Les jeux de rôle ont été clairement dominés par le genre de la fantasy parce qu'ils sont nés avec D&D - mais aussi parce que la fantasy, plus directement accessible sans explication, l'a aussi emporté en littérature populaire sur la science-fiction dans les années 1990. A présent, le genre le plus important en jeu de rôle en dehors de l'heroic fantasy doit être le fantastique contemporain (Call of Cthulhu, Vampire).
Les "jeux de superhéros" sont particuliers puisqu'il s'agit d'une adaptation d'un "genre" qui n'existe quasiment que dans le medium des comics américains (même s'il y a des romans et des films de superhéros). la version en jeu de rôle (les "JDRSH") est très populaire aux Etats-Unis où on considère évident qu'il y a un lien entre le fait de jouer des personnages imaginaires et la satisfaction des fantasmes de "puissances" que représente le genre.
Le genre des JDRSH est dans l'ensemble assez méprisé en France. On toujours les "types en collants" ridicules, manichéens et trop "américains". Pourtant, les jeux de rôle français font souvent du superhéros sans le dire, avec des jeux de fantastique contemporain : In Nomine Satanis/Magna Veritas (où on joue des Diables et des Anges sur Terre) ou Nephilim (où on joue des esprits élémentaires possédant des êtres humains) ressemblent beaucoup par leurs pouvoirs aux JDRSH (même si les codes moraux sont plus ambigus).
Pourquoi les jeux de role de superhéros ont créé les jeux de rôle
En fait, et même si je suis biaisé par mes propres préférences, je crois qu'on pourrait donner des arguments objectifs pour montrer l'importance des JDRSH dans l'histoire des JDR en général.
D&D (1973) était un wargame de figurine modifié et même un jeu aussi innovant que Traveller (1977) était une sorte de jeu tactique très complexe (où on était même censé refaire les scénarios plusieurs fois comme des problèmes tactiques). On dit parfois que Pendragon (1985), le jeu sur le Roi Arthur de Greg Stafford, fut le premier jeu à pousser les joueurs à entrer dans les détails psychologiques de personnages très différents d'eux puisqu'on devait tirer leurs "Passions".
Certes, D&D ou surtout Empire of Petal Throne (1976) ou Chivalry & Sorcery (1978) avaient déjà décrit quelques aspects psychologiques ou moraux (comme l'alignement) et surtout sociaux (le but du jeu étant de devenir un seigneur et de développer son domaine). Certains jeux comme Bushido (1981) avaient même commencé à développer des systèmes pour les relations familiales.
Mais dès les premiers jeux de superhéros, et notamment Champions (1981), il fallait simuler non seulement les combats mais aussi tout le Soap Opera des comic books. Dès lors, le JDRSH créa les premiers systèmes pour pousser les joueurs à prendre des liens personnels, des personnages non-joueurs dépendants et des intrigues intimes qui ne se limitaient pas aux objectifs de combat ou d'acquisition de pouvoir.
Le JDRSH peut donc être aussi manichéen moralement que D&D mais il tend aussi à rendre nécessairement les personnages plus complexes que les jeux précédents. Cela a été ensuite transféré aux autres jeux mais on oublie que ce fut historiquement une invention des JDRSH.
Voir cette liste (très partielle) de jeux de superhéros (il y avait une liste bien mieux faite sur le site du GROG mais elle est en rade) et en français Swarm of Heroes, le site français sur les JDRSH.
mardi 10 février 2009
Les jeux de rôle de superhéros (I)
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Libellés : jdr
Une liste des cross-overs de l'été de DC Comics
Les comic-books américains sont caractérisés par ce qu'on appelle le principe de "continuité" : chaque bd s'insère dans un "univers fictif commun", où les personnages de titres divers se rencontrent et où les événements peuvent avoir des effets à travers des bd différentes.
L'univers de DC Comics fut le premier à créer le principe de continuité (dans All-Star Comics en 1940), quand ils créèrent la première équipe de superhéros, la Justice Society of America. La JSA regroupait toute une partie de leurs personnages (en gros, les personnages pas assez populaires pour avoir déjà plusieurs titres comme Superman, Batman et Wonder Woman).
A partir des années 1960, quand ils relancèrent leurs personnages tombés dans l'oubli, ils expliquèrent le changement en disant que leurs nouveaux personnages (regroupés dans la Justice League of America - la JLA est à la JSA ce que l'ONU est à la SDN) vivaient sur une Terre parallèle appelée Terre 1 et que leurs personnages précédents vivaient sur Terre 2 (rétroactivement rétrogradée). Curieusement, les personnages de Terre 2 étaient aussi des fictions sur Terre 1 et les habitants de Terre 1 connaissaient donc leurs contreparties de Terre 2 en lisant des bandes-dessinées retraçant les événement de l'autre monde (et par la suite on apprit qu'une Terre appelée Terre-Prime avait des récits fictifs sur les héros de Terre 1).
Une coutume devint chaque été de faire un "cross-over" (une histoire mélangeant des personnages de plusieurs bd) où les héros de Terre 1 allaient visiter leurs camarades de Terre 2. Cette histoire "Crisis on Earth 2" lança la coutume des "Crises" : chaque année les héros de l'univers fictif de Terre 1 rencontraient une nouvelle Crise à travers une myriade de mondes alternatifs, ce qu'on a appelé le "Multivers DC" (alors que l'univers Marvel fut au début un peu moins foisonnant en Terres parallèles, même s'ils se sont amplement rattrapé depuis).
Voici les cross-overs principaux depuis 24 ans :
La même année, Bruce Wayne est hospitalisé et sera aussi brièvement remplacé.
1993 Bloodlines : un groupe de parasites extra-terrestres sanguinaires (inspirés d'Alien) arrive sur Terre et donne des superpouvoirs à certains humains. Sans doute le plus médiocre cross-over de tous.
Cela conduit à une explosion de cross-overs cette année-là avant les 20 ans de Crisis on Infinite Earths. Countdown to Infinite Crisis comporte de nombreux événements, surtout une invasion de "OMACs", androïdes fabriqués par un ordinateur conçu par Batman... Hal Jordan ressuscite et redevient Green Lantern.
L'Univers DC est à nouveau rebooté et DC Comics décide de faire un bond d'un an dans le futur, qui sera ensuite raconté rétroactivement dans la série hebdomadaire 52. Le Multivers est recréé avec 52 Terres Parallèles au lieu d'une infinité.
Sinestro Corps War : Sinestro crée son propre Corps de Lanternes jaunes pour lutter contre les Green Lanterns. Il reçoit l'aide du Cyborg-Superman (voir 1993) et du Superboy de Terre-Prime.
Une série hebdomadaire, Countdown (to Final Crisis), retrace les événements liés au nouveau Multivers avec ses 52 Monitors. Monarch réapparaît (voir 1991 Armageddon 2001), mais cette fois il est redevenu Captain Atom... C'est aussi le retour de Darkseid et des Dieux d'Apokolips. Mais la plupart de ces événements dans Countdown seront ensuite déclarés "apocryphes" et contredits par Grant Morrison dans Final Crisis.
Batman est censé "mourir" et sera remplacé pour quelques temps par plusieurs Batmen rivaux. Flash II (tué en 1985) ressuscite, sans aucune explication.
Quand on regarde ces 25 ans, on a donc une histoire pour réconcilier des contextes différents en une seule continuité (Crisis on Infinite Earths) et ensuite à l'inverse de manière contradictoire plusieurs histoires pour recréer le Multivers (1994 Zero Hour, 2005 Infinite Crisis) pour finalement reprendre un nouveau Multivers (52).
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Libellés : comics
Iznogoud impopulaire, qui l'eût cru ?
Y a-t-il un site quelque part qui ait centralisé la quantité incroyable de contre-vérités prononcées par le Chef de l'Etat lors de l'émission du jeudi 5 février ?
Je n'avais plus parlé des sondages depuis juillet dernier.
- BVA (24 janvier) : +2 (+47% / - 45) Variation : -1
- CSA (4 février) : -16 (39% / 55%) Variation : -10.
- Ifop (29 janvier) : -17 (41% / 58%). Variation - 11.
- Ipsos (5 février) : -25 (36% / 61%).
- Opinionway (5 février) : +7 (53% / 46%).
- TNS Sofres (5 février) : -23 (37%/60%) Variation : -8
Toujours très impopulaire donc, sauf sur la planète parallèle risible OpinionWay/LeFigaro (qui ne posait la question que sur le caractère "convaincant" pendant son allocution) et dans les chiffres de BVA. Curieusement, BVA l'avait à -32 en avril 2008. Il est vrai qu'à l'époque, l'Ifop l'avait au record de -44.
Voir aussi la courbe Ipsos comparant Chirac/Iznogoud.
Quand on regarde les courbes BVA depuis 1981, les Présidents s'effondrent tous jusqu'à la phase de cohabitation, qui leur permet de remonter. Mitterrand devient impopulaire en 1983-1986 et remonte en 1986-1991, puis il baisse à nouveau sous Cresson-Beregovoy et ne remonte que sous Balladur. Chirac s'effondre très vite en 1995-1997 mais remonte sous Jospin en 1997-2002. Il sera à nouveau impopulaire sous son quinquennat raté. Pour l'instant, Badinguet est tombé encore plus vite que Chirac en 95 (les Etats de Grâce ne durent plus aussi longtemps qu'en 1981-1983) et n'a pas de rebond durable.
Marianne a cette semaine des statistiques amusantes montrant que le Président a eu environ autant de temps d'antenne télévisée dans sa première année que Miterrand et Chirac pendant leur 26 ans de mandat (certes, on triche car il y a un effet démultiplicateur des nombreuses chaînes de télé en plus).
Cependant, je suis choqué, Le Point n'a pas eu Badinguet en couverture cette semaine (mais une couverture contre le PS archaïque/divisé/sansidées). Pas étonnant qu'on ait une Tempête et la grêle.
Encore 1180 jours (avant qu'il ne batte Ségolène Royal, d'accord).
Add. Le Mammouth Déchaîné a une vidéo énumérant des mensonges antérieurs. Celui où Balkany dit que son ami devait travailler pour payer ses études est digne d'un sketch des Guignols. Ces gens ont tellement de culot dans le bluff qu'on en est désarmé...
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dimanche 8 février 2009
J -26
Plus que 26 jours avant Watchmen.
Je me souviens avoir écrit sur ce blog des choses comme "oh, le film sera décevant de toute façon, j'attendrai le dvd" mais ce n'était que des stratégies transparentes "Renard et les Raisins Verts" pour lutter contre l'impatience. Bien sûr que j'irai le voir à J+0/1. Je crois même que mon degré de Geekisme va augmenter et que je vais acheter des produits dérivés (il y a un bouquin de Dave Gibbons sur les esquisses et brouillons de la bd par exemple) et pour la première fois de ma vie l'expérience totale, le DVD version longue quelques mois après.
Cela dit, je crains toujours l'effet Lord of the Rings. Je n'avais pas trouvé l'adaptation mauvaise, c'est seulement qu'elle m'avait soudain dévoilé tout ce que je n'aimais pas dans l'oeuvre originelle et que j'avais réussi à refouler à la lecture.
Je me souviens encore de la sortie de la bd originelle il y a 23 ans. Je n'avais pas d'argent de poche et j'ai lu la bd entièrement à la FNAC des Halles assis dans les rangées avant de pouvoir l'acheter quelques années après. Oui, un peu comme le personnage de l'ado qui lit toutes les bd de Pirates à l'intérieur de Watchmen sans les acheter. Je n'avais pas remarqué la mise en abyme à l'époque d'ailleurs.
Oh, et même si Moore refuse d'accorder son nom à cette adaptation "trop fidèle" par Snyder, le dessinateur Gibbons donne sa bénédiction. On ne va pas être plus royaliste que le roi.
Il fait une remarque ici sur les choix de couleurs non-primaires (de l'orange et du violet) que je n'avais jamais remarqués, ce qui opposera l'atmosphère de ce film et celles de nombreux autres qui n'insiste que sur des contrastes tranchés.
Add. Même le New Yorker fait du Watchmen, avec cette version de leur célèbre mascotte au monocle, Eustace Tilley.
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L'ennemi dans le miroir
Forte hausse des suicides de soldats en Irak et en Afghanistan :
More soldiers will have killed themselves than died in combat last month. According to Pentagon statistics, there were 16 U.S. combat deaths in Afghanistan and Iraq in January.
"This is terrifying," an Army official said. "We do not know what is going on."
L'explication pourrait simplement être l'usure (il y aurait eu six fois plus de suicides qu'en janvier 2008).
Cela rappelle qu'Obama doit désengager les troupes d'Irak mais cela ne règlera pas le problème puisque (1) certains doivent vivre encore plus mal les derniers mois en Irak alors qu'ils sont encore plus conscients qu'ils ne devraient plus y être et que leur mission était fondée sur des buts controversés ; (2) le bourbier afghan sera de toute manière tout aussi dangereux.
De manière générale en dehors des contextes de guerre, dans la plupart des sociétés industrialisées, on a plus de probabilité d'être tué de sa propre main que de qui que ce soit d'autre. En France, le taux de suicide général est de 17.6 pour 100000 (26.4 pour la population masculine). Le taux d'homicide volontaire est autour de 1.6 pour 100000. Un Français aurait donc 16 fois plus de chance de se tuer que d'être assassiné.
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samedi 7 février 2009
L'armada manta
La meilleure photo qui soit (sans pingouin ni zeppelin) :
Une migration d'un banc de raies manta dorées au large du Mexique
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Woerth Remix
(Via Cardamome) la surdouée Parisienne Libérée sur le Ministre du Maquillage des Chiffres, Eric Self-Woerth.
Franch'ment
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vendredi 6 février 2009
Obama connaît bien l'Italie
Sinon, pourquoi était-il aussi ostensiblement l'un des rares Congressmen à bouder cet escroc Berlusconi avant même toutes ses gaffes stupides sur son "bronzage" ? C'était lors du discours de Berlusconi en un anglais singulier il y a 3 ans en mars 2006 (via Eve Mongin) :
Comme dit le commentaire, il a l'air perplexe et ébahi que les autres applaudissent...
Add. Un dessin de Pancho dans le Canard :
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jeudi 5 février 2009
Les Crétois mentent toujours mais je ne suis même pas Crétois
Badinguet :
- "On m'a fait beaucoup de reproches dans ma carrière politique, mais pas de mentir."
Si, si(c), tel quel.
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Libellés : badinguet
ES et ressentiment
Cela fait une semaine que l'Association des profs de SES a critiqué les propos de Sarkozy sur la série ES (il affirmait que les élèves ne pourraient entrer en école de commerce dominée par la série S). Et il répète exactement les mêmes idées ce soir.
Cf. aussi l'édito d'Alternatives éco :
En 2006-2007, les bacheliers ES représentaient 43 % des élèves des classes préparatoires Economiques et Commerciales et 37 % des élèves intégrant 24 grandes écoles de la Banque Commune d'Epreuves, alors qu'ils ne sont que 31 % au sein des bacheliers généraux. Au total, 60 % des étudiants admis dans les écoles de commerce après le bac sont issus de la série ES, ainsi que près de la moitié des étudiants des Instituts d'Etudes Politiques.
Nicolas Sarkozy, titulaire d'un bac B, ancêtre du bac ES rappelons-le, a-t-il quelques frustrations cachées ? Rêvait-il d'intégrer HEC, ou l'Essec ? Est-ce par dépit que tout jeune, il s'est engagé dans la politique ? Allez, M'sieur Sarkozy, président de la République, c'est tout de même pas mal comme boulot, ne soyez pas aigri, n'ayez pas honte de votre formation initiale !
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mercredi 4 février 2009
Shorter Bernard Kouchner
Réponse à Pierre Péan (France 2) :
- Les indigents du Gabon devraient me remercier d'avoir accepté de l'argent d'Omar Bongo, Môssieur Pujadas !
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"Des résultats médiocres"
Via Sauvons l'Université, une première réponse et quelques rectificatifs (qui ont le seul défaut de rediffuser le pénible discours de notre démagogue en chef, qu'on n'a fait que trop voir) :
Tout le monde est estomaqué sur le passage sur "l'auto-évaluation" où il s'essaye à "l'humour" grinçant ("ah bah, celui qui agis s'évalue, c'est confortable comme système, moi aussi alors je vais m'autoévaluer " - n'est-ce pas ce que fait déjà son miroir narcissique TF1 ?). Quel dommage que Ferrari et Pujadas soient sans doute trop mauvais pour poser des questions à ce sujet demain soir.
(Un détail amusant à la manifestation du 29 janvier est qu'il y avait aussi un cortège du CNU derrière Paris VIII mais je n'ai pas osé demander quelles étaient leurs doléances spécifiques.)
Le chiffre sur le CNRS dans le classement de Shanghaï est en additionnant toutes les UMR du classement, c'est ça ?
Add. Même le Conseil scientifique du CNRS est indigné et envoie un Zéro de conduite (à l'unanimité des membres) :
"Le Conseil scientifique du CNRS réuni le 27 janvier 2009 s’associe à la forte émotion des personnels de la recherche provoquée par le discours du Président de la République du 22 janvier 2009. Il s’indigne de l’énoncé de contre-vérités manifestes appuyées sur des éléments partiels et des erreurs concernant la recherche française, notamment en ce qui concerne son mode d’évaluation. Ce discours lui semble procéder de la provocation. Le Conseil scientifique du CNRS exprime donc sa profonde réprobation."
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lundi 2 février 2009
Il y a de la lumière, c'est chauffé
Je sais que je retarde de deux semaines mais je n'avais pas encore lu ou vu le fameux discours du Chef de l'Etat sur la recherche du 22 janvier dont on parlait tant pendant la manifestation du 29 et qui a sans doute joué un rôle dans la mobilisation de l'Université aujourd'hui.
Même en voulant être charitable avec les intentions des rédacteurs du discours, que peut signifier ce passage ?
Franchement, la recherche sans évaluation, cela pose un problème. D’ailleurs toute activité sans évaluation pose un problème. C’est le Conseil National de Universités, organe indépendant des universités, qui conduira cette évaluation. Ecoutez, c’est consternant mais ce sera la première fois qu’une telle évaluation sera conduite dans nos universités, la première. En 2009. Franchement, on est un grand pays moderne, c’est la première fois.
Je ne comprends pas. Le peu que je connais de l'Université et du CNRS me paraît supposer au contraire de nombreuses missions d'évaluation assez souvent. Que veut-il dire ??
Et il y a ce fameux passage où ses tics nerveux deviennent presque incontrôlables tant il sue de ressentiment envers les chercheurs et répète le mot "réalité" cinq fois de suite comme s'il espérait ainsi se persuader de la justesse de son action ou modeler les faits.
La recherche serait-elle uniquement une question de moyens et de postes ? Comment donc expliquer qu’avec une dépense de recherche plus élevée que celle de la Grande Bretagne, plus élevée et environ 15% de chercheurs statutaires en plus, que nos amis Anglais, la France soit largement derrière elle pour la part de la production scientifique dans le monde ? Il faudra me l'expliquer ! Plus de chercheurs statutaires, moins de publications et pardon, je ne veux pas être désagréable, à budget comparable, un chercheur français publie de 30 à 50% en moins qu’un chercheur britannique dans certains secteurs. Évidemment, si l'on ne veut pas voir cela, je vous remercie d'être venu, il y a de la lumière, c'est chauffé…… On peut continuer, on peut écrire. C'est une réalité et si la réalité est désagréable, ce n'est pas désagréable parce que je le dis, c'est désagréable parce qu'elle est la réalité, c'est quand même cela qu'il faut voir. Arrêtez de considérer comme sacrilège celui qui dit une chose et voir si c'est la réalité. C'est la réalité qu'il faut contester dans ce cas là.
(Son imitateur Michel Guidoni ne pourra jamais en rajouter assez pour être aussi lourd)
A quels secteurs faisait-il allusion ? Quelqu'un a les chiffres ? Je n'ai pas trouvé de réponse détaillée chez SLR et SLU.
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Final Crisis #7/7
La mini-série Final Crisis de Grant Morrison est terminée et la réception est dans l'ensemble assez mitigée, se résumant à "On ne comprend rien". Ce qui entraîne des défenses contre le philistinisme des lecteurs, puis des attaques outragées contre le snobisme des critiques, comme d'habitude.
Malgré toute mon hostilité à l'anti-intellectualisme, je dois dire que je me range aussi dans cette catégorie de ceux qui ne comprennent pas. J'ai beau voir (je crois) les métaphores, les symboles et allégories "méta-référentielles" (une histoire sur la notion d'histoire et de narration), je ne crois pas que cela suffise à justifier une lecture qui m'ennuie sans du tout créer l'impression de sublime et de divertissement, ou de libre contemplation qu'elle prétend atteindre.
Oui, c'est un hommage à l'univers DC. Mais Marv Wolfman - pourtant infiniment moins doué que Morrison - avait réussi à le faire bien mieux dans la Crisis on Infinite Earths (1986) et de manière à la fois plus accessible et finalement plus habile en enfouissant mieux les métaphores. A force de répéter "Je suis une métaphore", on n'est plus dans la littérature mais dans les pires gadgets de la post-modernité.
Donc le cross-over sur tout l'univers DC se finit avec Superman faisant un technobabble sur la Musique des Sphères (les vibrations entre les mondes) et chantant pour recréer un univers sans le contrôle de Darkseid, victoire de la Musique comme imagination et innocence du Devenir contre le nihilisme de la Volonté de puissance représenté par l'Equation de l'anti-vie. Et Superman en tant que Personnage représentant le Protagoniste de toute narration obtient de l'univers le McGuffin ultime : le Happy Ending. Oui, c'est dit de manière aussi explicite et lourde dans le récit.
Mais je ne suis pas le public visé, je l'ai déjà dit. Je reste allergique au charabia prétendument épique du Kirbyverse que je considère comme un cancer corrompant l'Univers DC. Or toute cette série est une Ode chantant les éloges du Kirbyverse comme l'essence dionysiaque profonde de la poésie délirante de l'univers DC. Je reste en désaccord. L'univers DC est bien sûr riche et divers mais en son fond à mes yeux c'est avant tout des auteurs de SF soft enfantine comme Gardner Fox, John Broome, Mort Weisinger (oh, et bien sûr Jerry Siegel), pas le bouillonnant Jack Kirby, qui n'a apporté qu'aux années 70 Darkseid et tout ce panthéon d'opérette qui aurait plus sa place dans l'univers mélodramatique Marvel.
Grant Morrison répond :
Of course I’m aware of a perpetual and chronic discontent from a particular jaded minority on the internet but I try to overlook their constant expressions of dissatisfaction on the grounds that it’s depressing and often personally abusive.
Cela me paraît une critique raisonnable contre nous les fans (mais cela a semblé profondément agacer Tim O'Neil).
Il donne enfin un guide indispensable sur la chronologie et l'ordre de lecture (ce qui n'apparaît pas dans le comic qui a l'air complètement incohérent dans ses allusions) :
FINAL CRISIS # 1- 3
SUPERMAN BEYOND # 1- 2
SUBMIT
FINAL CRISIS # 4 – 5
BATMAN #682 – 683
LEGION OF THREE WORLDS #1- (pas encore achevé)
FINAL CRISIS # 6 – 7
Oui, la fin à paraître de la série inachevée expliquera ensuite ce qui avait eu lieu au début de Final Crisis #6. Et il s'étonne qu'on ne suive pas ?
Et de manière plus substantielle, il explique son but :
Finally I wanted to wrap all that up inside the final story of the Monitors and explain their strange relationship with the DC Multiverse, in a kind of mythic ‘origin’ story inspired by the basic conflict that defines my job – the war between the white page/the Void and the ink/the Multiverse of possibilities!
Donc la destruction des Mondes représente le tarissement de l'inspiration et le Multivers représente la superposition contradictoire dans l'imaginaire.
I found myself wondering what it would be like if comics’ storytelling stopped aping film or TV and tried a few tricks from opera, for instance. How about dense, allusive, hermetic comics that read more like poetry than prose? How about comics loaded with multiple, prismatic meanings and possibilities? Comics composed like music? In a marketplace dominated by ‘left brain’ books, I thought it might be refreshing to offer an unashamedly ‘right brain’ alternative.
Douglas Wolk a annoté le septième épisode et toute la série (voir aussi les annotations d'Uzumeri). Au lieu d'éclairer la bd, les notes ne me paraissent que prouver le caractère incompréhensible. Je ne suis pas complètement persuadé par la théorie du Parricide d'Alan Moore en Darkseid mais c'est une clef ingénieuse, qui marche assez bien avec tous ces échos de Watchmen (si ce n'est le léger détail que Watchmen est une oeuvre réussie).
Wolk explique et défend la série. Mais je suis plutôt d'accord (à part le commentaire sur le quick buck) avec la réponse lapidaire d'Abhay Khosla :
"This was just a bunch of nonsensical gobbledygook thrown out there for a quick buck by an insane Scottish drug addict."
The final issue of a series being incomprehensible nonsense unless you happened to read one of the half-dozen tie-ins is sloppy, unacceptable horseshit. I guess to my mind, that's exactly 100% no-question the kind of thing comic publishers should NOT be rewarded for doing. Let alone be praised for selling something self-contained??? I don't understand that.
And I'm fine if the response to that is "Oh, you can understand the last issue even though you don't know who Mandrakk is. You don't have to know anything about anything. You don't have to know which way to turn the pages even. You just have to feel things with your heart. Look into your heart! LOOK INTO YOUR HEART" I don't think I deserve to be loved, and I have intimacy issues, and Superman defeating evil through the magic of song can find no purchase in the barren place where my feelings should reside. I'm sorry.
Jeff Lester a une explication fascinante sur le caractère elliptique de ce comic. Selon lui, toute cette métaphore sur le dieu Vampire qui vit dans l'Hemorragie entre les Mondes serait un miroir du travail de notre propre imaginaire parasitant l'espace elliptique entre les Cases :
Scott McCloud talked in Understanding Comics about the "blood in the gutters," the moments between panels where the real action takes place and reader closure occurs. (And isn't it possible, by the way, this term at least partially informs Morrison's metaphors of blood and vampirism throughout this book?)
Perhaps Morrison feels he can shorthand so much story information and character motivation because the reader will ultimately make all those connections on their own anyway, just as they do the action between panels.
Mais le commentaire, aussi intéressant soit-il, ne peut pas suffire à justifier rétroactivement le comic insatisfaisant. Un bon comic doit pouvoir se lire d'abord au premier degré avec un certain plaisir alors qu'on n'a ici qu'un chaos de nonsense qui ne peut trouver sa structure que dans le commentaire d'après coup. Surtout qu'on a vraiment l'impression que Morrison invente au fur et à mesure et qu'il n'y a pas autant d'unité thématique qu'il le prétend ensuite (Mandrakk n'apparaît que soudain dans Superman Beyond 3D avant de remplacer Darkseid dans la fonction de l'Antagoniste, sans qu'on comprenne pourquoi).
Quant au retour de Batman dès le #7, cela a le mérite de la franchise puisque nul ne doutait qu'il reviendrait mais présenté ainsi sans explication cela n'engendre que frustration.
Add. Voir aussi ce dialogue podcast chez Funnybook Babylon. Certains intervenants disent qu'ils n'ont jamais lu de bd de superhéros aussi ambitieuse et comprends mal. Promethea me paraissait bien plus intéressant dans ses expériences (malgré les défauts de son didactisme sur la magie).
Add. Un bon article sur FC qui rappelle le paradoxe selon lequel CoIE (Crisis on infinite Earths, 1986) était un comic plus naïf et mélodramatique et pourtant finalement bien plus poignant et émouvant que FC simplement parce que c'était le premier mega-crossover (infiniment supérieur au médiocre Secret Wars de Marvel) et que tous les autres n'en furent ensuite que la parodie et l'affadissement. Je n'ai même pas de vrai agacement en lisant FC, je ne ressens en fait rien ou presque, sinon un peu de désillusion. Tout cela pour ça ?
Si FC me laisse un goût un peu amer c'est en fait qu'il finit par détruire tout ce que CoIE aurait pu avoir encore de sublime. Ils ont ressuscité Barry Allen mort il y a 25 ans (comme Marvel vient de ressusciter le dernier Inressuscitable avec Bucky) et désormais plus personne ne pourra jamais croire que les comics ne sont pas qu'un éternel retour sisyphien de Groundhog Day, où aucune perte et aucune négation définitive n'arrive à tenir. CoIE avait une vraie atmosphère de Ragnarok crépusculaire où on pouvait croire que le Multivers DC était en train de changer de manière définitive. Il se passait quelque chose dans une structure immuable. FC achève la destructuration de ce qu'avait tenté CoIE : c'est un non-événement, quelque chose pour rappeler que non, tout peut arriver mais que rien ne se passe.
L'auteur le résume par une expression intéressante : tout ce qu'a fait Morrison n'est finalement qu'une histoire de cabot hirsute, récit inutilement long dont la chute est qu'il n'y en a pas, qu'il ne peut pas y en avoir.
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Libellés : comics
Palmarès
Le Palmarès :
- Fauve d'Or (Meilleur Album) : Pinocchio de Winschluss, Les Requins Marteaux.
- Prix essentiel du Patrimoine : Opération Mort de Shigeru Mizuki, Cornélius.
- Essentiel Révélation : Le Goût du chlore de Bastien Vivès, Casterman
- Essentiel Jeunesse : Le Petit Prince de Joann Sfar, Gallimard
- Prix de la BD alternative : DMPP (ex-Dame Pipi Comix).
- Prix René Goscinny : Groeland Manhattan de Chloé Cruchaudet, Delcourt
Je n'avais hélas rien lu dans la sélection officielle, à part Lost Girls, Adrian Tomine et De Gaulle à la Plage.
Vanna Vinci est une auteure italienne qui mélange un style réaliste italien, mais surtout Hugo Pratt avec, dit-on, des influences du shōjo manga (manga pour jeune fille). Personnellement, son graphisme dans cet album me ferait penser à l'érotisme d'Hypocrite de Jean-Claude Forest (style qui me paraît beaucoup manquer aujourd'hui dans le paysage). Oh, et Sophia porte parfois les vêtements de Philémon, ce qui lui va très bien.
L'histoire n'a à prime abord rien pour m'attirer puisqu'il s'agit encore d'une métaphore de Bildungsroman alchimique, jungerie qui me rebute d'habitude. Il suffit d'habitude que je vois l'expression "Oeuvre au Noir" ou "Pierre philosophale" pour m'enfuir en courant. Franchement, à part peut-être au second degré avec le Pendule de Foucault et à part pour la poésie de Gérard de Nerval, est-ce que ces références occultes et "hermétiques" ont déjà été vraiment intéressantes ?
L'héroïne Sophia découvre à Bologne que son ami est mourant et fait donc ce que vous feriez à sa place : elle part pour Paris chercher le secret de l'immortalité dans les connexions occultes des innombrables alchimistes qui ont l'air d'hanter cette ville (il n'y a plus que les Italiens qui croient encore à notre mythologie lutétienne). Elle devient donc l'Apprentie-alchimiste, sans vouloir l'immortalité pour elle-même. Le contraste entre le réalisme quotidien et la banalité de ces rencontres mystiques avec Nicolas Flamel et le Comte de Saint-Germain crée une impression particulière de fantastique désamorcé. Il y a beaucoup de longs dialogues et donc de "talking heads" (suite de cases sans action) sur les trentenaires-qui-n'arrivent-pas-à-s'engager mais je dois dire que malgré mes réserves sur le thème, l'ennui et la froideur un peu abstraite des personnages, j'accroche assez au style graphique pour avoir envie d'en essayer d'autres.
En plus de Sophia, Lilian Browne et Aida, elle a aussi une série humoristique non-traduite La bambina filosofica, qui a l'air un peu à la Brétecher, sur une Mafalda aux goûts à la Jacques Bouveresse, qui a l'air d'aimer surtout les essayistes de Mitteleuropa comme Karl Kraus ou Cioran.

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Une autre défense d'Iggy
Par un de mes hémisphères, Usrehp :
Tes critiques contre Ignatieff sont ineptes.
1) Le Canada est frappé par une crise difficile. Mieux vaut laisser les Tories se dépatouiller avec que de les renverser d'une manière assez ambiguë juste après leur victoire relative aux élections et un échec cinglant pour les Libéraux.
Le Parti libéral est actuellement ruiné (des *millions* de dollars de dettes) et tombé au plus bas électoralement. Il a besoin d'une petite cure d'opposition, pas d'improviser une Coalition hétéroclite qui aurait vite avorté et permis aux Tories de revenir encore plus forts au bout de quelques mois.
2) Certes, Ignatieff avait fini par dire qu'il soutiendrait le projet de Coalition, mais l'idée venait de Dion, pas de lui. Pourquoi lier le Parti libéral, parti de gouvernement fédéral avec un groupuscule socialiste et un parti séparatiste/souverainiste qui souhaite quitter le Canada ?? Ce serait comme reprocher à l'UDF de ne pas faire d'accords avec Mélenchon et le FLNC.
Je laisse passer l'argument idiot à la fin, qui montre bien l'intempérance des analogies de ce commentateur. Il faudrait imaginer les Nationalistes corses avec une forte majorité en Corse des 2/3, et une Corse bien plus grande qui aurait 25% de la population totale du pays au lieu de 0,0045%, ce serait donc plutôt démographiquement PACA + Languedoc + Rhône-Alpes + Midi Pyrénées). Et si les Libéraux sont l'UDF (mais une UDF en principal parti d'opposition au lieu d'un petit FDP), ils pouvaient faire un accord avec un PS qui le souhaiterait (même si je reconnais que le NDP canadien semble plus à gauche que le PS français, plus proche du Old Labour).
En revanche, j'admets que le premier argument sur le contexte de crise me rend aussi hamletien qu'Ignatieff finalement.
Le tort serait donc d'avoir lancé la Coalition, pas de l'avoir fait avorter. Mais les partisans de la Coalition pourront faire remarquer que c'était à l'époque une question de vie ou de mort pour l'Opposition au moment où Harper essayait d'augmenter les chances de la majorité de garder le pouvoir.
Add. : Un portrait destructeur contre le pauvre Ignatieff :
He was a sort of Anglophone version of Bernard-Henri Lévy, but with a pedigree and without the money or aversion to shirt-buttoning.
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L'écu fiscal
Via Kevin Drum et Iron Knee :
According to new IRS data, during the first six years of the Bush presidency, the 400 richest Americans saw their average income double. At the same time, the average tax rate that they paid fell by a third, to 17.2%, the lowest rate since the IRS started tracking this data. Yes, that’s right, if you are a normal middle-class employee who works for a living, you almost certainly paid a larger share of your income in taxes than the 400 richest Americans.
J'ai toujours espéré naïvement que la justice puisse coincider avec l'efficacité à moyen terme, mais ce genre de politique doit prouver au moins négativement qu'une telle injustice finit par être aussi assez inefficace.
Voir aussi parmi les doctrines économiques réfutées chez Quiggin, voodoo / trickle down economics (y a-t-il une traduction standard ? Economie du dégoulinement ? de la diffusion ? Galbraith raconte qu'on appelait aussi cela d'un terme de commensalité la théorie du cheval et de l'hirondelle : si vous donnez assez de céréales au cheval, il en passera toujours assez vers les hirondelles au bord des routes... ).
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West Wing, Saison 8
Via Melismes, le retour de WW (non, pas Wonder Woman).
Voir aussi WW The Animated Series.
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