Affichage des articles dont le libellé est cabris. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cabris. Afficher tous les articles

samedi 22 août 2026

Politique bulgare

Avant le Communisme, le Royaume de Bulgarie avait rêvé d'une "Grande Bulgarie" qui comprendrait aussi la Macédoine grecque ou une partie de la Yougoslavie, ce qui explique son alliance avec l'Autriche-Hongrie contre la Russie et d'autres pays balkaniques et ensuite avec l'Allemagne nazie sous le Tsar Boris III (1894-1943). Son jeune fils Simeon II (né en 1937) lui succéda brièvement à l'âge de 6 ans (1943-46), avant l'abolition officielle de la monarchie à la Libération. Puis ce furent les 45 ans de dictature communiste avec notamment le règne interminable de Todor Jivkov (1911-1998), qui gouverna de 1956 à 1989 (et qui fut poursuivi en vain dans de nombreux procès dans les années 1990, comme raconté dans le roman The Porcupine de Julian Barnes).

Une des grandes différences entre la Bulgarie et la plupart des autres pays du Bloc de l'est est que la gauche ex-communiste y est restée bien plus puissante même après la fin de la "République populaire" et les élections démocratiques. L'expression "gauche" est parfois à prendre avec des pincettes : ils veulent l'intervention de l'Etat mais peuvent avoir été corrompus dans les privatisations et certains jouent avec le nationalisme souverainiste ou le soutien à la Russie oligarchique. Je me plaignais que la politique japonaise était trop monotone mais dans le cas de la Bulgarie, c'est un peu l'inverse : c'est l'alternance à chaque élection et les gouvernements ne réussissent quasiment jamais à être réélus (à l'exception notable du conservateur Boïko Borissov entre 2009 et 2021). 

La démographie baisse fortement : les Bulgares étaient 8,5 millions en 1990 et plus que 6,5 millions aujourd'hui, soit un déclin de près d'un quart. D'après les sondages, les Bulgares sont la population la plus pessimiste sur leur situation dans toute l'Europe. 

Les alternances des années 1990 

En 1990, le nouveau Parti socialiste bulgare (БСП), qui se réclamait des anciens sociaux-démocrates mais recyclait de fait aussi des ex-communistes, avait eu 47% à l'Assemblée constituante (l'ex-communiste Andrei Lukanov devint donc le premier Premier ministre avant de laisser la place à un Juge constitutionnel, Dimitar Popov, chargé d'écrire la nouvelle Constitution) et 33% aux élections législatives suivantes de 1991. Le parti de droite de l'Union des forces démocratiques (СДС) l'avait emporté en 1991 de peu à 34% (4 sièges de plus, ils durent s'allier au petit parti de la minorité turque d'Ahmed Dogan pour gouverner). Ces années de transition font élire le premier Président, l'ancien dissident et un des leaders de la révolution Jeliou Jelev (élu d'abord par l'assemblée 1990-1992 puis au suffrage universel 1992-1997). Le SDS et des gouvernements techniques organise les privatisations et déçoit très vite face aux difficultés économiques et la corruption (qui touche d'ailleurs tous les partis). 

Dès la fin 1994, le BSP revient brièvement au pouvoir avec 43% après un effondrement du SDS. Le jeune Jan Videnov (35 ans) devient PM mais la récession et l'hyperinflation le rendent vite très impopulaire. 

La crise est telle qu'il y a dès les élections de 1997 une grande coalition SDS qui intègre le BSP, avec le PM Ivan Kostov (SDS), qui avait été Ministre des Finances en 1990-1992 (Petar Stoyanov, SDS, devient Président de la République). Cette grande coalition de 1997 fut la dernière fois qu'il y eut une majorité absolue à l'Assemblée pendant 4 ans. Mais la situation économique continue de décevoir les Bulgares. 

Le Retour du Tsar 

Les élections de 2001 sont une surprise avec le retour de l'ancien Tsar exilé en Espagne depuis 1946, Simeon II (maintenant âgé de 67 ans) qui fonde le Mouvement national, de centre-droit contre la coalition au pouvoir BSP-SDS. Le Mouvement Siméon atteint 43% contre seulement 18% pour la coalition d'Ivan Kostov (Georges Parvanov, BSP, devient Président de 2001 à 2012). Simeon devient Premier Ministre sous le nom "Simeon Saxe-Cobourg". C'est sous le mandat de Simeon Saxe-Cobourg que la Bulgarie rejoint l'OTAN en 2005. 

Aux élections de 2005, la gauche revient au pouvoir avec la victoire du BSP avec 30% contre 20% pour le Mouvement Siméon (l'ancien SDS tombe à 8%). C'est aussi le début de l'apparition d'Ataka, le parti d'extrême droite ultra-nationaliste et ultra-orthodoxe de Volen Siderov qui atteint selon les élections 7-9% au début du XXI siècle. Sergeï Stanishev du BSP devint PM mais dut faire une coalition avec le Mouvement Simeon et le parti de la minorité turque.  

Les années Borissov 2009-2021 

Tout va changer aux élections de 2009. Le système proportionnel est modifié pour introduire une part de majoritaire à un tour, en théorie pour éviter l'instabilité chronique. Le Mouvement Siméon disparaît totalement, n'ayant même pas atteint le seuil de 4%, et l'ex-Tsar se retire définitivement de la vie politique à 72 ans. 

Le maire de Sofia, Boïko Borissov (né en 1959), fonde son propre mouvement populiste de droite, Les Citoyens Pour le Développement Européen de la Bulgarie (ГЕРБ), qui atteint 40% contre 18% pour le BSP de Stanishev. Borissov va devenir l'homme le plus puissant de cette démocratie instable de 2009 jusqu'à 2021 en étant le seul à revenir à la tête du gouvernement plusieurs fois, avec quelques interruptions. Le GERB est toujours premier aux élections de 2013, 2014 et 2017 mais doit négocier sans majorité absolue. La Bulgarie continue sous son autorité à être considérée comme le pays le plus corrompu de l'UE, avec plusieurs réseaux criminels en lien avec le pouvoir. Alexei Petrov (assassiné depuis) ou les frères Galevi, par exemple, ont été poursuivis mais ils étaient accusés de contrôler une partie de l'économie. Le crime organisé (ce qu'on appelle en Bulgarie les "Mutri", les "Trognes" ou les "Sales Gueules", ou bien "Bortsi", les "Lutteurs") a infiltré tous les partis de gouvernement, l'armée, des sociétés d'assurance et le sport depuis les années 1990. 

En 2017, l'ex-Général Rumen Radev (né en 1963), soutenu par le BSP, devient Président de la République et c'est sous sa Présidence que l'instabilité parlementaire va devenir sans précédent, avec des conflits entre ce Président soutenu par la gauche et les majorités parlementaires plus conservatrices.   

Les 5 ans de crise parlementaire 2021-2026 

Les Parlements depuis les élections de 2021 sont tous sans majorité. Les partis n'arrivent plus à former un gouvernement, ce qui conduit à trois élections législatives de suite la même année (avril, juillet, novembre). 

Aux élections de juin, le chanteur populaire Slavi Trifonov (né en 1966) fonde un nouveau mouvement populiste de droite nommé d'après une de ses chansons Има такъв народ, ИТН. C'est un mélange de critique populiste du confinement en plein Covid avec une part d'isolationnisme ou de xénophobie. Le mouvement populiste de Trifonov, soutenu par les jeunes, crée la surprise en étant (de peu) le premier avec 24% contre 23,5% pour le centre-droit de GERB-SDS. Mais ce mouvement de Trifonov s'écroule à 9% dès les élections de novembre et c'est un nouveau mouvement anti-corruption de Kiril Petkov qui va brièvement arriver au pouvoir (avec le soutien à la fois du BSP et d'ITN). Borissov est même poursuivi pour corruption (il avait été cité dans WikiLeaks) mais relâché faute de preuves. 

Les élections d'octobre 2022, d'avril 2023, de juin 2024, d'octobre 2024 ont toujours le GERB-SDS de Boïko Borissov en tête mais l'instabilité continue. 

Radev et les élections d'avril 2026 


Le Président RADEV et le Premier Ministre BORISSOV

L'ex-Général Rumen Radev finit son mandat de Président de la République et fonde un nouveau parti de "gauche", Bulgarie Progressiste. Radev est soutenu par la Russie et critique souvent l'Union européenne et surtout l'engagement auprès de l'Ukraine, ainsi que les sanctions contre le régime de Poutine. 

Radev gagne très largement les élections d'avril 2026 (une semaine après la défaite d'Orbán aux élections hongroises) avec 44% des voix (mais 54% des sièges) contre seulement 13% pour GERB-SDS de Borissov et 12% pour l'alliance anti-corruption (l'ancien BSP a même perdu tous ses sièges, pour la première fois depuis sa refondation en 1990, dépassé par Bulgarie Progressiste). Il devient donc Premier ministre après avoir été Président (la nouvelle Présidente Iliana Iotova du BSP avait été sa Vice-Présidente). Cette majorité absolue met fin aux 5 ans d'instabilité.

Certains à l'ouest craignent que Rumen Radev devienne le nouvel allié intérieur de Poutine dans l'UE. D'autres affirment que son discours pro-russe reste plus modéré et plus "pragmatique" que ne l'était celui d'Orbán et je serais incompétent pour juger qui a raison. 

mardi 22 décembre 2015

Carte électorale d'Espagne


Cette carte sur le site d'El Pais ne donne que les Partis en tête (mais on peut cliquer pour en avoir d'autres), ce qui aurait tendance à exagérer un peu le bipartisme alors que ces élections l'ont justement grandement remis en cause (rouge pour le PSOE, bleu pour le PP, bleu foncé pour Podemos - choix de couleur discutable). Cela montre un PSOE qui reste puissant dans toute l'Andalousie, une partie de l'Estremadure et du nord du León (et qui disparaît presque complètement de Madrid et de certaines Régions autonomes comme le Pays Basque). Podemos / En Comú Podem / Ahal Dugu (qui en réalité rattrape le PSOE en voix) apparaît premier plutôt en Catalogne et (cela se voit moins) au Pays Basque (la région des Asturies ne semble plus aussi nettement en avance pour Podemos par rapport aux dernières élections). Ciudadanos (le parti libéral et anti-régionaliste) est un peu l'inverse du PSOE dans sa répartition alors que le PP est présent partout.


mardi 8 décembre 2015

Pourquoi en France au fait ?


Il ne semble rien y avoir de mystérieux au fait que l'extrême droite puisse prospérer après 40 ans de crise avec chomage de masse. Cela semble même ressembler à une sorte de déterminisme historique assez simple.

Mais la question est alors de se demander pourquoi cela ne se reproduit pas partout au même niveau.

La question n'est donc pas "Pourquoi l'extrême droite ?" (l'Autriche aussi a déjà eu une région, la Carinthie, dirigée par une extrême droite xénophobe, le FPÖ) mais "Pourquoi 28% ici et nettement moins dans beaucoup de pays voisins ?" (si on laisse des cas très particuliers comme la Hongrie qui a des raisons historiques spécifiques pour avoir son extrême droite locale, ou le cas de la Finlande).

Il y a donc bien, en dehors de ce contexte socio-économique, d'autres causes historiques, culturelles ou politiques. On constate que la Bretagne (de tradition ex-catholique, dirait Emmanuel Todd, mais dont les grandes villes sont devenues plus socialistes) résiste bien mieux pour l'instant mais il est difficile de comprendre pourquoi. Ce score élevé sur tout le nord et l'est de la France (et les zones "péri-urbaines") n'a pas reçu d'explication entièrement claire. Todd prétendait il y a quelques années que c'était paradoxalement une revendication "égalitariste" française qui serait un terreau d'une extrême droite particulière, plus liée à un ressentiment de classe qu'à un racisme. Mais j'ignore si ces modèles "anthropologiques" sont testables.

Pour en rester seulement aux pays européens voisins, en Belgique, la question des nationalités est très différente. Le Vlaams Belang flamand a connu une ascension (jusqu'à 11% sur les Flandres, avec des pointes comme Anvers à 33%) jusqu'à ce que la droite libérale de la Nieuw-Vlaamse Alliantie réussisse à absorber leurs voix. En gros, la N-VA leur fait depuis 3 ans ce que Sarkozy avait espéré réussir avec le FN aux Présidentielles de 2007 (avant de découvrir en ce moment qu'à force de rendre crédible le FN il avait rendu son électorat plus perméable). Les Pays-Bas ont le PVV qui est pour l'instant autour de 15%.

L'Allemagne est un peu une exception sans aucune extrême droite au niveau national (la NPD, néo-nazie, est à 1-2%, ce qui lui a donné un élu européen). On n'a pas de preuve que PEGIDA (les quelques milliers de manifestants anti-Islam en Saxe) va avoir de l'essor sur le territoire. La République fédérale est plus protégée que nous peut-être simplement à cause d'une culpabilité face au nazisme. Ou bien, il faudrait expliquer comment les vieux Partis traditionnels arrivent à garder la loyauté des électeurs. Les Partis de gouvernement sont restés forts, même dans les nouveaux Länders (aux dernières élections de 2013, la CDU a eu le score impressionnant de 41%, la SPD 26%, Die Linke 9%, les Verts 8% et le petit FDP centriste s'est complètement effondré, perdant 10 points sans doute au profit de la CDU). Le tout nouveau mouvement eurosceptique Alternative für Deutschland (des anciens CDU, qui frise les 5%) est conservateur mais ne peut pas encore être clairement rangé à l'extrême droite (contrairement à un mouvement eurosceptique britannique comme l'UKIP par exemple, qui allie l'europhobie à une xénophobie générale plus affichée). Mais ces temps-ci, Alternative für Deutschland a une attitude plus ambiguë vis-à-vis de PEGIDA, en parlant de "préoccupations légitimes".

En revanche, en dehors de l'Union européenne, la Suisse connaît depuis au moins les années 1990 une droite xénophobe et europhobe, l'UDC (qui est un peu comme le Saint Empire romain, ni démocratique ni centriste, son nom germanique est SVP, Parti du Peuple suisse). L'UDC frise aussi les 30%. Le vieux parti "agrarien" se fonde à la fois sur l'isolationnisme suisse contre l'UE, le conservatisme des cantons ruraux allemaniques et sur la crainte face aux réfugiés.

Le cas de l'Italie est plus complexe car l'Alliance Nationale, héritière du néo-fascisme du MSI, se fit d'abord absorber dans le Berlusconisme libéral-populiste avant de persister maintenant comme une partie de la droite libérale. Son leader Gianfranco Fini réussit même à être Président de la Chambre des députés récemment (2007-2013) mais son parti semble avoir perdu un peu de son identité. De même, la Ligue du Nord, régionaliste mais surtout xénophobe, est plutôt dans un relatif déclin, autour de 5-6%. C'est avec 5 élus de la Ligue du Nord italienne, un élu du Vlaams Belang flamand, 4 élus du PVV néerlandais et 4 élus du FPÖ autrichien que le FN (20 députés) a créé son alliance au Parlement européen, l'ENL (plus deux membres du KNP polonais "libertarien" conservateur, un élu indépendant du Parti conservateur roumain et une élue exclue d'UKIP).

L'Espagne semble aussi préservée pour l'instant (tout comme le Portugal), malgré un taux de chomage bien plus élevé qu'en France. La querelle des nationalités ou des autonomies en Espagne, au Pays Basque et en Catalogne, et des mouvements populistes de gauche l'emportent sur toute résurgence de mouvements d'extrême droite (même si le Parti populaire de centre-droit a des origines liées à d'anciens Franquistes). A cause du franquisme, les mouvements indépendantistes ou nationalistes peuvent avoir des traditions politiques qu'on ne peut même pas toujours rattacher à la droite. Et à l'inverse, un mouvement national comme "Ciudadanos" est "centralisteur" politiquement mais plutôt rattaché à la droite libérale par ailleurs (même s'il se veut non-partisan).

mercredi 28 octobre 2015

Golpe de Estado


Les élections législatives portugaises pour la (monocamérale) Assembleia da República ont eu lieu le 4 octobre dernier. Il y a 230 sièges, élus au scrutin proportionnel (il faut donc 116 sièges pour renverser le gouvernement). Les forces politiques portugaises depuis la Révolution des Oeillets sont en gros composées du Parti social-démocrate (droite libérale - ici dans une coalition au nom très berlusconien appelée Portugal à Frente) et du Parti socialiste (centre-gauche). La participation fut relativement faible (56%, soit 5,4 millions de votants sur les 9,8 millions inscrits). Le soir du 4 octobre, on avait cru que la droite portugaise, au pouvoir depuis 5 ans, avait "gagné" les élections mais en perdant la majorité absolue (et 25 sièges). Les articles avaient même parlé d'un scrutin "pro-austérité" malgré la croissance des partis de gauche. Avec environ 38,6% des voix, les Partis de Portugal en avant obtenaient 46,5% des sièges. C'était considéré comme un soutien tacite, surtout au Nord du pays (la coupure entre Nord et Sud étant le phénomène principal) en faveur des politiques d'austérité du Premier ministre Pedro Passos Coelho.

Le Parti socialiste d'António Costa (l'ancien maire de Lisbonne) a 86 sièges (32,3% des voix, 37,4% des sièges), le Bloco de Esquerda (gauche anti-austérité) monte à 19 sièges (8% des sièges) et la Coalition CDU des Communistes et des Ecologistes (+ un élu écologiste indépendant) est juste derrière à 18 sièges (7,8%). Si on additionne le PS, le Bloc et la Coalition, on obtiendrait 123, soit une majorité absolue (53,4% des sièges). Mais on estimait que le PS (pro-européen et donc favorable à une certaine dose d'austérité) ne pourrait jamais constituer un gouvernement avec l'extrême gauche (dont certains au Bloc et surtout à la CDU souhaitent le départ de l'Euro).



La surprise est venue dans les négociations quand le Parti socialiste a refusé tout soutien à la politique d'austérité des Conservateurs ("Parti social-démocrate") et qu'ils ont dit être prêts à préférer une alliance avec l'extrême gauche plutôt qu'un soutien passif à la droite.

Le Président Aníbal Cavaco Silva, ancien Premier ministre libéral, élu depuis 2006 (il était en Cohabitation avec le gouvernement socialiste en 2006-2011), a alors annoncé qu'il refuserait un gouvernement, même majoritaire, s'il ne respectait pas les engagements envers l'austérité, l'Europe et l'Otan. Il estimait toute autre solution instable et s'appuyait sur l'argument que la coalition minoritaire serait donc plus "cohérente". Il a re-nommé Coelho à la tête d'un gouvernement minoritaire au bout de trois semaines en refusant tout autre compromis avec le PS. La gauche (et notamment le Parti communiste) parle donc d'un Coup d'Etat ou au minimum d'une Crise constitutionnelle grave où le Président refuse une majorité parlementaire au nom de ce qu'il affirme être un intérêt de la Nation. Le PS notamment explique qu'il avait pu négocié un gouvernement contre l'austérité mais sans renier tous ses engagements européens en faveur de l'Euro. Il continue les négociations avec me Bloc, le PCP et les écologistes.

Tout cela signifie sans doute un vote de défiance contre le gouvernement de Coelho, sauf si une partie du PS prend peur. Cela doit donc conduire à de nouvelles élections législatives à court terme. On n'en est donc pas encore à un vrai "Coup d'Etat" de l'Europe contre le peuple portugais mais la pression choisie par Cavaco Silva est en effet un déni de démocratie et une interprétation discutable de la lettre de la Constitution. Le Président de la République Cavaco Silva n'a pas encore suspendu les élections mais il introduit une anomalie dans la procédure parlementaire sans précédent depuis la restauration de la démocratie au Portugal il y a 40 ans. Même le Premier ministre conservateur espagnol Rajoy, peu suspect de gauchisme, s'est publiquement étonné de cette procédure : la voie démocratique normale aurait dû être de laisser le PS former un gouvernement et de ne voir qu'au moment du budget si oui ou non, l'alliance alternative était trop instable. Même à droite (mais dans la droite eurosceptique), on s'effraie de cette pression contre la Constitution de la République portugaise. La voie actuelle de technocratie libérale de l'Europe revient (de manière très contre-productive pour ses desseins) à valider toutes les critiques contre ses propres institutions : comme en Grèce, la démocratie parlementaire est mise de côté dès qu'elle risque de remettre en cause un consensus économique sur l'austérité budgétaire.

[Note hors-sujet : ceux qui ont pu voir la télévision française ont pu être atterrés par le symptome de notre incroyable repli national. Le Portugal est un pays voisin, avec des problèmes et enjeux finalement très proches et c'est aussi un des principaux pays de notre immigration récente et les chaînes de télévision en ont à peu près autant parlé que s'il s'agissait des massacres au Sud-Soudan ou des crises politiques en Thaïlande. Cela en dit long sur la force de ce repli où la politique européenne est perçue avant tout comme une politique étrangère exotique.]

mercredi 1 juillet 2015

Vie du blog


Ca y est, les copies de Bac sont terminées. Je vais pouvoir me remettre à procrastiner en attendant la Mort.

"Ah, Phersu, tu as toujours ton blog ?"

"Oui. Mais je..."

"Je ne le lis plus depuis que tu ne parles que de jeu de rôle."

"Oui, je sais."

La dépolitisation de ce blog a fait fuir certains de mes amis.

Prenons le vocabulaire de la mythologie freudienne comme les Français le connaissent encore bien. Mon problème actuel est que je suis devenu un "gauchiste complexé", ce qui paraît un oxymore comme on imagine plutôt le gauchisme du côté cathartique de la desinhibition.

Les Réformistes de la gauche libérale (ou prétendue "gauche" en tout cas anti-socialiste comme le dit Michéa) se moquent souvent d'un "Surmoi marxiste" qui pèse sur le vocabulaire et qui conduit à un Molletisme (c'est-à-dire un lexique pseudo-communiste avec une pratique très centriste). Mais dans mon cas, je dois encore apprendre ce lexique nouveau que je croyais réduit auparavant à une Langue de Bois étrangère, et c'est donc au contraire le Centrisme des partis de gouvernement qui était mon Surmoi : Principe de Réalité, Grands Equilibres, Engagements contractuels, blablabla... Je voyais bien que cela vidait la politique de tout contenu mais c'était dans cette mince dépolitisation que je croyais encore pouvoir ironiser facilement.

J'étais auparavant, jusqu'à environ l'élection de Hollande, un réformiste très timoré (en gros, un Rocardien et un Cabri s'illusionnant de manière volontariste sur le fait que l'UE allait être une Ruse de la Raison vers une Puissance Publique sociale-démocrate) mais j'étais finalement assez "certain" dans ma modération. Rocard disait que lorsqu'on est social-démocrate jeune, on le reste, alors qu'un mao ou un trostkiste jeune devient un néo-Conservateur en veillissant (le cas légendaire en France étant Denis Kessler : "Je crois toujours à la Lutte des classes, mais j'ai changé de camp"). Mais à présent, je pense que j'ai toujours eu tort et que si le réformisme modéré doit conduire à cela (à Valls, en gros), ce sont au contraire ceux dont je me moquais auparavant, tous ces gauchistes, qui avaient raison.

C'est assez bizarre de se réveiller en n'ayant plus aucune espèce de respect pour ce prétendu Surmoi d'un "Cercle de la Raison" (expression balladuro-vallsienne du journal Le Monde) pour lequel "il n'y a pas d'alternative" et "l'économie est devenue une science, ce n'est plus une idéologie". Schumpeter définit l'idéologie de manière moins négative que chez Marx comme une économie des prémisses. Mon "idéologie" au sens schumpetérien est qu'il est certain qu'il y a de "l'idéologie" au sens marxiste. Les Modérés ne parviendront jamais à me convaincre par quelque argument théorique ou empirique que ce soit que ce n'est pas le sommet de l'idéologie que de croire que l'économie politique ait échappé à l'idéologie.

Mais en même temps, ma "conversion" douloureuse m'a au contraire retiré l'envie d'évangéliser.

Si je me suis autant trompé dans le passé (ou si à l'inverse, je me trompe autant à présent), je ne me vois pas tellement l'autorisation de livrer des opinions aussi instables et précaires. Je suis à la fois moins "modéré" (car je n'y vois plus d'issue favorable) et encore plus plein de doutes qu'auparavant.

Par exemple, sur la Grèce, je serais partisan qu'on intervienne pour alléger la dette et l'austérité mais je suis conscient qu'on ira en fait vers une sortie de la Grèce qui à court terme en tout cas ne fera que profiter encore plus à une ruine du pays. Mais je ne vois pas d'autre moyen.

dimanche 12 janvier 2014

Réduction du temps de travail pour les parents ?



Le nouveau gouvernement de Merkel (Merkel III) depuis décembre est une coalition CDU-SPD (Rouge & Noir) qui a réparti les postes ainsi :
la Droite a la Chancelière, l'Intérieur, les Finances, l'Agriculture, la Défense, la Santé, les Transports, l'Education, la Gauche a l'Economie & l'Energie, les Affaires étrangères, la Justice, Affaires sociales, la Famille et l'Environnement.
Manuela Schwesig (ci-contre) est la nouvelle Ministre de la Famille et des Personnes âgées au niveau fédéral. Elle est aussi une Vice-Présidente de la SPD et ancienne ministre régionale chargée des Affaires sociales dans le Land de Mecklembourg-Poméranie Occidentale (elle vient aussi de se faire baptiser à l'age adulte dans l'Eglise luthérienne, avec son fils et son mari). Sa proposition de réduire le temps de travail à 32 heures par semaine pour les familles ne convaincra peut-être pas la Chancelière et le reste des conservateurs au gouvernement mais la restriction à une politique familiale pourrait utiliser le contexte démographique spécifique allemand. La réduction forte du temps de travail pourrait alors remplacer des hausses des allocations familiales.

jeudi 3 novembre 2011

Le retournement de l'Euro



On défendait la création d'une Monnaie unique comme un moyen pour la Convergence économique. Plus les économies seraient intégrées, moins leurs intérêts divergeraient et cela devait conduire à une sorte de cercle vertueux de coopération. L'argument eurosceptique paraissait donc seulement figé à une période où les intérêts nationaux n'avaient pas encore eu le temps de converger.

On arrive à une situation inversée où la Monnaie unique semble s'opposer à la Convergence et où le centre est en conflit avec la périphérie. Certes l'Euro avait pu profiter réellement au bloc de l'Eurozone en période de croissance, mais tout se passe comme si la Monnaie unique se retourne soudain en un piège pour les économies plus endettées et moins compétitives après l'éclatement des bulles financières. Les ajustements exigés semblent devenir impossibles dans une période de dettes souveraines immenses.

A l'époque de la création de l'Euro, on disait que c'était l'Allemagne qui faisait le plus gros sacrifice en renonçant à son fétichisme pour le Deutschmark. Le prix à payer fut que l'Euro devint en partie un Deutschmark et que la Banque centrale européenne dut reprendre la politique déflationniste de la Bundesbank (même si ces taux de l'Euro représentait des taux d'intérêt relativement bas pour les économies moins compétitives).

Alexandre Delaigue a expliqué, contre l'opinion commune actuelle, comment on pouvait considérer que l'Euro pouvait profiter à l'Allemagne et être un désastre pour la Grèce en temps de crise.

La Grèce ne peut pas dévaluer et doit continuer à subir la fuite des investissements et l'augmentation de ses dettes avec une monnaie trop surévaluée pour elle. Il serait alors peut-être dans son intérêt de revenir à la Drachme (même si tout le monde est loin d'être d'accord) mais il est douteux que ce soit dans notre intérêt si cela déclenche un effet Domino contre les autres "PIGS" et bientôt la France.

On impose donc à la Grèce de rester et on lui reproche de ne pas en faire assez pour mériter d'y rester. On craint qu'elle ne parte et on lui en veut d'être toujours là.

L'Espagne, l'Irlande, avaient des finances publiques en bien meilleur état que l'Allemagne sur cette période 2000-2007. Le portrait-robot du pays en difficulté aujourd'hui, c'est qu'il a connu pendant 2000-2007 une balance courante de plus en plus négative, caractéristique d'afflux de capitaux de plus en plus importants ; un taux d'investissement élevé, et une inflation moyenne forte. Les pays qui s'en sortent le mieux sont dans la configuration exactement inverse. Les forts écarts d'inflation entre les pays de la zone euro traduisent eux aussi un problème systémique, et non local, dans la zone euro dans son ensemble. En se focalisant exclusivement sur l'inflation moyenne dans la zone euro, la banque centrale a laissé se multiplier les déséquilibres de balances des paiements et les divergences entre les pays européens. Il ne s'agit pas là d'une théorie fantaisiste, mais de la simple lecture des balances des paiements («What Really Caused the Eurozone Crisis?»).

Un des arguments pour l'union monétaire était d'éviter les guerres de dévaluation compétitive à l'intérieur d'un marché commun. Mais à présent la monnaie unique semble se renverser aussi en un carcan trop strict.

De même, le conservateur David Frum contredit la version moralisante et puritaine habituelle (l'Allemagne serait travailleuse, méritante et disciplinée, la Grèce serait seulement victime de ses fraudes fiscales et de sa corruption, et doit être punie pour avoir triché et profité du jeu coopératif).

Une Union économique sans Union monétaire aurait pu selon lui mieux contribuer à une convergence économique en profitant aux économies moins compétitives, même s'ils auraient eu moins de possibilité de s'endetter avec des taux d'intérêt supérieur. L'Allemagne aurait alors payé la force de son Deutschmark par une hausse de son chômage.

The same currency that made German exports more competitive also made the exports of other European countries less competitive. Their shares of world trade declined over that same decade — in France's case, by a spectacular 23 percent.

But the less competitive countries did get something out of the euro: Lower interest rates. The currency arrangement that enabled Germany to sell more enabled Greece, Italy, Spain, and France to borrow more.

Germany got the jobs. Greece and the others got the debts. (...)

Don't worry. The Greeks and the other indebted southern Europeans will suffer — and are suffering — plenty. But to ask the Greeks and the other southern Europeans to suffer exclusively is to forget how this crisis was created in the first place.

Je ne sais pas si son analogie suivante entre le rapport Allemagne-reste de l'Eurozone et Chine-USA marche si bien que cela (la Chine aurait bénéficié d'une monnaie artificiellement basse et les USA se seraient alors endettés). Mais il devient de plus en plus difficile de ne pas prendre au sérieux au moins certains des arguments euro-sceptiques.

Voir aussi l'analyse conformément à la règle de Taylor sur le taux d'intérêt normal, qui montre comment l'Euro devient de moins en moins adapté aux économies de la périphérie. Cet été, le financier Marshall Auerback prédisait que c'était d'ailleurs la France qui aurait le plus à perdre dans toute la désintégration de l'Euro, en étant à la fois trop intégrée à l'Allemagne et en même temps sans sa compétitivité.

Add.

Paul Krugman a le même pessimisme :

Let’s just say that the euro was an inherently flawed idea that can work only given a strong European economy and a significant degree of inflation, plus open-ended credit to sovereigns facing speculative attack. Yet European elites embraced the notion of economics as morality play, imposing across-the-board austerity, tightening money despite low underlying inflation, and have been too concerned with punishing sinners to notice that everything was going to blow apart without an effective lender of last resort.

The question I’m trying to answer right now is how the final act will be played. At this point I’d guess soaring rates on Italian debt leading to a gigantic bank run, both because of solvency fears about Italian banks given a default and because of fear that Italy will end up leaving the euro. This then leads to emergency bank closing, and once that happens, a decision to drop the euro and install the new lira.

Next stop, France.

mardi 14 juin 2011

L'Euro et son Horizon



Ce schéma montre de manière incisive le problème : la BCE de Francfort a continué depuis 2008 une politique de taux que la France et l'Allemagne peuvent supporter mais qui était intenable pour la "Périphérie", pour la Grèce ou le Portugal (même si ces pays avaient pu en profiter avant cette date). La BCE annonce une montée des taux pour juillet et doit penser en priorité au risque d'inflation en Allemagne, même si cela doit sacrifier encore plus la compétitivité des "PIGS" (il est vrai que Schäuble, le ministre des finances allemand, demandait encore plus de "punitions" pour la Grèce).

mardi 10 mai 2011

Propagande lusophone



Je ne suis pas certain que tenter de l'humour autodépréciateur va réussir à persuader les Perussuomalaiset ("Vrais Finlandais") d'accepter des subventions européennes pour le Portugal.



Mais s'il vous plaît, arrêtez avec ce vieux mythe : le japonais arigatō NE VIENT PAS d'obrigado (mais ça a l'air vrai pour le tempura).

vendredi 19 juin 2009

Shorter Badinguet



Conférence de presse de Bruxelles :


Il serait irresponsable en pleine hausse du chômage dans l'Europe de faire un chômeur de plus en renvoyant M. Barroso et en affaiblissant ainsi les institutions européenne en laissant faire le Parlement européen.


'Shorter’ concept created by Daniel Davies and perfected by Elton Beard. Giving proper attribution for the ‘Shorter’ concept pioneered by Sadly, No!

jeudi 4 juin 2009

Faux débats



Le "débat" sur les Européennes organisé par France 2 était une fois de plus insoutenable, comme souvent avec les émissions de catch organisées par Arlette Chabot (pour une fois, je pourrais même comprendre le si grossier Sénateur vendu aux Chinois, quand il lance "Allez au diable, Madame Chabot").

Cohn-Bendit a mis l'accent sur le problème décisif en disant qu'on invitait des dirigeants de Partis et non pas des têtes de liste. Pourquoi se contenter d'un duel de second tour de législatives ?

François Bayrou a été pitoyable en attaquant Cohn-Bendit sur un repas des Présidents de groupe auprès du Président français (et ne parlons même pas de son attaque sur un texte publié il y a 35 ans), mais au moins ils ont vaguement parlé d'UE avec Barroso à la Commission (mais contrairement à ce qu'a dit Aubry, il semble qu'il y ait très peu de chance que le PSE s'oppose au candidat portugais, la SPD - qui devrait avoir au moins 25 sièges sur les 99 sièges allemands - ayant déjà laissé entendre qu'ils le soutiendraient.

La plupart du temps, en dehors peut-être des Verts sur les directives sur le travail, il n'y a guère que les Eurosceptiques et Souverainistes qui parlaient un peu d'Europe en mentionnant le Traité de Lisbonne. L'UMP est en plein culte de la personnalité du Président et le PS était mal à l'aise parce qu'Aubry ne voulait pas évoquer les fractures sur les Traités.

Derniers sondages des Européennes



On prévoit près de 60% d'abstention, et le grand perdant de ces élections européennes au niveau national serait le PS.

Tiens, l'Alliance Ecologiste Indépendante d'Antoine Waechter battrait en fait LO aux alentours de 2%. La liste pro-pogrom d'un ancien "humoriste" serait à 0,5%.

L'anlyste de BVA fait remarquer que l'exécutif est très impopulaire mais que les Français ne voient pas ces élections comme un moyen de faire une sanction (contrairement à 2004 contre Chirac et Raffarin).


  • BVA (PDF) :

    LO : 1,5%, NPA 6,5%, Front de Gauche : 6%,
    PS 21,5%, Verts 11%,
    Modem 11%
    UMP 26%, Libertas 4,5%, FN 8,5%

    Le sondage BVA distingue mieux les régions (sauf l'Outre-mer) que les autres instituts. Le FN garde un bon score dans la Région Est, 15%.

    Les Verts auraient un score impressionnant de 16% en Île de France (18% pour le PS, qui est donc encore plus ménacé que le Modem). L'UMP y dépasserait les 30% en Île de France avec la liste de Rachida Dati et Michel Barnier...

    La seule région où le PS bat l'UMP en ce seul tour est l'Ouest (cela se joue de peu dans le Massif central) et l'Ouest est aussi la région où le Modem aurait son meilleur score (16%).

  • CSA (PDF) :

    LO : 2%, NPA 5%, Front de Gauche : 6%,
    PS 21%, Verts 9%,
    Modem 13%
    UMP 25%, Libertas 6%, FN 8%

  • Ifop (PDF) :

    LO : 1%, NPA 7%, Front de Gauche : 7%,
    PS 21%, Verts 9,5%,
    Modem 13%
    UMP 27%, Libertas 5%, FN 6%

  • Ipsos (Synthèse) :

    LO : 1,5%, NPA 6,5%, Front de Gauche : 6%,
    PS 21%, Verts 11%,
    Modem 11%
    UMP 27%, Libertas 6%, FN 5,5%

  • Opinionway (Synthèse) :

    LO : 1%, NPA 6%, Front de Gauche : 5%,
    PS 20%, Verts 10%,
    Modem 13%
    UMP 26%, Libertas 6%, FN 7%

  • TNS Sofres (Synthèse)

    LO : 2,5%, NPA 5,5%, Front de Gauche : 6,5%,
    PS 20%, Verts 13,5%,
    Modem 11%
    UMP 27%, Libertas 4%, FN 4%

mercredi 3 juin 2009

Cours de langue de bois



(j'espère que ce sera une série)

En cas de question à laquelle vous ne voulez pas répondre :

"C'est une question de journalistes mais cela n'intéresse pas les Français / les "gens". Je n'entends personne me poser cette question".

Variante : "Vous croyez que les Français qui se posent de vraies questions concrètes sur [le chômage/la sécurité/le sujet dont vous voulez parlez] s'intéressent à cette question oiseuse qui agite le Microcosme ?"

Exemple : "L'UMP va-t-elle voter pour José Barroso comme Président de la Commission, Monsieur Bertrand. -- Pff... c'est bien une question de journalistes, je fais la campagne et je peux vous assurer que personne ne me pose cette question."

(Il a répété cette phrase dix fois, en ajoutant "Les Français veulent qu'on leur parle d'Europe", comme si l'élection du Président de la Commission européenne n'avait aucun rapport avec l'Europe, et les présentateurs ont finalement abandonné).

Add. Via Elias, le Lefebvrotron.

dimanche 31 mai 2009

"Esperanto helpos la eŭropajn popolojn kunkreski"



Ĉi tiu video de la EDE estas iomete agresa kiam la fervorulo de angla estas buŝumito.



ĉu ne stranga ke ili ne metas Esperantojn subtitolojn ? La kampanja retejo en Francujo estas nur en franca.

jeudi 28 mai 2009

Bleg



Y a-t-il un site où on puisse voir tous les clips de campagne officielle des élections européennes ?

En attendant, voilà un clip monarchiste pour la région Grand-Ouest, qui, si j'ai bien compris, réclame un retour à "l'Europe des Souverainetés" (l'Europe d'Utrecht aux Congrès de Vienne ?), avec un slogan dans le style d'Apple ("Votez Différent"). Un peu double emploi avec les MPF de Libertas.




Il dit qu'il est pour une "France capétienne" pour taire les divisions Bourbons/Orléans. Mais ce forum légitimiste n'est pas dupe et appelle à boycotter ces traitres "syncrétiques" au Drapeau blanc (sic).

Et puisqu'on parle de pathologie mentale incompréhensible, le nouveau clip de l'UMP à la sauce "lip-dub / playback" est toujours aussi réjouissant avec tous ses Open Spaces et ses militants en veste tyrolienne qui jouent au Babyfoot en donnant une impression du Village dans le Prisonnier ou dans Le Village des Damnés.

mardi 26 mai 2009

Axes européens



Je ne comprends guère l'utilité des Tests pour les Partis. Il est quand même rare qu'on y apprenne quelque chose (même si en 2000, je me souviens que j'avais été surpris d'apprendre que si j'avais voté aux Primaires démocrates, j'aurais été plus proche de Bill Bradley que d'Al Gore).

(Via) EU Profiler vous classe sur deux axes : position sur l'intégration européenne et position "socioéconomique" (ce qui mèle donc des questions assez diverses - les ultralibéraux d'Alternative Libérale sont classés comme moins à droite que l'UMP à cause de cela). J'apprends que je suis plus proche du PS wallon que du PS français, mais ce n'est pas vraiment comme si j'avais le choix d'aller voter à Bruxelles.

Ah, si, j'ai quand même appris quelque chose dans la comparaison entre Etats membres : les Green britanniques (qui occupent la même position que le PCF français) sont bien plus eurosceptiques que les Verts français, les Ecolos belges ou les Grünen allemands.

Add.

Oh, non, Xavier Bertrand est ventriloque !!

Détours & Autodétournements



Un internaute soutien de "Libertas" (qui regroupe le MPF villieriste et Chasse Pêche Nature et Traditions, ce qui convient donc tout à fait pour son logo de V pour Vendetta) a essayé de rivaliser avec Mozinor en doublant des clips.

Comme le fait remarquer Raveline, il y a déjà un paradoxe à voir ce souverainiste europhobe ne se servir que de blockbusters américains (mais d'un autre côté le mouvement irlandais Libertas a réintroduit une dose d'atlantisme libéral dans la vieille outre paléochouane et protectionniste).

Mais une seconde contradiction est que souvent le détournement semble s'auto-déconstruire si on prétendait filer les analogies.

Prenons celui de Troy. Priam est l'élite européenne et fait entrer le Cheval de Troie de la Mondialisation, mais l'héroïque Pâris (Libertas) tente d'empêcher l'invasion. Trop peu de culture est une chose dangereuse. D'une part, comme chacun sait, c'est le mou Pâris qui est le vrai responsable de la catastrophe en ayant enlevé Hélène mais surtout il échoue complètement.

Prenons la parodie de The Phantom Menace. Le Chancelier Finis Valorum (l'Eurocrate) veut empêcher les fromages de chèvre. Heureusement, un Sénateur, Palpatine ( = Libertas) lutte pour défendre la Princesse Amidala (la Ruralité). Là ce n'est plus de la culture générale mais le Chancelier Valorum est intègre (bien qu'impuissant) alors que Palpatine est un dictateur fascisant qui est l'artisan des troubles qu'il dénonce. C'est un choix curieux de modèles...

lundi 25 mai 2009

Listes aux élections européennes

Chez ipolitique, la liste des 28 listes en Île de France, classées de l'extrême gauche à l'extrême droite (La liste "antisioniste" de Dieudonné M'bala M'bala est assez justement rangée à l'extrême droite).

Je m'attendais à beaucoup de sectes et groupes grotesques mais il n'y en pas tant que cela. Il y a notamment :

Cannabis sans frontières Farid Ghehiouèche
Europe - Démocratie - Espéranto (EDE) Élisabeth Barbay
Citoyenneté Culture Européennes (CCE) André Locussol
Newropeans Marianne Cormier-Ranke
Solidarité
Alliance Royale (AR) Patrick Cosseron de Villenoisy
Rassemblement pour l'Initiative Citoyenne (RIC) Philippe D'Aval
Union des Gens (UDG) Alain Mourguy
Parti Humaniste (PH) Alain Ducq


Newropeans est un mouvement fédéraliste mais leur nom semblera tellement plus Newspeak encore que le Parti Espérantiste EDE qu'on croirait une parodie.

L'entrée Wiki sur Parti humaniste est l'objet d'une "guerre d'édition" avec la secte de l'Argentin Mario Rodriguez Cobos derrière le parti. C'est d'ailleurs un paradoxe : plus ils se mettent à plusieurs pour retirer le fait qu'ils sont une secte, plus on se dit qu'ils doivent bien en être une.

Yves-Marie Adeline, de l'Alliance Royale, a publié un livre sur l'histoire des Idées politiques chez Ellipses. J'ai un peu moins honte d'avoir grillé toutes mes deadlines chez cet éditeur...

France 2 a passé le clip de l'Union des Gens ("Nous sommes... des Gens.") et il est touchant de voir des hommes politiques sans conseiller médias ou sans qui que ce soit avec eux pour leur dire de ne pas faire de grands moulinet avec les bras comme s'ils essayaient de lutter contre le déséquilibre. Ses propos contre la création de monnaie par les banques privées m'a fait un peu penser à la vidéo de Paul Grignon qui marche bien sur les sites alternatifs divers.

Mais il était temps de présenter des Gens, et non plus seulement des zombies robots inanimés.

J'en ai oublié mais je ne compte pas dans les listes grotesques la liste volontairement humoristique de Gaspard Delanoe "L'Europe de Gibraltar à Jérusalem" (il avait déjà fait des gags proches pendant les municipales). Je dois avouer que j'ai quand même hâte de voir leur clip. Voir aussi chez Wiki la liste des Partis plaisanteries comme le Parti Citron ou le Parti Rhinocéros canadien, le Raving Loony Party, le Surprise Party, le Death, Dungeons and Taxes Party (qui demandait l'annexion de la France) etc.

samedi 9 mai 2009

Démographie & Destin



Via hilzoy, une synthèse fascinante sur des prédictions assez surprenantes sur la démographie mondiale (par Martin Walker du Centre Woodrow Wilson). En résumé, cela paraît être une sorte de "rééquilibrage" vers des taux européens à l'horizon 2050, sauf pour l'Afrique :

  • Le taux mondial continue de diminuer et devrait même tomber en deçà du taux de renouvellement dans la seconde moitié du XXIe siècle avec pour la première fois dans l'histoire de l'humanité [depuis la Grande Peste du XIVe siècle, comme le fait remarquer BC] une baisse de la population globale.

  • Les femmes du Tiers-Monde sont plus éduquées et ont plus accès à la contraception. Le monde musulman a commencé un véritable effondrement démographique vers le taux de renouvellement, du Maghreb jusqu'à l'Indonesie. Un cas extrême est l'Iran qui a atteint dès aujourd'hui des taux de 1,7, donc semblables à ceux de l'Italie ou l'Allemagne alors qu'ils étaient à 6,5 en 1979 !

    Les deux exceptions à cette baisse sont les taux du Yemen et des Territoires palestiniens qui restent élevés - ce qui aura sans doute des conséquences politiques énormes pour l'Etat "juif et démocratique" israélien.

  • Le taux de fécondité remonte en Europe du Nord, notamment en Grande-Bretagne et en France et ce serait assez peu causé par l'immigration.

    Au contraire, le taux de fécondité des immigrées des pays en voie de développement baisserait très fortement et tend à s'aligner au taux national en deux générations (une exception est les immigrés de l'Europe de l'Est dans le mini-baby boom écossais).

    In 2007, France’s national statistical authority announced that the country had overtaken Ireland to boast the highest birthrate in Europe. In France, the fertility rate has risen from 1.7 in 1993 to 2.1 in 2007, its highest level since before 1980, despite a steady fall in birthrates among women not born in France.
    France’s National Institute of Demographic Studies reports that the immigrant population is responsible for only five percent of the rise in the ­birthrate.


    Il est prévu qu'en 2050, le Royaume-Uni et la France auront chacun 75 millions d'habitants (contre 65 aujourd'hui) et l'Allemagne sera réduite à 70 millions (contre 82 aujourd'hui).

    La crise de l'Etat-Providence européen et du système des retraites serait alors moins grave qu'on ne le craignait il y a dix ou vingt ans avec le vieillissement de la population, même si une remontée de l'âge de la retraite à 70 ans sera peut-être nécessaire pour l'Allemagne.

    Une autre solution pour une augmentation de la population active en Europe serait un meilleur taux de travail féminin, qui est environ à 65%. A plus de 70%, comme aux USA, cela permettrait de protéger le système de répartition.

  • Les USA vont continuer une forte croissance démographique alors que la Chine ne va croître que jusqu'aux années 2030 avant de commencer à décliner assez fortement.

    L'Inde va bientôt dépasser la Chine, avec une population bien plus jeune. Un problème que ces deux pays (et d'autres en Asie) vont avoir est la "surmasculinité", avec de plus en plus de sélection prénatale contre les petites filles, ce qui produira une quantité énormes de mâles ne trouvant pas de partenaires féminins, ce qui laisse présager une hausse de la criminalité et un niveau de frustration sexuelle sans précédent dans l'Histoire (même si la prédiction indiquée de rapts de Sabines paraît un peu curieuse...).

  • Là où le cliché reste vrai est que l'Europe de l'Est va continuer son déclin, sans même tenir compte de l'émigration.

    La Russie a même un taux de mortalité qui devient une anomalie par rapport à son niveau de développement, avec 3 à 5 fois plus de morts chez les hommes que ce qui devrait être le cas. C'est le point de l'analyse qui a été le plus repris (avec une certaine Schadenfreude), me semble-t-il.

    L'effondrement de la population active en Russie serait comparable à une saignée d'un million de pertes par an, comme une sorte d'épidémie ou de guerre invisible qui va finir par affecter son économie.

  • L'Afrique sub-saharienne est l'exception dans le Tiers-Monde avec une explosion démographique qui continue. La population actuelle de l'Afrique sub-saharienne tourne autour de 800 millions et serait à 1,7 milliard en 2050 et à près de 3 milliards à la fin du XXIe siècle : un tiers de la population mondiale viendrait alors de cette région et l'Afrique va commencer à concurrencer l'Asie.

    L'Afrique deviendra aussi le centre à la fois de l'Islam et du Christianisme.

  • La tendance européenne va s'universaliser, avec un vieillissement de la population. La médiane mondiale est actuellement de 28 ans et tournera autour de la quarantaine dans 40 ans.

    Mais on remarque que ces révolutions à venir concernent toujours la condition féminine. L'Europe aurait d'après l'auteur un intérêt (en plus de l'exigence d'égalité) à lutter contre les discriminations dans le travail et l'Asie aurait un intérêt à lutter contre les discriminations sexistes contre le droit à l'existence des filles.