lundi 7 janvier 2008

Equipement pour Bharatavarsa

Pour compléter la section de la version 0.1 des règles (Chapitre 2 Création de personnage, Equipement - peut-être qu'on pourrait en faire un chapitre séparé pour plus de clarté ?).

Oh, pendant que j'y pense, il faut rajouter la classe des "kshattri" (kṣattṛ) (mélanges de kshatriya et de shudra, Vidura n'est pas un shudra mais un kshattri).

  • Le système monétaire
    On utilise surtout le troc de vaches, qui est l'essentiel de la richesse dans Bhāratavarṣa. Un sacrifice accompli par des Brahmane peut coûter cher. Dans le Mahabharata I, 167, le roi Drupada achète un sacrifice (pour avoir un fils qui le venge) du rishi brahmane Yaja pour 80 000 vaches. Pour le sacrifice du couronnement, rajasûya, le prix peut être encore plus exorbitant, jusqu'à 240 000 vaches. L'açvamedha (sacrifice du cheval accompli par le roi) peut coûter cher car il s'agit de nombreuses bêtes différentes, en plus du cheval et du bétail.

    On utilise aussi des bijoux, colliers (mâlâ), bracelets (valaya), boucles d'oreille (kundala sous le lobe et avatansa autour de l'oreille) et divers ornements en or (nishka : un poète peut recevoir des centaines de nishka). L'or est mesuré en krishnala (grains d'environ 1 gramme, pour simplifier) le shatamâna est une plaque d'or représentant environ 100-300 krisnala. Un Dharana d'or représente 3000 krishnala.

  • Les Armes
    Note : Certaines de ces armes sont en fait médiévales mais elles existent déjà dans l'univers de Bharatavastra.

    Amukta (armes non-lancées)

    • Angkusha : crochet utilisé pour diriger un éléphant et qui peut aussi être utilisé en combat par le Mahawat (le conducteur).
    • Bâgh-nâkha (griffe de tigre) : griffes d'acier cachées dans un gant.
    • Bulova : Hachette.
    • Danda (ou Gadâ) : Massue, bâton ou masse d'arme.
    • Jambiyâ (ou khanjar) : grande dague courbe d'environ 35 cm.
    • Katâr : dague avec poignée en U et une lame qui peut s'ouvrir en trois.
    • Khaḍgá : glaive, épée, cimeterre.
    • Khokra : Khukri long.
    • Khukri : sabre court au tranchant intérieur affilé (peut être lancé).
    • Kunta : lance.
    • Nishtrimsha : épée longue à deux mains.
    • Parashu : Hache (cf. Parashurama).
    • Patâ : rapière longue (80cm) avec une garde protégée d'un gant.
    • Takieh ou Talwar : sabre courbe (72cm), symbole royal des Raja.

    Un Katar.


    Âstra (armes divines)

    • Âgni-âstra (flèche de feu, utilisée par Drona)
    • Ajagava : arme enflammée de Shiva.
    • Añjalika : flèche magique en forme de mains jointes.
    • Brahmasiras : une arme d'Asvatthama contre Arjuna.
    • Brahmasirsam : une arme de Rudra lancée contre Soma.
    • Brahmasîrsha : une arme confiée par Drona à Arjuna.
    • Brahmâstra : arme magique qui ne peut être portée que par un Brahmane.
    • Chakra(m) : disque tranchant. Le Sudarshana Chakra est le symbole de Vishnu.
    • Damaru : petit tambour fait de crânes de Shiva.
    • Gândîva : arc magique igné qui fut possédé par Agni et par Varuna.
    • Garudastra : arme de l'oiseau Garuda.
    • Khatvânga : massue à tête de mort de Shiva.
    • Mahat : Massue de Vishnou, aussi appelée Kaumodaki.
    • Mayastra : arme déclenchant des illusions.
    • Nâga-âstra (arme serpent) : arme du héros Karna.
    • Nandaka (Source de joie) : sabre de Vishnou. Son fourreau s'appelle Vidyâ (Savoir) ou Avidyâ (Ignorance).
    • Nārāyaṇastra : Arme de jet de Vishnou qui jette une pluie de projectiles. Elle est toute puissante sauf si on se jette sur le sol. Elle ne peut être utilisée qu'une fois.
    • Parivîta : arc de Brahmâ.
    • Pashupata(stra) (bâton de bouvier) : épieu magique de Shiva.
    • Pinâka : arc de Shiva.
    • Shakti : lance / javelot magique de Subrâhmanya / Skanda, fabriquée par Viśvakarman avec un rayon de soleil.
    • Shârnga : Arc magique de Krishna.
    • Shatagni : balle de pierre enflammée avec des pointes de fer, "qui tue 100 adversaires d'un coup", portée par Krishna.
    • Shika Astra : Arme de jet magique d'Ashvatthâman.
    • Shiva Dhanush : Arc de Shiva, brisé par Rama.
    • Shula (pointe) : pique de Shiva, lance de Skanda et d'Agni.
    • Trishûlâ (Trident) : arme de Shiva, aussi appelé Vijaya (Victoire).
    • Vaishnavastra : arme de Vishnou.
    • Vajra (foudre) : arme de jet forgée par Tvashtri pour Indra.
    • Varunastra : arme polymorphe aquatique de Varuna. L'arme a été confiée à des héros mais elle est dangereuse et peut détruire son porteur si elle est mal utilisée.
    • Vayavastra : arme de vent de Vayu.


    Mantramukta (sorts offensifs, formules d'exécration, śhapatha : malédiction, serment)

    Mukta (armes de jet ou de trait)

    • Chakram : disque tranchant de jet.
    • Châpa : arc.
    • Dhanus : arc. Une flèche est un śhalya ou śharu (qui désigne aussi la pointe de lance).
    • Gaḍu : javelot.


    Le bouclier s'appelle un Dhâl ou un Khetaka. Le petit bouclier Madu a des pointes d'acier sur le côté. Il y a aussi des armures magiques comme Kavacha, l'armure d'or dont Surya a vêtu son fils Karna. Un des objets magiques les plus importants peut être les Chars divins.
  • Noms de Dieu



    Les religions monothéistes ont souvent de multiples noms de leur Etre suprême (ou l'Absolu au-delà de l'être) mais il est souvent peu imaginatif. Il peut être 1) le concept assez vague de "dieu" dans toutes les langues traité comme un "Nom propre" (le phénomène inverse de ce qui est arrivé au mot "Lune" depuis Galilée - mais il se peut que le nom commun "dieu" ait déjà eut une origine plus complexe si on croit les étymologies de type solaire où il désignerait le Jour ou la Voute céleste), une réappropriation de terme pré-monothéiste (les Catholiques chinois utilisent paraît-il l'ancien mot pour le Ciel dans le Taoisme) 2) un Nom propre obscur analysé par un terme descriptif (du type Tetragrammaton YHVH, יהוהIahvé, Jehovah, dont il y a des herméneutiques comme Nom de l'être ou de l'éternel) ou sans aucune explication interne malgré les origines historiques (comme Allah qui est peut-être le nom d'une divinité pré-islamique - son nom le plus fréquent est l'adjectif Ar-Rahim, le Compatissant), 3) des descriptifs élogieux innombrables (Etre suprême, parfait, infini, Eternel, gloire, splendeur, etc), parfois via certains attributs (l'Idée du Bien, l'Un), ou bien par une image politique (El, Adonai, Dominus, le Seigneur, Shangdi, Christ-Roi), technique (le Démiurge, le Créateur), psychologique (le Souffle, l'Âme du monde, l'Esprit) ou patriarcale (Abba, le Père, Dyaus Pita, Jupiter).

    Les Juifs et les Sikhs ont eu l'idée plus élaborée d'utiliser une "remontée sémantique" en l'appelant non par un nom mais le Nom : ha-Shem, Naam ou Satnam (Vrai Nom) - le concept johannique mystérieux du Logos comme médiation du divin et de l'humain joue peut-être un rôle proche. Il doit y avoir de nombreuses stratégies négatives ou apophatiques du genre l'Ineffable, le Sans Nom (il y a des textes hindou mystique qui parlent du Anami Purush, de la Puissance sans Nom). Une stratégie encore plus apophatique est d'utiliser un Interrogatif au lieu d'une négation : des Upanishads utilisent "Ka", qui peut vouloir dire "Qui ?", mais cela revient vite à un pronom impersonnel, j'imagine (ils utilisent aussi le Cela pour l'absolu dans le "Tu es Cela", et il y a peut-être des religions qui utilise "On"). La syllabe mystique Aum qui n'a aucun sens et qui est censé être le son originel de l'univers joue un rôle proche de remontée du sens vers un pur terme vide. Je ne sais si des religions ont déjà utilisé des gestes silencieux à la place d'un Nom.

    La plupart des religions sont patriarcales, qu'elles soient monothéistes ou pas, même lorsque les Déesses de la fécondité jouent un rôle important. Le poids psychologique de la religion semble souvent lié à celui d'un Père idéalisé et il faudrait vérifier empiriquement si les fanatiques peuvent en même temps avoir une révolte contre leur Père ou une absence d'image paternelle - mais cela ne donnerait pas une théorie vérifiable puisqu'on pourrait toujours dire que le fanatique cherche justement un substitut symbolique à un père trop réel ou à cette absence. Le paradoxe du Christianisme est que c'est une religion du Fils mais qui ne fait qu'encore plus sanctifier la fonction paternelle par ce sacrifice du Fils à lui-même / à son père pour racheter la faute de l'Homme et servir d'intermédiaire (chantage à l'amour assez curieux où le rédempteur dit qu'on doit l'aimer puisqu'il a fait gratuitement un acte d'amour infini).

    Une des interprétations fascinantes du "Dieu est mort" (voir par exemple la théologie radicale chrétienne-athée de William Hamilton) est que Dieu s'est littéralement tué (à la création comme dans le Pandéisme, la κένωσις de l'auto-sacrifice comme humble auto-annulation - qui peut être ensuite articulée avec des vertus d'affirmation face à ce Neant, comme dans l'ontothéologie du courage de Tillich - ; ou la théorie mystique où Dieu est toujours au Septième jour ? ou sur la croix ?) pour que nous devenions pleinement hommes, ou pour que la charité puisse naître en nous.

    Il y a pourtant aussi un courant où le Dieu peut faire plus penser à une sorte de Grand Frère que de Père (ou de l'Oncle maternel dans les sociétés matrilinéaires ?). L'autorité patriarcale se dissimule peut-être simplement sous le Big Brother ?

    L'Hindouisme, quelle que soit toute l'importance de la piété filiale (il y a le mythe du Fils s'auto-sacrifiant comme Bhisma), malgré tout son conservatisme et son traditionalisme dans le culte des grands gourous, me semble (de l'extérieur, et de prime abord) plus marqué par cette sorte de relation à un Grand Frère idéal qu'à un Père - mais ce n'est qu'une intuition vague. On adore plus le juvénile Vishnou ou Shiva (voire son fils) que le créateur Brahma Prajapati - un peu comme si Apollon, Dionysos ou Hermès avaient fini par supplanter Zeus comme divinité principale. Il y a la même relation politique (Vishnou est un Seigneur, Shri, Hari) mais pas autant de relation familiale (je ne crois pas qu'on l'appelle Notre Père mais étant donnée la quantité de textes et d'écoles, il doit y avoir des exceptions).

    Ce niveau "fraternel" se voit dans plusieurs mythes indiens. Une des différences entre les épopées grecques et hindoues est l'importance de l'amitié entre frères. Chez les Grecs, cela ne joue guère de rôle que chez des Jumeaux, et encore ils en viennent souvent au contraire à se massacrer à part Castor et Pollux (une exception avec des frères normaux est Ajax et Teucer, ou Agamemnon et Ménélas). Cela n'est vraiment pas aussi important que la relation de Rama (où les conflits viennent de la belle-mère, non du frère), Krishna ou Arjuna avec leurs frères. Un exemple occidental serait Renaud et les Frères Aymon. Les mythes occidentaux me semblent être plus souvent des conflits verticaux Père-Fils que des ententes horizontales entre Frères (certes, Krishna tue son oncle maternel pour soutenir son père).

    Il y a des noms philosophiques de Dieu qui ne me semblent pas jouer de grand rôle dans les religions réelles. Ainsi la téléologie, appeler Dieu la Fin dernière, Celui qui Sera, le Dieu à venir (pour reprendre l'expression de Hölderlin et de Manfred Frank sur Dionysos), le Point Omega de Teilhard, ou simplement l'Avenir ou le Futur joue un rôle dans la théologie du processus post-Whitehead mais ne semble pas suffire à combler le besoin eschatologique des religions réelles pour un Messie, Mahdi, Saoshyant, Kalkin ou Maitreya. Les religions insistent plus sur l'éternité ou le sempiternel que sur l'avenir. Pourtant, il semble concevable que nous ne sommes que des êtres contingents qui avons comme finalité (contingente puisque nous pourrions ne pas l'accomplir) de créer de l'être nécessaire, par la science (c'est la doctrine cybergnostique du transhumanisme, ou les fables fameuses de sf du type Answer, 1954 de Fredric Brown et The Last Question, 1956 d'Isaac Asimov, où l'Homme a créé Dieu au-delà de son image). Ce serait l'inverse de la Kénose où l'être nécessaire s'est privé de sa propre nécessité pour créer la contingence, notre Fin dernière serait d'instaurer la possibilité d'un télos dans un monde purement causal et mécanique, de donner une intention à ce qui n'en avait pas. En un sens, les vieilles doctrines hindoues ou grecques sur l'Eros ou le Désir qui travaillent la nuit et le chaos pour créer l'être ordonné reviennent peut-être à cette idée.

    dimanche 6 janvier 2008

    Un interlude de relaxation


    J'ai une angoisse typique du dimanche soir du dernier jour des vacances. Il faudrait peut-être que je fasse du Yoga. Mais où ? Avant, j'avais peur de tomber sur un truc trop sportif (ce qui a l'air d'être le cas du Hatha Yoga tel qu'il est pratiqué en Occident), ou au contraire trop "sectaire" (le vrai Rāja Yoga ou Aṣṭānga - Octuple - Yoga me fait un peu craindre des Gourous pour Gogos), mais tant pis il faut vraiment que j'essaye quelque chose de différent. Le Yoga Nidra (du Sommeil) attire ma complexion indolente. Je vois sur l'Annuaire du Yoga qu'il y a même un Yoga du rire. Mon ex-épouse me conseille plutôt du Pilates, moins athlétique, mais je crois que je préfère quand même essayer le Yoga.

    En attendant, un clip de Ravi Shankar (né en 1920), le plus célèbre joueur de sitar, un luth persan à 13 cordes. Je crois comprendre que le terme "aochar" et "rupak" est une unité de mesure comme "rāga ou tala.



    Et dans un genre beaucoup plus moderne, cet air de Pop Indienne sur la Pluie, Feels like rain, qui est au début du CD du film Monsoon Wedding.

    Galimafrée



  • J'ai regardé les débats des primaires démocrates du New Hampshire et franchement les médias délirent.
    Ils répètent qu'Hillary Clinton "a perdu son calme" face à Obama (en fait, c'était face à Edwards, d'ailleurs) mais franchement (bien que je n'aime pas du tout l'opportunisme de Mme Clinton et que je préfère Edwards) ce qu'elle disait restait très raisonnable et argumenté. Le ton était légèrement vif, mais contrairement à certains commentaires il n'y avait strictement rien d'hystérique. Il faut vraiment être aveuglé par la clintonophobie ou regarder les images sans le son pour le croire (rien de comparable, non plus, avec la colère mal jouée de Royal pendant son débat présidentiel face au ploutocrate).

  • Notre Président berluscozyen aura du mal à s'entendre avec Barack Obama :


    Senator Obama worked with Russ Feingold (D–WI) to eliminate gifts of travel on corporate jets by lobbyists to members of Congress.


    Qu'est-ce que c'est que ce politicien qui ose s'opposer aux vertus de l'amitié et des libres dons gratuits entre amis ?

  • Moi qui croyais que Randall Munroe, l'auteur du célèbre webcomic XKCD était super-intelligent, je m'aperçois qu'il semble soutenir Ron Paul. Je ne peux plus avoir aucun respect pour lui...

  • Les nationalistes hindous du BJP utilisent l'expression "laïcité positive" (positive secularism, voir l'article sur ce qu'ils appellent leur humanisme integral) pour parler de leur défense de la superiorité de l'Hindouisme sur les religions "allogènes" (comme l'Islam et le christianisme). Il y a décidément un accord global pour utiliser ce terme de "laïcité positive" pour détruire la laïcité (non pas que le BJP, quels que soient les massacres ignobles de Musulmans qu'il a cautionné, ait toujours tort lorsqu'il dénonçait certains compromis avec le droit communautaire musulman).

  • Je ne suis pas enragé contre la publicité d'habitude (il faut bien que l'Internet vive et en droit la publicité pourrait théoriquement permettre à des compagnies de briser des situations de monopoles) mais parfois il faut reconnaître que c'est vraiment de la pollution ignoble quand elle est idéologique et vient directement contredire le support.

    Par exemple, cet article de Phys.org dénonçant l'essor du créationnisme US 'doomed' if creationist president elected avait les publicités ("liens sponsorisés") grotesques suivantes (sélectionnées par les mots-clefs) :

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    Proofs of God's Existence - Demons, Angels and the truth about what happened to the CatholicChurch
    www.mostholyfamilymonastery.com

    Why is evolution false? - Free short video shatters evolutionary theory
    www.multimediaapologetics.com

    Journal of Creation - In-depth, peer-reviewed science Get your own subscription today
    www.CreationOnTheWeb.com




    Il y a beaucoup d'argent dans le négationnisme anti-scientifique en ce moment, et pas seulement chez les lobbies de l'industrie contre l'environnement. Tout cela est très efficace comme le montre ce comparatif, où le créationnisme est bien plus puissant aux USA au XXIe siècle que dans les années 60 ! On est revenu à l'époque des béotiens du procès Scopes.

    Je ne m'explique pas en revanche l'anomalie turque dans le comparatif, qui sont encore pires. La propagande créationniste du crypto-fasciste Adnan Oktar (qui y voit un complot franc_maçon) n'est donc pas un cas isolé.

    Le fait que l'Islande soit première dans l'acceptation de la théorie (et le fait) de l'évolution montre encore que leurs universités n'ont pas encore été trop gâchées.

  • Une liste d'erreurs fréquentes. J'avais toujours cru à cette histoire de zones de goût sur la langue. J'ai été déformé par les blagues américaines, je ne savais pas que Napoléon n'était pas petit (1,68m).

  • AAAAAAAAA!
  • vendredi 4 janvier 2008

    Bhāratavarṣa (भारतवर्ष)



    भारतवर्ष



    Version Alpha-Test 0.1 (Premier jet, 4 janvier 2008)

    Critiques & Commentaires bienvenus, il manque encore la plupart des chapitres et le détail du système.

  • O Introduction

    Bharatavarṣa est un jeu de rôle fantastique épique, librement inspiré des itihāsa or mahākāvya (épopées) indiennes védiques et hindouistes comme le Rāmāyaṇa et surtout le Mahābhārata.

    L'adaptation est très libre. On abandonne notamment l'idée fondamentale de la morale éthico-sociale de ces textes. Contrairement à la réalité du système rigide des Classes (varṇa) et des Castes, le jeu laisse ouverte la possibilité de la mobilité inter-classes ou de personnages féminins un peu plus divers que dans les textes traditionnels. Si vous exigez plus d'exactitude ou que vous êtes membres du BJP, créez votre propre jeu de rôle. Bharatavarṣa ne simule pas la réalité de l'Inde ancienne mais plutôt la façon dont les épopées (y compris des versions tardives et anachroniques) représentaient ce passé.

    Le système de règles est également inspiré du jeu épique mythologique Heroquest, le jeu créé par Robin Laws et édité par Issaries Inc. Je n'ai aucune autorisation pour utiliser ce système et il n'est pas Open License. Cette version "Alpha" sera éventuellement adaptée à un autre système.

    Le jeu est aussi inspiré du projet de Kali Yuga, le jeu de rôle non édité annoncé par RiP il y a plusieurs années. C'est mon impatience en attendant ce jeu qui me pousse à tenter une autre version.

    Qu'est-ce qu'un jeu de rôle ?
    Gourou (Narrateur) et Personnages-joueurs

    Le système résumé

    Dans le jeu Bharatavarṣa, un "personnage" a des caractéristiques qui peuvent être n'importe quels aspects, vertus, talents, équipement. Ces caractéristiques ont un score numérique. Ce score peut s'écrire de 1 à 20 dans les cas ordinaires, et s'il dépasse 20 (maximum "normal" pour un humain du commun), on utilise alors le symbole de la Syllabe Mystique : (AUM, si vous ne voyez pas le symbole Dévanagari vous pouvez juste utiliser la lettre A). Un score noté xy signifie x + 20y. Par exemple : "142" est équivalent à 54 (on n'a pas besoin d'écrire y s'il est = 1).

    En gros un score de 1 (21) est celui d'une personne bien entraînée, remarquable, un score de 12 (41) commence à devenir héroïque au niveau de la région, 13 (61) est héroïque au niveau national de tout un Royaume, et à partir de 14 (81) on arrive aux demi-dieux et aux Avatars divins connus dans tout le monde de Bharatavarṣa. Seuls les Dieux et les plus grands Asura dépassent le score de 204 (100).

    Réussir une action simple
    Il faut lancer un dé à vingt face (d20). Si le résultat du dé est inférieur au score, c'est une réussite, sauf si le résultat est un 20, qui est une Maladresse. Si c'est un 1, c'est une Réussite exceptionnelle. Un personnage à partir du score de 1 (21) échoue encore sur un 20 mais ne fait plus de Maladresse. A partir de 12, il réussit toute action simple et il n'y a pas à lancer de dé.

    Réussir une action opposée
    Si un score s'oppose au score d'un adversaire ou au score d'une difficulté, on soustrait d'abord la différence dans le nombre de "AUMs" et on simplifie ainsi l'opposition. Ainsi un personnage qui a 32 (43) contre un personnage qui a 16 (36) revient donc à 3 (23) contre 16. Les deux adversaires lancent un dé et celui qui a le résultat le plus élevé mais quand même inférieur à son score a gagné. Chaque AUM permet de monter le degré de réussite : au lieu d'une maladresse, on a un échec normal, au lieu d'un échec, on a une réussite normale, au lieu d'une réussite normale, on a une réussite exceptionnelle, au lieu d'une réussite exceptionnelle, on a une double réussite exceptionnelle, etc.

    Oppositions dramatiques

    Lorsque le conflit est d'importance, les joueurs peuvent prendre plus de temps et détailler le conflit en plusieurs tours.
    (a) Leur score est alors compté comme un nombre de points d'action : le personnage qui a un score de 32 a 43 points de Karman (action).
    (b) Chaque camp doit miser une partie de ces points d'actions avant le jet de dé.
    (c) Les scores sont ensuite comparés comme dans un conflit. Chacun lance un d20.
    (d) Mettre ici le tableau des résultats des oppositions et les gains de points d'action.
    (e) Il a la possibilité d'augmenter son score via un autre score une fois par tour. L'augmentation automatique est égale au score divisé par 10 (arrondi au 0,5 supérieur). Exemple : Rama a un score de 182 (58) à l'Arc et un score de 62 (46) en Méditation, il peut s'augmenter ce tour-ci au score de +5 (46 divisé par 10), ce qui le fait passer à 33 (63), mais il garde toujours le nombre de points d'action initial dans le conflit.

  • Chapitre 1 Introduction au monde de Bharatavarṣa

    Le Bharatavarṣa est le nom traditionnel de tout le sous-continent, lui-même composé de multiples royaumes. Il signifie "le Versant de Bharata", du nom d'un des ancêtres dynastiques Bharata ("Celui qui maintient").

    Le monde connu est divisé en Neuf Versants de montagne autour du Mont Merou : celui de Kuru, celui des Kiṃnara (les centaures descendant des Gandharvas gardiens du Soma, serviteurs de Kubera), Ketumāla (l'Occident), Bhārata, Bhadrāśva (Cavaliers du Nord), Ramyaka, Hari (Fauves), Hiraṇmaya (Pays doré), Ilāvṛta (le Bassin central).




    Description rapide des Varṇa et du Dharma

    Vie quotidienne

    La Ville et la Forêt
    Sannyasa (renoncement dans la forêt)
    Rituels, ascèse et sacrifices


  • Chapitre 2 Création de personnage

    Méthode Narrative
    La méthode la plus simple pour créer un personnage est d'écrire un court texte racontant ses origines. Cela permet ensuite au Gourou de déterminer les scores.

    Méthode par combinaison
    Cette seconde méthode est conseillée pour le débutant. Il faut suivre les différentes étapes pour constituer un personnage, et l'une des plus importante est la Classe sociale (Varna) et les Vertus. Le Héros, pour simplifier, a des scores de 17 dans tous les traits, vertus et compétences associés à son score. Il peut choisir deux scores qui seront au niveau 1 (Expert), et un score qui sera au score 12 (Expert célèbre).


    • Nom
      On peut utiliser cette liste.

    • Espèce

      • Humain.

        Choisir aussi si le personnage vient plutôt du nord Ārya ou du sud Dravida (et autres indigènes Dāsa / Dasyu). La distinction "ethnique" dépend en un sens moins que la Classe sociale.

      • Amanusha (Non-Humains)

        • Apsara & Gandharva
          Nymphes et esprits de la nature.

          Mots-clefs : Beauté, Chanter des hymnes.
          Pour les Gandharva : Parler aux Chevaux.

        • Asura
          Les Asura sont des êtres proches des Dieux, des "démons" qui ne sont pas tous nécessairement maléfiques. Certains Asura sont même de sages et pieux rishis. Ils adorent souvent Śiva ou des forces telluriques ou chtoniennes comme Kubera. On compte les Bhūta (Esprits des morts), Daitya (génies), les Dânava, les Dâsyu, les Kalañjaka, les Khalin, les Nâga, les Nivatakavacha, les Pauloma, les Pishacha (les Ogres), les Rā́kṣasaḥ (anthropophages polymorphes) et les Yakṣha (Fées).

          Ghatotkacha est un exemple de héros à demi Rakshasa et à demi humain.

          Mots clefs : Asura, Voir dans le noir, Manger de la chair humaine, Force, Connaissance des profondeurs, Mâyâ.

        • Gaṇa
          "Hordes, assemblées" (aussi appelés bhutagana, troupes des esprits). Nains difformes qui servent Śiva et son fils Gaṇeśa.

          Mots clefs : Dévotion à Shiva, Aspect effrayant.

          Parmi eux se trouve (dans le jeu Bharatavarṣa) le groupe des Gajānana, les Eléphantocéphales.

          Mots clefs : Dévotion à Ganesha, Défense, Trompe, Poids lourd 12, Parler aux Eléphants.

        • Vānara ("Sylvains")
          Les Vânara sont un peuple de singes intelligents, ou d'humains à queue de singe. Leur Roi est Sugrīva, fils du Dieu du soleil Surya, mais le plus connu des Vânara était le divin Hanumān, fils du Dieu Vayu et parfois considéré comme un des aspects de Śiva lui-même.

          Mot-clefs : Queue, Agile, Espiègle, Connaissance de la forêt.



    • Parenté, Gotra et avatāra
      Les héros des mythes de Bharatavarṣa sont souvent des enfants de Devas ou d'Asuras. Les Brahmanes ont même des rituels magiques pour appeler les Dieux et faire naître un enfant d'un Dieu, qui peut dès lors être un Aspect ou une Incarnation de cette divinité.

      Voir la liste des Deva au Chapitre 3.
      Il est déconseillé que le personnage soit un Avatar de Brahma (il n'a généralement pas d'avatar même si certains Brahmane peuvent l'appeler), Vishnou (parce que Parashurama et Krishna sont déjà présents - même si les Dieux peuvent bien se multiplier) et de Rudra. Il n'est pas recommandé non plus qu'il y ait un Avatar de Dharma et Indra puisqu'il y a déjà les Pandava, mais métaphoriquement le Dharma peut être présent chez tous les justes.

      Le joueur doit obligatoirement mettre son score de 12 en "Relation avec [le Dieu choisi]" s'il veut être l'Avatar de ce Dieu.

    • Saṃsāra, Incarnations passées
      Le joueur peut aussi choisir d'être la réincarnation d'un héros mort. Il peut alors avoir des pouvoirs et des buts issus de son ancienne incarnation, comme Shikhandi.

    • Relations, alliés

      Bhakti : dévotion envers une divinité particulière.

    • Varṇa


      • Brahmane (Brāhmaṇa)
        Les 4 étapes d'une vie de Brahmane peuvent être Brahmacharya (étudiant), Grihastha (vie dans le monde), Vanaprastha (vie sacerdotale) and Sannyasa (ascèse et renoncement).

        Mots-clefs : Veda (connaissance théorique des quatre recueils de Veda), Yajna (sacrifice), Dhyana (Méditation).

        Option : Brahmane-Guerrier
        De rares Brahmane peuvent apprendre les arts martiaux, à condition de mettre leur score de 12 en "Enseignement de Parashurama" (le Brahmane qui a massacré les Kshatriya au Second Âge).

      • Kshatriya (Kṣatriya)

        Les Princes (Rajaputra) appartiennent à trois lignages : les Chandravanshi (descendants de Chandra la Lune), Suryavanshi (descendant de Surya le Soleil) et les Agnivanshi (descendant d'Agni le Feu).

        Mots-clefs : Kshatra (Vertu chevaleresque), Chasse, Conduire char, Tir à l'arc, Combat, Etiquette de Cour.

      • Vaishya (Vaiśya)

        Mots-clefs : Un Artisanat, Négocier.

      • Shudra (Śūdra)
        Les Shudra n'ont pas le droit d'assister aux Sacrifices accomplis par les Brahmane.
        Le sage Vidūra, fils du sage Vyāsa et d'une servante, était Shudra et pourtant l'un des plus grands rishis, considéré comme une Incarnation de Yama et capable de converser avec Brahma lui-même.

        Mots-clefs : Culte des Gramadevata (Dieux du village).

      • Multi-classes
        Suta : Classe intermédiaire, enfants de kshatriya et de brahmane, considérés comme inférieurs aux deux. Ils sont des conducteurs de char, des hérauts et des messagers.

        Mots-clefs : Conduire char.

    • Compétences et Pouvoirs

      voir chapitre sur le Sacrifice et la Magie

      Les Rishis (sages) peuvent être Brahmanes, qui connaissent les Véda, mais aussi appartenir à d'autres classes parfois, s'ils ont appris à méditer.

      Ascèse
      Dhyana (méditation), yoga
      Mâyâ ("Illusion") : la Magie
      Mantra

      Vara : Un Voeu spécial accordé par un Dieu comme récompense pour la piété ou l'ascèse. Cela peut compter aussi comme une Relation privilégiée avec un Dieu. Les Démons obtiennent souvent des Souhaits de Brahma, Shiva et même Vishnou, que les Dieux regrettent ensuite.

    • Vertus

      • Le Tejas
        Le Tejas est le Feu sacré, la flamme intérieure, l'Aura héroïque. Le Tejas ne peut être supérieur au score le plus élevé du personnage.

      • Les 4 Purusharthas

        • Kāma : l'Amour sensuel
        • Artha : la Prospérité
        • Dharma : la Loi et la Justice

          • Le Dharma des Kshatriyas s'appelle plus précisément le Kshatra.

        • Moksha : la Libération du cycle des Incarnations




    • Equipement
      La Fortune peut être égale au score en Vertu Artha. Les Royaumes de Bharatavarṣa n'utilisent pas souvent de la monnaie ouvragée mais surtout des bijoux, notamment aux oreilles, et les bracelets, qui sont des signes de Statut. Il y a des pièces d'argent et d'or irrégulières, qui sont évaluée non à l'unité mais au poids total.
      Les Héros ne se soucient pas de la Fortune (surtout s'ils sont Brahmane), mais elle peut être augmentée par leur statut social et le score de leurs relations (s'ils demandent le soutien de quelqu'un d'autre).

      Mais la Fortune ne représente pas que des bijoux, elle s'incarne surtout dans les vaches. Même un Brahmane peut avoir besoin de Vaches pour ses sacrifices et pour le lait, ce qui peut les conduire dans la voie de la cupidité.

      Une Fortune de 1 est celle d'un Vaishya ou Brahmane prospère ou d'un Kshatriya normal.
      Une Fortune de 12 est celle d'un seigneur Kshatriya ou d'un Rishi célèbre qui attire de nombreux dons en vaches.
      Une Fortune de 13 est celle d'un Roi.
      Une Fortune de 14 est celle d'un Roi d'un Royaume particulièrement prospère et paisible, qui respecte le Dharma et qui est favorisé par la Déesse Lakshmi.
      Une Fortune de 15 existait du temps du Premier Âge, elle peut être celle du seigneur Krishna lui-même s'il demande à la Déesse Lakshmi de l'aider.

      Objets magiques
      Certains Objets ont des noms propres et sont souvent associés aux Dieux.


  • Chapitre 3 Devas et Asuras

    Format :

    • Capacités
    • Vertus
    • Affinités
    • Secret
    • Rites et représentations
    • Aspects et avatars
    • Vehicule
    • Adorateurs
    • Relations


    * les Aditya
    * Agni
    * Ashwins
    * Brahma
    * Chandra
    * Ganesha
    * Kubera
    * Indra
    * Karttikeya ou Skanda
    * les Marutas
    * Prithvi
    * Soma
    * Savitr

    * Shiva / Rudra


    • Capacités : Ascèse, Danse, Méditation, Vie en Forêt, Sexe.
    • Vertus : Kâma et Moksha
    • Affinités

      Destruction (Troisième Oeil, Violence, Nécromancie)
      Lingam (Sexe et créativité)

    • Secret : Tamas (Ignorance mystique, permet de dissiper Mâyâ l'Illusion et donc toute magie).

    • Rites et représentations
    • Aspects et avatars

      Rudra
      Bhairava
      Nataraja

      Le Vanara Hanuman serait un de ses Avatars.
    • Vehicule : Nandi le Taureau
    • Adorateurs
    • Relations : Parvati / Durga est son épouse, Ganesha et Kartikeya sont ses enfants. Agni est considéré comme proche de son aspect destructeur.


    * Surya
    * Tvashtri
    * Ushas
    * Varuna
    * Vayu
    * Vishnu
    * Yama / Dharma

    Les Devi et la Shakti

    * Sarasvati ou Vac
    * Lakshmi
    * Parvati, Durga et Kali

    Dieux locaux
    Himavant (Mont neigeux, l'Himalaya)
    Déesse du Fleuve : Ganga et Yamuna
    Naga et Gamadevata (Dieux du village)


  • Chapitre 4 Sacrifice et Magie

  • Chapitre 5 Histoire du monde



    • Cosmogonie

    • Satya Yuga (Âge de la Vérité)

      Le Premier Âge, Kṛta Yuga ("Âge Parfait") ou Satya Yuga ("Âge de Vérité") est celui où les Dieux vivaient encore sur Terre. C'est l'Âge des quatre premiers avatāra de Vishnu, sous forme animale pour stabiliser les origines du monde : le Poisson, la Tortue, le Sanglier et l'Homme-Lion.

      1. Matsya le Poisson

      Un Démon avait volé à Brahma les quatre Véda de la Révélation et avait enfermé la sagesse dans une conque au fond des Eaux. Vishnou devint alors un Poisson pour dévorer le Démon et libérer des profondeurs les quatre Véda.

      Le roi Satyavrata de l'ancienne Dravida, l'un des premiers humains, trouva un jour un petit poisson dans une rivière et le poisson lui demanda de le sauver. Satyavrata accepta et le Poisson grandit. Il dit au Roi qu'un Déluge allait tout inonder et qu'il pourrait le sauver, lui et sa famille. Satyavrata construisit un navire et suivit le Poisson vers une Montagne de l'Himalaya, avec les Rishis et les germes de la vie. Satyavrata survécut et devint ainsi le nouveau Manu, le Premier Homme.

      2. Kûrma la Tortue et le Barattage de l'Océan
      Les Deva cherchaient le moyen d'obtenir l'immortalité et Brahma leur dit de faire une trêve avec les Asura pour le rituel du Barattage de la Mer de Lait (Samudra Manthan), qui pourrait produire l'Amrita et le Soma. Les Deva et Asura prirent le mont Mandara pour baratter l'Océan, ils enroulèrent le grand roi des Naga, Vasuki, autour du Mont. Vishnou devint une Tortue pour servir de support et stabiliser l'axe du Mont Mandara.

      Mais le Barattage produisit d'abord un poison toxique nommé Hâlahala qui menaçait de détruire toute vie. Le dieu Shiva accepta de se sacrifier en absorbant le poison. C'est pourquoi il a une marque bleue sur la gorge. Le poison explique le mal physique et le venin des animaux nuisibles.

      Puis le Barattage produisit des bienfaits : Surabhî, la vache d'abondance, source de lait et de beurre pour les Sacrifices, Sura Vârunî, la déesse du vin, fille de Varuna, Shrî Lakshmî, la déesse de la fortune, assise sur un lotus, épouse de Vishnou, Kalpavriksha Pârijâta, l'arbre du paradis, Chandra, la lune, Ucchaisshravas, le cheval blanc à 7 têtes, Airâvata, l'éléphant blanc qui devint la monture d'Indra, les Apsarâs ou nymphes célestes, Kaustubha, la conscience sans défaut, le joyau qui orna ensuite la poitrine de Vishnu, mais aussi de Krishna, la conque, l'arc, le poisson, et enfin Dhanvantari, le médecin des Deva tenant dans ses mains une coupe, kumbha, pleine d'amrita, le nectar d'immortalité.

      Les Asura tentèrent de garder tout le Nectar et l'Ambroisie pour eux mais le dieu Vishnou-Kurma se transforma alors en déesse, Mohini qui vint séduire les démons Daitya et leur reprit l'Amrita pour le médecin Dhanvantari.

      Kurma tient toujours sur son dos tout Bharatavarṣa.

      3. Varaha, le Sanglier.
      Le démon Hiranyaksha avait enlevé la Terre (Prthivi) et l'entraînait au fond des océans. Vishnu devint le sanglier Varaha qui vint faire ressortir la Terre des profondeurs.

      4. Narasimha, l'Homme-Lion.
      Le démon Hiranyakashipu, frère de Hiranyaksha, devint un ascète pour obtenir des pouvoirs mystiques et venger son frère. Brahma lui accorde alors le présent de ne pouvoir être vaincu par aucun Deva. Hiranyakashipu a un fils, Prahlada, qui est dévoué à Vishnou et lorsque Hiranyakashipu veut le sacrifier, Vishnou vient sous la forme d'un sauvage Homme-Lion pour vaincre le démon mystique. Mais après avoir vaincu le monstre, le féroce Homme-Lion ne peut plus être arrêté. Seul le dévoué Prahlada peut arrêter l'aspect bestial.

    • Tretā Yuga

      Le Second Âge, Ere de la Triade, est notamment l'époque de trois avatars humanoïdes de Vishnou, dont le héros Rāma.

      5. Vamana, le Nain.
      Le démon Daitya Bali était le fils de l'asura Virochana et le petit-fils de Prahlada (voir le 4e Avatar). Il était un grand ascète et fit un grand sacrifice pour vaincre Indra et les Devas. Vishnou devint alors un Nain brahmane et demanda à Bali de lui accorder comme territoire l'espace qu'il pourrait franchir en trois pas. Bali, qui était hospitalier, l'accepta mais les trois pas de Vamana enveloppèrent toute la Terre, les Cieux et au-delà. Bali reconnut sa défaite et se mit sous le troisième pas. Vishnou remercia le charitable Bali en lui accordant un des enfers, Patala, où vivent des Asura moraux.

      6. Parashurama, Rama à la Hache.
      Le 6e Avatar sert à rétablir la hierarchie des Classes, contre la domination des Brahmanes par les Kshatriya. Parashurama naquit comme le fils d'un sage brahmane, Jamadagni mais il avait hérité des pouvoirs d'un kshatriya et appris les arts martiaux auprès de Shiva comme un Moine-Guerrier. Jamadagni avait hérité de la Vache céleste Surabhi issue du Barattage la Mer de Lait (voir le 2e avatar). Le roi Kartavirya Arjuna, de la classe Kshatriya, vint lui voler la Vache. Parashurama récupéra la Vache et tua le Roi mais les princes tuèrent alors Jamadagni. Alors Parashurama, furieux, massacra tous les Kshatriya de sa hache et il fallut du temps pour que la classe chevaleresque se recrée.
      Parashurama a aussi créé la côte du sud-ouest de Bharatavarṣa (Konkan, Karnataka et Kerala) en taillant l'océan de Varuna de sa hache. Il enseigna les arts martiaux à de nombreux héros qui ne sont pas membres de la classe kshatriya comme le brahmane Drona et le suta Karna pendant le Dvāpara Yuga, puisqu'il vit toujours.

      7. Rāma, Shri Ramachandra.
      Rama est considéré comme l'un des plus grand Avatar de Vishnu et comme l'Homme Parfait.
      Le Roi Dasaratha (dynastie solaire) d'Ayodhyā, capitale de Kosala, fit un grand sacrifice pour obtenir des enfants. Il eut quatre fils de ses trois femmes, dont son favori Rama, qui avait la couleur bleue-nuit, signe qu'il était un Avatar de Vishnu. Rama gagna la main de Sita pendant un rituel de svayamvara où il brisa l'Arc de Shiva, ce qui intimida même Parashurama, le 6e Avatar, qui le reconnut comme supérieur. Mais ensuite la mère de Bharata, un de ses frères, obtient de Dasaratha qu'il exile Rama pour 14 ans dans la forêt. C'est alors que le démon invincible Ravana, roi de l'île de Lanka, enlève Sita. Avec l'aide des singes Vanara et de leur mage Hanuman, Rama arrive sur Lanka et terrasse Ravana, délivrant l'univers - il fait ensuite passer à Sita une ordalie du Feu sacrificel pour prouver sa pureté. Il revint à Ahyodhya où il règna jusqu'à la fin de cet Âge.

    • Dvāpara Yuga

      Le Troisième Âge, "Âge du Double" est l'époque actuelle dans le jeu Bharatavarṣa, marquée par la Guerre entre les nations humaines (notamment le conflit entre les Kaurava et leurs cousins les Pandava pour le royaume de Kuru) et le 8e avatāra de Vishnu, Krishna. On dit que lorsque Krishna mourra commencera le quatrième Âge, Kali Yuga, l'Âge Sombre, et ce sera la fin des épopées héroïques.

      8. Krishna Vāsudeva (le Sombre).
      Le roi Vasudeva, fils de Śũrasena, de la lignée des Yadava, règne sur le royaume de Dvaraka, à l'ouest sur le Sindhu. La soeur de Vasudeva, Kunti, est la mère des Pandava. Vasudeva épousa Devaki, soeur du roi Kamsa de Mathura mais Kamsa apprit que le fils de Devaki la tuerait. Il emprisonna Devaki et tua ses sept premiers enfants. Le 8e fut Krishna (qu'on nomme aussi d'après son père Vāsudeva), qui fut éloigné et élevé comme un garçon vacher. Par une autre femme, Vasudeva eut Balarama qui est aussi une incarnation d'un aspect de Vishnu, le serpent Ananta Shesha (qu'on compte parfois comme un 9e Avatar). Krishna revint à Mathura et tua son oncle Kamsa. Il épousa plusieurs femmes dont Rukmini, fille de Bhishmaka, roi de Vidarbha. Krishna eut de multiples aventures contre les démons, notamment quand il délivra son fils Pradyumna et son petit-fils Aniruddha, séquestré par le roi démon Bana, fils de Bali (voir 5e Avatar). Maintenant que la Guerre entre les Pandava et les Kaurava va éclater, quel parti prendra le Seigneur de Dvaraka entre les deux branches de ses cousins ? Une prophétie dit qu'il agira de manière juste mais qu'il y laissera la vie.

      Dynastie lunaire de Soma Chandra
      Dushyanta
      Bharata


  • Chapitre 6 Description du monde de Bharatavarṣa



    Dvaraka
    A l'extrême ouest, cité dirigée par le Seigneur Krishna, 8e Avatar de Vishnou et plus grand héros mortel de tout Bharatavarsa.

    République (Gana / Sangha) de Kamboja
    Assemblée républicaine au nord de Gandhara. Leur capitale est Rajapura (la cité des Rois). Ils envoient des mercenaires dans les royaumes aryens. Ils ont en effet une aristocratie kshatriya mais plus de Brahmanes, ce qui fait qu'ils sont méprisés par les royaumes qui respectent le Dharma et qui les considèrent comme des barbares dignes d'être des Shudras.

    Royaume de Kalinga
    Le Kalinga est un royaume sur la côte oridentale, à l'embouchure des fleuves Mahanadi et Vaitarani. Il y a de nombreux monarques et les métropoles principales sont Rajapura (cité des rois, comme dans la République de Kamboja) et Dantapura. Le pays a été conquis par le héros à l'origine obscure Karṇa pour le roi Duryodhana.

    Royaume de Kosala
    Capitale : Ahyodhya
    La dynastie solaire de Raghu et du héros Rama y règne.

    Royaume de Kuru

    Principal puissance de Bharatavarsa. Les autres Etats sont souvent des alliés ou des vassaux.

    Hastinapura (Cité des Eléphants) : Cité sur la Ganga, capitale du royaume de Kuru, actuellement contrôlée par les Kaurava.
    Indraprastha : sur l'Ouest du Royaume de Kuru, sur la rivière Yamuna. Elle a été construite par l'architecte divin Viśvákarman lui-même pour les frères Pandava.

    Mahisha
    Le royaume à l'ouest était dirigé par un puissant Asura à corps de buffle nommé Mahisha, du clan des Danava. Il ne pouvait être tué par un homme ou par un dieu et il fut finalement vaincu avec son armée de Daityas par la Déesse Durga, aidée de Skanda Mahasena. C'est encore aujourd'hui un royaume barbare qui ne pratique pas le Dharma.

    Matsya
    Royaume au sud de Kuru et à l'ouest de la Yamuna et du Panchala. Le nom signifie "poisson" en sanscrit. C'est une nation de pêcheur sur la rivière Saraswati. Le roi s'appelle Virata et est un allié des Pandava du Kuru. Sa fille Uttara a épousé Abhimanyu, fils d'Arjuna et neveu de Krishna. C'est de Matsya que viennent la nymphe Satyavati, aïeule de la Maison royale de Kuru, et surtout son fils, le plus illustre sage Vyāsa, scribe des Veda et auteur des épopées.
    Viratanagari : Capitale.


    Panchala
    Royaume à l'est de Kuru, dans la même vallée entre les fleuves Yamuna et Ganga.
    Il a la particularité d'avoir été divisé en deux, le Royaume de Panchala-Sud et Panchala-Nord, dirigée par un Brahmane.
    Le roi Drupada Yajnasena est le père du stratège Dhristadyumna et de Draupadi, l'épouse des Cinq Frères Pandavas qui l'ont gagnée grâce à Arjuna dans un Svayamvara. Son fils Shikhandi est la réincarnation d'Amba, une femme qui a juré de tuer l'invincible Bhisma de Kuru.

    La capitale du nord est Ahichatra.
    Le Brahmane Drona et son fils Ashwatthama, règnent sur cette partie mais prêtent allégeance aux Kuru.

    La capitale du sud est Kampilya. C'est là que règne Drupada.

    D'autres cités importantes sont Kanhiyapura et la splendide Kāśī (Vārāṇasī), la cité des Temples sur la Ganga.

    Vatsa
    Royaume de la plaine du Gange. Le roi a échoué pendant le Svayamvara de la princesse de Panchala.
    Capitale : Kausambi.

  • Chapitre Créatures

    Acheri : fantôme d'une petite fille mort de maladie et qui transmet la peste.
    Apsaras
    Asura
    Bhuta : esprits
    Cheval
    Dâkinî
    Dund (Skandhahata) : fantôme sans tête.
    Eléphant
    Ghandarva
    Gramadevata
    Jalpari : esprit maléfique féminine des eaux
    Makara
    Maruts
    Naga & Sarpa
    Nivata-Kavacha : Géants des mers
    Panchajama : Pieuvre géant vivant dans une conque
    Preta : fantômes minuscules et difformes, qui peuvent posséder des corps morts.
    Rakshasha
    Sarameyas : deux Chiens à 4 yeux qui gardent le domaine de Yama.
    Serapendya : oiseau à tête d'éléphant.
    Tigre
    Vetala : Vampire.
    Vidyadhara : esprits polymorphes bénéfiques, qui apparaissent souvent comme des Cygnes. Elles s'unissent parfois aux humains.
    Yaksha
    Yech : petits esprits farceurs qui aime égarer les voyageurs.

  • Personnages célèbres

    Bhisma
    Drona
    Duryodhana
    Karna
    Krishna
    Les 5 Pandava (Pāṇḍavaḥ) :

    • Yudhishtira
    • Bhima
    • Arjuna
    • Nakula et Sahadeva

    Vidura
    Vyasa

  • Conseils pour le Gourou

  • Bibliographie

    Le Mahābhārata, GF, 2 volumes (édité par Madeleine Biardeau, traduit Jean-Michel Péterfalvi), 1985.
    Alain Daniélou, Mythes et dieux de l'Inde. Le polythéisme hindou, Champs-Flammarion, 1992.

  • Glossaire et Lexique

  • Designer's Notes

    Un post aussi long que le jeu Bharatavarsa RPG est typiquement le cas où j'aimerais faire des introductions courtes qui peuvent "s'étendre" d'un clic sur Blogspot. Si j'ai le courage de reprendre le texte, il faudra plutôt que je tronçonne les chapitres au lieu de faire un Brouillon unique.

    Le hasard fait que je tombe juste après sur cette version des règles que je trouve assez intuitive en abandonnant tout le système des Décalages par tranches de 20 et en basant tout sur des pourcentages. Mais d'un autre côté, je suis assez content d'utiliser des symboles ॐ (AUM!) tout le temps dans le jeu à la place de l'abstrait "M" pour Maîtrise ("mon personnage a 10 AAUM 2 en Dharma !").

    Je me souviens qu'en cours de jeu pendant notre campagne de Hero Wars, on avait inversé une règle sur le jet de dé dans le tableau de réussite (dans les vraies règles, c'est le plus petit résultat qui l'emporte). Il faudrait aussi que j'étudie la version des règles de Heroquest qui se trouve sur le Wiki du Grümph.

    Je n'ai pas encore trouvé de moyen d'équilibrer les Classes sociales. Qui voudrait jouer un Shudra alors que les Kshatriya ont quasiment tous les avantages ? Mettre des points de génération et des Avantages/Désavantages ? Mais on risquerait aussi d'avoir tout le temps de Super-Shudra minimaxés, ce qui ne serait vraiment pas fidèle aux oeuvres où les héros shudra sont vraiment très rares. Je crois qu'en y songeant, je préfère finalement conserver le déséquilibre (même si je ne veux pas exclure a priori des Vaishya - il y a bien quelques pâtres - et Shudra).

    Je ne sais pas encore comment organiser la section sur la vie quotidienne. Le Manuel sur l'Inde classique de Louis Renou et Filliozat a pas mal de choses, ainsi que le Dictionnaire de la civilisation indienne de Louis Frédéric.

    Pendant que j'y pense, il faudra inclure quelque chose sur le calendrier - même si on joue dans le Dvapara Yuga épique et non dans le Kali Yuga antique.

    On ne divise pas le jour en 24 heures mais en 60 ghadiya (un ghadiya fait donc environ 24 minutes).

    En reprenant la page wiki sur les saisons hindoues, il y a 6 saisons (ritu) au lieu de 4 en raison notamment de la Mousson, Saison des pluies, Varsha, à la fin de l'été. Il y a 12 mois lunaires (mâsâ) (Louis Frédéric décale légèrement les mois : le premier, chaitra (au printemps), est mis comme plutôt mars-avril. :

    No.Ritu Saison Mois sanskrit
    Equivalent grégorien
    1 hemanta pre-hiver Margashîrsha et Pausha Dec.-Fev.
    2 shishira Hiver
    Mâgha et phâlguna Fev- Avr
    3 vasanta Printemps
    chaitra to vaishâkha Avr. Juin
    4 grîshma Eté
    jyeshtha et âshâdha Juin-Août
    5 varsha Mousson
    shrâvana à bhâdrapada Août-Oct.
    6 sharat Automne âshvîyuja à kârtika Oct.-Dec.

    Galimafrée



  • J'ai envie d'utiliser ce petit Logo (issu du personnage du Consul Le Nabot d'Il était une fois l'espace) au lieu d'ajouter tout le temps du buzz médiatique à ce Président, ou de passer par des périphrases infantiles du genre "Voldemort".
    Image Hosted by ImageShack.us


    J'ai juste noirci les cheveux. Le brassard avec le W (qui signifiait Cassiopée) pourrait se lire comme pro-Bush.

  • Image Hosted by ImageShack.us Non seulement ses voeux de Nouvel An étaient creux et sans intérêt, mais en plus ils ont coûté (via le Canard) 72 000 euros à France 2, soit 7 fois plus que les voeux de Chirac.
    Tout ça pour rajouter au début ce travelling grotesque de série télé sur les jardins illuminés de l'Elysée. 50 000 euros engloutis pour un caprice de communication.
    (le dessin est de Luz, dans Charlie-Hebdo #810)


  • Toujours d'après le Canard, une mise au point que je trouve assez drôle dans le Mur du çon. Balkany déclare que l'avion de Bolloré "c'est un peu comme un ami qui vous prêterait sa voiture." Mais le Canard précise : c'est comme un ami qui vous donnerait une voiture neuve" - un vol en jet privé Paris-Le Caire coûte le prix d'une belle voiture. Cela mérite d'être répété : notre Président s'est fait offrir la valeur d'une voiture par le directeur de la chaîne de télé Direct 8, du journal Matin Plus et de la SFP.

  • Curieux aussi que les gens mentionnent seulement le triplement de son salaire sans rappeler (comme le site d'Arrêt sur Images l'a dit) qu'il avait déjà refusé son argent de poche de 7000 euros en tant que Président en conservant son salaire de Ministre de l'Intérieur d'11500 euros (sans cumuler les deux quand même avant ce triplement) sur toute cette année.

  • Je me sens de plus en plus indomane depuis que j'ai lu que l'Inde refuse que le Président de la Républiqueprivée ne signe des contrats devant des photographes pendant son voyage officiel dans ce pays. Comme ils le font remarquer, dans une démocratie, la plupart des contrats représentent des questions privées et non politiques et il ne viendrait pas à l'idée de S*rk*zy d'exiger des contrats dans un pays industrialisé normal.

  • Le comparatif avec Chirac réactualisé en décembre donne actuellement un différentiel de popularité de +14 (55% opinion positive, 41% d'opinion négative). Les opinions négatives ont bien plus augmenté (+16) cet automne que les positives n'ont baissé (-10). En mars 2003, Chirac était monté à +50 d'écart (75/25). Sur certains indices comme la confiance sur le pouvoir d'achat, l'occupant actuel serait à +0 exactement (soit 45/45) d'après certains chiffres.

    François Fillon serait, toujours selon la compagnie de Parisot, lui, à +4 (47/43). Raffarin à l'été 2006 était à -45 et Juppé a atteint les -50.

  • Dans Charlie-Hebdo #811 :
    Tony Blair s'est converti au catholicisme.
    Enfin une proposition de Ségolène Royal reprise à l'étranger !
  • Rétractation



    Le tribunal administratif a annulé l'école Jack Lang inaugurée il y a 2 ans. J'avais donc tort dans mon ironie, et je retire ma note de septembre 2006. On peut bien nommer des écoles de personnalités vivantes mais choisir un élu de la même région était effectivement, en y réfléchissant, un choix contestable.

    Dire qu'un jour on devra supporter des rues nommées d'après le 6e Président de la Ve République.

    Dire du bien de ses ennemis



    Pour prouver que je ne suis pas dogmatique, même dans le gouvernement actuel de pillage pour les plus riches, je trouve au moins une chose que j'apprécie (je ne compte pas l'interdiction du tabac dans les zones conviviales qui date du gouvernement précédent) : le projet de gratuité des musées (qui ne concerne pour l'instant que quelques musées comme Guimet, Cluny, les Arts et métiers ou le Bourget.. Quand on pense que Jack Lang a supprimé les jours gratuits du Louvre (c'était gratuit le mercredi et le dimanche), c'est un paradoxe que les ploutocrates fassent plus pour l'accès aux musées que les socialistes. Rappelons que les expos permanentes sont gratuites dans les musées nationaux aux USA ou au Royaume-Uni.

    Et pour dire du bien des assassins en Mauritanie, la suppression du Paris Dakar prouverait que même les crimes peuvent avoir des conséquences positives.
    (non, je plaisante : malgré tout, le bilan économique de cette indécente course est peut-être plus favorable aux pays traversés qu'on pourrait le croire).

    Pour revenir à plus de négativité, une nouvelle idiotie d'experts ce matin sur France Culture : Alexandre Adler (qui mériterait presque un blog de corrections à chacune de ses interventions) a expliqué que Barack Obama était en fait le plus à gauche parmi les candidats démocrates. Pardon ?? Obama est plus à gauche que Kucinich ??? Même en supposant qu'il voulait dire "parmi les candidats éligibles", Obama reste à la droite du sudiste John Edwards (du moins dans son programme actuel de couverture de santé étatique universelle), et il ne cesse d'en rajouter sur le ton bipartisan et sur la religion.

    De même, un journaliste sur une chaîne d'infos continues a expliqué qu'Hillary Clinton avait le soutien des femmes. Les faits ne soutiennent pas cette hypothèse : M. Obama attire plus les femmes que Mme Clinton (et à l'inverse, Clinton attire plus le vote noir qu'Obama - la "politique de l'Identité" a des limites même aux USA).

    L'Iowa (3 millions d'habitants) n'a que très peu d'importance, avec ses 7 Grands électeurs sur 538 - même si l'Iowa est devenu un Etat très équilibré qui a voté pour Gore en 2000 et Bush en 2004 avec une faible marge.

    Mais l'important ne serait pas qu'Obama ait gagné, ce serait la marge de sa victoire, qui semble à première vue importante. Il a eu 38% des votes (900 délégués) contre 29% (700 délégués) pour Clinton. Mais cela ne représentera au final que 16 délégués contre 15 pour la Convention démocrate de Denver en août 2008 (sur les 3515 délégués), autrement dit une égalité pour l'instant !! La victoire n'est donc que psychologique, médiatique ou symbolique : il rappelle que les Blancs peuvent voter pour lui et que dans ce système des Caucus qui élimine les petits candidats, il est préféré à Clinton. Mais il n'a pour l'instant aucun avantage réel dans le vote.

    jeudi 3 janvier 2008

    Si le Royaume-Uni intégrait les Etats-Unis



    Non, je sais bien que cela n'arrivera jamais.

    Les seules modifications qu'on pourra voir un jour serait de faire du District de Columbia un Etat (ils ont plus d'habitants que le Wyoming, environ 500 000) et éventuellement de certains Territoires comme la République de Puerto Rico (qui a plus d'habitants que l'Oregon, environ 3,9 millions). Mais quand on voit que les USA sont déjà réticents vis-à-vis de simples unions douanières avec le Canada, on n'imagine pas plus.

    Mais quelles seraient les conséquences si cela arrivait dans un monde possible ?

    Pour simplifier, je ne vais pas parler du Commonwealth (le problème du Canada, par exemple) ni de la Chambre des Pairs que je vais juste supposer abolie (sans doute comme la Monarchie). Les USA pourraient s'appeler les United States of America and Great Britain, USAGB (tant pis pour l'Ulster).

  • Le premier scénario (très peu plausible avec la Dévolution récente) est que l'ex-Royaume-Uni soit un seul Etat. Cela donne actuellement 60 millions d'habitants, soit bien plus que les plus gros Etats comme la Californie, 36 millions, 53 sièges dans la Chambre des Représentants, ou le Texas, 23 millions, 32 sièges.

    Si on suit ces mêmes rapports, cela donnerait donc entre 83 et 88 sièges à la Chambre des Représentants selon le découpage, disons pour simplifier 85. Les 85 Représentants du Royaume-Uni remplaceraient donc au Congrès les 646 de la Chambre des Communes (qui pourrait demeurer comme "Chambre d'Etat"). La Chambre des Représentants passerait alors de 435 sièges à 520 membres et l'Etat du Royaume-Uni représenterait à lui seul 16,3% de ce Congrès, soit plus que le Texas et la Californie réunis.

    Il n'aurait en revanche que 2 Sénateurs, comme les autres Etats.

  • Le second scénario, peut-être plus réaliste (s'il n'y a le problème du Sénat), serait que le Royaume-Uni entre comme quatre Etats : Angleterre, Ecosse, Galles et Irlande du Nord (je suppose qu'il n'y a pas eu de Réunification de l'Irlande).

    L'Angleterre a aujourd'hui environ 50 763 000 habitants, l'Ecosse 5,117,000, le Pays de Galles 2,966,000 et l'Irlande du Nord 1,741,600, ce qui donnerait donc environ 70 Représentants pour l'Angleterre, 7 Représentants pour l'Ecosse, 4 pour le Pays de Galles, environ 2-3 pour l'Irlande du Nord. L'Angleterre reste bien plus nombreuse que la Californie.

    Mais surtout ce scénario donnerait 8 Sénateurs aux quatre Etats britanniques au lieu de 2 dans le premier. Les 4 Etats auraient donc 7,4% du nouveau Sénat (en supposant 108 membres) au lieu de 1,96% !

    L'Ouest, la Nouvelle-Angleterre et la "Vieille Angleterre" pourraient désormais largement dominer les Etats réactionnaires du Sud Esclavagiste et de la Ceinture Biblique.

  • Laïcité "positive"



    Les choses vont de pire en pire dans la théocratie américaine. Un sondage récent avait déjà montré que les Etatsuniens se méfiaient plus des athées que de toute autre minorité, que ce soit les Islamistes ou les homosexuels.

    A présent, un couple qui n'a strictement rien à se reprocher (de l'aveu du Juge) vient de se voir refuser l'adoption par l'administration du New Jersey pour le seul crime qu'ils sont athées...

    Le Juge a justifié l'interdiction :

    "No person shall be deprived of the inestimable privilege of worshiping Almighty God in a manner agreeable to the dictates of his own conscience.

    The child should have the freedom to worship as she sees fit, and not be influenced by prospective parents who do not believe in a Supreme Being."


    C'est dans ces cas-là que je comprends enfin l'intolérance de certains irreligieux.

    Donc récapitulons ce raisonnement : un enfant peut être adopté par n'importe quel membre d'une secte de tarés parce que cela lui donne au moins une religion, mais des personnes rationnelles qui refusent de croire dans les contes de fées de notre héritage préhistorique risqueraient de déformer l'esprit de l'enfant en le privant de la chance insigne de devenir un fanatique de la superstition inculquée dans sa jeunesse. Voilà la leçon de "l'Espérance" chère à notre Président, j'imagine.

    Il y a 8 Etats aux USA qui discriminent de manière explicite contre les Athées dans leur Constitution : l'Arkansas, le Massachusetts, Maryland, Caroline du Nord & du Sud, Pennsylvanie, Tennessee et Texas, qui prévoient tous encore aujourd'hui de pouvoir exclure un élu s'il ne croit pas en un Être suprême (même si la décision Torcaso v. Watkins, 1961 de la Cour Suprême les rend en fait invalides).

    mercredi 2 janvier 2008

    Empire et Colorado



    Je viens de voir sur Serie Club la mini-série Empire (2005, ABC). C'est d'une incroyable médiocrité (et je ne crois pas être très difficile en matière de peplum). Cela permet encore mieux d'apprécier Rome (tournée aussi en 2004-2005, HBO & BBC, quatre fois plus d'épisodes), qui se déroulait à peu près sur la même période entre la mort de César et la guerre entre Octave et Marc-Antoine.

    Le problème de Rome était qu'on se souciait assez peu des personnages fictifs de Lucius Vorenus et Titus Pullo, et qu'on s'intéressait bien plus aux personnages comme Atia et Octave. La série (notamment la saison 2) est presque son hagiographie et même adolescent il est représenté comme étrangement surdoué.

    A l'inverse, le problème d'Empire est que le beau Octave (joué par Santiago Cabrera qui jouait le peintre Isaac Mendez dans Heroes) a l'air trop naïf et stupide. Pire, il est même dénué d'ambition avant le dernier épisode. Il est donc d'abord un peu éclipsé par le personnage fictif du gladiateur grec Tyrannus (sic), qui lui sert de tuteur.

    Tyrannus est le vrai héros de la mini-série. Il est bien sûr inspiré du Maximus de Gladiator (mais aussi peut-être un peu Spartacus qui a eu un téléfilm en 2004). Il se reproche de n'avoir pas sauvé Jules César aux Ides de Mars (hommage à In the Line of Fire ?) et a fait le serment d'être le garde du corps d'Octave, qu'il n'arrête pas de sauver. Même la bataille finale de la Guerre civile n'est gagnée que grâce à Tyrannus.

    Octave a encore plus d'aventures absurdes que celui de Rome (il est même réduit à participer à l'entraînement des Gladiateurs en se cachant de Brutus puis presque simultanément de Marc-Antoine).

    Les anachronismes sont innombrables. Toute la période entre 44 et 31 semble se concentrer sur quelques mois. Octavien Auguste est représenté comme un humaniste universaliste, presque pacifiste. Il pardonne même à Brutus (la bataille de Philippes n'a pas lieu et il est seulement exilé !), puis à Marc-Antoine qu'il épargne sur le champ de bataille.

    Quant à toute l'histoire de la IIIe Légion qui aurait été décimée à Bibracte (-58, Saône et Loire), décrite comme une bataille contre Mithridate du Pont (vaincu en -65 en Arménie !!), cela défie l'imagination en mélangeant la Gaule et l'Asie mineure, en attribuant à César un événement qui eut lieu en Afrique 70 ans plus tard, vers 18 après J.C., et en traitant une Légion un peu comme les Morts de Dunharrow pour Aragorn.

    Les costumes sont assez réussis et comme la série passait sur ABC et non HBO, il y a moins de voyeurisme. La série est tournée en Italie, comme Rome, et les décors sont moins visibles. Mais les dialogues manquent complètement de subtilité, au point d'en devenir involontairement comiques. Les combats de gladiateurs prennent plus de place que les événements historiques. Ils ont tellement simplifié les oppositions qu'ils ont même retiré Cléopatre de l'histoire, alors qu'on s'attend à ce qu'elle joue plus de rôle qu'Agrippa.

    Le passage où Octavien est amoureux d'une Vestale Kamane (je ne sais pourquoi ils disent qu'une Vestale adore "Pallas Athéna" alors que le nom semble assez facile à associer à Vesta ???) flirte un peu avec le fantastique (j'ai même cru qu'elle allait devenir une Bene Gesserit). Octavien ne devient d'ailleurs héroïque que pour pouvoir épouser cette Vestale et non pas vraiment pour régner sur Rome, mais il finit par faire le choix cornélien de préférer Rome à son amour.

    *


    J'ai craqué et ai finalement abandonné la mini-série. A la place, j'ai enfin vu la fin de la série animée Chris Colorado (2000), le 26e et dernier épisode "La Destinée des Krantz". Ce devait être la fin de la Première Epoque mais il n'y eut hélas jamais de suite, à cause du retrait d'AB Productions, et les auteurs ont depuis fondé le studo Label-Anim.

    Chris Colorado est une série étrange, au scénario ambitieux avec des retournements et révélations fréquentes, ce qui rend le feuilleton complètement incompréhensible assez vite, tant les auteurs s'amusaient à développer plusieurs couches de mystères.

    Il n'y a par exemple pas de prologue explicatif en dehors de quelques images allusives. Nous sommes dans un futur post-apocalyptique, où une étrange météorite, Sheol, a ravagé la Terre, notamment les centres urbains, et détruit toute technologie. La civilisation s'est reformée autour de ruines mayas, l'ancienne cité de Chichén Itzá (sans qu'on comprenne bien pourquoi, même si on apprend plus tard que les anciens Mayas auraient déjà mentionné la même météorite Sheol). D'étranges mutants vivraient dans les ruines des grandes villes. La technologie est devenue plus rare et centralisée dans le gouvernement mondial. Mais un homme aux étranges pouvoirs issus de la Comète, "Thanatos", a créé une armée d'homme zombifiés électroniquement pour prendre le contrôle du monde (leur masque fait penser aux crânes du Dia De Los Muertos mexicain). La série commence alors que Thanatos vient d'être battu par un mouvement de résistance.

    Chris Krantz dit "Colorado", le héros, est un aviateur qui vit dans le Grand Canyon avec son grand père Sam Krantz et son "frère de sang", un shaman Hopi(tribu de l'Arizona), qui fait beaucoup penser aux Indiens dans Lucky Luke. L'ambiance fait penser aux Pulps. Dans le premier épisode, il vient sauver le Président de la Fédération mondiale, tombé dans les ruines de la Ville (New York). Au fil des épisodes, on découvre que le Président de la Fédération est l'oncle de Chris, que "Thanatos" est à la fois son autre oncle et son père (c'est une aggravation du syndrome Darth Vader : Chris Colorado perd même la raison dans un épisode et dans sa fureur héroïque il devient aussi "Thanatos"), et finalement que presque tous les personnages sont liés d'une manière ou d'une autre. La série s'arrête avec la disparition de la famille Krantz et l'arrivée au pouvoir de Rebecca Wong, une cyborg qui est la petite amie de Chris. La réussite de la série tient dans l'ambiance paranoïaque où tous les personnages peuvent être des traîtres ou des doubles.

    Chitralekha



    Les mythologies ont généralement peu de personnages féminins héroïques (si on excepte quelques déesses comme Ishtar, Isis ou Athéna). Il y a bien Atalante et quelques Amazones comme Myrina chez les Grecs, quelques Walkyries comme Sigrún ou Brunehilde.

    Mais grâce à une bande dessinée indienne publiée par Amar Chitra Katha, Aniruddha (dessins par Pratap Mulick), je découvre le personnage fabuleux de Chitralekha, une super-yogini.

    Le roi Bana était un "Asura", un de ces Anti-Dieux ambigus qui peuvent être démoniaques ou divins. Il était fils du roi asura du sud, Mahabali (qui d'après une tradition finit aussi en Yogi vertueux malgré ses origines). Bana règnait sur Sonitapura, au nord-est de l'Inde et il avait mille bras. Il était dévoué au Dieu Shiva, qui lui avait promis que nul ne pourrait le vaincre tant que le Dieu tiendrait son drapeau. Bana est si plein d'audace qu'il dit qu'il s'ennuie à présent et qu'il est l'égal des dieux, ce qui conduit à une malédiction paradoxale de Shiva, qui compense sa bénédiction.

    La fille de Bana, Usha (dont le nom semble évoquer celui de la déesse de l'Aurore, Ushas), a alors un songe où elle voit un bel inconnu. Elle se morfond alors d'amour pour cette apparition, mais sa confidente, la sage Chitralekha, fille d'un conseiller du roi Bana, décide de l'aider directement. Chitralekha peint alors tous les Dieux, Démons et Héros connus pour qu'Usha puisse reconnaître le portrait (le style de Chitralekha doit être vraiment photographique) et retrouve ainsi l'homme de ses rêves.

    Il s'agit en fait d'Aniruddha, petit-fils du célèbre roi/dieu Krishna le Sombre.

    Kṛṣṇa, Avatar du Dieu Vishnou, règne alors sur Dvaraka, à l'ouest de l'Inde. Il avait eu avec sa femme Rukmini, Avatar de la Déesse Lakshmi, plusieurs enfants dont le prince Pradyumna, Avatar de Kama l'Amour. Pradyumna avait vaincu le démon Sambara et épousé sa veuve, Māyādeví (Déesse d'Illusion). Pradyumna était le père d'Aniruddha.

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    La sage Chitralekha se servit alors de sa magie pour voler jusqu'à la cité de Dvaraka. Elle enleva le Prince Aniruddha dans son sommeil et le ramena en volant jusqu'à la chambre d'Usha. Il "épousa en secret" (j'imagine que c'est une périphrase de la bd pour enfants pour des actes moins rituels) Usha. Aniruddha en vint à oublier son enlèvement, mais il fut surpris par Bana qui l'enferma prisonnier dans des liens de serpents.

    Quand on lit le Mahābhārata on trouve parfois l'avatar Kṛṣṇa trop passif (surtout par rapport à d'autres incarnations plus martiales comme Rama) mais dans ce mythe extrait du Bhagavata Purana, Krishna lève alors une armée contre le démon Bana pour délivrer son petit-fils, avec l'aide de son frère Balarāma (Sańkarṣaṇa) et de Pradyumna. C'est une guerre épique puisque aux côtés de Banasura aux 1000 Bras marchent aussi le Dieu Shiva et son fils le Dieu de la Guerre Skanda / Kārttikeya. Comme on est clairement dans un mythe vishnuïste, l'avatar Krishna bat aisément les hordes et fléaux de Shiva, Skanda et le démon Bana aux Mille Bras (dont il en coupe 996). Ensuite, il pardonne à ce dernier (devenu le beau-père de son petit-fils Aniruddha) et lui offre l'immortalité, adoptant ainsi l'Asura dans sa famille, tout comme Pradyumna avait intégré la femme du démon Sambara.

    En passant, si je me souviens bien des analyses de Georges Dumézil, l'opposition Asura-Devas peut aussi renvoyer en partie dans la souveraineté à l'opposition entre les Ases et les Vanes (qui finissent par se réconcilier par des mariages) chez les Scandinaves et non pas seulement l'opposition manichéenne entre Dieux et Géants.

    Ce personnage de la sage Chitralekha joue d'ailleurs peut-être le même rôle ambigu que cette Māyādeví qui aide Pradyumna à vaincre son mari (comme Ariane aide Thésée à vaincre son frère le Minotaure et Médée aide Jason à vaincre son père Aiétès). Le soutien de la Grande Déesse et de la Shakti est nécessaire pour atteindre la souveraineté.

    Ce petit mythe a eu des interprétations spéculatives complexes dans les exégèses vishnouïstes. Les quatre héros de la famille de Kṛṣṇa, Vasudeva (le père de Kṛṣṇa), Sańkarṣaṇa (Balarāma, son frère), Pradyumna et Aniruddha sont parfois interprétés respectivement comme l'Absolu, l'âme, l'intelligence et l'ego, mais les listes varient et je ne vois pas vraiment ce qui dans le mythe de l'enlèvement de Pradyumna puis celui d'Aniruddha vient soutenir cette sublime métaphysique des Hypostases et cette "noétique".

    L'avenir de l'homme (et la femme)




  • Aujourd'hui, Isaac Asimov aurait eu 88 ans (il est mort à 72 ans après avoir écrit plus de 500 ouvrages). Son site a une retranscription d'une conférence d'Asimov faite en 1974 sur le Futur de l'humanité.
    Il est étonnant dans son ironie constante à l'oral, il semble incapable de prononcer trois phrases sans une plaisanterie.
    Il explique notamment que la science fiction ne tient pas assez compte des facteurs sociaux, comme les résistances au changement technologique. Ce reproche me paraît moins vrai depuis pas mal de temps, et la robotique (c'est Asimov qui a inventé le mot à la place de la cybernétique générale de Wiener) réagissait déjà contre le Luddisme de Capek, l'inventeur du mot "robot". Asimov pense que le problème principal du futur sera écologique et démographique, ce qui n'est pas si original dans les années 70 et l'époque du néo-malthusien Club de Rome. Mais là où cela me paraît moins trivial est qu'Asimov relie ce problème démographique à une question politique et sociale : la libération des femmes. Il a un argument un peu sociobiologique ou panglossien (et qui curieusement ne mentionne pas les technologies de contraception). L'émancipation des femmes n'accomplit pas seulement un but moral mais peut être efficace pour permettre de réduire la démographie : si les femmes peuvent devenir plus facilement chefs d'entreprises, savantes ou politiciennes partout dans le monde, elles se sentiront moins contraintes par les moeurs de faire des enfants.

    Cela dit, le problème des pays industrialisés actuels semble à l'inverse de convaincre les femmes de conserver ce rôle ingrat de nos progénitrices (du moins tant que le clonage ne l'aura pas remplacé) tout en travaillant. Et à l'inverse, les femmes japonaises travaillent encore assez peu (sauf pendant leurs premières années) et font pourtant peu d'enfants, ce qui montre peut-être que la modernité peut être malthusienne sans féminisme.

    Asimov semble un peu flou sur la question de la future Gérontocratie planétaire qui s'annonce. Il dit que paradoxalement les Seniors auront plus de pouvoir en étant la majorité mais qu'on respectera moins leur sagesse puisque la connaissance ne dépend plus autant de l'expérience accumulée. Donc leur pouvoir réel se séparera de leur autorité symbolique, ce qui doit conduire à une révolution de l'éducation avec une formation continue pour permettre aux Seniors de rester "adaptés".

    Il semble un peu optimiste sur l'écologie, disant qu'il y a une prise de conscience croissante des dégats sur la couche d'ozone (en 1974 !). En revanche, je crois qu'il a raison sur la progression spectaculaire de la Paix, ce qui n'allait pas de soi devant un public qui assistait à la fin désastreuse du Vietnam.

  • Puisqu'on parle de conférence de 74, cette longue interview en français d'Hanna Arendt a quelques passages politiques intéressants. Elle diagnostique une crise de la culture américaine et surtout de sa politique qui conduirait au déclin de la Constitution. On pourrait croire à un simple cliché sur le Watergate mais son analyse du mensonge politique marche encore mieux avec l'Administration Bush qu'avec les exemples de Johnson et Nixon. Le mensonge "officieux", utilitariste de type "platonicien" (la Raison d'Etat) devient une culture sophiste où la vérité n'a même plus de valeur : on ne prétend même plus admettre des exceptions à la véracité pour le Bien du peuple mais parce que la vérité n'est qu'un outil.

  • Parce que l'Islande est une nation de pêcheurs, elle a été l'un des rares cas de quasi-matriarchie. Aujourd'hui, 96% des Islandaises vont à l'Université, record mondial, et contrairement aux Scandinaves du continent ou aux Allemandes, elles continuent pourtant de faire assez d'enfants pour le renouvellement des générations, peut-être à cause de la précocité des rapports ? Le futur sera donc une Islandaise, pour suivre le raisonnement d'Asimov.

  • Une conférence de 15 minutes par le psychologue cognitiviste Steven Pinker. Il est agaçant dans son côté fanfaron ("Je vais vous prouver que tout ce que vous croyez est faux") mais il a, comme d'habitude, une thèse claire et bien présentée. Il cherche à défendre l'idée aufklärer d'un progrès moral (y compris sur des bases non-morales, d'ailleurs). Il montre par des chiffres que contrairement à ce que toute notre culture pense depuis le XXe siècle, les conflits et la violence se réduisent énormément à travers l'histoire de l'Humanité. Il n'explique pas vraiment le processus mais rappelle quelques hypothèses plausibles comme 1) la politique, le renforcement des Etats (hypothèse du Léviathan), 2) la technologie, la vie s'allonge et prend donc plus de valeur, 3) l'économique, l'accroissement des échanges à sommes positives et 4) l'éthique, l'argument singerien selon lequel l'évolution conduirait naturellement à une expansion de la sphère de nos soucis moraux.


  • France Culture avait une émission sur la prospective pour 2040 (.ram). Mais je ne me souviens de rien d'intéressant (des banalités sur la crise écologique et les problèmes de retraites) à part la vague idée, comme chez Asimov, de l'importance de l'éducation pour les femmes, qui expliquerait en partie le retard de certains pays en voie de développement plus sexistes (comme au Moyen-Orient) par rapport aux Nouveaux Pays industrialisés.

    Cette question féminine est devenue cruciale sur bien des points dans la perception et la réalité des relations entre le monde occidental (le Japon industrialisé reste sexiste par exemple) et le Moyen-Orient. Il y a une part de préjugé "orientaliste" dans cette cristalisation sur la différence des sexes et dans l'erreur rétrospective de projection de standards récents (certaines choses qui choquent les Occidentaux de 2000 auraient paru normales pour leurs parents de 1950) mais à rebours il y a encore plus d'obsession sexiste chez une partie des Islamistes comme s'ils voulaient devenir d'autant plus misogynes parce que l'Occident honni leur reprocherait de trop l'être ! La stratégie habituelle de déni des discriminations consiste alors à reprendre un argument sociologique relativement sophistiqué où l'émancipation féministe ne serait qu'un masque d'une aliénation plus profonde ("Oui, nous interdisons peut-être aux femmes de conduire, mais vous les contraignez à travailler et à ne se soucier que de leur apparence").

  • mardi 1 janvier 2008

    Si seulement

    Dave Barry dans son récapitulatif de 2007 :


    May
    Abroad, the French presidential election, in what political analysts see as a break with recent trends, is won by John Kerry.


    Si vous n'en faites rien, on en veut bien, nous.

    On n'a eu le choix qu'entre un escroc venu enrichir la ploutocratie, une idiote qui disait à peu n'importe quoi (et qui entend des voix), et un égocentrique qui ne croit en rien en dehors de sa destinée présidentielle et son écurie, votre Sénateur du Mass. qui n'a jamais fait passer une seule loi en 25 ans, a l'air quand même mieux.

    Libérez les asiles d'ignorance

    Ca, c'est une vraie librairie. Ca me donnerait envie d'aller à Maastricht rien que pour la voir, si les livres n'étaient pas en neerlandais.

    EDIT : Et pour faire un peu moins mon rôle caricatural de Homais, quelques photos d'églises intéressantes, qui sont magnifiques, notamment la colombienne Las Lajas que je ne connaissais pas (dans les orthodoxes, j'aurais plutôt mis Храм Спаса на Крови de Saint Petersbourg à la place de la technicolore Saint Basile de Moscou).

    Have You Been High Today?



    D'habitude, je ne trouve pas les paroles de chanson déformées très amusantes mais ce sous-titrage d'un clip indien est parfois assez imaginatif ("some day I sell DNA").

    Mauvaise Foi



    Une chose qui me fait souvent rire chez les personnes religieuses n'est pas une croyance absurde (on en a tous) mais le fait qu'ils gardent parfois assez de dissonnance cognitive pour nier qu'ils ont en fait cette croyance (même si parfois c'est simplement de l'ignorance ou de la stupidité, comme lorsque les Chrétiens disent qu'ils appliquent les Dix Commandements originaux).

    Ici le candidat républicain mormon Mitt Romney nie effrontément la croyance mormonne que Jésus va revenir aux USA et régner... depuis le Missouri - et est ensuite contredit par sa propre Eglise.



    Il y a un dialogue très amusant entre Pyrrhon et Mitt Romney qui résume bien les positions crypto-théocratiques de Romney, qui ne sont pas loin de l'habile "laïcité positive" de notre propre Président.

    Division



    L'innommable Voldemort, hier, dans ses Voeux, qui semblaient exactement aussi emplis de clichés que les précédents :


    Je crois que mon rôle est de convaincre et de rassembler non de heurter et de diviser. C’est ce à quoi je me suis efforcé dans le respect de tous.


    Discours du 11 décembre à Vandoeuvre-Lès-Nancy :

    Je suis heureux de me trouver parmi vous en Lorraine, parce que la Lorraine, c'est la France, la véritable France, telle que je la connais, telle que je la ressens, telle que je l’aime.

    Ici, c’est la France dont on parle peu, parce qu'elle ne se plaint peu. Ici, c’est la France qui croit au mérite, à l'effort, c'est la France qui veut qu'on la respecte.


    On ignorait qu'à Paris, dans la fausse France, on refusait le mérite et qu'on voulait être méprisé et piétiné.

    Les journalistes ne mentionnent que le terme vide de "politique de civilisation", qui comme d'habitude chez Guaino, ne veut rien dire à part qu'il n'a rien à dire.

    Et quant à ces divisions, je ne parle même pas de sa nouvelle forfaiture contre la laïcité dans son discours d'allégeance à Latran, où il tenait à réaffirmer le baptème de la Nation et reprochait à la République de ne pas s'être intéressée à "l'Espérance" - ce en quoi il confond République et Théocratie. Il est allé jusqu'à reprocher aux enseignants de ne pas savoir inculquer la superstition : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et la charisme d'un engagement porté par l'espérance. "