Non seulement le Large Hadron Collider du CERN attire des jihadistes mais en plus il fait croire à des physiciens professionnels que le Cosmos conspire pour nous avertir de ne pas découvrir le Boson de Higgs (ces deux physiciens ont l'air presque pires qu'un créationniste ou même que Michel Maffesoli).
Cela ferait sans doute une bonne nouvelle de science fiction. Les amateurs de SF croient souvent que le Genre est propice à la science mais on peut se demander si le Genre de fiction scientifique n'est pas au contraire en train de devenir un Obstacle épistémologique majeur qui séculariserait des interdits des idéologies religieuses ("L'Homme n'est pas censé dévoiler la Nature des choses", cf. ce dessin de Dresden Codak : "si la SF avait existé à la préhistoire").
mardi 13 octobre 2009
Le LHC fait perdre 1d100 points de SANté mentale
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Libellés : sf
Nouveaux postes
Dimanche, Eric Besson, Ministre chargé des trahisons :
Voir Benoît Hamon passer de porte-parole du PS au porte-parole du FN, c'est incroyable.
Mardi, Nadine Morano, Ministre chargée du népotisme :
C'est incroyable qu'on attaque ainsi quelqu'un seulement pour son nom. En plus, l'EPAD, personne n'en avait jamais entendu parler et c'est une position qui n'est même pas rémunérée !
Add.
Mardi, discours du Président de la République sur la réforme des lycées :
Ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est d'avoir travaillé dur et d'avoir fait la preuve par ses études de sa valeur.
Parfois, je le trouve encore plus drôle que Berlusconi.
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Libellés : badinguet
lundi 12 octobre 2009
Circenses
On reproche à certains joueurs de football américain d'avoir parié sur des combats de chiens, mais comme le fait remarquer Malcolm Gladwell, on pourrait aussi s'indigner du fait que c'est le football américain qui repose sur les traumatismes craniens (chronic traumatic encephalopathy) de ses participants humains, tout comme la boxe (et de même pour le rugby, j'imagine). On est choqué de la barbarie des jeux du Cirque (où certes, les gladiateurs esclaves n'avaient pas vraiment le choix) mais la différence de cruauté est plus relative qu'on ne pourrait le croire : la société du spectacle ne repose pas uniquement sur l'humiliation collective des participants de jeux-réalité en boucs-émissaires mais aussi sur la souffrance et les dommages des athlètes qui consentent de se rendre si vulnerables par des excès nocifs des sports.
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Libellés : le sport corrompt l'argent
Progrès et substantifique moëlle
Leibniz (qui ne partageait pas la conception étriquée de Monsieur Des Cartes sur les prétendus animaux-machines) prévoit vers 1680 une attaque pré-Luddite de l'Espèce Canine contre la Machine à Vapeur, car le nouveau Pot au feu risque de les priver :
"Qvoyqve nous ayons cedé la moëlle aux hommes pour l’amour de la paix, ce n’a esté qve pour nous conserver mieux nostre droit sur les os mêmes, qvi a esté d’autant plus affermi par cette composition.
Bon Dieu, qve la convoitise des hommes va bien loin, qvi ne se contentant pas de manger qvelqvesfois tout ce qu’ils ont, n’ont pas honte de nous vouloir ravir nostre portion. Mais cette gourmandise pourroist estre punie severement par les Dieux tutelaires de nostre espece, et le grand Sirius, ou chien celeste, qvi a merité place parmy les astres, plaidera sans doute nostre cause devant Iupiter, si les hommes refusent de nous faire droit. Mais Sirius luy même nous pourra vanger de l’injustice des hommes, redoublant les chaleurs des jours caniculaires, dont il est le maistre comme vous sçaués par la grande connoissance qve vous avés de l’Astronomie.
Outre que cette nouuelle mangeaille pourra faire de mechans effects parmy les hommes, et les rendre tous cyniqves, veu qu’ils sont déjas inclinés aujourdhuy à l’impudence."
Les Chiens menacent ensuite d'une grande grève si on ne leur reconnaît pas le droit aux os dans leur dureté, comme Prométhée même l'accorda à Jupiter.
On notera que les Chats n'ont pas le même moyen de retorsion car leur grève est si ancienne qu'on les croit maintenant naturellement nonchalants.
Voir aussi cette lettre où Leibniz, décidément cynophile, assure avoir vu un Chien capable de répéter des mots français.
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dimanche 11 octobre 2009
Surévaluation des martyrs
Sullivan nomine les Manifestants iraniens (ou alors le politicien khomeyniste "battu" Mousavi - dont le réalisateur Makhmalbaf dit qu'il a vraiment beaucoup changé) comme Prix Nobel de la Paix.
Can you imagine how much more impact it would have had to have given them this prize? How big a blow it would have delivered to those vile torturers and thugs, Ahmadinejad and Khamenei?
Oui, d'ailleurs, on constate que le régime iranien a failli s'écrouler quand Shirin Ebadi l'a reçu en 2003.
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Arcane Legions
Malgré mon peu de goût pour les jeux tactiques et les wargames, j'ai finalement craqué et ai acheté Arcane Legions (que j'avais vu au Monde du Jeu).
Je sais pourtant que je n'aurai vraiment pas la patience d'y jouer (même mon jeu ultra-simplifié que j'avais créé en 2005 Πόλεμος των πόλεων, je ne l'ai en fait jamais testé) mais Arcane Legions a en effet l'air adapté à mes goûts.
Le monde est un mélange d'Antiquité et de fantasy où Cléopatre VII, avec à ses côtés Marc Antoine a réenchanté le monde ancien. Elle a donc une armée de momies égyptiennes, de Sphynges mais aussi de créatures mythologiques grecques comme les Théssaliens centaures.
Octave Auguste, de son côté, a vu les Druides celtiques gagner soudain des pouvoirs magiques et il s'est allié à eux (ce qui donne une agréable ambiance à la Asterix, si ce n'est qu'Obelix est mercenaire pour Auguste).
On a donc une Guerre entre Gallo-Romains et Helléno-Egyptiens, ce qui devrait suffire à combler mon envie de wargames antiquisants et pseudo-mythologiques.
Je passe sur les autres armées disponibles : la magie a aussi fait apparaître des races purement fantastiques qui semblent venir directement de Warhammer. Les Slaves sont devenus des Nains alchimistes (à qui Auguste et Cléopatre achète des Golems ou des Cataphractes magiques qui évoquent plus Iron Man), les hordes hunniques des Xiongnu sont devenues des Orcs et les Crétois sont devenus des Minotaures (conduits par le roi Minos lui-même revenu des Enfers). L'Empereur des Hans, allié aux Japonais, a une armée qui compte des Guerriers statues, des chimères qilin et des Dragons.
C'est un jeu de combat de masse et pas d'escarmouche (même si l'échelle des figurines n'est pas précisée, en fait) et il utilise le plastique 25mm et non du plomb (ce qui me le rend bien préférable à WarGods of Aegyptus, difficile à trouver en France de toute manière). On dispose les figurines sur chaque socle où elles servent à représenter à la fois les Ordres possibles (chaque trou représente une action pour l'unité comme se mouvoir, tirer ou attaquer) et les pertes (quand une unité perd des figurines, elle perd donc aussi une latitude d'actions).
Le jeu a été créé par le célèbre Jordan Weisman (qui a déjà créé BattleTech ou HeroClix). Ils ont aussi innové en expliquant les règles par une série de vidéos en ligne avec un combat entre un général romain et une mage égyptienne.
Je ne suis pas du tout un tacticien mais à première vue, je ne comprends pas bien pourquoi le fait d'être attaqué sur les flancs n'a l'air de donner aucun malus pour se défendre. Les jeux antiquisants ont l'air au contraire de considérer que c'est le centre de toute tactique, réussir à déborder les lignes pour les encercler.
Les reviews que j'ai pu lire (comme RobotViking) disent aussi que les tirs d'archers sont trop puissants mais j'ignore si ce n'est pas quelque chose d'assez réaliste (et qui va être compensé par la puissance des défenses de certaines armées comme les Cataphractes et les Légionnaires).
Les figurines des chefs et des unités spéciales (souvent les monstres) sont pré-paintes alors que les autres sont monochromes. Il y a un peu de travail de construction (attacher les boucliers) et j'imagine qu'il vaudrait mieux coller pour qu'ils ne se détachent pas trop à chaque fois qu'on les retire du socle.
Il y a une page de fans. Iumaddog a des illustrations et Trask a une critique assez défavorable, trouvant le jeu trop simple et dirigé plutôt vers de jeunes joueurs.
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Libellés : hobbies
samedi 10 octobre 2009
Evasion fiscale vers la Loire
Le directeur d'un lobby britannique anti-impôts avoue qu'il n'en paye pas parce qu'il vit en France.
Cela prouve à quel point son combat pour couper les programmes sociaux britanniques doit être désintéressé.
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Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant
Ca y est, l'overdose de Schadenfreude arrive, comme prévu, avec la violence d'une inondation. Il faut faire des réserves.
La droite américaine, qui réussit à entretenir une hystérie perpétuelle, en bon argument du Chaudron, dit que de toute manière le Prix Nobel n'a plus aucune valeur mais que c'est un véritable scandale ignoble qu'il ait pu l'avoir parce que la date limite pour concourir était février 2009 et qu'Obama était donc Président depuis environ six secondes et demi.
Voir alicublog, qui se fait une spécialité de lire ces dingues. Et ils vont bientôt dire que cela prouve qu'il va désarmer l'Amérique pour la livrer à son vrai chef, Ahmadinejad, ou bien que l'ex-terroriste Dick Ayers (qui est dans la Dinguosphère l'âme damnée d'Obama) va avoir le Prix Nobel de littérature.
Mais même en dehors des Palinites dérangés, le consensus des réactions chez les modérés ou à gauche a été plus l'hilarité perplexe que l'enthousiasme. De manière générale, même un Obamaniaque comme moi a du mal à penser que ce Prix serve à quoi que ce soit et pourrait même être globalement négatif, si ce n'est pour rappeler que les Européens ont été impressionnés par le retour d'une dose de Multilatéralisme dans notre Puissance Hégémonique. Mais les Prix Nobel de la Paix devraient attirer l'attention du public vers une cause pas assez reconnue et non pas vers l'individu le plus adulé de notre planète, celui dont nous savons bien au moment même qu'il incarne notre Weltgeist...
Le philosophe du droit nietzschéen Brian Leiter :
Would it not have been simpler to just issue a statement saying, "Thank God the war criminal and moral monster Bush is out of office"?
Le seul libertarien lisible de la Toile, Jim Henley est tétanisé :
At least Henry Kissinger and Le Duc Tho, despite being major-league butchers and war criminals, got the prize for actually (sort of) ending a war. (For a couple years.)
Et le spécialiste des affaires internationales Robert Farley s'amuse à provoquer la droite religieuse :
You know, if Obama were the anti-christ, he'd probably be winning a Nobel Peace Prize about right now. I'm just sayin'...
Mais non, Obama est l'Imam caché, pas l'Antéchrist.
Et plus à gauche, Bernard Chazelle (qui continue par ailleurs sa fabuleuse exégèse de Bach) contemple le Weltgericht de la Weltgeschichte :
Oh yes, if only Alexander the Great had gotten the Peace Prize he would have stayed in Macedonia studying metaphysics with Aristotle instead of conquering Persia.
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Libellés : B.H.O.
La philosophie comme contraception
selon Saturday Morning Breakfast Club
L'auteur ne doit pas connaître Galen ou Suzanne.
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Libellés : philosophie
Lies & Alibis (Glenn & Shep)
Fox News est maintenant connue pour son provocateur Glenn Beck, tous les jours de semaine à 17h, qui passe ses émissions à dire qu'Obama est simultanément un Nazi/Communiste/Islamiste/Raciste/Antéchrist/Anti-Américain (et donc sans doute un être dialectique Anti-Soi rebelle au Principe de Contradiction). Beck serait sans intérêt s'il ne cristallisait maintenant (avec les meilleurs taux d'écoute de ces émissions d'info-divertissement du cable) la rage de ses millions d'Américains qui considèrent que le Président Obama "leur a retiré leur droit inaliénable à ne pas avoir un Président noir".
Stephen Colbert (qui parodiait auparavant plus O'Reilly) vient de faire une bonne synthèse du clown hystérique (qui, paraît-il, ne croit même pas à ce qu'il dit).
| The Colbert Report | Mon - Thurs 11:30pm / 10:30c | |
| Bend It Like Beck | ||
| www.colbertnation.com | ||
| ||
Mais je me demande pourquoi Fox News a aussi sur la même chaîne, deux heures après, le présentateur du journal de 19h Shepard Smith, qui a l'air presque gauchiste en comparaison du reste de sa chaîne. C'est sans doute un alibi (comme ils avaient avant ce malheureux Alan Colmes, payé comme faire-valoir et victime du brutal Sean Hannity).
Cette interview où Shep Smith défend avec virulence l'Option publique est plus à gauche que le discours de la plupart des Démocrates.
Les conversation entre Shep et Glenn doivent être un peu curieuses dans le studio (surtout que Smith a rendu public son mépris pour son collègue).
Les spectateurs de Fox News doivent aussi avoir du mal à passer du "Le Plan de Santé est un complot communiste et fasciste pour tuer les Blancs, les Handicappés et les Personnes Âgées" à 17h à "Une Option Publique est juste et indispensable pour lutter contre l'explosion des coûts et l'exploitation du système par les assurances privées" à 19h. C'est comme si ces deux émissions étaient sur des planètes parallèles.
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Libellés : tv
vendredi 9 octobre 2009
Prix Nobel de la Non-Bushéité
Après Kofi Annan (2001), Jimmy Carter (2002), Mohamed ElBaradei (2005), Al Gore (2007), le Prix Nobel de Nous-les-Européens-on-n'aimait-vraiment-pas-Georges-Bush est remis à Barack Obama "pour ses efforts extraordinaires pour ne pas avoir été Georges Bush".
Félicitations au lauréat et aux autres candidats malheureux pour leur exemplaire capacité à ne pas être strictement identique à Georges Bush.
Voilà qui ne va pas améliorer le complexe de notre Président vis-à-vis de son homologue...
Add. Quoi qu'on pense du caractère prématuré du Prix lui-même, il est ridicule de reprocher à Obama de ne pas avoir imité le Prix Nobel Litérature 58 (Pasternak, qui fut contraint de ne pas l'accepter) ou 64 (notre Sartre national). Son discours était un bon équilibre d'auto-dépréciation humoristique (parce que les Républicains ne cessent de l'attaquer sur son "narcissisme") et de Vision ("ce n'est pas moi qu'on honore mais l'effort collectif pour renforcer la diplomatie").
Même s'il y a de nouveaux crimes de guerre en Afghanistan, Obama ne pourra jamais faire pire que le célèbre Prix Nobel de la Paix 1973.
Espérons qu'il n'y a pas de malédiction du Prix et qu'il ne finira pas comme le Prix Nobel de la Paix 1964. C'est d'ailleurs peut-être une des raisons principales de la précipitation du comité norvégien : ils voulaient le primer avant qu'un fan de Fox News et Rush Limbaugh ne fasse ce que les médias républicains les enjoignent de faire en assassinant le 44e Président.
Une des raisons de l'affection de l'Europe pour B.H.O. est justement cette impression de "fatalité" ou d'Epée de Damoclès qui pèse sur lui, comme si nous devions faire le deuil par avance d'un futur JFK, quelles que soient les limites de la comparaison.
Add. 2 Le Homard Mi-Cuit (la personnalité la plus "sérieuse" de Fafblog) est fort colère :
In other news, the Nobel Prize for Literature was awarded to a man who set fire to a library and then promised to write a book about it.
Add.3
Zut, Fox News a fait exactement la même blague sur "Prize for not being Bush" (sauf bien sûr que cela les choque, ce qui donne un an après le prix de la Banque de Suède à Paul Krugman une nouvelle overdose de Schadenfreude).
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Libellés : B.H.O.
jeudi 8 octobre 2009
Vetting
Alain Auffray sur le malaise intérieur à la droite sur l'autobiographie ambiguë de Frédéric Mitterrand (il est évident qu'ils l'attaqueraient aussi s'il avait été de gauche et s'il n'avait pas eu le bon goût de plaire à la Cour)
L'affaire donne des idées folles à droite. Dans les couloirs de l'Assemblée nationale un député UMP rêve d'un changement de République:
"Si Mitterrand avait pu être auditionné par la représentation nationale avant d'être nommé, jamais il ne serait entré au gouvernement"
Le député fait référence à la procédure de nomination des membres du gouvernement fédéral. Nommés par le président, les membres du cabinet doivent être présentés au Sénat des États-Unis pour "avis et consentement" (advice and consent) avant d'intégrer l'exécutif.
Le chef de file des députés UMP Jean-François Copé, héraut de "l'hyperparlement", n'avait jamais osé aller aussi loin.
En quoi est-ce une "idée folle" pour un parlementaire ?
Je suis d'accord que ce serait une américanisation discutable qui va avec notre nouveau pseudo-Discours de l'Union, mais Sarkozy n'avait-il pas lui-même évoqué cette possibilité de créer plus d'auditions parlementaires (au moment où au contraire Bush puis Obama créent des "Czars" au lieu de ministres pour ne pas avoir à passer par le processus lourd) ?
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mercredi 7 octobre 2009
Le Spiegel a un portrait de M.A.R. Barker !
Via Grognardia, le créateur de L'Empire du Trône du Pétale a droit à un long article avec de splendides illustrations, Tekumel-Schöpfer M.A.R. Barker: Der vergessene Tolkien (j'aime beaucoup cette photo où on voit le Professeur avec des joueurs déguisés en prêtres de Vimuhla - en rouge - et Ksarul - le masque noir). Il y a une traduction anglaise là.
Si au moins ces articles permettaient au public de découvrir à quel point Raymond Feist a plagié le Tékumel de Barker dans Daughter of Empire...
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En soulignant et en ajoutant
Dans son article sur l'Anti-Culte de la Personnalité (où les Conservateurs n'attaquent pas le Président américain pour des raisons objectives ou compréhensibles mais pour n'importe quel prétexte), Taibbi remarque :
“Obama will call on citizens of all ages to serve America, by developing a plan to require 50 hours of community service in middle school and high school and 100 hours of community service in college every year.” (Emphasis added.)
This is the first time I’ve ever seen someone write “emphasis added” and mean it in a literal sense — they literally added the emphasized passage.
Hélas, ensuite, il fait du role-player-bashing, comme le faisait l'équipe de campagne de John McCain.
It allows people to transfer real anxiety and fear and anger over real problems into this fictional arena where the only thing to worry about is the presidency of this evil black Wizard of Oz-like figure who lies about his birthplace and has secret plans to institute a clearly-will-never-happen program of national servitude.If you’re in that place mentally, you might as well be playing Dungeons and Dragons.
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mardi 6 octobre 2009
Des secrets à Chanut
Un des textes les plus célèbres des manuels français de philosophie est une lettre de la correspondance de Descartes à Pierre Chanut (1601-1667), celle du 6 juin 1647 où Descartes évoque l'idée d'un souvenir inconscient ("la Jeune Fille Louche") qui peut déterminer notre esprit tant qu'il n'en a pas pris conscience. Mais le texte pose certains problèmes particuliers qui montrent la complexité de la psychologie cartésienne mais aussi de sa morale.
Descartes devient ami de Pierre Chanut vers 1644. Chanut est le beau-frère de l'avocat Claude Clerselier (1614-1684), ami de Descartes et traducteur de certaines de ses oeuvres latines depuis le début des années 1640. Chanut est diplomate et devient ambassadeur en Suède en 1645. Descartes, qui vit en Hollande mais craint d'être persécuté pour hérésie pélagianiste même dans ce hâvre de tolérance, finira par rejoindre la jeune reine Christine (1626-1689) en 1649, où il mourra peu de temps après.
Avant de reparler de cette lettre, redonnons le dialogue antérieur.
Descartes dit être sans doute moins sage que les singes dont certains disent qu'ils feignent de ne pas pouvoir parler afin d'éviter tout travail, et il hésite à publier encore ses écrits de crainte des agitations publiques. Il dit aussi ne pas vouloir publier sur la morale car il a déjà trop de controverses théologiques en n'ayant écrit que sur les questions théoriques, même s'il travaille sur les Passions de l'âme. Les Passions sont en fait bonnes et nécessaires au bonheur de l'esprit, à condition d'être bien comprises et si on s'élève au-dessus de certaines. La Colère est sans doute mauvaise conseillère mais la Juste Indignation est bonne (cf. Traité des Passions de l'âme, §201 "Qu'il y a deux sortes de colère"), tout comme la passion fondamentale de l'Admiration (Passions, §70-78).
Descartes commence par distinguer l'Amour intellectuel ou raisonnable (comme volonté d'une perfection par l'âme) et l'Amour comme passion (cf. Passions de l'âme, §79 sur l'Amour-passion puis §139 sur l'Amour intellectuel). Il y a donc une dissociation à faire entre des Passions en partie obscures et confuses parce qu'elles sont entretenues par notre union avec le corps (Principes de philosophie, IV, §190 Les sens intérieurs, les appétits naturels et les passions) et des sentiments et émotions purement intérieures à notre âme qui sont bien émotives et pourtant des pensées claires et distinctes (Passions de l'âme, §147-148 Des émotions intérieures de l'âme et de la vertu).
Le lien entre les mouvements du corps et nos élans de l'esprit dépend d'associations par habitude (ce qui va permettre aussi d'en partie les modifier, Passions de l'âme, §50, comme on associe dans le langage des signes arbitraires à des sens).
Puis Descartes résume la genèse réelle des Passions dans l'union avec le corps. C'est la joie et l'amour-passion (ainsi que tristesse et haine) depuis le plus jeune âge qui nous déterminent. Ce sont ces sentiments confus depuis notre enfance qui vont peser sur ce qu'aime intellectuellement notre âme. Descartes distingue ensuite à l'intérieur de l'Amour-passion ce qui est vraiment Amour (volonté de se joindre à la cause de joie) et Désir concupiscent où l'effet escompté compte plus que le bien de la cause de joie (Passions de l'âme, §81-82 Amour de bienveillance et Amour concupiscent).
Puis Descartes se demande si la Raison par elle-même peut suffire à aimer le Dieu infini car nous n'en avons pas une représentation sensible par l'imagination et donc nous n'aurions pas assez de désir s'il n'y avait l'Incarnation (faite pour qu'on puisse se le representer) et (peut-être) la Grâce. Mais le fait de se représenter de manière analogique Dieu comme un Esprit comme nous-mêmes, malgré la différence infinie permet d'arriver à l'Amour intellectuel. En se détachant des sens et de l'imagination grâce à notre jugement, l'Esprit peut arriver à une reconnaissance infinie envers un Être parfait, source de toute perfection. Nous ne pouvons pas nous imaginer Dieu mais nous pouvons nous imaginer notre union et béatitude avec Lui.
Descartes fait alors une comparaison osée entre Dieu et la Reine Christine, disant qu'on peut bien les aimer tous les deux malgré leur élévation. Comme le dit Ferdinand Alquié (note 1, p. 718), on voit ici une différence entre une théorie cartésienne de l'Analogie de l'Amour et celle de Pascal qui élève la Charité surnaturelle infiniment au-dessus de l'Esprit et de la Concupiscence charnelle (cf. Pensées Le Guern 290). L'Amour n'est pas recherche de son bien car il élève le bien de l'aimé au-delà son propre intérêt et l'amant est prêt au sacrifice de soi (comme Nisus se faisant tuer pour l'amour de son ami Euryale, cite Descartes).
La fin arrive à la morale de l'Amour et de la Haine. L'Amour-passion d'un mauvais objet peut certes être dangereux mais l'Amour a au moins pour vertu de rendre joyeux, alors que la Haine rend triste et même méchant (même quand elle se dirige vers un objet mauvais). L'Amour peut avoir plus de force que la Haine et les âmes généreuses ont donc des Amours plus "ardentes" que n'importe quelle Haine.
Descartes commence par dire qu'il est heureux que la Reine Christine s'intéresse à sa Physique et commence par défendre sa thèse que l'Univers matériel ait une étendue indéfinie alors que le temps peut avoir un commencement (Dieu créant de manière continue de son éternité intemporelle chaque instant). Descartes doit avoir confiance en Chanut car il se montre alors assez audacieux. Il critique aussi l'idée que l'Homme doive être le vrai "Centre" ou bien la cause finale de tout l'Univers créé car Dieu seul est cause finale et cause efficiente. Ces Espaces in(dé)finis ne nous enlèvent rien. Rien n'interdit de croire, même si la Révélation nous visait, nous, que Jésus ne soit mort non pas seulement pour nous mais aussi pour une infinité d'autres êtres vivant autour d'autres étoiles, sans que cela ne nous retire une perfection.
Puis Descartes revient sur les causes de l'Amour. Il distingue à nouveau des motifs dans l'esprit et des causes dans le corps et dit qu'il ne traitera que des secondes, qui viennent de plis dans le système nerveux central et dans le cerveau. Il donne un exemple d'association. Il aimait quand il était enfant une jeune fille atteinte de strabisme mais avait oublié cela. Puis il avait une tendance à être attiré par les femmes ayant le même défaut avant qu'il ne se souvienne de cette cause. Le fait d'en avoir pris conscience a suffi à le libérer de cette détermination inconsciente ("inclinations secrètes") venue des traces physiques dans son corps.
C'est parce que les causes physiques de nos Passions peuvent être aveugles qu'il y a donc bien un Inconscient, bien que Descartes ne cesse de dire que toute pensée de l'Esprit est toujours consciente et toujours actuellement "aperçue". Cet Inconscient est seulement corporel, dans les plis et les traces mnésiques ou les associations et automatismes du corps. Les Passions sont bonnes mais il faut se défier de s'y laisser aller sans jugement.
Pourtant, un passage ne me paraît pas entièrement clair à ce moment-là :
Lorsque ces inclinations secrètes ont leur cause en l'esprit et non dans le corps, je crois qu'elles doivent toujours être suivies ; et la marque principale qui les fait connaître est que celles qui viennent de l'esprit sont réciproques, ce qui n'arrive pas souvent aux autres.
Donc Descartes, philosophe qui tend à identifier complètement Esprit et Conscience pour repousser l'Inconscient dans le Corps, dit que nous avons aussi de bonnes "inclinations secrètes", des élans et penchants qui viennent de l'esprit et non pas du corps, et qui nous poussent à estimer des personnes de bien qui doivent donc aussi estimer nos propres vertus. Mais si ces inclinations sont secrètes sans être des associations, c'est donc bien que l'esprit n'est pas complètement transparent à lui-même, en dehors même de l'opacité de son rapport à l'étendue corporelle.
C'est donc bien une dimension secondaire de l'inconscient cartésien : la Volonté libre de l'esprit a aussi une affectivité purement interne. Pour prendre le langage kantien, il s'agirait donc d'une auto-affection où la Volonté infinie peut jouir d'être en quelque sorte passive au bien ou au vrai, sans passion venue du corps.
On peut ironiser parfois sur l'auto-construction moderne, la tabula rasa (par exemple, la lettre à Beeckman, 17 octobre 1630 où il dit que nul ne peut rien apprendre à quelqu'un s'il ne le retrouve par lui-même). Mais Descartes fait aussi l'éloge de la Reconnaissance comme passion essentielle et comme vertu (lettre à Jean de Silhon, mars 1648).
Cette joie de passions voulues librement est ce qu'exprime l'article 147 des Passions de l'âme :
Art. 147. Des émotions intérieures de l’âme.
J’ajouterai seulement encore ici une considération qui me semble beaucoup servir pour nous empêcher de recevoir aucune incommodité des passions ; c’est que notre bien et notre mal dépendent principalement des émotions intérieures qui ne sont excitées en l’âme que par l’âme même, en quoi elles diffèrent de ces passions, qui dépendent toujours de quelque mouvement des esprits ; et bien que ces émotions de l’âme soient souvent jointes avec les passions qui leur sont semblables, elles peuvent souvent aussi se rencontrer avec d’autres, et même naître de celles qui leur sont contraires.
Par exemple, lorsqu’un mari pleure sa femme morte, laquelle (ainsi qu’il arrive quelquefois) il serait fâché de voir ressuscitée, il se peut faire que son cœur est serré par la tristesse que l’appareil des funérailles et l’absence d’une personne à la conversation de laquelle il était accoutumé excitent en lui ; et il se peut faire que quelques restes d’amour ou de pitié qui se présentent à son imagination tirent de véritables larmes de ses yeux, nonobstant qu’il sente cependant une joie secrète dans le plus intérieur de son âme, l’émotion de laquelle a tant de pouvoir que la tristesse et les larmes qui l’accompagnent ne peuvent rien diminuer de sa force.
Et lorsque nous lisons des aventures étranges dans un livre, ou que nous les voyons représenter sur un théâtre, cela excite quelquefois en nous la tristesse, quelquefois la joie, ou l’amour, ou la haine, et généralement toutes les passions, selon la diversité des objets qui s’offrent à notre imagination ; mais avec cela nous avons du plaisir de les sentir exciter en nous, et ce plaisir est une joie intellectuelle qui peut aussi bien naître de la tristesse que de toutes les autres passions.
Art. 148. Que l’exercice de la vertu est un souverain remède contre les passions.
Or, d’autant que ces émotions intérieures nous touchent de plus près et ont, par conséquent, beaucoup plus de pouvoir sur nous que les passions, dont elles diffèrent, qui se rencontrent avec elles, il est certain que, pourvu que notre âme ait toujours de quoi se contenter en son intérieur, tous les troubles qui viennent d’ailleurs n’ont aucun pouvoir de lui nuire ; mais plutôt ils servent à augmenter sa joie, en ce que, voyant qu’elle ne peut être offensée par eux, cela lui fait connaître sa perfection.
Et afin que notre âme ait ainsi de quoi être contente, elle n’a besoin que de suivre exactement la vertu. Car quiconque a vécu en telle sorte que sa conscience ne lui peut reprocher qu’il n’ait jamais manqué à faire toutes les choses qu’il a jugées être les meilleures (qui est ce que je nomme ici suivre la vertu), il en reçoit une satisfaction qui est si puissante pour le rendre heureux, que les plus violents efforts des passions n’ont jamais assez de pouvoir pour troubler la tranquillité de son âme.
Le premier exemple (la joie d'un veuf à faire son deuil et à pleurer) est provocateur (surtout dans le contexte d'écrits à Elisabeth qui ont commencé par la question du deuil).
En ce cas, on voit que les "émotions intérieures" peuvent être une sorte d'heureuse confusion des sentiments qui ne vient pas seulement des Passions issues du corps mais plutôt des contrastes entre les "mouvements" de notre volonté et ceux de notre imagination corporelle. Le bonheur cartésien ne se fait donc pas par un conflit entre les deux mais par ce jeu où une sorte de repli du dedans recèle la vérité des liens en dehors. Je ressens en moi une joie intérieure qui donne le sens réel à une passion extérieure d'apparente tristesse (conformément au paradoxe aristotélicien de la Poétique).
Symétriquement, Descartes écrivait deux ans avant dans sa célèbre lettre à la Princesse Elisabeth du 6 octobre 1645 contre un bonheur illusoire gâché par la conscience interne de sa fausseté :
Ainsi je n'approuve point qu'on tâche à se tromper, en se repaissant de fausses imaginations ; car tout le plaisir qui en revient, ne peut toucher que la superficie de l'âme, laquelle sent cependant une amertume intérieure, en s'apercevant qu'ils sont faux.
C'est donc bien que dans sa connaissance, même l'âme cartésienne ne peut pas être simple et qu'elle va se diviser en "superficie" et profondeurs secrètes. Même la philosopie de la Conscience transparente était clairement consciente qu'elle ne l'était pas, sachant déjà ses abîmes et ses propres labyrinthes.
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Libellés : philosophie
lundi 5 octobre 2009
Fatwa anti-niqab
Mohammed Tantawy, le Grand Imam d'Al-Azhar condamne le port du niqab comme contraire à l'Islam.
Le Doyen d'al-Azhar (qui a déjà pris des décrets relativement libéraux, contre les attentats suicide ou en faveur de l'avortement - en revanche, il est opposé aux mères porteuses) sert de près les ordres du gouvernement égyptien, donc je ne pense pas que la position de cette autorité sunnite implique qu'un laïc se sente obligé désormais de défendre le niqab.
Add. Rien à voir, mais même ce Chrétien conservateur ("social") est horrifié par le projet de certains Conservateurs américains de réécrire la Bible à des fins politiciennes.
More seriously, the insane hubris of this really staggers the mind. These right-wing ideologues know better than the early church councils that canonized Scripture? They really think it's wise to force the word of God to conform to a 21st-century American idea of what constitutes conservatism? These jokers don't worship God. They worship ideology.
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Origines cartographiques de Blackmoor
J'ai déjà parlé du monde de Blackmoor (1), (2) de Dave Arneson, mais James Mishler a une analyse fascinante de la carte de Blackmoor comme rotation d'une carte ancienne de la Hollande (et c'est assez convaincant : on voit toujours la Province de Frise, Friesland). Mais l'échelle a été multipliée par environ 10.
La région de Greyhawk de Gary Gygax a été créée sans doute comme analogue directe de la région des Grands Lacs avec le Nyr Dyv (la campagne de Gygax étant dans le sud-Wisconsin près du Lac Michigan).
Le second monde de D&D après Greyhawk, Mystara, ne s'est pas donné beaucoup de mal en reprenant simplement la carte de la Terre pendant le Jurassique tardif.
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Jeu arthurien à la BNF
Via Le Guide du Rôliste Galactique, L'exposition de la BN sur la matière de Bretagne comportera aussi une séance de jeu de rôle le samedi 5 décembre 2009. Le jeu de rôle gratuit, très bien illustré par des enluminures, est disponible sur le site : Quêtes arthuriennes. C'est une excellente idée pour initier des joueurs comme ces légendes sont encore plus universellement accessibles que Tolkien.
Le jeu peut paraître un peu long pour des débutants (79 pages) mais en fait il comporte un long guide des principaux personnages (p. 36-55) et il suffit que le maitre de jeu soit un peu expérimenté, comme les règles sont vraiment simples.
Contrairement à Pendragon de Greg Stafford, les personnages ne sont pas automatiquement nobles ou chevaliers et peuvent donc être des valets s'ils n'ont pas un statut social élevé.
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dimanche 4 octobre 2009
Syllogomanie
Will Hindmarch a une jolie note sur son accumulation de notes et de vieux jeux de rôle depuis vingt ans.
The things you own don’t just end up owning you, they bury you.
Imagine distant archaeologists busting open my nerdy tomb to discover that I chose to be buried with six boxes of dog-eared Dragonlance modules and manhandled Wraith books. Those pith-helmeted bastards would think they’re disappointed, but I’d still be the sorry schmuck with thought that a complete collection of Castle Falkenstein books would make him look like the king of all nerds. My tomb is a burial mound made out of stacks of notes for unwritten novels and games, and it’s unclear whether or not I’ve been buried alive.
Nous regrettions toujours l'incapacité de mon grand-père de jeter quoi que ce soit. C'était un trouble compulsif où il suffisait qu'il ait connu une personne dans un article de journal pour qu'il découpe la page et la thésaurise, sans aucun ordre, empilée sur un article sans rapport. J'avais du mal à le comprendre et lorsqu'il mourut, je commançai à trier ses papiers. Je jetai une large majorité de notes découpées devenues incompréhensibles mais je me retrouvai encore avec un iceberg de choses que j'arrivais à interpréter. Le remords de couper les derrières fils de la toile désintégrée de sa mémoire me retenait.
Et en revenant chez moi, je me rendis compte que j'avais la même syllogomanie, même si elle ne se portait pas sur des coupures de presse. Des tas et des tas de projets de romans qui ne dépasseraient jamais la page 1 (heureusement, les vieux disques durs ont souvent effacé la majorité d'entre eux). Les bd horriblement mal dessinées et mal rythmées que je faisais à 15 ans dans des cahiers. Assez de brouillons de campagnes avortées de jeu de rôle pour emplir plusieurs vies humaines (j'avais empli un carton sur les chansons de geste carolingiennes pour mon jeu Paladin). Des mètres de revues que je ne relirais jamais mais que je trouverais presque physiquement douloureux de jeter. Cette impression de sécurité chimérique à réunir en un même espace concret des objets subjectivement associés. Tous ces amoncellements comme illusions de réalisations, non pas des fantômes du passé mais d'avenirs rêvés. Et c'est peut-être quand l'avenir se raréfie qu'on cultive encore plus le souvenir de ce qu'ils auraient pu être.
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samedi 3 octobre 2009
Convergence
... Un comic-book... avec comme héros... Bertrand Russell.
Ca y est, je crois que tous mes rêves sont réalisés d'un seul coup (sauf s'ils en font en plus un jeu de rôle).
Add.
Grâce à Wikipedia, j'apprends que le dessinateur de Pif est l'oncle du philosophe Kambouchner.
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