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jeudi 31 juillet 2025

La Bibliothèque sans fin

Il y a une appli qui donne la liste des boîtes à livres autour de vous dans la ville mais elle n'indiquait pas celle-ci, qui était dans un lieu saugrenu, une rue peu fréquentée et sans aucun magasin. C'était un endroit contradictoire comme il était si isolé et peu visible. La boîte était en bois et je repensais aux rumeurs que le bois de nos villes commence à être infesté de divers parasites. Elle avait une porte hermétique avec serrure, qui devait servir à protéger les dons. Sur la boîte, une affiche précisait un texte plus draconien que d'habitude, imprimé avec des lettres dans une police assez laide : 

"Vous devez faire vivre les livres :
si vous en prenez un,
n'oubliez pas d'en donner un nouveau.

La boîte était, comme souvent, assez décevante, presque vide mais je trouvais un livre qui ne pouvait que m'attirer, avec un titre un peu borgésien, La Bibliothèque sans fin. La couverture était sans illustration, il n'y avait même pas d'ISBN et je ne reconnus pas l'éditeur mais j'avais très envie de le lire. Je n'aime pas toujours l'odeur des livres abandonnés dans la rue mais celui-ci était inoffensif. 

Je le rapportai chez moi mais je rationalisai que je reviendrais le rapporter par la suite car mon petit appartement est si saturé que je dois me contenter des liseuses désormais. 

Le livre m'intriguait mais le texte s'adressait au lecteur, ce qui est un peu maladroit. Mais il faut reconnaître que par hasard, le portrait du lecteur type était assez similaire à moi. Cela devait être de l'auto-édition, d'où cet éditeur dont je ne trouvais aucune trace sur Internet. L'introduction faisait comme si je devais l'avoir adopté, comme si le livre était un animal domestique. Je trouvais l'idée presque désobligeante et je laissais donc finalement le livre inachevé dans un coin de ma chambre. 

Je l'aurais presque oublié mais au bout de quelques jours, je ne retrouvais plus plusieurs livres dont j'avais besoin. Je commençais à me demander si cela ne témoignait pas d'une perte de mémoire ou bien du fait que j'en avais décidément trop. 

Je revis la Bibliothèque sans fin tout au-dessus de ma "pile de la honte" de ma procrastination et je repris la lecture. Le chapitre suivant s'adressait toujours à moi et me dit que je n'avais pas rendu un nouveau livre à la boîte, que j'avais oublié la règle de l'échange qui était implicite. Il fallait bien que les livres vivent. La boîte avait donc dû se nourrir

Je pâlis et j'étais partagé entre la peur et une certaine colère. Je déteste les livres d'horreur. La vie est déjà assez effrayante par elle-même. Je m'attendais à une histoire borgésienne, pas à une nouvelle d'épouvante aussi manipulatrice. Cela me faisait penser à ces horribles lettres en chaîne qu'on reçoit parfois et qui vous menacent de punition si vous ne continuez pas la chaîne. 

Je décidais donc d'aller rendre aussitôt ce livre dans sa satanée boîte, bien décidé à ne jamais y revenir. 

La boîte était toujours aussi isolée et fermée mais j'y retrouvai tous les mêmes exemplaires des livres qui avaient disparu de mon appartement. Il y en avait même d'autres qui ressemblaient à certains de mes bouquins mais dont je n'avais pas remarqué la disparition. J'en comptais au moins dix, un par jour où je n'avais rien remis dans la boîte à livres. 

J'étais paralysé. Je cherchais une explication.  Cela pouvait être une coïncidence. Peut-être même que j'avais une sorte de psychose comme une sorte de paramnésie où je croyais rétroactivement avoir perdu les livres que je trouvais en fait dans la boîte à livres pour la première fois. Oui, c'était l'explication la plus plausible : j'avais rétroactivement imaginé la liste des ouvrages manquants chez moi. 

Non, c'était absurde, ce livre était exactement dans la même édition avec les mêmes pages pliées. La folie est une expérience horrible quand notre propre pensée n'arrive plus à se fier à elle-même. 

Je laissais La Bibliothèque sans fin dans la boîte et repartis chez moi. Je vérifiais quand même dans ma bibliothèque si les livres supplémentaires étaient à leur emplacement. Non, ils manquaient effectivement. Certains auraient dû être bien rangés comme je suis le plus souvent un ordre strictement alphabétique. Je n'avais hélas jamais écrit de liste mais il y avait des lacunes, c'était certain. 

Le lendemain, en me réveillant, je sentis l'odeur de la boîte à livres et me dis que je devais encore être endormi. Je vis alors La Bibliothèque sans fin sur mon chevet et il manquait un livre dans la pile. 

Je l'ouvris en tremblant. Le chapitre suivant me disait que je ne pouvais pas me contenter de remettre le même ouvrage. L'instruction était claire : "n'oubliez pas d'en donner un nouveau."

Je ne savais pas comment me sortir de ces représailles. Je revins à la boîte à livres avec toute ma pile et l'ouvrage emprunté au début. 

Mais le lendemain, le livre me revint encore une fois, avec toujours la même instruction en italiques : 

n'oubliez pas d'en donner un nouveau. 

Alors je me mis à commencer à taper sur ordinateur un ouvrage et je me dis que la boîte à livres n'accepterait pas une simple nouvelle. Il fallait que le nombre de signes soit suffisant en apparence pour équivaloir à celui de La Bibliothèque sans fin. Cette règle n'était pas explicite mais je commençais à craindre les conséquences si je n'étais pas prudent. 

Cela me prit un peu plus de sept semaines pour l'achever. Chaque jour, ma bibliothèque continuait à se désintégrer autour de moi alors que la boîte "se nourrissait", comme elle disait. 

Finalement, après cinquante-trois jours, j'avais terminé un livre. Il était très imparfait mais je le jugeais assez long et authentique. Je l'imprimais moi-même en fonte Garamond. Je le reliais mais ne mis pas de couverture. Je remis le même nom d'éditeur imaginaire et j'ajoutais les consignes qui étaient inscrites sur la boîte à livres. Je pris La Bibliothèque sans fin, mon petit ouvrage et les remis tous les deux en offrandes à la boîte. 

Cela faisait deux mois que je me demandais si cela allait marcher. La boîte allait-elle être satisfaite ? 

J'attendis plusieurs jours avec appréhension en cherchant chaque jour dans mes rangées. La Bibliothèque sans fin ne revint pas chez moi. L'hémorragie de mes livres s'était arrêtée. 

Peut-être que toute cette histoire n'avait été qu'une plaisanterie d'un voleur de livres ? Peut-être était-ce ma compagne ou un ami qui me reprochait tant l'encombrement de l'appartement ? En tout cas, je ne les ai jamais rachetés de crainte de relancer un nouveau cycle. 

Je me demande si quelqu'un a jamais trouvé ou lu mon livre dans cette boîte. Je n'ai jamais osé retourner vérifier. 

samedi 6 avril 2024

Abélard à Astralabe

Abélard (1079-1142) écrivit au fils qu'il eut d'Héloïse (1092-1164), Astralabe (né en 1116, Abélard avait 36 ans et Héloïse 24 ans), ce poème pédagogique dans le style de l'Ethique à Nicomaque. Les premiers vers sont assez banals (du genre un peu augustinien, étudie bien mais aussi selon ton maître intérieur). Voici les vers 145-149 (le poème a 1042 vers). 

alter ego nisi sis non es michi verus amicus
ni michi sis ut ego non eris alter ego
quos in amicicia sua querere lucra videbis
quod dici cupiunt hoc simulare scias
cuius criminibus cito credis non es amicus

A moins que tu ne sois un autre moi, tu n'es pas mien vrai ami
Si tu n'es pas pour moi comme moi, tu ne seras pas un autre moi
Tu verras ceux qui recherchent un profit dans l'amitié
Sache qu'ils désirent cacher ce que j'ai dit
Tu n'es pas ami de celui à qui tu fais trop vite confiance dans ses crimes


A une époque où je voulais devenir romancier et que je croyais que cela devait consister à plagier sans cesse Umberto Eco, je trouvais ce personnage d'Astralabe très mystérieux. Je l'imaginais à Nantes peut-être épris de la fille O(riane ?) du Duc Hoël de Bretagne et enquêtant sur la mort de Geoffrey Plantagenet en 1158. Mais The Pillars of the Earth (qui se finit dans les années 1150-1170) et Cadfael (qui se termine vers 1145) ont peut-être déjà un peu épuisé toute cette période des premiers Plantagenets. 

samedi 27 février 2021

Idée de roman : Pantisocratie

Le Trio de Bristol

28 juillet 1794 : Thermidor. Robespierre et son entourage sont guillotinés. William Blake compose America en 1793 et Europe: A Prophecy en 1794. 

Quelques jours plus tard, les deux jeunes poètes anglais, Samuel Coleridge (presque 22 ans, Jesus College) et Robert Southey (fête ses 20 ans, Balliol College) reçoivent la nouvelle et vont commencer ensemble une pièce en vers en trois actes, The Fall of Robespierre, chez leur ami commun à Bristol, Robert Lovell (24 ans). A l'origine, le trio doit écrire un acte chacun mais finalement Southey réécrira l'acte de Lovell. Pour le trio, les Thermidoriens viennent de sauver la République et d'écarter la tyrannie mais ils sont aussi fascinés par la rhétorique révolutionnaire. Lovell vit au 25 College Street à Bristol. 

Southey cite dans sa lettre d'avril (qu'il signe Caius Gracchus) le chimiste et théologien non-conformiste Joseph Priestley (qui soutenait la Révolution française et qui a dû fuir en avril-juin 1794 vers la Pennsylvanie suite aux répressions de plus en plus directes contre les Jacobins anglais). Priestley a des arguments apocalyptiques qui peuvent évoquer un peu Blake. La Révolution française annoncerait la fin des temps. 

Bristol, port de l'esclavage et du commerce triangulaire avec l'Amérique (notamment les Caroline), a 60 000 habitants en cette fin du XVIIIe. Les Quakers de Bristol sont parmi les premiers à lutter contre l'esclavage (et il y en a peu du côté de Philadelphie). Ils n'étaient plus que 20 000 Quakers dans tout le Royaume-Uni (0,6% - ils étaient 60 000 un siècle avant, avant l'émigration vers la Pennsylvanie). 

3 soeurs Fricker : Sarah, Mary & Edith

Prendre Edith comme narratrice, comme une sorte d'Emily Brontë ? 

Robert Lovell (qui avait travaillé pour son père quaker fabriquant d'aiguilles) vient de se marier en janvier 1794 avec une actrice non-conformiste, Mary Fricker (23 ans) et il a été déshérité par son père quaker pour cette mésalliance avec une actrice non-quaker. Robert Southey vient de retrouver la plus jeune soeur, Edith Fricker (20 ans, il l'avait déjà connue plus jeune) et il l'épousera un an après (novembre 95). Samuel tombe amoureux de la soeur aînée des Fricker, Sarah (il l'écrit "Sara", 24 ans) et l'épousera aussi en octobre 1795 (et Hartley Coleridge naît en septembre 96).  La famille de leur père Stephen Fricker avait été ruinée quand Sara a encore 16 ans en 1786, Sarah et Edith ont dû vivre comme couturières à Bristol (et Lovell vend des aiguilles). 

Elles avaient été éduquées à Bristol à l'école de Trinity Street grâce à l'écrivaine et philantrope religieuse Hannah More (50 ans, mais celle-ci était devenue très hostile à la Révolution française dès le début et venait de publier des pamphlets contre Thomas Paine). La Vindication de Wollstonecraft est de 1792 (et elle vit en France de 92 à 95, son Histoire de la révolution sort en 94) et Southey vante l'Enquiry de Godwin (1793). 

Polly Darby (dite "Mary Robinson" ou "Perdita", 37 ans) était aussi une actrice de Bristol devenue écrivaine, poétesse, maîtresse du Prince de Galles à Londres depuis une douzaine d'années (on la surnomme la Sappho britannique), amatrice de Wollstonecraft et qui passa par les écoles de Hannah More. January 1795

Samuel est sans doute le plus excentrique, le plus idéaliste des trois et il vient d'interrompre ses études à Cambridge pour s'engager sous un faux nom dans l'armée. Ses frères l'ont ramené mais ses études sont gâchées. Sans doute pas encore consumé par la drogue en 1794 ? 

Southey et Lovell publient ensemble un recueil de poèmes où Southey signe "Bion" et Lovell signe "Moschus" (juste quelques sonnets, environ les 2/3 des poèmes sont de Bion). Moschus écrit une pièce satirique, la Bristoliad sur les commerçants de la ville. A cette époque, Southey écrit notamment aux frères Bedford (Grosvenor, 21 ans et Horace, 18 ans - Southey avait écrit sa Joan of Arc chez les parents Bedford quelques mois avant). 

Southey a écrit un début en prose de ce qui va devenir son roman Madoc, l'histoire d'un Gallois qui part conquérir une colonie au Mexique sur l'Empire aztèque (ou plutôt aux origines d'Aztlan) au XIIe siècle. C'est en discutant de cette uchronie que Southey discute aussi le projet d'émigrer aux USA. Le Prince gallois se serait uni avec une tribu et aurait alors laissé des traces anciennes médiévales. J'en avais parlé en 2015 en résumant son poème Thalaba (1800). 

Paul Muldoon a déjà sorti un livre de poème, Madoc: A Mystery (1990) sur la même uchronie pantisocratique que je voulais écrire... Il utilise donc une double uchronie où le Madoc de Southey est vrai et où Southey part vraiment et croise aussi Lewis & Clarke (mais en réalité, elle n'eut lieu qu'en 1803-1806, donc dix ans après). Plutôt la ligne Mason-Dixon entre Pennsylvanie et le Maryland depuis les années 1765. 

Autres alliés potentiels : George Burnett (18? élève à Balliol), Thomas Poole (28, un ancien tanneur devenu militant socialiste, surveillé par la police ; plein d'admiration pour Samuel Coleridge mais est plus pragmatique et moins idéaliste que le trio). 

L'Utopie pennsylvanienne : la PantIsoCratie

Le trio rêve alors de fonder une utopie égalitaire et communiste en Pennsylvanie. Dans la réalité, le projet meurt vers 1795 (et Lovell attrape une fièvre qui le tue en 1796). Ils auraient donc été au minimum 6, trois couples : Robert L. + Mary, Robert S. + Sara, Samuel + Edith. 

Indiens (Delaware Lenape ou Iroquois)

Il y a la Guerre avec les tribus de l'Ohio soutenues par les Britanniques (traité de paix en août 1795). 

L'intérêt par rapport à l'Icarie de Cabet est que c'est moins fondé sur la religion. En revanche, l'idée est clairement plus élitiste et individualiste, juste une petite communauté épicurienne et non une vraie utopie collective (même si Coleridge espère que ce sera ensuite un modèle attractif pour le reste de l'humanité). 

Le Plus ancien programme systématique de l'Idéalisme allemand (par un autre Trio environ du même âge que le Trio de Bristol), Hegel, Hölderlin et Schelling) n'est écrit qu'en 1796-97


Von der Natur komme ich aufs Menschenwerk. Die Idee der Menschheit voran, will ich zeigen, daß es keine Idee vom Staat gibt, weil der Staat etwas Mechanisches ist, so wenig als es eine Idee von einer Maschine gibt. Nur was Gegenstand der Freiheit ist, heißt Idee. Wir müssen also auch über den Staat hinaus! – Denn jeder Staat muß freie Menschen als mechanisches Räderwerk behandeln; und das soll er nicht; also soll er aufhören. Ihr seht von selbst, daß hier alle die Ideen, vom ewigen Frieden u.s.w. nur untergeordnete Ideen einer höheren Idee sind: Zugleich will ich hier die Prinzipien für eine Geschichte der Menschheit niederlegen und das ganze elende Menschenwerk von Staat, Verfassung, Regierung, Gesetzgebung bis auf die Haut entblößen. Endlich kommen die Ideen von einer moralischen Welt, Gottheit, Unsterblichkeit, – Umsturz alles Afterglaubens, Verfolgung des Priestertums, das neuerdings Vernunft heuchelt, durch die Vernunft selbst. – Absolute Freiheit aller Geister, die die intellektuelle Welt in sich tragen und weder Gott noch Unsterblichkeit außer sich suchen dürfen.

(...)


Zuerst werde ich hier von einer Idee sprechen, die, soviel ich weiß, noch in keines Menschen Sinn gekommen ist – wir müssen eine neue Mythologie haben, diese Mythologie aber muß im Dienste der Ideen stehen, sie muß eine Mythologie der Vernunft werden.

mercredi 11 janvier 2017

Notes sur un roman à écrire sur la Charbonnerie


J'étais en train de lire Le 18 Brumaire de L. Bonaparte de Karl Marx et le travail journalistique de Marx est tellement plein d'ironie et même d'une rhétorique romaine (pour mieux s'en moquer) que c'est un des plus agréables à écrire. En même temps, cette ironie critique constante contre les "droits formels" ou les démocrates "radicaux" de la Montagne comme Alexandre Ledru-Rollin a aussi quelque chose qui peut paraître réduire tous ceux qui ne sont pas dans le camp révolutionnaire socialiste à de simples petits-bourgeois condamnés pour leur échec. Il est curieux de voir comme Marx sera nettement plus indulgent avec un démocrate "modéré" comme le républicain Lincoln (qui va mettre longtemps avant d'abolir l'esclavage pendant la Guerre civile) qu'avec ces républicains d'avant juin 1848.

Je suis ainsi tombé par hasard sur la vie du Républicain romantique et libéral Armand Carrel (1800-1836) et c'est un personnage romanesque sur la France de la Restauration.

D'après ses écrits des années 1830, il aurait sans doute fini à droite (républicain quasi-orléaniste comme beaucoup de libéraux voire bonapartiste) s'il n'était pas mort tué à 36 ans dans un duel contre son ennemi et concurrent dans la presse Emile de Girardin (qui avait publié que Carrel vivait avec une femme encore mariée comme le divorce n'était pas encore légal - Pouchkine mourra dans des circonstances similaires quelques mois après Armand Carrel en février 37, tué par un Français qui courtisait sa femme).

Avant de devenir écrivain, historien et journaliste, Carrel a été à 21 ans un militaire qui a participé à une tentative d'insurrection contre Louis XVIII et à la Guerre d'Espagne, du côté des Libéraux espagnols contre les troupes françaises qui venaient restaurer la Monarchie traditionnelle.

Il y a déjà d'autres cycles romanesques sur les Charbonniers de la Restauration ou de la Monarchie de Juillet (Lucien Leuwen ou le cycle de Giono sur le Hussard italien).

1821

été (mai-juin) : annonce de la mort à Sainte Hélène après six ans de Restauration. Le vrai début du Romantisme comme impossibilité de tout retour à une parenthèse "épique" (le "duc de Reichstadt" a 10 ans et il mourra 11 ans plus tard).
La Haute Vente des Charbonniers (formés en mai par Armand Bazard - c'est décidément l'époque des Armand entre Armand Marrast, Armand Barbès ou de l'autre bord Armand duc de Richelieu ou Armand Guilleminot), utilisés par Lafayette, tentent plusieurs tentative de complots militaires (le duc de Berry, dauphin potentiel du Comte d'Artois, a été assassiné l'année d'avant par un bonapartiste)
L'ultra Joseph de Villèle devient Président du conseil à la fin de l'année à la place du "doctrinaire" (modéré) duc de Richelieu. 
Complot à Saumur (épisode de l'incendie qui fait découvrir le complot par accident quand des officiers tentent d'aider des civils et qu'un mur leur tombe dessus, on retrouve les papiers du complot sur eux - voir l'échec de Berton) et à Belfort

1822
Armand Carrel (né en 1800) a 21 ans et vient de sortir sous-lieutenant de Saint-Cyr. Il participe au complot de Belfort le 1er janvier 1822 (qui sera réprimé par l'ancien bonapartiste le Général Pamphile de Lacroix de Strasbourg qui venait de prêter serment à Louis XVIII et de réprimer l'insurrection de Grenoble en mars). 

mai 1822 mort du duc de Richelieu
septembre 1822 
Exécution à Paris des 4 sergents de La Rochelle accusés de complot contre le Roi (le colonel Fabvier aurait essayé un complot pour les libérer et il part ensuite pour l'Espagne). 
L'armée française commence à marcher sur les Pyrénées contre les Constitutionnels des Cortes

1823
janvier Louis XVIII promet "100 000 hommes" pour sauver la cause des Carlistes contre les Libéraux. Le corps expéditionnaire contre l'Espagne sera dirigé par le Duc d'Angoulême et le Général Guilleminot.

27 février le député Jacques Antoine Manuel (né en 1775) fait un discours contre l'expédition et contre les Carlistes. Il est déchu de la Chambre. Lafayette sera un des députés qui critique son éviction.

mars Béranger écrit une chanson appelant à la sédition des militaires contre l'expédition

avril les Français (Général Louis Vallin) se trouvent sur la Bidassoa face à d'autres Français défendant la cause des "Libéraux" espagnols. 

Armand Carrel a rejoint la cause de ces préfigurations des Brigades Internationales où on retrouve des Libéraux de toute l'Europe (il a dû penser comme Fabvier aussi aller aider la Grèce ?). 

23 mai le Duc d'Angoulême prend Madrid. Les Libéraux se retirent vers Séville puis Cadix. 
30 août bataille du Trocadero près de Cadix
septembre chute de Cadix, Pampelune et San Sebastian
novembre chute de Barcelone et d'Alicante

1836
Carrel meurt des suites de ses blessures lors du duel contre Girardin (qui est légèrement blessé aussi)