mardi 5 mai 2020

Emysfer


Emysfer est un jeu de rôle français (par l'artiste Olivier Ranisio) sur une autre planète qui me semble remarquable par quelques espèces jouables résolument non-humaines et originales. Il y a une campagne de foulancement sur Game On jusqu'au 25 mai et le jeu est déjà financé.

J'ai lu le Kit de découverte de 60 pages sans jamais tester le jeu mais je vais, comme d'habitude sur ce blog, parler du Monde plus que du système (qui est d'ailleurs assez original aussi).

Deux espèces de symbiose

La force principale du jeu est le goût du créateur et illustrateur pour explorer une Exobiologie dépaysante et fantastique (un environnement différent, mais avec une technologie médiévale et la présence de pouvoirs magiques).

Ce goût pour la faune et la flore va jusqu'à donner des taxinomies assez élaborées. Cela peut évoquer d'autres jeux de science fantasy comme Empire of Petal ThroneJorune ou Shaan mais sans tomber dans un univers aussi difficile à appréhender que Mechanical Dream (sans doute le jeu de rôle à l'univers le moins intuitif qui soit dans son originalité radicale).

En fait, au-delà du genre de la "romance planétaire" (on peut jouer des Humains), cela me fait plutôt penser dans certaines illustrations aux bestiaires si convaincants des bandes dessinées de LEO comme Aldébaran ou Centaurus.

La planète Emysfer a en effet la particularité d'avoir (au moins) deux espèces autochtones en plus de réfugiés humains (et de leurs dérivés mutants). Ces deux espèces, qui ont évolué en parallèle, sont appelés des symbioïdes, ce sont les Atridans et les Skeltus. Elles sont toutes les deux composées d'individus-colonies : chaque "individu" macroscopique est en réalité une symbiose de toute une population de "micro-individus", un ensemble d'insectes sociaux (les "solons") qui en s'associant forment une intelligence collective (une "ruche") et un "sujet" composé. C'est sans doute ce qui m'a le plus attiré dans Emysfer, cette singularité de jouer une pluralité, un Essaim d'êtres vivants, avec ce que cela peut entraîner (par exemple, on peut avoir des divisions internes, sacrifier certaines des parties de son "Soi").

Un Atridan ressemble superficiellement à une sorte d'insecte humanoïde mais il est en réalité un "porte-ruche" d'une population de solons. Ils sont herbivores. La culture atridan particulière décrite dans le kit (les Calistis) est de tradition plutôt démocratique, ouverte et peu religieuse.

Un Skeltus (qui a une autre sorte de solons) a une forme bien plus inhumaine, faisant plus penser à une arachnide géante avec une carapace, plus grande qu'un humanoïde et avec un dimorphisme sexuel fort. On ne peut jouer que des mâles car les femelles, qui dirigent la société, sont peu mobiles. La religion et la société de la culture sraakidienne sont fortement matriarcales. Ils sont carnivores et les mâles peuvent secréter une sorte de "soie". Par leurs phéromones, ils peuvent aussi s'associer à une autre forme de vie, des végétaux mobiles appelés "plantes sensibles" et qui peuvent leur servir de "machines".

Un mutant, un Skeltus assis, une Atridan et une Humaine. 


Je ne parlerai pas ici des Humains (les "Symirs") et des mutants (Hominus) qui ont été transformés par la magie de la planète. Evoquons juste un peu la Magie.

La Magie comme Symbiose

Là aussi la Magie est liée à une symbiose dans la nature de la planète Emysfer. Elle est causée par des micro-organismes (appelés "planctons", inégalement distribués dans l'atmosphère de la planète) qui peuvent causer mutations et effets magiques. Un effet secondaire de la Magie peut donc être de muter le personnage en utilisant ce "plancton".

La Magie est tellement omniprésente et "naturelle" sur cette planète que certaines bêtes en pratiquent instinctivement et que la plupart des sociétés sont profondément dépendantes de son usage. Les Skeltus, par exemple, se construisent leurs demeures dans des végétaux qu'ils agrandissent par biomagie.

Il y a quatre catégories de Magie qui correspondent à Télékinésie (Mouvement), Chaleur (Energie), Télépathie (Esprit) et Contrôle des formes organiques (Vie).

Il semble impliqué par le côté "science fantasy" qu'il n'y a pas réellement de "dieux" ou de forces occultes d'autres dimensions mais une forme d'adaptation très particulière.

Conclusion

L'exploration du monde pourra sans doute ouvrir à d'autres secrets et mystères. La Grande Catastrophe a dissimulé beaucoup des éléments du passé ancien avant l'arrivée des Humains.

Emysfer est un jeu assez original pour qu'on essaye le Kit ou qu'on aille contempler les illustrations ou la cartographie. Les graphistes et illustrateurs sont vraiment avantagés dans l'art de bien présenter leur univers. Moi qui d'habitude déteste les Bestiaires dans les jeux de rôle ai vraiment envie de voir le résultat final de la Faune et de la Flore.

Le seul défaut à mes yeux est pour l'instant le calendrier du monde (10 mois de 32 jours) qui me semble un peu trop difficile à retenir avec ses noms de mois si indiscernables (mais je trouve que retenir un calendrier est un problème quasi-universel dans les mondes fictifs au point que j'en suis presque parfois à me dire d'en rester au grégorien terrestre).

2 commentaires:

Olivier RANISIO a dit…

Bonjour :)
Je suis l'auteur et illustrateur principal d'Emysfer :)
Je tiens à vous remercier pour cet article qui me fait chaud au cœur !
Pour le calendrier, je comprend la problématique mais je ne pouvais décemment pas utiliser un calendrier normal. Pour aider un peu à la "digestion", la maquette intègre (vous l'avez peut-être remarqué dans le kit) les intitulés des mois de l'année en bandeau de bas de page.

En tout cas, merci de votre retour positif. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter.
Bonne journée.

Phersv a dit…

Merci à vous pour ce monde et je suis heureux qu'il ait trouvé un public et qu'il puisse être publié.

Oui, je plaisantais en partie pour le calendrier (même si c'est toujours plus difficile à retenir qu'une liste de territoires par exemple). Si on veut le dépaysement dans la faune et la flore, cela ferait complètement sortir de la suspension of disbelief si on utilisait notre calendrier.