1 Ether d'Etienne Chaize (prix BD 2024), superbe objet grand format de paysages et de lumières, presque entièrement en plan très large, avec très peu de textes, une épopée sans héros, sans individualités très définies avec un groupe d'une vingtaine de personnages.
2 Le grand vide de Léa Murawiec (au même éditeur que le précédent) : dessins parfois abstraits ou cartoony et très dynamiques dans une ville complètement recouverte de signatures, de logos, d'innombrables Noms propres (les gens meurent s'il n'y a pas assez de personnes qui pensent à leur Nom et tous ne cessent donc d'afficher leur Nom). Une inquiétante étrangeté mais la fin sur la possibilité de sortir de cette prison de l'amour-propre, du narcissisme mortifère ou du spectaculaire déshumanisant reste évasive. De nombreuses séries (comme les séries de SF de Zep, je pense à Ce que nous sommes, 2022) se terminent par ce rêve non-abouti de déconnexion, de retour à une nature pure.
3 Sol-13 d'après Julia Verlanger. Un planet opera où il n'y a aucune bonne solution entre les indigènes aliens qui asservissent (pour survivre) les colons humains redevenus primitifs ou le choix des protagonistes de massacrer les aliens. L'humeur est donc sombre dans la guerre pour la survie. Je n'ai pas lu le roman de Verlanger et je ne sais si les renvois à d'autres planètes de la série ("les Planètes orphelines") étaient déjà dans l'histoire future qui reliait ses livres (réédités dans le volume 3 de l'intégrale Verlanger aux éditions Bragelonne, Dans les mondes barbares).
4 Fannie la Renoueuse (2024, 200 p) dans Les contes de la Pieuvre. 4e volume de cette série complexe par Gess (créée en 2017). Une touche d'Adèle Blanc-sec mais avec plus d'uchronie, des dieux, des immortels et des super-pouvoirs dans le Paris de 1898.
5 Le champ des possibles, bd de SF intimiste sur un triangle amoureux (elle aime son mari IRL mais vit en même temps par un implant neural avec son amant dans le cyberespace virtuel). Dessins évocateurs et chaleureux d'Anaïs Bernabé mais je n'ai pas pu m'attacher aux personnages du mari luddite (l'artisan bio) ou de l'amant technophile (l'ingénieur muskoïde). Dommage.
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