Τελευταῖον δὴ οἶμαι τὸν ἥλιον, οὐκ ἐν ὕδασιν οὐδ’ ἐν ἀλλοτρίᾳ ἕδρᾳ φαντάσματα αὐτοῦ, ἀλλ’ αὐτὸν καθ’ αὑτὸν ἐν τῇ αὑτοῦ χώρᾳ δύναιτ’ ἂν κατιδεῖν καὶ θεάσασθαι οἷός ἐστιν.
᾿Αναγκαῖον, ἔφη.
ἕδρα : siège, lieu.
χώρα : espace. Voir la note 54 chez Bernard Suzanne sur ce terme de l'espace "propre" (ἐν τῇ αὑτοῦ χώρᾳ) du soleil "lui-même tel qu'en lui-même"(αὐτὸν καθ’ αὑτὸν). Dans la déconstruction atopique de Jacques Derrida dans son livre Khôra (1993), la χώρα est analysée non pas comme notre conception mathématique de l'espace mais comme indétermination débordant l'ontologie parce qu'en Timée 52a-d cette béance est le 3e "genre", ni l'être stable intelligible, ni le devenir sensible mais le lieu qui est la potentialité où la matière du devenir réalise les formes. Ici, en 516b, Platon a un vocabulaire "topique" diversifié : une ἕδρα est un "siège" du "phantasme" et cette χώρα est le domaine du soleil, de l'idée du bien. Juste après (en 516c), Platon utilise un 3e terme, τόπος, pour parler des régions en général de l'être, dans le lieu du visible (ἐν τῷ ὁρωμένῳ τόπῳ, 516c) vers le lieu intelligible (εἰς τὸν νοητὸν τόπον, 517b), vers ce lieu de l'idée du Bien où est le plus bienheureux de l'étant (ἐκεῖνον τὸν τόπον (...) ἐν ᾧ ἐστι τὸ εὐδαιμονέστατον τοῦ ὄντος, 526e).
On remarque encore une fois que l'infinitif κατιδεῖν est l'aoriste de καθοράω (comme l'aoriste θεάσασθαι pour θεάομαι).
À la fin donc, je suppose, [c'est] le soleil, non pas des reflets de lui sur des eaux ou en quelque autre place, mais lui-même tel qu'en lui-même dans son espace propre, [qu']il serait éventuellement capable de voir distinctement et de contempler tel qu'il est.
Nécessairement, dit-il.
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