vendredi 12 décembre 2008

Bettie, the Bondage Brunette



Bettie Mae Page (1923-2008), décédée hier à 85 ans, aurait sans doute sombré dans l'oubli si elle n'avait pas été immortalisée (ou ressuscitée) par un personnage de papier.

Je ne connais pas d'autres exemples d'individu réel qui doive sa notoriété essentiellement à une fiction de bande dessinée, qui transforma une mannequin marginale en ce qu'on appelle un "Culte".



En 1982, le dessinateur au style réaliste Dave Stevens choisit de rendre hommage à la vedette underground oubliée dans sa bd Rocketeer pour le personnage de "Jenny Blake", la petite-amie du héros (et franchement, c'est quasiment le seul intérêt de ce comic, Stevens étant fondamentalement un illustrateur plus qu'un auteur de bandes dessinées). On redécouvre alors la plastique de cette mystérieuse strip teaseuse et mannequins pour magazines pour adultes qui avait disparu complètement dans les années 50, mais en un sens elle évoque déjà d'autres personnages des comic-books (comme la superhéroïne de l'Âge d'Or Phantom Lady, ci-contre).

(Et bien sûr en France, il y a l'exploitation de Bettie Page par la bd si bien dessinée de Berthet, Pin Up, avec un scénario que je trouve assez sans intérêt de Yann, voir Bettie en BD).

J'aime beaucoup Bettie Page mais je ne crois pas que ce soit lui rendre service de justifier son sex appeal en prétendant qu'elle aurait symbolisé une libération des moeurs, alors qu'au contraire son charme reposait sur l'innocence de son sourire dans la dépravation de ses photos sado-masochistes et fétichistes. Si elle avait un mérite, il ne serait tout au plus que d'avoir su maintenir et développer des dons naturels.

Elle fut peu connue de son vivant (à part une apparition dans Playboy #14 de janvier 1955) mais elle imposa un style particulier, la Brunette vénéneuse comme Jane Russell mais avec un air candide qui semble toujours décalé dans le contexte.

Mais ce n'est qu'au sein de l'hypocrisie des années 50 que son exhibitionnisme pouvait encore avoir un tel attrait de transgression. Il est significatif que Bettie Page, après le retour de bâton contre les photos érotiques soft des magazines pour adultes (notamment après une commission d'enquête du Sénateur progressiste du Tennessee Estes Kefauver) soit finalement "born again" et ait renoncé à cette vie de péché en partie par intériorisation des inhibitions qu'elle était censée si "innocemment" démanteler.

Bettie Mae Page doit d'ailleurs cette gloire en partie à ses célèbres "Bangs", sa frange si géométrique. Avant les années 50, elle a une coiffure qui la rend plus anonyme.

Bettie Avant La Frange

Avec la Frange qu'elle acquiert à la trentaine, et ce regard espiègle de la Mannequins pour "clubs de photographes" et photos SM d'Irving Klaw, cela donne :

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(Les photos viennent de la Bettie Page Shrine)

Un autre élément de sa légende est aussi une version plus obscure d'une Garbo. Page disparut et pendant des années on ignora ce qu'elle était devenue, ce qui préserva son Image de l'outrage des ans. Elle connut la pauvreté et fut même internée dans les années 80 pour troubles mentaux avant qu'elle ne découvre par hasard qu'elle faisait l'objet d'un nouveau Culte.

Je ne comprends pas bien qu'on la compare avec Dita von Tease, qui a certes les mêmes fétichismes et parfum de scandale mais pas le même sourire piquant.

3 commentaires:

Tom Roud a dit…

Ouh la, apparemment, il y a eu un léger problème de hotlinking !

Phersv a dit…

Bon, le hotlinking, c'est MAL, mais qu'est-ce qu'on voit ? Je ne vois que les images prévues !

Tom Roud a dit…

C'est bizarre, hier je voyais une annonce du genre "le hotlinking c'est mal", mais aujourd'hui, toutes les photos sont OK !