka Umunna (36 ans, d'origine nigériane, et avocat, ce qui crée presque trop d'analogies avec Obama).

Le Scottish National Party bondit de 6 sièges en 2010 à 56 sièges sur 59 ! Grande victoire régionale mais cela ne signifie pas qu'ils voudront reprendre tout de suite l'Indépendance. Ils deviennent le 3e Parti à la place des Libéraux-Démocrates.

 L'autre grand changement est l'effondrement des Lib-dems, qui tombent de 23% à 8% et passent de 56 sièges à 8 sièges. Ils avaient été un grand espoir en 2010 en attirant de nombreux déçus du Pseudo-Travaillisme blairiste, mais leur identité ou l'alternative qu'ils proposaient fut vite compromise. Ils ont finalement cautionné dans la Coalition des Tories une politique qui allait souvent dans le sens opposé à leurs promesses. L'exemple spectaculaire était leur promesse de supprimer ou au moins de baisser les frais d'inscription en Université, alors qu'ils ont finalement encore augmenté le maximum que les Universités pouvaient demander. Même Clegg avait dû reconnaître que c'était une trahison mais il disait seulement regretter d'avoir fait une promesse qu'il ne pouvait pas tenir. Nick Clegg ne pouvait que démissionner même s'il est l'un des derniers huit à garder son siège (Sheffield Hallam, circonscription bourgeoise du sud du Yorkshire qui est devenu un fief des Lib-Dems depuis près de 20 ans). Ironiquement, leurs sièges sont surtout basculé vers les Conservateurs plus que vers les Travaillistes, ils ont donc été punis pour être passés à droite mais pas de la manière prévue.

Pour l'instant, les favoris pour le remplacer sont soit Norman Lamb (57 ans, qui était membre du Gouvernement précédent comme Ministre des affaires sociales et incarne donc une aile plus à droite, et d'ailleurs moins europhile) soit Tim Farron (45 ans, l'actuel Président du Parti qui, lui, n'a pas participé au Gouvernement précédent et est donc considéré comme un peu plus à gauche). On parie plutôt sur Farron.

Add. Décidément, les Lib-Dems ne tirent pas les leçons de l'histoire : chaque Coalition à laquelle ils participent les fait baisser depuis un siècle.

mercredi 28 mai 2014

Calculer les rapports et sonder les mystères


Puisque ce mois de mai se termine et bien que je sois censé écrire une communication sur la science-fiction pour dans deux semaines, dans un grand élan civique pour relancer le désir d'écrire, je vais m'amuser à tester le gadget "Sondages" de Blogger.

Vous devez trouver ci-contre, à votre gauche, le choix d'une semaine plus consacrée au jeu de rôle au début du mois de juin.

J'ai mis quatre choix qui correspondent à quatre jeux dont j'ai déjà parlé au moins une fois, avec une assez vague tentative de catégoriser leur genre :

  (1) Arduin (Gonzo Fantasy années 70)
  (2) Jorune (Planetary Romance - Science Fantasy années 80)
  (3) Mindjammer (Transhumanist Space Opera années '10)
  (4) Mummy (Gothic/Superhero années 90)

Votez (et si possible si vous n'êtes que 4, ne dispersez pas vos voix de manière égale, hein ?). Avant le 30 mai à 23h59.

Add. Il semblerait que je n'ai même pas le droit de voter à mon propre sondage dans cette application. Votre voix sera donc vraiment souveraine (sauf si je me délogue de mon compte ?, ah, non, cela doit dépendre de l'ip ?).

Add.2 AAAARgh. Le widget de Blogger ne marche pas, on dirait. Il garde pourtant en mémoire mon vote (il me demande si je veux le changer et a bien mémorisé ma solution) mais continue de dire qu'il y a eu 0 voix... D'après ce forum, ce bug a l'air assez général.

Je soupçonne les Illuminati de vouloir empêcher l'essor de la démocratie participative 2.0, sans aucun doute (il faut informer DémocratieRéelle et leur rêve de κληρωτήριον athénien virtuel).

Add. 3 Mon espoir que les votes réapparaissent après la clôture était infondé. Je me demande pourquoi le gadget gratuit de Blogger a pu fonctionner à une époque. Aucun suffrage n'a été pris en compte et je vous conseille donc, pour ceux qui ne l'auraient pas fait, de les reprendre dans les commentaires avec extension jusqu'à la fin de ce long week-end du Pont, jusqu'au lundi 2 juin. 

Pour l'instant (Dimanche 1er juin, 15h), nous en sommes en effet à égalité entre Jorune et Mindjammer avec 40% chacun des cinq votes, plus 20% pour Arduin.

Add. 4 : Jorune en tête, avec 7 votants (18h).  Suspense intolérable.

vendredi 16 mai 2014

Inde : Premières projections des résultats

On savait que la coalition (NDA) du BJP ultra-hindou de Nahendra Modi l'emporterait mais pas à ce point. La participation a été un record avec 66% (plus de 500 millions d'électeurs).

Leur victoire serait un des plus grands raz-de-marée depuis 30 ans. Le BJP (qui dirige une énorme coalition de 29 autres partis) arriverait même à la majorité absolue tout seul. Personne ne l'avait prévu.

La Lok Sabha (Assemblée du peuple) a 543 sièges, il faut donc 272 pour la majorité,  et le BJP dépasserait 284 sièges seul (au lieu de 112), avec parmi ses principaux alliés une vingtaine de sièges pour l'extrême droite Shiv Sena du Maharashtra, une quinzaine pour le Telugu Desam Party du Andhra Pradesh, 5 sièges pour le Lok Janshakti Party du Bihar (anciens alliés du Congrès, qui est puissant chez les basses castes de cet Etat) et plus de 330 sièges au notal pour toute l'Alliance.

Le Parti du Congrès national passerait, lui, de 200 sièges à moins de 50 (+une douzaine de sièges d'alliés) et j'imagine que la Dynastie Nehru-Gandhi va enfin être mis en danger (Sonia Gandhi aurait gagné dans l'Uttar Pradesh mais son fils, le leader Rahul Gandhi n'aurait qu'une courte avance pour l'instant dans le même Etat)... Les autres partis indépendants sont maintenant plus nombreux que le Parti du Congrès et par exemple l'ADMK de Jayalalithaa qui n'existe qu'au Tamil Nadu (36 sièges) ou le Trinamool (TMC) qui n'existe qu'au Bengale (33 sièges) auront presque autant de sièges que ce Congrès national !

Nahendra Modi a d'ailleurs commenté sa victoire en disant que c'était la fin de ce problème de "démocratie sexuellement transmissible" (comme l'appelait Dalrymple), comme Modi vient lui-même d'une petite famille d'épiciers de basse caste du Gujarat et qu'il se flatte de ne plus fréquenter que sa mère mais plus ses frères et sa famille.

(Source des images : NDTV)

On voit que la coalition de l'Alliance nationale domine tout le nord et l'ouest de l'Inde, non seulement ses fiefs du Gujarat (l'Etat de Modi), le Rajasthan, Madhya Pradesh, Karnataka, une partie du Maharashtra mais aussi jusqu'au Kashmir et au Chhattisgarh ou tout au nord-est l'Arunachal Pradesh. Les derniers sièges du Congrès (en bleu) sont de plus en plus dispersés et poussés hors de ses fiefs du nord (comme l'Uttar Pradesh où le BJP devient majoritaire) vers l'est.

vendredi 27 avril 2012

La procuration vote à droite


Il y eut un nombre important de procurations pour le 22 avril dernier en raison des vacances et j'imaginais que cela avait pu favoriser la participation. Certaines personnes qui auraient pu décider de s'abstenir le jour-même avaient dû faire le choix réfléchi par anticipation de remplir une demande de procuration auprès d'un tiers ou de leur parti favori. Les paranoïaques comme moi qui s'imaginaient que le Gouvernement faisait tout pour faire baisser la participation (des "Vrais" ou des "faux" actifs) auraient donc eu tort de penser que les vacances allait avantager le vote des retraités.

Mais Baptiste Coulmont montre qu'en tout cas à Paris la procuration allait plutôt vers Sarkozy. L'explication proposée est que les arrondissements les plus "favorisés" sont aussi ceux où les habitants auront le plus l'habitude de ce genre de démarches administratives en mairie. Ce sont peut-être aussi ceux qui prennent le plus de congés.

mercredi 11 avril 2012

Des débiles aux séniles

J'autocensure mes messages sur les sondages, parce que les commentateurs vont s'énerver comme si je parlais d'astrologie, d'homéopathie ou de chiromancie. "Vous me décevez profondément, vous que j'espérais un tout petit peu au fait des Manipulations, vous y accordez encore le moindre crédit ? Quelle déchéance, etc.". Certes, les sondages sont agaçants, omniprésents et on commente abusivement des variations minimes pour faire croire qu'il y a des mouvements dramatiques dans la Voix Divine de "l'Opinion", et ainsi vendre de nouveaux sondages. C'est pourquoi il est agréable de lire en ce moment le retour de Ceteris Paribus qui se donne la peine de faire des synthèses de chiffres pour mieux montrer ces fourchettes (mais aussi pour rappeler qu'elles ne sont pas si incohérentes que cela).

Le Canard d'aujourd'hui (un des grands pourfendeurs de la Foi sondagière et de son industrie) dit que le sondage tant commenté de ces derniers jours (où Le Pen était donnée première - d'une courte tête devant Hollande - chez les 18-25 ans) est aussitôt démenti par un autre institut qui affirme que Le Pen ne perce pas chez les plus jeunes. Nous aurait-on "survendu" cette courte "tête" lepeniste pour mieux démanger un prurit pétainistoïde chez "LesJeunesDNotrePays" ?

(Tout article sur l'extrême droite se doit d'utiliser une métaphore un peu pseudo-médicale comme "peste", alors que les comparaisons "organiques" sont souvent elles-mêmes d'extrême droite)

Au moins, on peut éviter le lieu commun misanthrope (très courant chez les profs excédés) sur ces petits au chômage et mal éduqués qui ne peuvent qu'être séduits par les Extrêmes.

Mais les retraités sont souvent captifs de notre Démagogue en chef du "Travaillez Plus Longtemps". Cela donnait une image sombre d'un pays qui commencerait sa jeunesse décérébrée chez les fachos pour finir dans le n'importe quoi badinguestiste.

[En passant : pourquoi répète-t-on tout le temps que les résultats d'Eva Joly sont "catastrophiques" alors qu'on lui prête des chiffres (2-3%) à peu près égaux (dans la marge d'erreur) à Dominique Voynet en 2007 (1,57%, il est vrai que le vote vert était dispersé avec José Bové à 1,32%) ?

Est-ce parce qu'on veut à tout prix projeter le score énorme des élections européennes de 2009 (16,3% si on faisait une synthèse des régions) ? Pourtant, chacun sait que les Français se défoulent dans ce scrutin semi-proportionnel. Ou bien est-ce à cause du succès de Mélenchon par contraste ? ]

vendredi 13 mai 2011

D'exciter une flamme à la cendre arrachée



Contrairement à notre ancien Premier ministre Michel Rocard, je ne suis pas certain qu'il soit si vital de "rapatrier DSK" du FMI vers nos humbles RMI comme s'il était une sorte de ressource nationale indispensable.

La distance transatlantique semble lui avoir conféré une aura de génie économique qu'il n'a jamais manifesté si visiblement quand il était à Bercy. DSK plaît certes beaucoup à ce qu'on pourrait appeler de manière commode "la Technostructure" et n'effraye pas le Centre. Avec son "Cercle de l'Industrie" il doit déjà avoir un meilleur carnet d'adresses qu'un avocat d'affaires de Neuilly (cela explique les quelques 200 mois de RSA que lui avait donné la MNEF en 1997).

J'ai voté DSK pour les dernières primaires internes du PS (à l'époque, j'espérais faire barrage à une autre candidature choisie par les sondages).

Je ne sais pas si j'aurais dû préférer Laurent Fabius, parce que je ne sais absolument pas qui est Fabius (et je crains qu'il en va de même pour Fabius lui-même, toujours très à gauche dans l'opposition et qui se calquait sur DSK à Bercy en demandant à Jospin encore plus de baisses d'impôt progressif).

Je ne sais pas ce qui causera le plus de tort à DSK lors de la campagne mais il semble être fait pour une Chabanisation éclair dès qu'il entrera dans la lice. Je ne parle pas de petites bassesses comme cette campagne idiote du Figaro sur la Porsche. Mais DSK continue à croire que l'enjeu de sa vie personnelle ne sera pas un problème dans un pays latin. Mais quiconque a vu l'interview de Melle Banon vers 2007 peut craindre que cela ne se réduise pas à des questions de vie privée (si du moins, il y a la moindre part de vérité).

Et je ne sais pas ce qui va lui causer le plus de tort : ce passage si franc mais glaçant de son livre d'après 2002 La Flamme et la Cendre (qui évoque la fameuse controverse actuelle sur ce rapport de la fondation Terra Nova), l'analyse de ses conceptions économiques ou bien, pire encore, ce site DSK Vrai ou Faux qui est censé le défendre avec une langue de bois contre-productive.

Comme je reste un peu effrayé par le manque d'anticorps anti-totalitaires chinois de M. Mélenchon et que je ne crois pas au personnage de Montebourg, il ne reste que M. Aubry. Mais le récit médiatique a déjà décidé que c'était Hollande et plus Aubry qui serait l'Autre candidat viable. Il donne parfois l'impression qu'il suffit de jouer une sorte d'imitation de Mitterrand pour être un bon candidat mais il a quand même moins de casseroles que DSK.

jeudi 21 avril 2011

Encore une réfutation décisive pour les méthodes de Condorcet



Comme c'est le 9e anniversaire du 21 Avril (notre 9/11 à nous qu'on a) et que la progéniture Le Pen devrait faire encore mieux au Premier Tour grâce à 4 ans de buisso-badinguetisme, la fondation Terra Nova reparle de suffrage par système de classements des préférences pour les candidats :

Quand on demande aux gens leurs préférences, le centre droit incarné notamment par Jean-Louis Borloo s'en sort bien.

C'est pire comme contre-argument pséphologique qu'un paradoxe de Condorcet. Un système qui amènerait Borloo (Borloo !) au pouvoir juste pour nous éviter l'humiliation d'un second 21 Avril est-il même digne d'être étudié ?

mardi 19 avril 2011

Gratitude

Il faut reconnaître que depuis quelques mois, ce Président est d'une générosité sans limite pour ceux qui lui seraient hostiles. On croirait parfois qu'il fait même effort pour nous faire plaisir, comme une sorte de sketch quotidien. Cela n'enlève certes pas les dégâts de plus long terme pour les malades ou pour les systèmes de santé, mais au moins il veille à nous alimenter en Schadenfreude.

Oh, selon ces sondages, il n'y aurait plus que 5-6% des Français qui auraient une image Très Positive du Président. Mais c'est peut-être le scepticisme blasé des Français.

LH2/nouvelObs.com 10 avril Solde -36
Ipsos/le Point 9 avril Solde -39
ViaVoice/Libération 8 avril Solde -39
Ifop/Paris Match 8 avril Solde -34
Ifop/Paris Match 1 avril Solde -40
TNS Sofres/Logica/Le Figaro 29 mars Solde -51
BVA/Orange Express/France Inter 26 mars Solde -33
Ifop/Le Journal du Dimanche 11 mars Solde -42
OpinionWay/Metro 9 mars Solde -41
CSA/Le Parisien 2 février Solde -29

(En passant, pourquoi Ipsos n'a-t-il pas remis à jour ce sondage depuis octobre 2010 ?

Une rumeur reparle à nouveau d'un éventuel nouveau remaniement avant les Présidentielles de 2012 !

Ce serait le comble du comique. Des mois à annoncer un remaniement avant de garder presque les mêmes le 14 novembre 2010. Puis un mini-remaniement en février 2011 en prenant le prétexte des événements internationaux pour Alliot-Marie alors qu'il s'agissait aussi d'ex-filtrer Hortefeux (pour le remplacer par un conseiller qui mène la même stratégie de Patrick Buisson).

Mais cette fois-ci, là, là..., promis, maintenant, on passe à une équipe de "professionnels".

Il y a une telle panique à droite que Badinguet est de plus en plus souvent désavoué par les Filloniens sur la continuation de la stratégie Buisson de lepenisation. S'il les vire, il accroît la division de l'UMP et renforce les chances d'une candidature rivale. S'il les garde, il continue à afficher ces divisions intérieures.

Oh, cela ne sera certes peut-être pas suffisant pour éviter quelques désastres pour DSK (ou même Hollande ?) si le "libéralisme" "sociétal" de ses moeurs privés finissait par lui coûter plus cher pendant la Campagne présidentielle que tout libéralisme économique (ce qui serait assez surprenant dans l'histoire du libéralisme de gauche).

Mais en attendant, c'est quand même distrayant.

Add. Ah, susciter de grands espoirs de manière surprenante en promettant soudain un cadeau pré-électoral de 1000 euros (mais seulement pour les employés de compagnies de plus de 50 salariés distribuant des dividendes) et la réduire ensuite devant les protestations du Medef, c'est presque du grand art pour échouer dans une politique de communication.

Cette dernière phrase de François Baroin est magnifique : "La France est la fille aînée de l'Eglise. Il semble normal, même dans un Etat laïque, que l'Etat soit représenté". Il est en effet sans doute défendable que la France envoie un ambassadeur à une cérémonie d'un chef d'Etat voisin qui dirige la religion majoritaire mais de là à utiliser l'expression si idéologique de "fille aînée de l'Eglise", il ne voit même pas la contradiction.
Badinguet avait déjà repris de la vieille propagande carolingienne (en parlant rapidement de sacre de Clovis à la place de baptême).

samedi 26 mars 2011

La fin de la période Ignatieff ?




On s'attendait à ce que l'intellectuel Michael Ignatieff, le chef du Parti libéral depuis la fin 2008, n'arrive pas à profiter de la chute du Gouvernement Harper pour fédérer l'Opposition (Ignatieff n'ose même pas répondre à la question de savoir s'il serait prêt à faire une coalition avec le NPD (gauche) et le Bloc Québecois). C'est la seconde tentative d'abréger le gouvernement Harper et il va revenir renforcé.

Mais les sondages pour ces nouvelles élections sont encore pires que prévus, avec un raz de marée conservateur : jusqu'à 46% (!!) en Ontario contre 30% pour les Libéraux dans un sondage. Cette fois, Harper (au pouvoir depuis 2006) obtiendrait une Majorité absolue. L'Opposition a raté une nouvelle fois sa stratégie. Elle est au plus bas, morcelée et affaiblie (même si le Bloc est toujours aussi puissant à l'intérieur de sa Province).

On peut donc penser que cette défaite pourrait coûter le poste d'Ignatieff. En ce cas, c'est peut-être Dalton McGuinty, le Premier Ministre de l'Ontario (reptilien extraterrestre maléfique mangeur de chaton) qui pourrait le remplacer (on dit qu'il n'ose pas faire campagne aux côtés d'Ignatieff). Mais les équilibres semblent devenus très favorables aux Conservateurs et McGuinty peut avoir du souci même en Ontario.

lundi 6 décembre 2010

DCB sur DSK


On peut reprocher ce qu'on veut au libéral-libertaire écologiste Daniel Cohn-Bendit, mais ses interventions publiques n'ont souvent rien à voir avec celles des hommes politiques français. Il est indéniable que c'est rafraichissant. Les autres préfacent leur propos par "Je ne fais pas de langue de bois" et se contredisent généralement aussitôt. Cohn-Bendit parle un peu plus comme un commentateur assez franc, sans tomber dans la brutalité démagogique. 

Hier, dans l'interview de DCB sur France Inter, on lui demande qui il soutiendrait pour les Primaires socialistes et on s'attend à ce qu'il fasse la non-réponse ennuyeuse prévisible (c'est une affaire interne au PS, ce n'est pas mon problème puisque je soutiens la candidature d'Eva Joly pour le premier tour) mais il accorde aussitôt, contre tous les usages, que la candidature verte n'étant qu'un témoignage pour des places gouvernementales, il importe en effet de savoir qui ce sera entre les hiérarques socialistes.

Il dit qu'il a soutenu Ségolène Royal en 2007 mais qu'il le regrette à présent parce qu'il pense que son idéologie est trop contradictoire et peut même être trop "nationaliste" à son goût (je ne me souviens plus à quel "dérapage" il peut faire référence dans ses propos, la défense du Service national ?). Il dit qu'il pense que DSK serait le meilleur candidat face au Président sortant (qu'il continue à trouver très difficile à battre malgré son bilan). Il ajoute que DSK est certes trop à droite mais qu'il vaut mieux un candidat de compromis qui gagne qu'un candidat plus satisfaisant qui redonne 5 ans de plus de la kleptocratie des Hauts de Seine. Il en parle donc comme d'une option d'un débat d'idée : un social-démocrate libéral contre un démagogue qui dit tout et son contraire. 

J'ai voté pour DSK aux primaires internes en novembre 2006 parce que je craignais que Royal ne soit décevante malgré ses sondages. Je crois pourtant que je ne revoterais pas pour lui aujourd'hui et que Royal a raison de le limiter à une position de premier-ministrable car je l'imagine mal faire campagne en Province. Le problème n'est pas seulement l'image du FMI dans une partie de la population ou bien l'image de DSK comme ami du CAC40 à gros cigares. 

DSK peut être un bon candidat de deuxième tour face au Président actuel mais je crains vraiment qu'il contribue à démobiliser une grande partie de la gauche, qui le considérera vraiment comme une sorte de "Sarkozysme light". Il se peut même qu'il fasse fuir une partie de l'électorat populaire vers le populisme de droite. Si même un social-démocrate pas particulièrement révolutionnaire comme moi ai cette perception, je crois à une multiplication de candidatures à sa gauche sans gains sur la candidature de Bayrou (ou le 1% de Morin). 

Le score de premier tour de Badinguet reste relativement élevé pour l'instant malgré sa popularité en berne et même s'il ne récupérera pas tous les électeurs lepenistes de 2007. Le risque d'un second tour Marine Le Pen-Badinguet n'est pas complètement éteint. DSK est très élevé dans les sondages parce qu'il est loin mais le pays a assez changé pour que les affaires de moeurs ou les souvenirs d'affaires de financement seules puissent suffire à le "chabaniser" en 2012 (Chaban-Delmas était donné largement gagnant dans les sondages comme gaulliste social contre Giscard et Mitterrand, avant que le pompidolien Chirac ne le trahisse, que les élections de 74 ne commencent et qu'on s'aperçoive qu'il avait réussi à bénéficier légalement d'une dispense d'impôts). C'est d'ailleurs le calcul de Badinguet, nous refaire à peu près la même chose qu'en 2007 avec un candidat de l'opposition populaire dans les sondages et qui s'effondre en campagne.

Je ne comprends toujours pas vraiment pourquoi il faut faire ces primaires et pourquoi la secrétaire du principal Parti de l'opposition n'en est pas automatiquement la candidate officielle comme dans un pays parlementaire (il est vrai que sans la promesse des Primaires, le combat pour diriger le Parti aurait été plus violent). 

Mais j'imagine que sans ces Primaires qui imitent le processus italien (octobre 2005, où le démocrate-chrétien Romano Prodi avait été choisi comme leader de l'Union de l'Olivier allant des centristes aux ex-communistes), il y aurait multiplication de petites candidatures idiotes comme celle de Taubira en 2002.

On dit que Martine Aubry ne décolle pas dans les sondages et qu'elle aurait déjà accepté intérieurement de soutenir DSK. Cela pourrait rendre les choses plus ouvertes quand on verra la différence entre les électeurs réels se déplaçant aux Primaires (il n'y aura pas besoin de carte, il faudra seulement signer une "déclaration qu'on est de gauche") et les sondages. 

Mais même si DSK est le candidat choisi et même s'il ne s'effondre pas, il déjugera aussitôt le programme qu'il n'assumera pas, et les diverses promesses d'Aubry, ce qui ouvrira à nouveau la voie à la guerre civile et à de nouvelles candidatures. Mélenchon doit presque espérer que ce sera lui car il attirera alors un score plus important. 

mardi 2 novembre 2010

Hémimandat



  • Comme le rappelle le second graphique, le parti du Président a presque toujours perdu un nombre important de sièges au premier mi-mandat.

    Les deux seules exceptions pour un premier mandat sont :
    - Roosevelt en 1934 (une époque où un quasi-keynesianisme était populaire) et
    - George W. Bush en 2002, mais ce dernier (1) disposait du 11 Septembre un an avant et l'ambiance parano des deux guerres ; (2) n'avait pas vraiment gagné en 2000 de toute manière.

  • Mais l'ampleur du retournement républicain sera large. Nate Silver annonce +50 à +60 sièges républicains à la Chambre.

    Actuellement, le rapport du 111e Congrès de 2008 était environ 255 Démocrates à 178 Républicains (avec deux sièges qui restaient à pourvoir) à la Chambre et 59 Démocrates (et Indépendants assimilés) à 41 au Sénat.

    Demain, le 112e Congrès (2011-2012) serait donc sans doute autour de 235-240 Républicains à 195-200 Démocrates à la Chambre et 51 démocrates à 49 au Sénat, ce qui reviendrait donc à peu près au rapport de force d'il y a 4 ans, au 109e Congrès (2005-2006), avec même un léger mieux pour les Démocrates s'ils peuvent conserver le Sénat (les Républicains avaient 55 Sénateurs à cette période et ils étaient quand même gênés par le filibustering eux aussi).

    C'est certes une remontée surprenante deux ans seulement après le départ de Bush (et ce serait peut-être historique dans le "swing" relatif en si peu de temps) mais en quantité absolue, ce ne serait pas une catastrophe aussi dramatique qu'on peut le croire si les Républicains obtiennent une majorité moindre que celle dont disposaient les Démocrates il y a deux ans.

    Mais comme le prophétise M. Yglesias, les médias prétendront quand même que c'est une victoire de la droite sans précédent alors que ce ne sera guère qu'un retour à une situation d'il y a 4 ans.

  • Obama risque quand même d'être paralysé en Canard Boiteux.

    "L'Agent Orange" Boehner, dirigeant de la majorité, essayera de faire passer plus de baisses d'impôt (ce qui augmentera le déficit et enlèvera encore de la marge de manoeuvre pour lutter contre les effets de la crise actuelle) mais il n'osera peut-être pas vider complètement de son contenu la Réforme de la santé. Il ne fera guère qu'ajouter encore plus de cadeaux pour les compagnies d'assurances que ce que les lobbies avaient déjà obtenu.

    Oh, et bien sûr, on peut déjà parier qu'il y aura bien quelques dingues dans les nouveaux élus pour proposer une mise en destitution du Président Obama, même s'il ne couche avec aucune stagiaire.

    Paul Waldman résumait les deux ans de politique de 2010-2012 :
    OBAMA: I'd like to do something to help the economy.

    GOP: Tax cuts? Because we were hoping to pass some tax cuts.

    OBAMA: Well actually, I was thinking about a program to...

    GOP: Hell no!

  • En revanche, on ne peut pas être complètement optimiste pour les présidentielles de 2012 en extrapolant simplement à partir du précédent de Bill Clinton en 1994-1996. L'histoire peut bégayer mais il serait simpliste de se rassurer de pseudo-lois à ce sujet.

    Comme le disent Brendan Nyhan ou John Sides, Clinton n'a pas vraiment gagné en 1996 grâce aux excès de Newt Gingrich mais surtout grâce à un retour spectaculaire de la croissance lors de la Grande Bulle Internet de 1996-2000. Sa popularité a monté surtout grâce aux bons résultats économiques et la campagne de destitution n'a donc eu que peu d'effets dans l'opinion.

    Barack Obama, au contraire, risque de continuer de subir les effets de la récession si l'opinion ne considère pas que les Républicains au Congrès peuvent en endosser la responsabilité.

  • Paul Krugman est effondré par la politique économique qui sera menée pendant ces deux ans, qui pourrait réenfoncer le monde dans une nouvelle crise :

    In fact, if the Republicans get their way, we’ll get the worst of both worlds: They’ll refuse to do anything to boost the economy now, claiming to be worried about the deficit, while simultaneously increasing long-run deficits with irresponsible tax cuts — cuts they have already announced won’t have to be offset with spending cuts.

    So if the elections go as expected next week, here’s my advice: Be afraid. Be very afraid.

    L'ironie serait alors qu'ils sèment une nouvelle dépression et que ce soit ensuite le candidat républicain (ou la candidate) qui puisse quand même récolter le mécontentement qui s'ensuivrait.

  • jeudi 4 juin 2009

    Derniers sondages des Européennes



    On prévoit près de 60% d'abstention, et le grand perdant de ces élections européennes au niveau national serait le PS.

    Tiens, l'Alliance Ecologiste Indépendante d'Antoine Waechter battrait en fait LO aux alentours de 2%. La liste pro-pogrom d'un ancien "humoriste" serait à 0,5%.

    L'anlyste de BVA fait remarquer que l'exécutif est très impopulaire mais que les Français ne voient pas ces élections comme un moyen de faire une sanction (contrairement à 2004 contre Chirac et Raffarin).


    • BVA (PDF) :

      LO : 1,5%, NPA 6,5%, Front de Gauche : 6%,
      PS 21,5%, Verts 11%,
      Modem 11%
      UMP 26%, Libertas 4,5%, FN 8,5%

      Le sondage BVA distingue mieux les régions (sauf l'Outre-mer) que les autres instituts. Le FN garde un bon score dans la Région Est, 15%.

      Les Verts auraient un score impressionnant de 16% en Île de France (18% pour le PS, qui est donc encore plus ménacé que le Modem). L'UMP y dépasserait les 30% en Île de France avec la liste de Rachida Dati et Michel Barnier...

      La seule région où le PS bat l'UMP en ce seul tour est l'Ouest (cela se joue de peu dans le Massif central) et l'Ouest est aussi la région où le Modem aurait son meilleur score (16%).

    • CSA (PDF) :

      LO : 2%, NPA 5%, Front de Gauche : 6%,
      PS 21%, Verts 9%,
      Modem 13%
      UMP 25%, Libertas 6%, FN 8%

    • Ifop (PDF) :

      LO : 1%, NPA 7%, Front de Gauche : 7%,
      PS 21%, Verts 9,5%,
      Modem 13%
      UMP 27%, Libertas 5%, FN 6%

    • Ipsos (Synthèse) :

      LO : 1,5%, NPA 6,5%, Front de Gauche : 6%,
      PS 21%, Verts 11%,
      Modem 11%
      UMP 27%, Libertas 6%, FN 5,5%

    • Opinionway (Synthèse) :

      LO : 1%, NPA 6%, Front de Gauche : 5%,
      PS 20%, Verts 10%,
      Modem 13%
      UMP 26%, Libertas 6%, FN 7%

    • TNS Sofres (Synthèse)

      LO : 2,5%, NPA 5,5%, Front de Gauche : 6,5%,
      PS 20%, Verts 13,5%,
      Modem 11%
      UMP 27%, Libertas 4%, FN 4%

    jeudi 19 février 2009

    Elections européennes



    Le Co-Prince d'Andorre/Chanoine honoraire de Saint-Jean-de-Latran baisse dans les sondages mais l'UMP semblerait atteindre un score encore relativement honorable dans les prochaines élections du 6-7 juin 2009.

    Comparons d'abord les élections depuis 15 ans :

  • 1994 : L'UDF et le RPR avaient fait liste commune et avaient atteint 25,7%, avec une liste dissidente PR-souverainiste (12,3%). Le PS avait eu un mauvais score avec 14,5% rattrapé par le MRG de Tapie (12%). Le FN était à 10,5%

  • 1999 : La liste officielle RPR de Nicolas Sarkozy s'écrase à 12,8%, battue par les souverainistes du RPF (13%) et suivie par l'UDF de Bayrou (9,2%) - à l'époque on eut tous un soupir de soulagement en pensant être débarrassés définitivement du député-maire de Neuilly. Le PS atteint 22%, mais les Verts montent à 9,7% et le FN, en pleine scission mégrétiste, tombe à 5,6%.

  • 2004 : L'UMP unie a à nouveau un score médiocre après 2 ans de Raffarin, avec 16,6% et l'UDF de Bayrou monte à 12%. Le PS atteint 28,9%. Le FN, guéri de ses problèmes de 1999, est revenu à 9,8% et les souverainistes du MPF déclinent à 6,7%.


  • Sondages Ifop pour juin 2009 (13 février 2009) : La gauche dans son ensemble monte mais cela profite à l'extrême gauche et l'UMP aurait un score qui remonterait à son score de 1994.
    L'UMP aurait 26% et les Souverainistes de De Villiers seraient à 5%, le PS 23%, le MoDem à 14,5%, le NPA à 9%, les Verts à 7% et le FN à 6%.

    On peut déjà imaginer la même soirée électorale que d'habitude où l'UMP essayera de faire croire que c'est une victoire s'ils sont devant le PS ou s'ils ont un score meilleur qu'en 2004 (16%), même si le FN et les Souverainistes ont décliné. Comme dit cette pétition des Larrouturouistes, le Président aura beau jeu, avec son talent désarmant pour le bluff, de dire qu'un gain par rapport à 2004 implique un blanc seing pour sa politique de "réformes". Il semble que l'UMP baisse par rapport au premier tour des Présidentielles (où le député-maire de Neuilly avait eu 31,18%) et la liste PS serait au niveau du Premier tour de 2007 (Royal avait eu 25,87%).

  • mardi 10 février 2009

    Iznogoud impopulaire, qui l'eût cru ?



    Y a-t-il un site quelque part qui ait centralisé la quantité incroyable de contre-vérités prononcées par le Chef de l'Etat lors de l'émission du jeudi 5 février ?

    Je n'avais plus parlé des sondages depuis juillet dernier.



    Toujours très impopulaire donc, sauf sur la planète parallèle risible OpinionWay/LeFigaro (qui ne posait la question que sur le caractère "convaincant" pendant son allocution) et dans les chiffres de BVA. Curieusement, BVA l'avait à -32 en avril 2008. Il est vrai qu'à l'époque, l'Ifop l'avait au record de -44.

    Voir aussi la courbe Ipsos comparant Chirac/Iznogoud.

    Quand on regarde les courbes BVA depuis 1981, les Présidents s'effondrent tous jusqu'à la phase de cohabitation, qui leur permet de remonter. Mitterrand devient impopulaire en 1983-1986 et remonte en 1986-1991, puis il baisse à nouveau sous Cresson-Beregovoy et ne remonte que sous Balladur. Chirac s'effondre très vite en 1995-1997 mais remonte sous Jospin en 1997-2002. Il sera à nouveau impopulaire sous son quinquennat raté. Pour l'instant, Badinguet est tombé encore plus vite que Chirac en 95 (les Etats de Grâce ne durent plus aussi longtemps qu'en 1981-1983) et n'a pas de rebond durable.

    Marianne a cette semaine des statistiques amusantes montrant que le Président a eu environ autant de temps d'antenne télévisée dans sa première année que Miterrand et Chirac pendant leur 26 ans de mandat (certes, on triche car il y a un effet démultiplicateur des nombreuses chaînes de télé en plus).

    Cependant, je suis choqué, Le Point n'a pas eu Badinguet en couverture cette semaine (mais une couverture contre le PS archaïque/divisé/sansidées). Pas étonnant qu'on ait une Tempête et la grêle.

    Encore 1180 jours (avant qu'il ne batte Ségolène Royal, d'accord).

    Add.
    Le Mammouth Déchaîné a une vidéo énumérant des mensonges antérieurs. Celui où Balkany dit que son ami devait travailler pour payer ses études est digne d'un sketch des Guignols. Ces gens ont tellement de culot dans le bluff qu'on en est désarmé...

    mardi 7 octobre 2008

    Obamassive Attack



    Obama est actuellement au plus haut dans les sondages (avec un retournement complet depuis trois semaines grâce à la Crise financière).

    Du moins juste avant que McCain n'arrête Ben Laden tout seul ou que Sarah Palin tue depuis sa skimobile Ayers en train de poser une bombe.

    Le Washington Post met Obama à 311 contre 227.



    Electoral Vote met Obama à 349 contre 189 (ce qui est le maximum qu'il ait atteint, je crois). Mais l'avance en Ohio (20), Missouri (11), Colorado (9) et Nevada (5) est très faible. Si on retire tous ces quatre Etats, cela reviendrait à 304 contre 234.


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    (il y a 4 ans, Bush était donné gagnant avec une légère avance à 264 contre 253)

    Fivethirtyeight donne 345 contre 193.

    270toWin (qui a de nombreuses cartes de comparaison avec toutes les élections présidentielles depuis Georges Washington) donne 99% de chance qu'Obama gagne, en lui attribuant une marge entre 264 et 375.

    jeudi 18 septembre 2008

    Bounce différé



    Au moment même où on annonce la retombée du "Rebond" post-Convention de McCain et la hausse de l'impopularité de Palin, le sondage par Etat est mauvais pour Obama.

    McCain 295 Grands Electeurs contre Obama 243


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    McCain a rattrapé Obama en Pennsylvanie (21 Electeurs), où Kerry n'avait eu qu'une faible avance en 2004. McCain a aussi repris l'Indiana (11), le Colorado (9) et le Nevada (5). Il est revenu à ses scores élevés d'avant le mois de juin autour de 300 Grands Electeurs.

    Obama est même menacé dans l'Oregon (7), où la côte urbaine est plutôt à gauche (voire hippie) mais où l'intérieur des terres est conservateur, au Minnesota (10), où la Convention républicaine se déroulait, et au Wisconsin (10).

    Obama n'aurait donc plus tous les Etats portés par Kerry en 2004 avec cette perte de la Pennsylvanie.

    Même en gardant la Pennsylvanie, il se retrouverait à 252, plus l'Iowa (7) et le Nouveau Mexique (5), soit 264 contre 274.

    dimanche 17 août 2008

    Obarmageddon



    (pardon)

    Plus qu'une semaine avant la Convention démocrate de Denver (25-28 août) et Obama, Espoir des Peuples Libres de la Terre du Milieu, a connu une vraie érosion. Son avance a fondu devant les Campagnes Négatives de l'Eté (depuis la fin juillet).



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    Ces sondages amalgamés donnent à l'heure actuelle (le logo ci-dessous aura peut-être changé quand vous lirez cela) 275 Grands Electeurs pour Obama contre 263 pour McCain.

    C'est assez effrayant puisqu'il faut 270 pour gagner et qu'il sufit donc maintenant que 6 Grands Electeurs basculent pour que l'Iran soit attaqué, qu'aucune vraie enquête n'ait lieu sur Halliburton, Premier ou Blackwater, que Roe v. Wade soit supprimé et que l'Armageddon se concrétise (il y a aussi le fait que le système Santé continuera d'être aussi ignoblement injuste mais rien ne prouve qu'Obama n'eût mieux réussi que les Clintons à ce sujet, et les conséquences globales sont de toute façon moins importantes).

    Le Blog de Rudolf V de Ruritania (Population: HOPE) avait distingué plusieurs scénarios sous la formule "Kerry + N" où "Kerry" est la somme des Grands Electeurs des Etats obtenus par Kerry en 2004 (ce qui ne donne que 252 Grands Electeurs) et où "N" est la quantité qu'Obama ajoute (en supposant N strictement positif). N doit donc être supérieur ou égal à 18.

    On en est au scénario Kerry + 23, avec trois Etats : Indiana (11 Grands Electeurs, très fragile), Iowa (7 Grands Electeurs, solide) et Nouveau Mexique (5 Grands Electeurs, assez solide aussi).

    Il suffirait donc que l'Indiana revienne dans son giron naturel républicain (Bush y avait 21 points d'avance en 2004...) et on serait à Obama 264 / McCain 274 : 12 ans de Guerre Perpétuelle et de Déficits pour produire encore plus d'inégalités.

    <p><strong>><a href="http://www.washingtonpost.com/wp-srv/politics/interactives/campaign08/electoral-college/">Electoral College Prediction Map</a></strong> - Predict the winner of the general election. Use the map to experiment with winning combinations of states. Save your prediction and send it to friends.</p>

    (Obama gagnerait de justesse ici en perdant seulement le Nouveau Mexique mais en gardant l'Indiana, un scénario Kerry+18.)

    Il y a même un scénario possible à 269/269 si Obama perd l'Indiana mais regagne le Nevada :

    <p><strong>><a href="http://www.washingtonpost.com/wp-srv/politics/interactives/campaign08/electoral-college/">Electoral College Prediction Map</a></strong> - Predict the winner of the general election. Use the map to experiment with winning combinations of states. Save your prediction and send it to friends.</p>

    Obama a perdu entre temps 68 Grands Electeurs qui avaient pu parfois flotter jusqu'à lui : Floride (27), Virginie (13), Missouri (11), Colorado (9), Nevada (5) et Montana (3)...

    Le dernier pari de notre confrère ruritanien (263 Obama, 275 McCain) paraît donc assez proche de se réaliser.

    Quand on voit que même CNN - une chaîne qui doit tout le temps se justifier aux USA d'être légèrement plus centriste que Faux News - se demande si Obama est l'Antéchrist, on peut ne pas être optimiste.

    McCain a été assez médiocre dans la Crise géorgienne, reprenant simplement les mémos écrits par un lobbyiste directement payé par Tbilissi (et déclarant que "on n'envahit plus d'autres pays au XXIe siècle"*). Mais les messages "tough" marchent mieux en ce moment, quelle que soit leur inefficacité.


    * Oui, pour être précis Bush avait dit "On n'envahit plus des pays au gouvernement démocratiquement élu" (ce qui est donc moins ironique) mais McCain a (me semble-t-il) oublié cette distinction.

    jeudi 31 juillet 2008

    Obamasturbation



    (je suis très peu fier de ce titre, franchement)

    Le front des sondages reste peu mobile pour l'instant (depuis la dernière fois).

    On peut prévoir mécaniquement une légère hausse d'Obama pendant la Convention démocrate de Denver (25-28 août), des articles disant que la hausse n'est pas si énorme, puis une légère hausse de McCain pendant la Convention républicaine de Saint Paul quatre jours après (je prie pour qu'il ne prenne pas Bloomberg, qui serait un choix sans doute ingénieux, même si cela ne plairait pas à la base ultra).


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    Cela donne 292 Grands électeurs pour Obama, 195 pour McCain et 51 à égalité. Les Etats très disputés sont par ordre décroissant d'importance : Floride (27), Virginie (13) et le Missouri (11). Ils sont tous les trois assez étonnants : la Virginie et le Missouri sont des fiefs sudistes et la Floride semblait avoir durablement basculé du côté républicain en 2004 (Bush 52%, Kerry 47%, cette fois-là il n'y avait pas eu photo). Mais même en les laissant tous à McCain, la victoire 292/246 reste claire.

    De manière un peu préoccupante, McCain a repris une nette avance dans l'Ohio (20 Grands Electeurs, 46% contre 40%).

    Obama est toujours donné gagnant dans tous les Etats qui ont voté pour Kerry (soit selon la démographie révisée 252), plus 40 Electeurs venus du Colorado (9), Indiana (11), Iowa (7), Montana (3), Nevada (5), Nouveau-Mexique (5). Il faut 270 Electeurs et il faudrait donc qu'Obama garde au minimum le Nouveau-Mexique, le Colorado et l'Iowa.