dimanche 13 septembre 2009

Face aux Zombies



This brave man walked through the ant-health care crowd with his large poster and was immediately set upon by the crowd. One person spit on him, while others pushed and tried to grab his flag until the police intervened. Most of the crowd around him turned on him like rabid dogs, yelling epithets and things like commie, why dont you leave this country etc. Impressively, he remained unflappable and had this little smile on the whole time.


Ces manifestations du 12 septembre (voir photos) auraient réuni moins de 100,000 personnes (la blogosphère de droite dite 2 millions) mais il y a un standard inique : quand les manifs anti-guerre réunissaient bien plus de personnes, la presse n'en parlait presque pas alors qu'ici ils sont censés être "légitimes" et ont droit à la première page du New York Times et Washington Post.

samedi 12 septembre 2009

Das Wesen ist, was gewesen ist


Continuations et conclusions par épigones



Quand le romancier de fantasy Robert Jordan mourut à 59 ans en 2007 sans avoir achevé son interminable cycle The Wheel of Time (11 volumes parus), sa veuve (et éditrice) Harriet McDougal choisit un jeune écrivain de fantasy, Brandon Sanderson, pour rédiger la fin, intiutlés A Memory of Light (qui sera elle-même coupée en plusieurs tomes, il est maintenant prévu que la série aille donc jusqu'à 14 volumes). Le nouvel auteur aura 50,000 mots de notes par Jordan mais il devra écrire 90% du texte. Les fans sont plutôt effrayés de devoir lire la conclusion avec un autre auteur mais après tout ce fut une tradition ancienne (qu'on pense à la rupture de style dans le Roman de la Rose entre Guillaume de Lorris et Jean de Meun quelques décennies après, au XIIIe). Pour le non-fan en revanche, le vrai problème n'est pas l'inachèvement mais plutôt le fait que Jordan retardait de plus en plus inutilement la conclusion de son cycle avec des volumes assez vides.

De même (même si une continuation s'imposait moins), c'est Eoin Colfer (l'auteur des aventures du jeune criminel génial Artemis Fowl) qui va rédiger le sixième volume de lla célèbre "prétendue trilogie" The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams (mort en 2001), And Another Thing...

Un cas plus rare est le roman "involontairement" collectif, comme Shadow Twin / Hunter Run, qui eut trois auteurs sucessifs : Gardner Dozois donna le manuscrit à finir à G.R.R. Martin qui le passa ensuite à Daniel Abraham.

Tolérance unilatérale



Cette anecdote en Flandre est racontée par un Britannique "laïc" mais libéral et opposé aux lois françaises sur les signes religieux à l'école.

A Anvers, les écoles publiques interdisent les voiles et une directrice, Karin Heremans du lycée du Koninklijk Atheneum (cela concernait aussi l'Athénée d'Hoboken), décida de s'y opposer, en maintenant l'autorisation des voiles dans son établissement. Au bout de quelques années, comme les voiles sont interdits dans les autres écoles, ils se retrouvent tous à l'Athénée Royal, où le voile devient très largement majoritaire. La directrice commence à assister à des pressions sur celles qui ne le portent pas et est donc contrainte à interdire tous les signes religieux à son tour pour protéger ces dernières à l'Athénée Royal pour la rentrée 2009.

Depuis, elle est victime de harcèlement et de menaces - tout cela parce qu'elle avait voulu se montrer plus "tolérante". Plusieurs douzaines d'élèves ont été désinscrites par leurs parents. Mais Heremans dit être aussi soutenue par des parents musulmans qui n'osent pas assez s'exprimer publiquement suite aux manifestations de certains imams devant l'école. Elle réclame donc maintenant une législation nationale pour que cela ne dépende plus des choix autonomes des écoles.

Voir la La Libre Belgique :

Mais à l’athénée de Hoboken, l’autre école concernée, les choses avaient tourné à l’affrontement. Des slogans tels que "Tous les Flamands dehors" avaient été scandés et des menaces de mort proférées à l’encontre de professeurs. L’interdiction de manifester avait suivi, le bourgmestre estimant que, vu la tournure prise par les événements, la liberté d’expression butait désormais contre le droit de choisir librement et sereinement son école.

Chris Weyers, directrice de l’athénée de Hoboken, persiste et signe. Elle estime, dans les colonnes du "Morgen", que son établissement est devenue une école-ghetto, où 96 % des élèves sont musulmans et où l’on assiste ces dernières années à une radicalisation des esprits. Elle se défend de toute attitude anti-musulmane, arguant notamment qu’elle organise des cours de néerlandais à l’usage des mères d’élèves. Mais elle affirme aussi, cette fois sur la première chaîne de la VRT, que des élèves sont intimidées par mail, par SMS ou par téléphone.

jeudi 10 septembre 2009

Continuité en Caroline du Sud



Puisqu'on parle beaucoup de Joe Wilson, Représentant de Caroline du Sud, cela ramène au contexte de Silas Soule, cet abolitionniste du Kansas qui lutta pour que ce nouvel Etat ne soit pas esclavagiste, contre les Missouriens qui voulaient en faire un Etat de plus dans la cause sudiste.

Le Parti républicain à son origine cherchait à éviter cette guerre larvée du Kansas et, juste à l'époque où la commune abolitionniste de Silas Soule, Lawrence, était assiégée par une centaine de Missouriens, le grand Sénateur de Harvard, Charles Sumner, insulta directement dans un discours le Sénateur de Caroline du Sud Andrew Butler, qui avait été à l'origine de la loi qui proposait que les colons décident si l'esclavage s'étendrait au nouveau territoire.

Au moment où la ville de Lawrence était mise à sac, le Représentant de Caroline du Sud Preston Brooks, cousin d'Andrew Butler, vint voir Charles Sumner au Sénat avec des séides, dont un autre Représentant du même Etat, et le bastonna à coups de canne à pointe de métal le 22 mai 1856. Ce fut la première violence au sein même du Congrès de ce qui allait devenir la Guerre civile quatre ans après.

Charles Sumner, qui avait perdu conscience sous les coups acharnés, en sortit invalide pendant trois ans. Le butor Preston Brooks, qui était très fier de ne pas avoir défié en duel Sumner, qu'il considérait "socialement inférieur", évita un vote de censure, démissionna mais fut réélu triomphalement par les Caroliniens. Il défia en duel un autre Représentant du Nord qui l'avait traité de lâche mais ne se rendit pas au duel.

L'attaque en plein Congrès fit plus pour populariser le nouveau Parti républicain abolitionniste que pour la réputation de la Caroline du Sud.

Mais certes, un cri du coeur un peu détonnant est un progrès clair par rapport à une bastonnade (et qui voudrait revenir au culte consensuel suffoquant sous Bush juste après le 11 septembre ?).

Wealth & Health


Une dernière lettre de Ted Kennedy à Obama, envoyée en mai dernier :


Because of your vision and resolve, I came to believe that soon, very soon, affordable health coverage will be available to all, in an America where the state of a family’s health will never again depend on the amount of a family’s wealth.

And while I will not see the victory, I was able to look forward and know that we will – yes, we will – fulfill the promise of health care in America as a right and not a privilege.


Hélas, il faudra sans doute attendre d'autres réformes pour qu'on puisse dire que la santé ne dépend plus du statut des revenus.

Le discours d'Obama sur la réforme santé



  • retranscription chez Ezra (qui le commente de manière positive comme un plan réformiste modéré qui pourrait au moins passer. Mais il rappelle de ne pas se faire d'illusions sur l'Option publique qui ne concernera qu'une petite partie de la population (employés de petites entreprises, chomeurs et non-assurés) et sera peut-être peu intéressant si elle demeure peu compétitive.

  • Kevin Drum, pourtant assez centriste, continue de trouver Obama trop attaché au consensus bi-partisan. Mais Obama a gardé l'idée d'une obligation de couverture médicale pour ceux qui peuvent se la permettre.

  • Quiddity est déçu par le "réformisme" :
    That sounds like keeping health care a profit-making business for the most part. That's not a solution.

    Fixing the problem of cost and coverage, especially at the national level of GDP percentage for a developed country, means a Japanese-Euro-Canadian approach.

    But Americans seem to like being different (or so we're told). Exceptional, you might say. To their disadvantage.


  • Le sondeur Nate Silver pense que le discours est efficace et rusé dans son pragmatisme.

  • Yglesias fait remarquer que l'interruption de l'élu de Caroline du Sud qui a hurlé "Menteur !" a beaucoup choqué dans les traditions américaines mais serait standard dans le Parlement britannique. Add. Sullivan précise que malgré les émotions du Parlement, le cri de "Vous mentez" serait considéré déplacé à Londres aussi.



    Le fait que Joe Wilson, ce Représentant de Caroline du Sud républicain, soit un ami de Strom Thurmond, l'un des derniers ex-Dixiecrates ouvertement racistes du Congrès est sans doute une coïncidence.

  • mercredi 9 septembre 2009

    [Vie brève] Silas Soule

    (rediff du 2 septembre 2005)

    Silas Stillman Soule (1838-1865) eut une vie brève mais les circonstances historiques le placèrent plusieurs fois au centre de luttes américaines contre des injustices.

    Il est né le mardi 26 juin 1838 en Nouvelle-Angleterre, dans le Maine. Son père, Amasa Soule (1804-1860), était un abolitionniste religieux (certains textes l'appellent le Révérend Soule mais il n'y a pas de trace qu'il ait été pasteur, en revanche il a pu être imprimeur).

    La Guerre du Kansas

    En 1854, les Sudistes se battent pour que les nouveaux Territoires acceptent l'esclavage (afin de garantir la perennité du système aux USA et éviter que les Etats "libres" n'aient la majorité). En mai 1854, avec l'accord du Président démocrate Franklin Pierce, la Loi sur le Kansas et le Nebraska énonce que ces territoires pourront choisir par vote populaire des habitants d'être Etat Libre ou esclavagiste.

    Des abolitionnistes créent alors une société, The Massachusetts Emigrant Aid Company, pour envoyer des colons favorables à leur cause au Kansas. Au même moment, les Sudistes, notamment de l'autre côté du Fleuve Missouri, ont aussi organisé leur société, les Missourian Emigrates (que la presse appellera aussi les Border Ruffians). Dès la formation de leur groupe, ils menaçaient de mort tout abolitionniste qui s'installerait au Kansas. Les Missouriens demeurent souvent dans leurs Etat mais viennent acquérir des terrains au Kansas pour pouvoir peser sur la future Constitution de l'Etat.

    Amasa Soule est un militant fervent, amateur du radical William Lloyd Garrison (1805-1879, celui qui disait que si la Constitution protège l'esclavage, il vaut mieux brûler la Constitution). En fin 1854, Soule quitte le confort de la Nouvelle Angleterre avec sa famille, notamment ses fils William L.G. et Silas, pour s'installer dans la nouvelle ville de Lawrence (à peine 50 familles à cette époque), à l'est du Kansas. La colonie anti-esclavage a été nommée en l'honneur du philanthrope bostonien Amos Lawrence (1814-1886). Amasa Soule rejoint le nouveau Parti Républicain qui vient d'être créé sur un programme opposé à l'extension de l'esclavage, et il en devient délégué régional.

    Dès cette époque, le jeune Silas, qui a 16 ans, travaille pour l'Underground Railroad, le réseau d'évasion des esclaves qui sont envoyés vers le Canada (car les Etats du Nord devaient renvoyer les esclaves en fuite, selon la Fugitive Slave Law de 1850 et l'affaire du malheureux Dred Scott en 1857). Silas connaît tous les recoins du Kansas par lesquels il fait passer les fugitifs vers la liberté au Nord.

    La tension montre entre les deux camps de colons. En 1856, une foule menée par un Sheriff, vient détruire les bâtiments et imprimerie de la ville nouvelle de Lawrence. Cela commence la Border War ou Bleeding Kansas entre "Missouriens" et abolitionnistes. Après cette attaque, des Abolitionnistes (dont le célèbre John Brown) tuèrent (à coups d'épée) cinq colons esclavagistes.

    Les Abolitionnistes envoient des carabines à leurs colons (appelées les "Bibles du Kansas" car elles furent envoyées dans des caisses avec l'étiquette "Bible"). Silas Soule devient un Jayhawker (mot formé à partir de "blue jay", geai bleu et "sparrowhawk", épervier), un guerrillero en lutte contre les esclavagistes. Il est connu pour ses raids rapides (le nom subsiste encore comme celui de l'équipe de foot de Kansas University).

    L'Evasion de John Doy

    Le Dr John Doy était un médecin né en Angleterre qui était venu au Kansas pour participer à la fondation de la ville de Lawrence. Il participait aussi au réseau du Underground Railroad.

    En janvier 1859, le docteur Doy et son fils furent capturés par des Chasseurs d'Esclaves missouriens près de Lawrence, alors qu'il faisait passer des esclaves en fuite. Doy et les esclaves furent conduits en prison à Saint Joseph, Missouri, juste de l'autre côté du fleuve.

    Le Major James Abbot prit en juillet 1859 un groupe de dix miliciens dont Silas Soule. Soule monta une opération d'évasion et réussit à convaincre les gardiens de le laisser entrer dans la prison. Ils réussirent à délivrer le médecin de la prison sans tuer personne et s'enfuirent à cheval, repassant la frontière missourienne de nuit dans des barques.


    On appela les dix, les "Immortal Ten" (ci-dessus). L'homme assis sur la photo est le docteur Doy et Silas Soule est imberbe, l'avant-dernier à droite.

    La Mort de John Brown

    John Brown (1800-1859) était un des plus radicaux abolitionnistes. En août 1856, il avait défendu la ville d'Osawatomie (est du Kansas) contre une petite armée esclavagiste.


    Financé par un groupe de philanthropes (les Six Hommes Secrets), Brown commence à lever des armes et des hommes pour une rebellion des esclaves du Sud. Il est capturé après un vol d'armes de l'armée et est condamné à mort en 1859 en Virginie.

    Une nouvelle opération est montée pour sauver le militant.


    Silas Soule (qui a 21 ans) vint tenter de l'évader et réussit même à entrer dans la prison.


    Le vieux rebelle refusa alors catégoriquement de fuir sa geôle, disant qu'il était prêt à mourir en martyr de la cause de l'émancipation (même si ses actions radicales furent plutôt désapprouvées par les Abolitionnistes, y compris le plus grand d'entre eux, l'ancien esclave Frederick Douglass, qui défendait une voie plus constitutionnelle).


    John Brown fut pendu le 2 décembre 1859. Sa mort avait radicalisé les deux camps. La Guerre Civile éclata un an après avec la victoire électorale d'Abraham Lincoln (dont le programme se limitait pourtant à ne pas étendre l'esclavage).

    Victor Hugo écrivit une lettre célèbre pour demander la grâce de Brown :

    Devant une telle catastrophe, plus on aime cette république, plus on la vénère, plus on l’admire, plus on se sent le coeur serré. Un seul état ne saurait avoir la faculté de déshonorer tous les autres, et ici l’intervention fédérale est évidemment de droit. Sinon, en présence d’un forfait à commettre et qu’on peut empêcher, l'Union devient Complicité. Quelle que soit l’indignation des généreux états du Nord, les états du Sud les associent à l’opprobre d’un tel meurtre ; nous tous, qui que nous soyons, qui avons pour patrie commune le symbole démocratique nous nous sentons atteints et en quelque sorte compromis ; si l’échafaud se dressait le 16 décembre, désormais, devant l’histoire incorruptible, l’auguste fédération du nouveau monde ajouterait à toutes ses solidarités saintes une solidarité sanglante ; et le faisceau radieux de cette république splendide aurait pour lien le noeud coulant du gibet de John Brown.

    Ce lien-là tue.


    Lorsqu’on réfléchit à ce que Brown, ce libérateur, ce combattant du Christ, a tenté, et quand on pense qu’il va mourir, et qu’il va mourir égorgé par la République Américaine, l’attentat prend les proportions de la nation qui le commet ; et quand on se dit que cette nation est une gloire du genre humain, que, comme la France, comme l’Angleterre, comme l’Allemagne, elle est un des organes de la civilisation, que souvent même elle dépasse l’Europe dans de certaines audaces sublimes du progrès, qu’elle est le sommet de tout un monde, qu’elle porte sur son front l’immense lumière libre, on affirme que John Brown ne mourra pas, car on recule épouvanté devant l’idée d’un si grand crime commis par un si grand peuple.


    Au point de vue politique, le meurtre de Brown serait une faute irréparable. Il ferait à l’Union une fissure latente qui finirait par la disloquer. Il serait possible que le supplice de Brown consolidât l’esclavage en Virginie, mais il est certain qu’il ébranlerait toute la démocratie américaine. Vous sauvez votre honte, mais vous tuez votre gloire.


    Au point de vue moral, il semble qu’une partie de la lumière humaine s’éclipserait, que la notion même du juste et de l’injuste s’obscurcirait, le jour où l’on verrait se consommer l’assassinat de la Délivrance par la Liberté.


    Le Massacre de Sand Creek et la Conscience du Capitaine Soule

    Quand la Guerre Civile éclate (après la mort de son père Amassa), Silas Soule, qui n'a que 23 ans, devient officier comme volontaire dans la Cavalerie du Colorado.

    Son frère aîné, William Lloyd Garrison Soule, fut le Marshall de Lawrence pendant le second massacre de ce sanctuaire par les Missouriens, le 21 août 1863 (William ne fut pas blessé et finit sa vie comme politicien républicain en Californie).

    Silas sert sous les ordres du Colonel John Chivington (1821-1892, un ancien militant abolitionniste).

    En 1864, la Cavalerie est envoyée pour "pacifier" une révolte de Cheyennes. Chivington ne cachait pas qu'il avait pour doctrine que la seule solution était de les tuer tous.


    Quand le Colonel Chivington donna l'ordre de tirer sur le camp cheyenne le 29 novembre 1864 (alors que le camp s'était rendu), un seul officier (avec Joe Cramer), le Capitaine Silas Soule, refusa d'obéir au meurtre.


    Les troupes du Colonel Chivington massacrèrent plus de 150 Cheyennes à Sand Creek, Colorado, y compris femmes et enfants. Chivington accusa le capitaine Soule d'insubordination et de lâcheté. Soule fut mis aux arrêts.


    La presse avait d'abord pris le massacre pour une victoire militaire contre les "Peaux Rouges". Mais Silas Soule, malgré les intimidations et violences contre lui, fit déclencher une commission d'enquête et il vint témoigner des crimes de guerre et de la volonté génocidaire de Chivington contre un camp de civils qui se rendaient.


    Il décrivit des atrocités. Voici un extrait d'une lettre qu'il écrit le 14 décembre 1864 :




    The massacre lasted six or eight hours (...)


    It was hard to see little children on their knees have their brains beat out by men professing to be civilized.


    One squaw was wounded and a fellow took a hatchet to finish her, and he cut one arm off, and held the other with one hand and dashed the hatchet through her brain. One squaw with her two children, were on their knees, begging for their lives of a dozen soldiers, within ten feet of them all firing - when one succeeded in hitting the squaw in the thigh, when she took a knife and cut the throats of both children and then killed herself. One Old Squaw hung herself in the lodge - there was not enough room for her to hang and she held up her knees and choked herself to death.


    Some tried to escape on the Prairie, but most of them were run down by horsemen. I saw two Indians hold one of anothers hands, chased until they were exhausted, when they kneeled down, and clasped each other around the neck and both were shot together.


    They were all scalped, and as high as half a dozen taken from one head. They were all horribly mutilated. You would think it impossible for white men to butcher and mutilate human beings as they did.


    Mais certains considéraient le témoignage de Soule comme une trahison de l'armée en pleine guerre.


    Le dimanche 23 avril 1865, Silas Soule (qui était devenu Marshall de Denver, Colorado) rentrait chez lui avec Hessa Coberly, la femme qu'il venait d'épouser trois semaines avant. Il fut assassiné par Charles Squires, un des militaires qui avaient participé au massacre. Ses funérailles suivirent ainsi de peu son mariage.


    Un des anciens subordonnés de Soule, le Lieutenant Cannon réussit à capturer Squires au Nouveau Mexique. Mais Cannon fut ensuite retrouvé assassiné à son tour et Squires put s'échapper. Il ne fut jamais retrouvé.


    La Commission d'enquête du Sénat américain se prononça après l'assassinat, déclarant que le massacre de Sand Creek avait été la pire infamie jamais accomplie par l'armée américaine (le massacre des Sioux Lakota de Wounded Knee n'eut lieu qu'en 1890). Certains pensent que l'intervention de Soule arrêta de nouveaux massacres qui étaient préparés.


    Le Colonel Chivington fut amnistié après sa Cour martiale à la fin de la Guerre Civile mais fut renvoyé de l'armée. Il finit sa vie comme sheriff adjoint en Ohio.


    Soule périt à moins de 27 ans en défendant à nouveau des victimes, un héros à la fois dans l'action mais aussi dans son refus de participation au crime.

    [Vertigo & DC] Quelques news



  • Sur le site de Tor, Teresa Nielsen-Hayden commence à relire Sandman, le comic book de Neil Gaiman. Le début me paraît assez évident (analyser les 75 numéros comme une épopée continue) mais les commentaires sont particulièrement intéressants, notamment celui de D. Goldfarb sur le récit et la féminité.

    Le vrai thème unificateur de Sandman n'est pas seulement la méta-fiction du Prince des récits qui a son propre récit mais (utiliser Rot13 pour éviter le spoiler) yr snvg dh'vy avr rkcyvpvgrzrag yn srzzr nh qéohg, ra yn genvgnag pbzzr ha bowrg, rg fr ergebhir rafhvgr pbasebagé à yn genafsbezngvba enqvpnyr cne yn sézvavgé pbagrzcbenvar rg nepunïdhr (q'bù gbhgr y'uvfgbver nirp yrf Revalrf rg yrf Zbverf rg prg égenatr rffragvnyvfzr dhv n gnag snvg wnfre fhe yn dhrfgvba qr yn genaffrkhnyvgé).

  • Paul Levitz, le directeur de DC, quitte son poste et redevient le scénariste de la Légion des superhéros (qu'il n'a plus écrite depuis environ 20 ans). J'étais très fan de sa Légion vers 1985 mais il faut espérer qu'il n'aura pas aussi mal vieilli que Marv Wolfman ou Chris Claremont, qui furent certains des bons scénaristes des années 70-80 et qui n'arrivent plus vraiment à écrire aujourd'hui.

  • Je suis un peu sur l'expectative sur Madame Xanadu, la nouvelle série Vertigo. Le dessin du premier volume Disenchanted par Amy Reeder Hadley est vraiment splendide, malgré les influences manga et font même penser à la grâce de Charles Vess et Michael Wm. Kaluta (qui a d'ailleurs prisla suite de Reeder Hadley). Le scénario de Matt Wagner n'est pas bouleversant mais quand même ingénieux (mais Neil Gaiman a rendu les attentes assez élevées).

    Mme Xanadu était seulement une "Narratrice" des anthologies d'horreur de DC, une figure mystérieuse qui tire les cartes de tarots et dont tout le monde parle comme une figure importante sans qu'on sache vraiment pourquoi. La série lui crée un passé imposant puisqu'elle est en fait Nimue, soeur de la Fée Viviane du Lac et de Morgane, et qu'à travers les siècles elle va rencontrer divers artefacts magiques et tomber amoureuse du mystérieux Ange déchu immortel The Phantom Stranger (avec l'idée nouvelle qui est que sa vie n'est pas linéaire temporellement), avant de perdre ses pouvoirs dans le monde contemporain (ce qui explique qu'elle ne semble plus être qu'une voyante immortelle aujourd'hui). L'épisode pendant la Révolution exploite sans doute moins bien Marie-Antoinette que l'épisode sur Thermidor dans Sandman.

  • A Preview of Obama's Speech on Health Care


    Sauf peut-être la partie sur débrancher Mamie.


    C'est la mannequin britannique Alexa Chung avec AutoTuneTheNews.

    L'ennemi de mes ennemis peut être mon ennemi



    Barack Obama veut nommer son ancien collègue et ami de Chicago, Cass Sunstein, célèbre professeur de droit, à l'Office des Affaires de Régulations (mais certains disent que ce ne serait qu'une étape pour être un futur candidat à la Cour Suprême dès que John Paul Stevens daignera officialiser sa demande de retraite) et l'affaire devient assez surprenante.

    D'une part, certes, comme auparavant, les dingues habituels d'extrême droite comme Glenn Beck, grisés par la démission de Van Jones, essayent d'avoir la tête de Cass Sunstein en ressortant hors-contexte des citations. Il est notamment connu pour son hostilité envers la chasse et de nombreuses prises de positions théoriques sur les normes juridiques et bioéthiques.

    Le plus amusant est cet "argument" d'un activiste conservateur :

    “You can never elevate animals,” said Martosko. “All you can do is lower humans to the level of animals. If you’re intellectually honest — and Sunstein is a Harvard Law professor, so I’m sure he has thought through this — you can draw the conclusion from there to organ donation without consent, or to rationing of end-of-life care. There’s nothing special about you. You’re just another animal.”


    Parce que Sunstein veut accorder certains droits aux animaux non-humains, cela implique obligatoirement qu'il va retirer tout droit de vivre aux humains (le philosophe Peter Singer a dû intervenir pour défendre Sunstein de l'accusation d'être son disciple). C'est bien là de "l'honnêteté intellectuelle" (en fait, il avait proposé que le don d'organe soit autorisée par défaut si la personne défunte n'avait pas spécifié explicitement qu'elle le refusait).

    On admire au passage comment cette chasse aux sorcières permet en même temps de continuer la tactique de Health Scare en faisant croire qu'Obama veut faire un sénicide comme dans Logan's Run (dans le roman, on est tué à 21 ans, dans le film, on a droit à 30 ans) et prélever les organes de force comme dans Soylent Green : toute la dystopie SF des années 70 en un seul juriste ! Il faut espérer qu'ils pourront aussi montrer qu'il est un vampire, voleur de corps, un partisan de puces dans votre cerveau, de parasites extra-terrestres et d'androïdes homicides !

    Mais d'un autre côté, les conservateurs libertariens (comme chez Instapundit ou dans le blog de droit & de droite Volokh) le soutiennent car il est connu comme l'un des plus proches de leurs positions dans l'équipe Obama. Cass Sunstein défend une philosophie "libertarienne molle" appelée "paternalisme libertarien" de régulation minimale et une doctrine juridique appelée minimalisme, qui est une version bien plus "moderée" d'interprétation des droits que la conception "libérale" d'adaptation de la Constitution.

    Et à l'inverse, certains à gauche comme John Quiggin espèrent en fait que ces attaques de l'ultra-droite contre Sunstein réussissent parce qu'ils le jugent justement trop partisan du consensus "modéré" avec la droite. Il serait particulièrement ironique que Sunstein, qui prône la négociation avec les Conservateurs, tombe sous le coup de l'hystérie ultra-conservatrice qu'il avait l'air de minimiser.

    Cass Sunstein est un des "centristes" dans l'entourage d'Obama et il est marié avec Samantha Power, spécialiste des droits de l'Homme et conseillère en politique étrangère, qui avait dû quitter (pendant quelques temps) la campagne Obama après avoir dit qu'Hillary Clinton se comportait de manière "monstrueuse".

    Mais le principal reproche qu'on pourrait faire à Cass Sunstein serait (si on peut croire Wikipedia) que ses parents ont choisi pour son prénom d'honorer un Démocrate relativement pro-esclavage, secrétaire d'Etat du pire Président américain.

    Casino sur la mort



    Les death panels attribués au Plan public étaient un mensonge éhonté mais les compagnies privées ont vraiment mis en place une financiarisation des paris sur la mort. Certes, le viager ou même les assurances ont toujours déjà fait ce genre de calculs et de paris, mais ici le marché des décès a l'air encore plus direct.

    mardi 8 septembre 2009

    Connexion hebbienne



    Bobby Hebb aurait écrit la chanson qui semble si innocente Sunny (sortie en 1966) après l'assassinat de JFK le 22 novembre 1963 et la mort de son propre frère.

    dimanche 6 septembre 2009

    B.H.O. et l'économie d'eau salée





    Dans son long article "How Did Economists Get It So Wrong?" sur la macro-économie contemporaine, Paul Krugman commence par décrire l'état de la macroéconomie avant la Récession de 2008, qui semblait atteindre un consensus remarquable autour du paradigme "néo-classique" issu de Milton Friedman, renforcé par une hypothèse chère aux Financiers encore plus qu'aux économistes : "l'Hypothèse de l'Efficience des Marchés, selon laquelle, sans distorsion, les marchés peuvent se stabiliser aux "vrais" prix sans risque de bulles spéculatives.

    La Dépression actuelle, en plus des désastres sociaux et économiques, a donc été aussi un choc épistémologique dans l'Idéologie des économistes. Depuis, Krugman décrit un conflit politique plus tranché qu'auparavant entre les Economistes d'eau douce (surtout concentrés dans les Universités des Grands Lacs comme Chicago ou Minnesota) et les Economistes d'eau salée (sur les deux Côtes, en Californie ou à Princeton et Boston). Les premiers restent fidèles à un modèle anti-interventionniste ultra-friedmanien et refusent tout retour aux hypothèses de Keynes sur les instruments pour sortir de la Récession. Ils peuvent même aller jusqu'à un attentisme qui considère que la Dépression serait une destruction créatrice positive et nécessaire. Les seconds sont revenus du modèle pur néo-classique vers un néo-Keynesianisme (que Krugman semble trouver encore insuffisamment Keynésien) et Krugman préconise aussi de tenir plus compte du nouveau courant dominant de l'économie comportementale pour éviter les abstractions idéalisantes sur l'Efficience des Marchés.

    Le problème "épistémologique" est donc simplement redevenu partisan. L'équipe Obama, malgré des continuités évidentes avec l'ancienne équipe, avec Timothy Geithner ou Ben Bernanke, est nettement "eau salée" (et même Bush ou Hank Paulson au moment de l'effondrement avaient une attitude "eau salée") alors que les économistes d'eau douce fournissent maintenant des alibis sectaires au néo-"Hooverisme (oui, ou "Mellonisme") de l'Opposition républicaine.

    Sur Crooked Timber, John Quiggin a écrit plusieurs posts sur l'étrange popularité de l'Hypothèse d'Efficience des Marchés depuis ce premier le 22 juillet. Yglesias dit qu'au-delà de la mode les spécialistes universitaires des finances avaient un intérêt bien compris à défendre une telle hypothèse. Encore une fois, on pense à la formule de H.L. Mencken selon laquelle l'économie aura du mal à devenir une science "libérale" parce qu'elle est trop utile aux pouvoirs pour pouvoir s'en affranchir.

    jeudi 3 septembre 2009

    [JDR] Salon du Monde du Jeu



    Il aura lieu du vendredi 18 au dimanche 20 septembre. J'irai sans doute le samedi.

    Il continue à y avoir de moins en moins d'éditeurs présents et je regrette vraiment la disparition d'Hexagonal, qui avait le meilleur stand pour les jeux d'occasion (on en trouve encore des traces sur leur site).

    D'après le Guide du Rôliste Galactique, le Salon aura Les XII Singes (Trinités), Le 7ème Cercle (qui a sorti l'an dernier à la fois des extensions pour Qin et Devâstra, ils prévoient un supplément pour Capharnaüm), La Bibliotèque Interdite (WH40K, Scion), Black Book Editions (qui ressort deux vieux symboles de FASA, Earthdawn et Shadowrun), Le Grimoire, Les Editions du Matagot (Metal Adventures et une nouvelle édition de Te Deum), John Doe, Play Factory (D&D4), UbIK/Edge.

    Plus fort que les pseudo-menaces d'Eric Woerth





    Le Colonel Mouammar Qaḏḏāfi est très en colère parce que la justice suisse avait voulu juger un de ses fils, Hannibal, pour proxénétisme et divers mauvais traitements envers ses employés de maison, et le Chef d'Etat libyen a annoncé que lorsqu'il présiderait l'Assemblée générale de l'ONU, il proposerait l'abolition de la Suisse.

    He first mentioned his idea at the G8 summit in Italy in July. 'Switzerland is a world mafia and not a state,' he said.


    Le point de vue serait en fait assez raisonnable s'il parlait de Monaco.

    Il avait aussi déclaré que l'arrestation d'Hannibal était une immonde "prise d'otage", presque aussi scandaleuse qu'un Etat qui séquestrerait et torturerait des infirmières et un médecin sous des prétextes absurdes et ne les libère que contre une rançon.

    [Rediff] Listes universitaires

    (rediff du 25 juin 2005)

    Liste de commentaires qu'on n'entend jamais à un colloque (inspirées des Propos non-entendus à une inauguration d'une gallerie d'art conceptuel) :


    "Avant de commencer, je voudrais surtout ne pas remercier les membres du Département qui m'ont mis des bâtons dans les roues pour organiser ce colloque dont ils trouvaient le sujet, je cite, "connardissime". Oui, ceux qui sont là et qui sourient bêtement à présent. Si vous saviez combien ils me persécutent."

    "J'espère que vous avez tous oublié vos tickets de train et vos attestations CNRS, comme ça, je n'aurais pas à m'occuper de vos idioties de remboursements, bande de grippe-sous."

    "Je partirai juste après ma communication parce que franchement le reste du colloque n'est pas au niveau."

    "Je dois avouer que je n'ai rien pigé à ce que vous dites parce que je n'ai même pas lu les références les plus classiques du domaine et aussi parce que je suis un peu "lent"."

    "Oui, j'ai fini les transparents il y a deux minutes, ce qui explique qu'ils soient illisibles et contradictoires, et d'ailleurs oui, je m'en fous."

    "En tant que Président de la séance, je ne dirai rien, ce qui tombe bien parce qu'on est dans la session des infra-nuls et que je suppose qu'il n'y aura aucune question après une telle avalanche de truismes."

    "Vous vous entraînez ou vous êtes toujours aussi naturellement casse-pied quand vous anonnez votre texte ?"

    "Vous vous rendez compte qu'on me paye pour faire ce que je viens de faire ?"


    "Dites-moi si je me trompe, mais est-ce que cet exposé que vous avez déjà recyclé plusieurs fois n'aurait pas cette fois un authentique rapport avec le thème du colloque ?"

    "Je sais que je n'ai rien produit depuis 20 ans et qu'on m'a invité par politesse pour les promesses académiques que je n'ai jamais tenues mais je tiens à dire que j'ai vraiment les crocs, où est le buffet ?"

    "Je n'ai rien compris à votre présentation mais je ne vais pas poser une question sur mon propre domaine d'études rien que pour faire l'intéressant auprès de mes collègues, qui ne seraient pas dupes."



    "Je vais donner la parole au Professeur Machin mais je voudrais d'abord laisser le temps aux spectateurs avec un cerveau de s'éclipser. Non, pas de mouvement de panique, vous avez le temps."



    "Bien sûr que vous avez le temps d'installer le PowerPoint sur le vidéo-projecteur. Ce temps sera déduit de celui qu'on aura à subir votre paraphrase des diapos, c'est tout."

    "Il me semble que vous n'avez pas pris en compte mon propre ouvrage, ce qui est normal puisque de l'avis universel il est carrément nullos et en retard de 20 ans sur la littérature."

    "Je tiens à dire publiquement que vous êtes super-sexy dans cette tenue et que je n'ai regardé que vos jambes pendant l'exposé, et que toute question de ma part n'aurait pour but que de pouvoir sortir avec vous pendant le repas de clôture du colloque."

    "Votre "question" - ou plutôt ramassis incohérents de remarques - est tellement débile et hors-sujet que je ne vais même pas tenter de prétendre la rendre digne d'une réponse. Rendez service à tout le monde et partez vers le privé."



    "Je donne la parole à ma meilleure doctorante. Je ne dis pas ça parce que nous coucherions ensemble. Ce n'est pas faute d'avoir essayé."

    "Je vous interromps en tant que Président de la séance. Oui, je sais, il vous reste en théorie 20 minutes, mais soyons franc, wow, ça c'était l'exposé si rasoir que même Occam y trouverait à redire. Pourriez-vous lui retirer le micro, merci ? Non, c'est sûr, nous ne vous réinviterons pas. "

    "Je vous propose que nous sautions le repas pour je puisse poser plus de questions sans intérêt visant à me faire mousser auprès de futurs employeurs ou des Commissions de spécialistes."

    "En clôture de ce Colloque, je tiens à dire que nous ne ferons jamais les Actes parce que ce fut un échec consternant qui me fais douter du Progrès de l'humanité et que j'ai roupillé du début à la fin. Moi, je voulais faire danseur mais j'ai choisi l'université à cause de la durée des vacances."


    Liste de Titres de Thèse qui semblent indiquer que l'auteur avait en tête d'autres préoccupations au moment de déposer le sujet


    From Anaphase to Telophase: The Complex Steps of Cell Separation, None of Which, Incidentally, Involve Divorce Lawyers

    Various Expressions of Human Cognitive Ability: Why There Are Many Ways to Measure Intelligence Besides LSAT Scores, Stanford

    The Birth of Jury Trials: A Complete Translation of Lord Mansfield's Trial
    Notes, for Which I Will Finally Earn My Father's Respect

    Bond Rates as a Function of Market Equilibrium: Please, God, Don't Let Me Be Pregnant

    Multiracial Community Development at a Crossroads: The Effect of—Aw, Fuck, What's the Point?

    Experiential Deviations in Quantum—SWEET JESUS, THE KITCHEN IS ON FIRE!

    20six a détruit mes anciens blogs [Rect. Non]




    Tiens, en voulant lire un ancien post à propos des TCC, je me rends compte que les autres blogs de Phersu ont disparu. Les Blogs sont décidément un support bien éphémère et un petit mail d'avertissement aurait pu être le bienvenu. J'ai été un peu bête de ne pas mieux sauver mes posts, j'aurais dû le prévoir.

    Add. Mmm, j'ai testé d'autres pages sur ce fournisseur et le problème est peut-être en fait plus global...
    Add. Oh, ok, les pages sont revenues. Pardon d'avoir paniqué pour rien il y a deux jours.

    Revoilà le post du 24 mars 2005, copié d'après le Cache de http://phersu.20six.fr/phersu/59 (qui n'est pas non plus sur l'Internet Archive) :

    *


    A la demande de la Direction Générale de la Santé, l'Inserm a commandé un rapport d'évaluation des psychothérapies. Deux associations, l'Unafam (Union nationale des amis et familles de malades psychiques) et la Fnap-psy (Fédération nationale des associations de patients et ex-patients en psychiatrie) ont aussi participé au rapport.

    Ce rapport de 568 pages Psychothérapie : Trois approches évaluées (que l'on peut trouver par exemple in extenso sur le site de l'équipe du Docteur Thurin) était dirigé par Olivier Canceil (Hôpital Sainte-Anne), Jean Cottraux (Hôpital de Lyon), Bruno Falissard (Paris XI), Martine Flament (Université d'Ottawa), Jacques Miermont (Hôpital Guiraud, Villejuif), Joël Swendsen (Bordeaux 2), Mardjane Teherani (Hôpital Claude Bernard), Jean-Michel Thurin (plus une coordination éditoriale par une équipe de médecins de la faculté Bichat). Il fut rédigé de mai 2002 à décembre 2003.

    Les trois approches en question sont 1 la psychanalyse (appelée ici « psychothérapie dynamique ») 2 la théorie dite "cognitivo-comportementale" (TCC) 3 la thérapie dite "familiale ou de couple".

    La conclusion sur l'efficacité de la psychanalyse variait et reconnaissait qu'il n'y avait pas eu encore assez d'évaluations pour faire assez de "méta-analyses". Malgré le grand nombre de cas, il y a encore peu de données sur des populations entières. L'efficacité des psychanalyses était strictement supérieure à un placebo pour les névroses et troubles de la personnalité mais peu stable à long terme. Elle serait faible pour les dépressions sans traitement d'anti-dépresseurs (ce qui fait dire aux adversaires du rapport que ce n'est qu'une publicité pour l'industrie pharmaceutique).
    Si les premières méta-analyses sur l’évaluation ont abouti à la conclusion que la psychothérapie (toutes formes confondues) est bénéfique en comparaison avec une absence de thérapie, il est désormais clair que des différences significatives existent entre les différentes approches. Les effets les plus positifs sont à porter au crédit des approches cognitives et comportementales dans les comparaisons globales, sachant que les troubles anxieux et les troubles de l’humeur représentent la majorité des syndromes psychiatriques inclus dans ces méta-analyses.
    (Chapitre 11, page 418)

    C'est notamment cette évaluation qui a fait scandale en 2004. Même certains auteurs du rapport, comme le Dr J.M. Thurin (psychanalyste) sont en désaccord avec ces conclusions tranchées (tout en refusant par ailleurs qu'on enterre simplement le rapport, cf. le numéro de novembre 2004 d'Esprit.

    Le samedi 5 février, le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, invité par l'héritier de Lacan Jacques-Alain Miller à un Forum des Psychanalystes à la Mutualité déclare "qu'il n'existe pas une seule réponse à la souffrance psychique", laquelle n'est "ni évaluable ni mesurable". Toute la méthodologie d'une évaluation scientifique est donc refusée a priori puisque la souffrance serait toujours du « qualitatif » ou une « singularité irréductible ». Et tout espoir de différencier le faussaire du médecin est repoussé comme une idéologie scientiste de la "thérapisation".

    Le rapport Inserm fut enterré. Selon Le Monde :
    De mémoire de chercheur, c'est la première fois qu'un ministre de la santé conteste une expertise collective menée pendant près de deux ans par un organisme public, l'Inserm, à la demande de la direction générale de la santé (DGS) . Lors de sa publication, en février 2004, la DGS avait d'ailleurs reconnu qu'il s'agissait d'un "bon travail" .

    "Je suis très étonnée et assez scandalisée par cette réaction. Nous avons travaillé comme d'habitude, en demandant à un groupe d'experts reconnus de mener une analyse critique rigoureuse de la littérature scientifique internationale consacrée à l'évaluation des psychothérapies" , explique Jeanne Etiemble, directrice du centre d'expertise collective de l'Inserm.
    (...)
    "Ce que nous avons surtout recommandé, c'est de promouvoir les évaluations" , précise Olivier Canceil, psychiatre au centre hospitalier Sainte-Anne, à Paris, et membre du groupe d'experts de l'Inserm.
    Philippe Douste-Blazy a donc choisi de désavouer une expertise scientifique.
    (...)
    "Dénigrer le rapport de l'Inserm, c'était le prix à payer pour que les plus contestataires de la profession ne polémiquent pas sur le plan santé mentale" , décrypte un connaisseur du dossier.

    "En prenant cette position, le ministre ne rend pas service à la profession, estime Jeanne Etiemble. Il faut informer les professionnels de santé et les patients sur le bilan des connaissances et ouvrir l'offre de soins." "A moins de dire que la littérature scientifique internationale ne vaut rien, sur quoi se fonde le ministre pour critiquer le rapport ?" , s'interroge le neuropsychiatre Jean Cottraux, l'un des experts de l'Inserm, qui se dit "choqué" par cette attaque.


    Le site www.oedipe.org a des critiques du rapport Inserm, dont une interview de R. Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie qui remet en cause toute la classification des troubles issue du DSM (Diagnostic and Statistic Manual, manuel américain mais devenu référence internationale), en accusant finalement le rapport d'exprimer le scientisme, le Grand Enfermement des sujets et la domination biotechnologique.

    En lisant les forums sur Oedipe.org, on voit que certains continuent de prétendre (ce qui est la seule chose que je n'arrive absolument pas à comprendre) que la psychanalyse pourrait s'affranchir de la médecine et de la psychiatrie. Pourtant, j'aurais cru qu'un psychanalyste qui refuse de passer par la psychiatrie et la clinique et qui croit à la façon de certains Lacaniens qu'une "passe" philosophique lui permet d'aider des patients présente un vrai risque de mise en danger d'autrui. Mais Douste-Blabla préfère s'acheter le silence des organes de quelques intellectuels en prônant cette irréductibilité de la "souffrance psychique", qui signifie juste l'autorisation de la vaticination vide de quelques charlatans.

    Il y a certes un danger inverse de médicalisation uniquement pharmaceutique et les TCC sont sans doute aussi critiquables. Mais ce n'est pas en protégeant les statuts des chamanes-charlatans qu'on arrêtera pour autant la surconsommation française des tranquilisants.

    Mais pour s'amuser, je conseille la dernière analyse comique et narcissique de Jacques-Alain Miller qui explique à François Hollande que si le PS ne soutient pas ces lacaniens, ce serait du totalitarisme skinnerien (cet homme ne sait pas que l'étoile de Skinner a baissé depuis 1955 et que les TCC ne se réduisent pas au conditionnement des rats ?)...

    Mesure des thérapies





    Ce portrait du psychiatre Aaron T. Beck, le père des Thérapies cognitives depuis les années 60, a l'air assez hagiographique mais il rectifie au moins deux reproches fréquents contre ce courant désormais dominant.

    D'abord, Aaron Beck n'avait pas de naïveté sur la psychanalyse : né en 1921, il a commencé dans les années 50 comme psychanalyste orthodoxe et est arrivé à la critique de la psychanalyse par une crise de perplexité et une auto-critique de ses propres hypothèses. Selon l'article, son "expérience cruciale" qui l'a fait abandonner la théorie freudienne fut l'analyse des rêves des dépressifs. Il ne trouvait pas d'éléments qui corroborait l'interprétation d'une hostilité inconsciente refoulée retournée contre soi et il proposa plutôt une analyse par des "automatismes" de pensées nocives. On a beaucoup ironisé sur le scientisme positiviste d'Aaron Beck mais il prétend appuyer sa thérapie sur des expériences réfutables et sur des données mesurables. Ses études des dépressions et des suicides ont conduit à des "Echelles" pour mesurer les dispositions auto-destructrices.

    Cette obsession pour la "psychométrique" révisable conduit aussi à un second élément que j'ignorais. Certains psychanalystes réduisent (de manière assez plausible) l'approche "naturaliste" à un lobby pharmaceutique de médicaments (parce que le réductionnisme biologique mènerait donc à une vue purement "chimique") alors que Beck a au contraire tenté de mettre en place des critères où une thérapie de la dépression est efficace si et seulement si elle est supérieure à des médicaments (cf. aussi la relativité contextuelle de la mesure de l'effet Placebo). La profession des "TCC" semble bien avoir souvent basculé dans la simplification d'un traitement chimique mais cela n'a pas l'air d'être à cause de Beck.

    On What Earth Do You Live?



    Political Irony compare le Barack Obama sur la Terre Fox News (Dictateur communiste) et le Barack Obama sur la Terre Marvel (naïf dupé par le Gobelin Vert). Avantage : Terre Fox News, où il est au moins efficace dans son plan de subversion.