mardi 28 octobre 2008
La fadeur des faits
Ca faisait longtemps que je n'avais pas entendu Culture Matins.
Adler le 28 :
Le problème de McCain, c'est qu'il est favorable à l'avortement.
Ce qui est sans doute exact, si du moins on redéfinit la "vérité" comme ce que M. Adler peut sonder dans les fonds des consciences de M. McCain et non pas dans ses votes (0% de votes favorables à l'avortement selon la NARAL Pro-choice, en revanche noté à seulement 75% par le pro-life National Right to Life Committee).
La légende de la modération de McCain sur le sujet vient sans doute du fait qu'on peut douter de sa sincérité. Il a parfois tenu des propos peu théocratiques, peu évangélistes et il n'est pas leur candidat. Il accepte la recherche sur les cellules-souche et a pris des positions contradictoires sur les cas de viol ou d'inceste. Il est vrai aussi qu'il était prêt à prendre l'ex-démocrate Joe Lieberman comme co-listier alors que celui-ci est pro-choix. Cela rend d'ailleurs son opportunisme encore plus visible quand finalement il s'allie à Palin.
Les journalistes conservateurs américains ne cessent de dire qu'Obama doit être un crypto-gauchiste, contrairement à ce que ses votes au Sénat montrent. Les journalistes "libéraux" espèrent que McCain, parce qu'il a le sens de l'humour, ne peut pas être sérieux dans ses votes très néo-conservateurs.
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Libellés : spirit of '76
lundi 27 octobre 2008
Le vocabulaire contourné ou voilé
Je ne sais s'il est vrai que Sartre avait dit que le marxisme était la pensée "incontournable" du XXe siècle (et au fond son propre stirnero-nietzschéisme le regrettait sans oser le dire), mais il est en tout cas bien refoulé depuis l'effondrement de l'orthodoxie marxiste à la fin du XXe siècle. [Correction, via Elias dans les Commentaires : il avait écrit "indépassable"]
Hier, Delanoë était interrogé sur Canal+ et se défendait encore en distinguant libéralisme politique des Lumières et libéralisme économique, puis il ajoutait (je paraphrase de mémoire mais la fin est une citation)
Au nom de quoi se ferait aujourd'hui notre combat pour [divers sujets "sociétaux" dont le "droit à l'euthanasie dans la dignité"] "si ce n'est au nom d'une idéologie de la liberté".
L'ancien trotskiste de Socialisme et Barbarie Cornelius Castoriadis semble encore croire qu'il fait un paradoxe audacieux au début de L'institution imaginaire de la société (1975 !) quand il dit que le marxisme est "lui-même devenu une idéologie" en s'institutionnalisant, mais il est amusant de voir que tout ce courant est désormais tellement recouvert et oublié avec la prétendue "fin des idéologies" que le terme d'idéologie peut être désormais réclamé au premier degré par un élu socialiste comme quelque chose de positif.
Ce qui fait d'ailleurs penser à cette critique de la philosophie politique analytique par Raymond Geuss. Il reproche (assez justement, sans doute) à la philosophie de Nozick vs Rawls (qui partagent tous les deux des axiomes néo-kantiens malgré la divergence des conclusions vers le libertarianisme de Nozick et le libéralisme social-démocrate de Rawls) de quitter les problèmes politiques réels au profit d'une analyse purement formelle de droits et de situations complètement théoriques.
C'est toujours le vieux reproche (que Bernard Williams ou Peter Singer faisaient déjà il y a 35 ans) de trop faire de "métaéthique" sur les fondements. La philosophie anglo-saxonne serait alors une Idéologie servant à voiler les intérêts politiques et les vrais conflits de pouvoir (ce qui me semble très défendable, notamment dans le cas étrange de Nozick, si brillant et si aveugle sur son soutien à l'idéologie reaganienne dans les années 80).
Le problème est que la propre oeuvre de Geuss, dans une dérive continentale à partir de la théorie critique de Francfort, consiste à critiquer la politique de Bush en faisant de la critique littéraire ou de la critique esthétique des représentations, ce qui ne me paraît pas nettement plus intéressant que l'analyse métaéthique ou juridique contre les effets très concrets et dévastateurs des "idéologies". Des théories à partir de Rawls, comme le républicanisme de Pettit ou les textes de droit de Ronald Dworkin me semblent bien plus directement "pratiques" sur ce point.
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La meilleure nouvelle depuis un siècle
haaaaaaaa!.
(ok, après l'invention du mouchoir en papier)
Oui, je sais que le retour des zeppelins est en fait un de ces marronniers de la presse qui ne se réalisent jamais.
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dimanche 26 octobre 2008
Le Prix de la Banque de Suède est parfois surévalué
si on lit cet échange avec Edward Prescott (né en 1940), Prix Nobel d'économie 2004, qui pense que tous les problèmes de l'Amérique viennent en fait d'Obama et du fait que Bush n'a pas assez baissé les impôts.
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Libellés : oikia
Les Images de la Crise
Dans la série blogs pointus (non dénués d'épichairekakie) :
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Libellés : intertubes
Part Folksy, Part Douche-y
W. (quand même plus populaire que la Polio actuellement !) vient faire remonter les sondages du Maverick et de la Diva :
Par ailleurs, si le camp républicain a quand même les meilleurs clowns (en dehors peut-être de Joe Biden), une des choses qui détonne le plus chez Obama (en dehors d'autres évidences sur l'originalité de sa campagne) est sa maturité. L'intelligence n'est sans doute pas une qualité suffisante (Nixon, Bush père ou le Rhodes Scholar Clinton étaient déjà brillants) mais c'est quand même toujours un peu rassurant après tant d'années de bouffons d'avoir quelques adultes revenir au gouvernail de la première puissance mondiale (même si cela créerait aussi de faux espoirs et des malentendus).
Comme le dit l'humoriste John Hodgman, cela ferait presque même bizarre de voir un Chef de l'exécutif américain impressionnant intellectuellement (c'est l'un des candidats les moins honteux d'être un intellectuel dont on se souvienne depuis Adlai Stevenson ou Bill Bradley) ou en tout cas plus embarrassant.
Add. Rien à voir, mais je tombe aussi par hasard sur cette conférence de John Hodgman sur le Paradoxe de Fermi.
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Libellés : spirit of '76
jeudi 23 octobre 2008
and we are back
Samedi, vacances de la Toussaint !
Je finis de corriger mes 120 copies du bimestre (plus que 7 !) et je vais faire un jeu de rôle (hélas, presque improvisé) ce samedi.
En attendant, une remarque étonnante sur le long terme via John Cole :
The Republican party has not won a Presidential election without a Bush or Nixon on the ticket since 1928.
Ah, voilà pourquoi on a un nouveau Krach !
Pour éviter la malédiction, McCain aurait dû prendre comme co-listière Julie Nixon-Eisenhower, Dorothy Bush-Koch (ou même une des Jumelles) à la place de Qui-vous-savez.
En parlant d'elle :
Palin says she considers herself intellectual
(...)
"I always wanted a son named Zamboni," she said.
Quand je pense que ce sont les Américains d'origine africaine qui ont la réputation de donner des prénoms non-conformistes à leurs enfants...
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Libellés : nombril
lundi 20 octobre 2008
La fin du financement public en politique
publius donne des arguments pour se féliciter des fonds énormes d'Obama par rapport à McCain. Son argument est que comme les sommes viennent d'un nombre considérable de donateurs (aucun ne peut donner plus que 2300$ directement), cela ne donne pas le pouvoir à un lobby particulier.
Il est clair qu'il a un avantage sur les fonds que McCain peut utiliser. Déjà en 2007 Obama avait levé 340 millions de dollars, Hillary Clinton 287 millions, McCain 167 millions. En 2008, Obama a pu lever 600 millions de dollars alors que McCain n'a reçu qu'une avance de 85 millions de la Federal Election Commission.
Depuis le 19 juin 2008, Obama a annoncé qu'il renonçait au financement public, le premier candidat majeur depuis l'instauration du système il y a 32 ans à le faire (Ross Perot l'avait déjà fait en 1992, bien sûr). Il a déclaré que le système de financement public serait trop contraignant et finirait donc par le défavoriser par rapport à McCain. On a donc le paradoxe du candidat de droite remboursé par l'Etat (même si les groupes dits "527" levaient déjà des fonds hors des restrictions) et du candidat de gauche qui s'appuie sur des donateurs privés.
Mais quand je lis les Américains démocrates s'enthousiasmer pour les succès des fonds d'Obama, je me demande toujours si l'héritage ne sera pas finalement dangereux et si les plus ploutocrates ne finiront pas par tirer avantage de cette victoire financière d'Obama. Les Républicains seront encore moins enclins qu'avant d'accepter de la transparence comme la Loi dite Feingold-McCain. Le candidat républicain de 2012 aura beau jeu de modifier les règles de financement fédéral et il n'est pas sûr que le Parti démocrate n'ait pas plus tard à regretter cette stratégie.
La Federal Election Commission avait été créée à l'origine en 1975 pour réagir face aux manoeuvres commises par le Comité de réélection de Nixon. La victoire d'Obama ne défait-elle pas ce processus de dénixonisation ?
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La fin de Watchmen changée dans le film ?
(SPOILER, duh)
D'après les rumeurs, ils ne vont quand même pas jusqu'à un happy ending moral (l'ambiguïté amère de la fin de la bd étant quand même l'un des éléments les plus importants, puisque tout lecteur raisonnable doit en arriver à souhaiter la victoire du vilain), mais ils auraient quand même changé la conclusion (avec une série de bombes atomiques, ce qui sonne plus proche d'un épisode de 24). C'est un détail qui ne me paraît pas gênant et qui peut éviter une sorte d'humour de série B qui ne passerait peut-être pas bien à l'écran.
Plus on réfléchit au Plan du Vilain, moins il semble rationnel en fait. C'est peut-être une des conventions de bd qui n'est pas vraiment dépassée et cela reste un des aspects de l'oeuvre les moins convaincants. C'est certes volontaire et les personnages eux-mêmes commentent sur l'absurdité du concept.
Le Plan idiot fait penser à un vrai discours décalé de Ronald Reagan, qui aurait dit au Sommet de Reykjavik d'octobre 1986 que si les Extra-terrestres attaquaient la Terre, les USA et l'URSS seraient capables de surmonter leurs différends (mais Watchmen fut publié à partir de septembre 1986, ce qui serait donc une coïncidence).
Moore a aussi dit que la similitude du Plan avec l'épisode de 1963 The Architects of Fear n'avait pas été un souvenir conscient (même si son editor Len Wein lui demanda de changer la fin pour ne pas trop ressembler à cet épisode). Le Vilain, malgré tout son génie, avait vu trop d'épisodes de The Outer Limits...
Qui plus est, même la fin de l'épisode en question insistait déjà sur le fait que c'était un Plan qui ne pourrait pas réussir. Autrement dit, la fin de Watchmen est déjà critiquée par avance dans le petit "nanar" vieillot de sf dont il veut donner le reflet ironique...
Scarecrows and magic and other fatal fears do not bring people closer together. There is no magic substitute for soft caring and hard work, for self-respect and mutual love.
Et c'est là l'hubris du Vilain, croire en la "Magie", en une sorte de médiation illusoire comme stratégie pour manipuler le Grand Horloger, lui qui n'a pas les pouvoirs divins du Dr Manhattan. C'est encore plus prométhéen que le Dr Frankenstein puisqu'il crée le faux Monstre non pour émuler la création divine mais pour sauver l'humanité du Feu nucléaire.
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dimanche 19 octobre 2008
Investigative Humorist
Après son portrait dans le Washington Post en avril dernier, Adam Chodikoff, le documentaliste (researcher) qui édite ces géniales comparaisons, contradictions et repentirs en vidéo dans le Daily Show, a encore un article sur lui.
Et il est d'une rigueur digne d'un vrai chercheur.
Chodikoff doesn’t use Google to turn up inconsistencies, preferring news stories on LexisNexis, and he ignores Wikipedia.
Explaining why he prefers print over the Web, he cites a scene from the movie “Back to School,” when Rodney Dangerfield asks his son why he’s buying used books.
“And he says, ‘Because they’re already underlined, see?’ And Rodney says, ‘But that guy could have been a maniac.’ And that’s the problem with the Internet.”
Tsss. Il ne pourra jamais travailler pour Fox News ou écrire un Blog avec de telles méthodes.
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Feindre de rire de soi
Le Saturday Night Live d'hier avec la vraie Sarah Palin me met vraiment mal à l'aise.
Les Républicains montrent souvent - comme pour George W. Bush - qu'ils peuvent avoir un comportement haineux, méprisant et sûrs d'eux-mêmes, et en même temps une capacité étonnante à simuler l'auto-dépréciation pour désamorcer toutes les critiques (Dick Cheney disant qu'il aime être Darth Vader, Bush jouant tout le temps à l'idiot, McCain disant qu'il va engager Joe le Plombier pour ses 8 maisons).
On ne sait pas ce qui est le plus pathétique ici, le fait que le producteur de SNL Lorne Michaels (qui a donné 2300$ pour la campagne McCain et qui avait déjà un sketch un peu limite qui disait que le vrai coupable du Krach était Georges Soros qu'il faudrait éliminer...) semble ainsi vouloir apaiser les critiques, le fait que Sarah Palin fasse semblant d'avoir de l'humour (où on voit d'ailleurs que son accent habituel pendant la campagne est en fait exagéré) ou le fait qu'elle reconnaisse dans un mélange de candeur et de cynisme qu'elle refuse bien toute conférence de presse.
Il y a quelque chose de grinçant quand une "plaisanterie" ressemble trop à un vrai aveu.
Le rap sur Obama et Ayers est ensuite tout aussi douloureux à regarder, un peu comme lorsqu'il y a quelques années Patrick Sébastien avait si maladroitement tenté de se moquer de Jean-Marie Le Pen en le faisant jouer une chanson raciste. Surtout dans un contexte où M. Palin montre son vrai humour en comparant Obama à un assassin de femme enceinte.
Alec Baldwin - qui a vraiment déclaré que la victoire de McCain serait une catastrophe - joue dans 30 Rock (dont la 3e saison commence le 30 octobre prochain) un rôle de producteur qui serait partiellement inspiré de Lorne Michaels (d'où la rencontre avec Wahlberg qui cherche son imitateur). Sarah Palin lui dit qu'elle lui préfère son petit-frère Stephen Baldwin parce que celui-ci est devenu un born-again Christian après le 11 Septembre 2001 alors qu'Alec (qui a versé 130 000 dollars pour les Démocrates !) a une série d'articles durs contre McCain dans son blog.
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Libellés : spirit of '76
samedi 18 octobre 2008
Galimafrée
Le jury de l'IUF n'a pas apprécié qu'on le sélectionne ainsi, avec 21 autres, sur fait du Prince et sans classement.
(Même si le Jury senior compte entre autres pour la philosophie un *"penseur original" qui mélange Vico, Malebranche et René Thom dans des voyances vides, ce qui ne me paraît pas très crédible non plus)
L'entrée Schadenfreude m'apprend que le terme s'oppose chez Aristote, Ethique à Nicomaque II, 7, 1108b à la Νέμεσις, traduite par Tricot "juste indignation", qui est le ressentiment devant un bonheur jugé non-mérité de quelqu'un d'autre (ce qui la distingue de la simple Envie/Jalousie).
Décidément, tous les rivaux de Badinguet pour 2012 s'auto-éliminent les uns après les autres.
Comme disait Adimante dans la République de Platon (VIII, 563a-b) que prétend avoir lu la déléguée de Quatrième dans le film : "Le professeur craint ses élèves et les flatte (...), s'abaissant au niveau des jeunes, se gavant de bouffoneries et de plaisanteries, imitant les jeunes pour ne pas paraître désagréable et despotique."
Désolé pour le Godwin mais vraiment quand il s'agite avec ses bras, on dirait un autre leader joué par Charlie Chaplin pendant une autre Dépression...
Yecch, Badinguet vient de caresser l'épaule de Bush...
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vendredi 17 octobre 2008
What Me Worry?
Les deux discours satiriques de McCain et Obama hier soir au dîner en l'honneur d'Alfred E. Smith (Gouverneur de New York, premier candidat catholique aux Présidentielles en 1928, battu par Hoover) étaient tous les deux excellents (et assez similaires) mais j'aime surtout ce passage où Obama se compare au héros des couvertures du magazine Mad.
I was thrilled to get this invitation and I feel right at home here because it's often been said that I share the politics of Alfred E. Smith and the ears of Alfred E. Neumann.
Obama est vraiment un héros geek :
Who is Barack Obama?
Contrary to the rumors you have heard, I was not born in a manger.
I was actually born on Krypton and sent here by my father Jorel to save the Planet Earth.
Je dois avouer que cette dernière phrase est la première fois que je me sens obamaniaque et pas seulement anti-mccain.
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jeudi 16 octobre 2008
Résultats canadiens
Je repense au Canada en partie à cause de la nouvelle campagne publicitaire pour les frites McCain où tout le monde parle avec l'accent québecois pour bien insister sur le fait qu'ils n'ont rien à voir avec les USA et surtout avec le candidat républicain (McCain Foods est la seconde plus grosse multinationale canadienne derrière le groupe pharmaceutique Katz)...
J'avais donc eu plutôt tort dans les pronostics sur les élections canadiennes d'avant hier : les Conservateurs ont raté la majorité absolue, en partie, dit-on, grâce à un refus clair de subventionner la culture, qui leur aliéné le Québec, et le Bloc Québecois n'a pas connu le déclin annoncé.
En revanche, le grand parti central de l'Opposition, les Libéraux, se sont bien effondrés comme prévu.
Les Conservateurs ont eu 38% des votes et 46% des sièges. Ils passent de 127 à 143 sièges (il leur en fallait 154 pour avoir la majorité absolue). Le Bloc Québecois les a privés d'un gouvernement majoritaire et ils devont continuer de négocier avec lui.
Les Libéraux baissent légèrement en voix (26%) mais perdent d'un coup 20% de leur siège (76 au lieu de 95, soit 25% de la Chambre). Ils sont presque tombés au niveau du parti provincial du BQ ! Il est clair que Stéphane Dion, le Québecois qui dirigeait le Parti, va se faire remplacer dans un futur assez proche. Cela devrait se jouer entre deux députés anglophones de l'Ontario, Michael Ignatieff ou Bob Rae (on parle aussi de Justin Trudeau, nouveau député de la banlieue de Montréal, le fils du légendaire Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, mais il me semble pour l'instant trop jeune à 37 ans).
Le Bloc Québecois reste stable avec 10% des voix au niveau fédéral (ce qui n'a aucun sens dans leur cas) mais surtout 38% dans la Province du Québec. Cela leur donne 16% de la Chambre, à 50 sièges (+2). C'est une victoire surprise pour Gilles Duceppe, le député de Laurier-Sainte-Marie, qui dirige le Bloc depuis douze ans.
Le Nouveau Parti démocrate (Opposition de gauche) a une nette victoire. Avec un suffrage fédéral stable autour de 18%, ils ont réussi à conquérir 7 sièges de plus, ce qui les fait passer à 37 sièges (12% de la Chambre). Ils sont presque remontés à leur niveau historique le plus élevé (ils avaient 43 députés en 1988). Le Parti libéral ne peut désormais plus se passer du petit Parti de gauche de Jack Layton (député de Toronto-Danforth). Il reste à voir ce que Layton peut faire de ces gains.
Quant aux Verts, ils ont échoué, malgré une légère augmentation en total de voix au niveau fédéral (6%). Leur leader, une environnementaliste très religieuse, a été battue (32% contre 46%) en Nouvelle-Ecosse par le Ministre conservateur de la Défense Peter MacKay dans une circonscription où les Libéraux s'étaient pourtant retirés pour lui donner une chance. Les Verts n'ont plus aucun député. Leur unique député dans la législature précédente avait été en fait élu comme Libéral en Colombie britannique, puis avait changé de Parti mais a été battu.
Add.
Via Robin Laws, j'apprends que le dessinateur Chester Brown, que je croyais naïvement anarchiste de gauche, était candidat à Toronto pour le Parti libertarien, où il a eu 0,8% des voix. Je crois que je boycotterai désormais ses comics, que j'aimais bien, s'il commence une dérive à la Dave Sim.
Jon Stewart a aussi commenté les élections mais les auteurs n'ont rien trouvé à part s'étonner de l'accent de Stéphane Dion.
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Libellés : Ô Canada
mercredi 15 octobre 2008
Obey! Consume!
Je ne crois pas être un gauchiste mais il y a une publicité en ce moment qui m'irrite de manière un peu irrationnelle. Je crois que c'est pour une compagnie téléphonique et le narrateur énumère ce qui fait sa vie (j'imagine que l'idée est que la compagnie serait aussi essentielle que sa famille, ses amours - traitées comme des biens de consommation - et ses meilleurs amis, en un sommet d'aliénation deshumanisante).
Et il cite son patron :
"Mon patron : qui parfois me critiquera mais qui me permettra d'avancer."
La publicité pour un téléphone croit utile de vous dire que votre employeur vous "aide à avancer". C'est le genre de modération bayrouiste que je retrouve dans les conclusions fades de dissertations mais là on croirait presque des scènes sur l'Idéologie de la dystopie dans They Live où la télévision reagano-zombie explique au spectateur :
The old cynicism is gone. We have faith in our leaders. We're optimistic as to what becomes of it all. It really boils down to our ability to accept. We don't need pessimism. There are no limits.
Par ailleurs, pour continuer dans la sémiotique sans intérêt des propagandes, vous avez remarqué la coïncidence des publicités avec scènes de glossolalies macluhaniennes où des personnages disent n'importe quoi et où on est censé remplir soi-même les arguments du message ?
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Libellés : tv
mardi 14 octobre 2008
Lethal Chat
Cela commence de manière assez cordiale mais ensuite Matt Taibbi humilie vraiment son interlocuteur de National Review sur les conditions de la crise financière quand celui-ci veut tout rejeter sur le CRA et Freddie Mac (même si je n'ai aucune idée sur le rôle réel des CDS ou du Commodities Futures Modernization Act par rapport au Gramm-Leach-Bliley Act où on retrouve à nouveau le même Phil Gramm, conseiller économique de McCain).
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"Laïcité positive" en Corée du Sud
La Corée du Sud était un Etat laïc mais l'américanisation rapide et la domination des Chrétiens (notamment Protestants) commencent à mettre en danger cette neutralité, avec un nouveau Président élu en 2007, qui croit aussi que "la République ne peut se passer d'Espérance".
The South Korean Constitution bans designating any faith as a state religion. Nearly half the country's 47 million people disavow any religious affiliation. The religious - Buddhists (10.7 million), Protestants (8.6 million), Roman Catholics (5.1 million) and Confucianists and other minorities - have long coexisted peacefully, even within the same family.
Lee Myung-bak was not the first Christian that South Korea has elected President. Two of his three predecessors were practicing Christians.
But discord flared after Lee's inauguration in February.
Buddhists complain that of the 16 members of Lee's cabinet, 13 are Christians while only one is a Buddhist. (The other two have no religious affiliation.)
Lee Myung-bak, Presbytérien, élu en décembre 2007 (après le plus à gauche ex-catholique Roh Moo-hyun), a le soutien des églises d'origine anglo-saxonne. Il a organisé des prières de pasteurs pour George Bush. Il a proposé une réforme de l'éducation où les cours dans le secondaire seraient désormais entièrement en anglais.
Des fondamentalistes chrétiens sont allés jusqu'à vandaliser, un peu comme certains talibans, des idoles de Dangun, fils du dieu Hwanung et d'Ungnyeo, une Ourse-garou, le fondateur mythique de la Corée.
(Par ailleurs, en République de Chine, le fascinant Lee Teng-hui, ancien Président de Taiwan pendant toutes les années 90, qui commença comme Kuomintang pour passer ensuite dans le camp indépendantiste, était aussi un Presbytérien).
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Libellés : l'orient compliqué, laïcité
Et je faisais déjà de l'insomnie avant...
"Vous êtes inspecté."
- AAAAAAAAAAAAAAAAAH !
- Mais ce n'est rien, vous savez ?
- AAAAAAAAAAAAAAAAAH !
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Libellés : nombril
lundi 13 octobre 2008
Mooreana
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