mardi 13 octobre 2009

Le LHC fait perdre 1d100 points de SANté mentale



Non seulement le Large Hadron Collider du CERN attire des jihadistes mais en plus il fait croire à des physiciens professionnels que le Cosmos conspire pour nous avertir de ne pas découvrir le Boson de Higgs (ces deux physiciens ont l'air presque pires qu'un créationniste ou même que Michel Maffesoli).

Cela ferait sans doute une bonne nouvelle de science fiction. Les amateurs de SF croient souvent que le Genre est propice à la science mais on peut se demander si le Genre de fiction scientifique n'est pas au contraire en train de devenir un Obstacle épistémologique majeur qui séculariserait des interdits des idéologies religieuses ("L'Homme n'est pas censé dévoiler la Nature des choses", cf. ce dessin de Dresden Codak : "si la SF avait existé à la préhistoire").

6 commentaires:

Tom Roud a dit…

On dirait une espèce de principe anthropique à l'envers, le parallèle avec le créationnisme n'est pas mal vu. En gros, si le temps n'est qu'une illusion et qu'en fait, si on allume le LHC, toute la structure de l'univers passé et futur s'effondre. Et bien dans ce cas, notre existence prouve que le LHC ne marchera jamais. Ce n'est pas nécessairement si stupide ;)
Notons toutefois qu'ils proposent une vérification expérimentale amusante de leur théorie !

Phersv a dit…

La physique théorique semble s'être en partie habituée à nouveau à des idées bizarres. Certaines hypothèses non-vérifiables ne sont pas très choquantes (le Multivers, par exemple) mais la conjecture d'une rétro-action de l'univers pour empêcher un processus possible fait vraiment très ad hoc.

Cela fait penser à l'idée de Stephen Hawking selon laquelle il faudrait ajouter une "Conjecture de Protection Chronologique" pour exclure des possibilités de voyages dans le temps.

Tom Roud a dit…

Le voyage dans le temps comme faisant partie intégrante des lois de la physique n'est pas nouveau. Je crois que des gens utilisent ce genre d'arguments pour expliquer l'intrication quantique (le fait que deux particules intriquées réduisent leur paquet d'ondes simultanément quelle que soit la distance entre elles).

Sur la conjecture de protection chronologique, dans (l'assez mauvais roman) Flash Forward, R. J. Sawyer évoque une nouvelle de science-fiction dans laquelle les événements conspirent pour empêcher le voyage dans le temps (exactement comme pour cette histoire du LHC en fait). Au moment où un scientifique parvient à fabriquer une machine à voyager dans le temps, le soleil se transforme en supernova !

ruinescirculaires a dit…

A ce propos :
http://anaximandrake.blogspirit.com/archive/2009/10/11/les-paradoxes-du-voyage-dans-le-temps.html

all a dit…

Scott Aaronson donne une réponse humoristique :

http://scottaaronson.com/blog/?p=427

l'univers conspire à faire procastiner les blogueurs

Phersv a dit…

> ruines
On peut penser que Lewis a raison de dire que rien n'interdit du point de vue logique une "rétro-causalité" (tant qu'elle n'introduit pas de contradiction), mais que cela n'a peut-être pas de sens physique. Autrement dit, le problème pour Lewis était seulement de montrer que la causalité n'implique pas analytiquement l'antériorité temporelle de la cause.

> all

Et Not Even Wrong (le site anti-Supercordes) se demande même si l'article n'était pas une parodie sokalienne (mais les auteurs ont simplement l'air d'avoir l'esprit trop ouvert au n'importe quoi).

Cela dit, j'ai tort d'incriminer la SF. On peut aimer la SF sans confondre ses vertus imaginatives (ou métaphysiques) avec celles de la science.