jeudi 26 février 2026

Stars Without Number en Dune inversée

Le jeu de rôle de science fiction Stars Without Number du surdoué Kevin Crawford a un univers qui n'est pas si "générique" que cela. 

Une des idées est une opposition entre des cultures plus séculières qui valorisent les manipulations génétiques et l'eugénisme (les humains génétiquement "augmentés", les "Augs") et des cultures plus religieuses qui considèrent que le génome humain est sacré, tabou et intouchable mais que les IA et les cyborgs sont au contraire tout à fait compatibles avec l'humanocentrisme religieux, voire l'expression de la Créativité divine. Une faction néo-chrétienne, les Flottes spatiales de l'Imago Dei, adore les IA immortelles comme des émanations de Dieu. 

C'est donc l'inverse de l'Imperium de Dune où les religions (devenues syncrétiques) sont fondées sur l'interdiction des IA (le Jihad butlerien) mais où les Humains sont transformés génétiquement (ou chimiquement avec l'Epice) pour compenser cette prohibition (les Tleilaxu ou les Mentats). 

Add. (ajout du 27 février) Est-ce crédible ? Je n'en sais rien. 

D'un côté, un Imperium interstellaire comme celui de Dune ne pourra pas exister sans ordinateur et on a du mal à imaginer que des Mentats puissent suffire à compenser cette absence d'ordinateur. 

De l'autre, le comportement actuel de folie de certains fanatiques de l'IA rend plus crédible qu'il y ait un culte délirant en leur faveur. L'inverse du Jihad Butlérien est donc l'adoration des IA comme "Deus Ex Machina" comme elles sont après tout vraiment plus proches de l'immortalité ou de l'omniscience. Et la croyance en la Singularité est un effet très gnostique dans sa tendance à "immanentiser l'eschaton". 

Un problème religieux de Stars Without Numbers est que certaines indications étirent un peu trop ma propre suspension subjective de l'incrédulité. Dans le secteur Hydra (qui se trouvait dans l'édition Mongoose), il y avait plusieurs systèmes qui adorent les divinités aztèques comme Tezcatlipoca et se disputent même pour savoir s'il faut ou non conserver les sacrifices humains. A moins de dire qu'il s'agit bien d'un futur d'un univers uchronique, on a du mal à imaginer une vogue néo-aztèque chez les colons mexicains. Mais cela illustre bien un dogme d'une ancienne SF où des colonies isolées peuvent repasser par n'importe quelle étape bizarre de l'histoire humaine.  

Aucun commentaire: