dimanche 21 juin 2009

Seht die Geduld // Auf unsere Schuld



  • Le professeur d'informatique aux talents si divers Bernard Chazelle quitte la satire politique pour un commentaire de l'introduction à la Passion selon Saint Matthieu BWV 244 de Jean-Sébastien Bach (voir aussi ses remarques sur Jauchzet Gott in allen Landen BWV 51 et le choeur de la Passion selon St Jean Ruht wohl, ihr heiligen Gebeine).


    "Kommt, ihr Töchter, helft mir klagen" (Come, you daughters, help me lament) is a musical Agnus Dei and starts at the end. Jesus is dead and the daughters of Zion (ie, the Church) are called to share the choir's mourning.

    The [Saint Matthew Passion] is a palindrome and each movement is itself circular. Bach's nested circles are a theological reinterpretation of time meant to shatter the linear ordering of past, present, and future.


  • Allés aux "Saisons russes" avec Armide. Les Ballets de Diaghilev, Petipa, Liefar, Balanchine et Nijinsky avaient révolutionné l'art du XXe siècle, mais le pastiche centenaire par Andris Liepa et sa soeur Ilze ne laisseront sans doute pas les mêmes traces, même si les scénographies rendaient un hommage réussi au style art-déco de Léon Bakst.



    Le Dieu bleu était profondément remanié. La version originale (1912) avait une musique de Reynaldo Hahn et devait donc être assez décevante (Hahn étant très loin du Vinteuil rêvé par le Narrateur), mais Liepa y a substitué le Poème de l'Extase de Scriabine, sans doute trop symphonique et pas assez "narrative" pour le ballet. Le thème orientalisant (il y a un vague prétexte indien/thaïlandais où le dieu Kṛṣṇa - Phra Narai en thaïlandais - sauve un couple du sacrifice) n'est finalement guère utilisé dans la danse de la Déesse au Lotus mais les festes siamois sonnent presque aussi authentiques que des Incas des Indes galantes.

    Tamara (1882, jouée aux Ballets russes en 1912) de Balakirev m'a plus plu musicalement (même s'il n'y avait pas d'orchestre) parce qu'elle évoquait très directement la Sheherazade (1888) si pseudo-orientale de Rimsky-Korsakov, et probablement aussi parce que la danseuse géorgienne Irma Nioradze rendait bien l'érotisme du conte de Lermontov librement inspiré de la Reine de Géorgie (Sainte) Tamar (1160-1213). La vraie Tamar régna sur un petit empire orthodoxe du Caucase, sur les Arméniens, les Alains et les Azeris avant les invasions mongoles, mais la Tamara (1841) de Lermontov était une reprise du mythe de Cléopatre (qu'on retrouve aussi dans le dernier texte inachevé de Pouchkine, Les Nuits égyptiennes, 1835) selon lequel elle acceptait de coucher avec un homme s'il acceptait de mourir au matin. Les candidats ne manquaient pourtant pas pour approcher ainsi le lien de l'érotisme et de la mort.

    Armide a ironisé - à juste titre - que le public adorerait plus une chorégraphie avec une esthétique de "patinage artistique".

    Ils ont ensuite ajouté le Boléro de Ravel (1928), avec la subtilité de Russes simulant un flamenco, ce qui ajoutait ainsi l'Espagne aux divers orientalismes de la soirée (mais il est vain de se moquer du Bolero comme c'est déjà un cliché des conservateurs comme Allan Bloom de le réduire à une sorte de déclin de la musique contemporaine vers une "immédiateté" organique).

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