samedi 16 février 2008

Mood is a Fickle Mistress

Je devrais peut-être limiter plus les entrées du libellé Nombril ce mois-ci (surtout que je délaisse trop Bharatavarsa en ce moment) mais j'use assez souvent de mensonges de méthode Coué pour vouloir déposer une pierre blanche quand j'ai l'un de mes jours fastes. J'étais assez morose hier parce que j'avais une impression écrasante de fatalité face à la situation politique mondiale (sans même parler de la vanité de toute lutte contre la ploutocratie locale) et je ne voyais qu'un avenir d'ultra-libéralisme, de cynisme misologue, de philistinisme généralisé, d'exploitation technique et d'aliénation, de retour des replis identitaires avec une échelle qui fera passer le XXe siècle pour raisonnable. Une sorte de cauchemar conjugué écologique, heideggerien, arendtien, terroriste (au sens kantien du "déclinisme") et même althusserien (une des originalités de cette hérésie herméneutique était, je crois, une possibilité d'une victoire de systèmes d'exploitation sans aucune garantie de la surmonter).
Mais j'ai vraiment l'impression d'une erreur de perspective. L'occident traverse une phase qui profite aux plus riches et fait décliner les plus pauvres mais, à une autre échelle, l'image est différente, jamais les syndicats et la prospérité ne sont autant répandu dans le Tiers-Monde et sans avoir une foi optimiste dans la dialectique on peut considérer que nous devenons plus conscients des limites actuelles de la globalisation. Certes, nous mangeons une nourriture qui va devenir un monopole de Monsanto, l'eau buvable va manquer, nos cancers vont continuer d'exploser, la Chine et l'Inde vont projeter notre propre irresponsabilité à des proportions sans précédents, mais en même temps les conflits baissent, l'échec de l'hégémonie américaine peut conduire à renforcer enfin une Sécurité collective qui un jour ne se limitera plus à un multilatéralisme relativiste.

Je suis assez lucide sur le caractère complètement relatif et variable de mes rares accès de bonne humeur mais cette fois j'arrive à en tirer quand même une satisfaction. J'ai en fait l'impression d'un léger progrès dans ma vie privée grâce au fait que j'arrive enfin à une certaine "routinisation", ce qui ne m'était jamais arrivé. Je regrettais toujours de ne pas avoir de rituels qui me permettent de me rassurer. J'avais l'impression d'un vertige de contingence et d'impossibilité quasi-hamletienne à chaque action ou pour toute résolution (janvier avait été particulièrement désastreux de ce point de vue avec des crises aiguës d'inaction). Mais il suffit en fait que la charge de responsabilités soit très faible, comme c'est le cas en ce moment (strictement rien à écrire), pour que j'arrive finalement un peu à la gérer et même à l'ordonner. J'ai corrigé 6 copies aujourd'hui en 4 heures et j'avais rarement savouré autant mon contentement à l'idée de faire mon devoir à peu près dans les temps. Il suffit donc de très peu de choses.

vendredi 15 février 2008

Comics de la semaine (13/02/2008)




  • DC

    • Booster Gold #0
      Cet épisode revoit à la fois les origines du héros sous-doué et la Crise temporelle publiée en 1994 - ce qui doit être "l'an dernier" dans la continuité des comics. Contrairement à ce que j'avais cru évident dans le numéro précédent, le Blue Beetle du futur n'a pas l'air d'être un vilain comme Per Degaton manipulant Blue & Gold.
      Ils arrivent ensuite dans un nouveau présent alternatif où les OMACs ont gagné la guerre contre les héros pendant Infinite Crisis et je crains une structure un peu répétitive où on nous montre une divergence et où on la répare à chaque fois.

    • Green Lantern Corps #21
      C'est l'arrivée d'un nouveau scénariste Sterling Gates après deux ans de Dave Gibbons, pour une histoire sur les nouveaux Alpha Lanterns - la Police des Police des Green Lanterns qui viennent d'être inventés par cyborgisation dans l'une des plus désastreuses nouvelles idées des Gardiens de l'Univers. L'histoire va suivre Boodikka, la Green Lantern Amazone, qui est une sorte de Lobo au féminin (et dont le nom est une allusion à la guerrière celtique). Elle revient sur sa planète d'origine, Bellatrix dans le secteur 1415 et l'histoire doit servir de prétexte pour approfondir la deshumanisation graduelle qu'entraîne la création des Alpha Lanterns. Mais l'attrait principal à mes yeux est que Gleason est parti et que le style plus classique de Nelson me plaît infiniment plus. Bien que Boodikka m'intéresse moins que Soranik Natu, c'est l'un des épisodes les plus agréables sur le Corps depuis longtemps.

      Si seulement ils pouvaient aussi faire venir de nouveaux Green Lantern comme Green Loontern, ou même Green Lambkin de Terre-C-.



    • Salvation Run #4/7
      Une des choses que je reproche aux fétichismes de comics est le vieux goût des années 60 pour les gorilles et autres créatures simiesques. Je n'ai jamais compris ce que les Américains trouvaient de fascinant ou de drôle dans ces créatures surreprésentées dans leurs bandes dessinées. Ce numéro de la série centrée sur les criminels résout en partie le problème en tuant de manière assez inutile deux des principaux super-gorilles à la fois, Gorilla Grodd et le francophone Monsieur Mallah (enlacé à son amant The Brain). C'est tellement idiot que cela ne peut pas ne pas faire sourire quand même.
      Mais il y a toujours The Joker, ce qui m'empêche de m'abonner, une de mes phobies étant les Clowns (l'autre phobie, j'en parle plus bas pour Castle Waiting).

    • Wonder Woman #17
      22 pages, c'est court, mais c'est encore trop long pour une histoire aussi prévisible. Je me suis tellement ennuyé que je n'ai pas réussi à finir et que j'ai sauté à la fin. 4 épisodes pour nous dire qu'il y avait un groupe d'Amazones qui considéraient la conception de Diana comme une abomination et qu'elles avaient tort... Je comprends comment Simone veut traiter ici la singularité de Diana, seule enfant dans une gynocratie d'Immortelles stériles, et que la métaphore originale est plus sur ce renouvellement, cette arrivée à la lumière de nouvelles générations que sur la féminité, ce qui nous change un peu des thèmes de la Guerrière-qui-se-bat-pour-la-paix. Mais le traitement reste sans intérêt à mes yeux.


  • Divers

    • Castle Waiting



      Ce gros album de 450 pages réunit les épisodes #1-19, publiés par l'auteur Linda Medley de 1998 à 2002 et réunis en 2006 chez Fantagraphics pour lancer le second volume. L'album a été traduit en français comme Château L'Attente chez ça et là (le titre français ne peut pas rendre un des sens de cette attente : on appelle ladies in waiting les dames de compagnie ou dames d'atours à la Cour et cette attente sert donc à désigner l'entourage secondaire des princesses). Le thème de la série est de revisiter l'atmosphère des contes de fées par la marge, par des personnages secondaires réunis dans un sanctuaire, l'ancien château de la Belle au Bois Dormant. La Princesse Medora s'est éveillé et est partie avec le Prince Charmant, laissant les habitants du Château un peu désoeuvrés (#1-3). Mais l'histoire se déplace ensuite sur une fille de marchands, Jaine (dite "Comtesse de Carabas" même si personne n'est dupe), qui vient enceinte d'un petit changeling. La série devient assez adorable aux numéros 4-8 autour des divers personnages du Château comme Henry le forgeron qui a greffé un coeur de fer, jolie parodie des Bourrus au coeur d'or, ou Rackham l'Intendant cicogne qui gère une poule aux oeufs d'or et une impressionnante Bibliothèque.
      Le problème arrive au #12e épisode. Toute l'histoire se centre sur un récit enchassé où la Soeur Peaceful des Nonnes solicitines raconte sa vie (pages 260-450). Les Soeurs solicitines sont un ordre de Femmes à barbe qui se retire entre elles avec leur hirsutisme et pilosité surabondante. Or, je ne peux expliquer pourquoi toute cette histoire sur les identités sexuelles, les "rôles de genres" dans les contes a fini par briser tout mon intérêt. J'avais l'impression de lire une fable moralisante sur la différence et je n'arrviais plus à y voir une réelle histoire, malgré les rebondissements picaresques imitant la structure des Contes de Canterbury. Et pour dire les choses avec une certaine brutalité, j'avais l'impression d'un sermon, presque un symétrique à ceux de Dave Sim. Certes ce n'est pas "misandre" comme Sim est misogyne, mais il y a un ton trop allégorique. Et je crois que mon malaise vient depuis le film Freaks du fait que j'ai des cauchemars sur ces phénomènes de foire et aberrations ou la métaphore du Cirque pour dire que nous sommes tous "anormaux" ou que l'anomalie n'est qu'une question de perspective - de même dans les scènes avec les Roms "voleurs d'enfants" qui renvoient à des récits archétypes sur la marginalité, sur Quasimodo ou l'Homme qui rit. Comme certains personnages m'intéressent, que le style graphique de Linda Medley est vraiment mignon et imaginatif (l'ex libris ci-dessus montre son talent) et qu'on ne sait toujours pas après les 19 numéros qui est le père du bébé vert et si laid, je vais peut-être revenir pour le second volume mais mon impression du premier reste mitigée, avec quelques bons moments concentrés autour des épisodes 4-8, soit seulement cinq épisodes sur 19.

    • The Sword #5
      Il y a quelques détours mais cet épisode me semble presque servir de nouvelle introduction, récapitulant tout le prologue précédent. Dara Brighton a hérité de l'épée magique de son père, qui était en réalité un immortel depuis l'époque minoenne. Elle est accusée du meurtre de sa famille, massacrée par ceux qui voulaient l'épée et s'est enfuit avec la volonté de comprendre enfin la vérité sur son père. Je ne sais toujours pas si le titre se dirige vers une direction traditionnelle. Dara ne semble aucunement avoir l'intention de jouer à la super-justicière avec ses pouvoirs et elle n'a guère pour l'instant que le désir de survivre face à ceux qui veulent lui reprendre l'épée et se débarrasser d'elle.
      Une des particularités du style des frères Joseph et Jonathan Luna est leur faculté de rendre acceptable la violence. Le style est tellement clair que les déchaînements de sang semblent presque froids et chirurgicaux, comme si l'épée tranchait plus des possibilités que des chairs. Les exécutions en masse et les corps mutilés sont presque "détachés" de tout gore, comme des jouets cassés dans une scène enfantine. On pourrait trouver cela trop abstrait mais c'est cette distance froide que je trouve plutôt appréciable.



  • Marvel

    • Amazing Spider-Man #549-550
      Après trois épisodes écrits par Dan Slott et dessinés par Steve McNiven, c'est une seconde équipe en rotation, Guggenheim et Larrocca. C'est toujours assez nostalgique de la grande période de Spider-Man dessiné par John Romita Senior dans les années 60-70, avec des histoires plus urbaines. Les intrigues sont un changement de propriétaire au Daily Bugle, l'élection municipale à New York (où Tante May est une militante active), la lutte dans la Maggia (avec le twist que la Maggia a maintenant une dette d'honneur envers Spider-Man, qui les a sauvés de Mr Negative), un tueur en série qui laisse des spider-tracers, la nouvelle héroïne Jackpot et un nouveau Gobelin Gris énigmatique, Menace.
      L'histoire a la grande force d'être très accessible aux nouveaux lecteurs. Il suffit vraiment d'avoir les éléments essentiels des films récents (plus la situation générale de l'Univers Marvel après la Guerre civile avec la Loi sur l'immatriculation des héros) pour pouvoir suivre.
      Le mystère de Jackpot semble déjà dégonflé et elle ne serait pas plus Mary-Jane Watson (trop évident) que Carlie Cooper (CSI-New York). Contrairement à Spider-Man, elle est "immatriculée" officiellement. J'espère que Menace n'aura rien à voir avec Harry Osborn. L'histoire du tueur en série semble traditionnelle (Spider-Man passe son temps à être accusé de crimes qu'il n'a pas commis) mais il est modifié par le fait que l'assassin a vraiment acquis des gadgets de Parker.
      Tout cela est très réussi. Le style de l'artiste espagnol Salvador Larroca continue d'évoluer profondément depuis plusieurs années et il est magnifique, même s'il exagère parfois un peu une sorte de "photoréalisme" qui risque de paraître un peu figé. La très belle couverture du #549 était coloriée par le regretté Stéphane Peru, qui vient de mourir à seulement 26 ans.

    • Black Panther #34
      Pas grand chose à dire sur cet intermède sur la planète des Skrulls qui vivent à Chicago des années 30. Ils reviennent sur Terre à la fin, c'est ce qui compte et à en croire les épisodes récents de Fantastic Four, cela sera sans doute la fin de la présence de Storm et Black Panther dans l'équipe.

    • Clan Destine (vol. 2) #1/5

      Clan Destine est l'une de mes séries préférées et c'est donc peu dire que je suis enthousiasmé par un bref retour après 12 ans d'absence. Ecrite et dessinée par le génial Alan Davis, c'est une oeuvre plus personnelle que bien d'autres comics Marvel. C'est l'histoire d'un groupe de personnes aux superpouvoirs qui appartiennent tous à la même famille (c'était bien avant Noble Causes de Faerber). Le père est Adam Destine, invulnérable et éternellement juvénile depuis le XIIe siècle. Il a eu au fil des siècles une douzaine d'enfants nés d'une Djinn/Fée et les frères et soeurs ont chacun des capacités différentes. La seconde génération des Destine comprennent Jasmine (la perfide Coucou) la télépathe qui projette son esprit pour posséder un nouveau corps quand elle meurt, Dominic ermite aux supersens tellement développés qu'il doit vivre dans l'isolement sensoriel, Walter, poète timide et écrivain de romans à l'eau de rose qui se transforme en un Troll monstrueux comme Hulk, et enfin les deux derniers, les jumeaux Rory et Pandora, qui voudraient pouvoir jouer aux superhéros. L'épisode réintroduit les personnages pour ceux qui n'auraient pas lu les 8 premiers épisodes en 1994 et il y a une nouvelle menace avec un complot mystique omniscient qui semble avoir découvert tous les secrets du Clan. S'il pouvait y avoir en plus un cross-over avec Captain Britain et Excalibur, autres créations anglaises de Davis, je serais pleinement heureux.

    • Fantastic Four #554
      Encore un changement d'équipe et de direction pour ce titre avec Marc Millar, l'auteur de Civil War. Il a annoncé qu'il resterait pour 16 numéros, donc jusqu'au #570 avec ce dessinateur Bryan Hitch avec qui il travaillait sur The Ultimates. Le début semble être un retour assez classique et assez drôle, mais Millar a promis de faire évoluer la série qu'il juge trop "stagnante" depuis plusieurs années. Sue va devenir plus autonome en dirigeant sa propre équipe et une Organisation caritative appelée Fondation Madeline Frank, du nom de l'une des plus anciennes superhéroïnes de l'univers Marvel. Il y a aussi un nouveau triangle pour nous changer de Namor avec le retour d'une ex-petite amie de Reed, la scientifique Alyssa Moy, qui avait été créée par Chris Claremont dans FF vol. 3 #5 il y a une douzaine d'années. La Chose, qui n'est pas revenu avec Alicia Masters (je pensais que Slott les avait pourtant plus ou moins maladroitement réconciliés à la fin de sa mini-série The Thing), a lui aussi une nouvelle petite amie, la charmante institutrice de CE2 Debbie - qui enseigne dans une école de Yancy Street (le quartier juif imaginaire où Ben a grandi et qui est un hommage au Lower East Side où grandit Jack Kirby). Debbie à elle seule mérite qu'on s'accroche à ce nouvel arc !

    • Nova Annual #1
      L'Annual, qui se situe entre les #10 et #11, a une nouvelle version des origines de Nova qui ne fait pas que répéter ce qu'on sait déjà mais permet de réfléchir sur les spécificités du personnage. Nova est en réalité seulement une sorte de plagiat, en version plus adolescente, du personnage de Green Lantern chez DC. Un jeune homme est choisi par un extraterrestre et hérite de ses pouvoirs. Mais Hal Jordan était élu comme Lanterne pour son courage et son audace supérieure à la norme humaine (il est pilote d'essai), il était déjà un héros en puissance avant d'avoir l'Anneau, alors que Richard Ryder n'est sélectionné ici au contraire explicitement que pour sa normalité banale qui "peut prévenir l'arrogance". C'est par son absence de toute démesure qu'il se distingue comme héros terre-à-terre bien qu'interplanétaire.

      Cela n'est bien entendu pas crédible mais c'est quand même une métaphore intéressante sur le statut des héros chez les deux éditeurs et dans les deux mythologies comme on l'a souvent remarqué. DC Comics a une tradition épique de la prédestination, l'Origine dévoile une essence, alors que Marvel est plus attachée au salut par les oeuvres et l'Origine n'y est qu'un accident ou une occasion à saisir. De DC à Marvel, il y avait une distance qui est celle du mythe au roman.
  • mercredi 13 février 2008

    Galimafrée

  • Passé 5 heures à lire des Annales à chercher des sujets. Je crois que je préfère encore corriger des copies que sélectionner les sujets en me demandant sans cesse si j'ai la responsabilité de l'avenir des petits candidats. Les cours d'oraux d'agreg de l'an dernier me paraissaient moins difficiles à choisir.
  • J'aime beaucoup préparer mon cours sur Rousseau, l'exemple typique d'auteur classique assez rhétorique pour qu'il semble faussement facile et en fait extrêmement dense à commenter et avec parfois quelques bons arguments ironiques qui peuvent passer inaperçus. Mais mon plaisir n'est pas tellement partagé par l'auditoire.
    Il faut avouer que je suis un peu trop pédant. J'avais envie de leur raconter les aventures de Grotius dans son coffre (je crois que c'est juste parce que j'aime dire "Grotius") et quand nous étudions le Might Does Not Make Right (le très joli Du Contrat, I, 3), je voulais leur parler du Vae victis des malheureux de l'île de Melos.
  • Le CD des Led Zeppelin a été un peu décevant. trop loud pour moi. Wax Tailor est trop expérimental dans la plupart de ses chansons (généralement un peu de jazz avec des extraits sonores de films des années 40). Jeanne Cherhal a une chanson où elle répète plusieurs fois mon prénom, je la passe donc en boucle. Ok, it sounds a little creepier than I hoped.
  • Un argument percutant pour ne pas voter pour Obama.
  • Quand je préparais le jeu de rôle Orpheus, je trouvais ça peu réaliste. Finalement, si.
  • Google sait tout, Google voit tout.

  • lundi 11 février 2008

    Rambling Rants

  • Passé un week-end de corrections de copies, environ 25 heures sur les deux jours. Je dois déjà recommencer demain pour mieux espacer les corrections. J'ai lu aussi le bouquin Skepticism de Keith deRose. Sprock, je déteste vraiment l'épistémologie, j'ai rarement eu autant l'impression de perdre mon temps à de la vaine tétratrichotomie (même si en un sens la théorie contrefactuelle de la connaissance de Nozick ou le contextualisme sur le savoir de Lewis me paraissent des solutions incroyablement profondes à de nombreux problèmes anciens de gettierologie). En passant, je me demande si l'internalisme implique fortement le holisme ou pas (de même que l'externalisme irait avec l'atomisme)...

  • J'ai aussi été choisi dans nos scrutins agonistiques sur Casus Belli pour un texte sur la thématique des "lieux de voyage", et j'en suis très fier.

    J'ai aussi trouvé en soldes le début de la campagne pour D&D Pathfinder dont on dit beaucoup de bien et dont j'aime bien certains auteurs (comme Erik Mona, qui a écrit des choses pas mal pour Greyhawk). Je ne suis pourtant pas vraiment convaincu. En gros, ils ont adapté le film Seven pour D&D avec une série de crimes liés aux Sept Péchés capitaux, dans un univers où la magie se lie aussi aux Sept Péchés. La structure des Sept péchés (qu'ils auraient pu chercher à rendre un peu différente) risque d'ennuyer les joueurs qui vont avoir l'impression d'être dirigés sur une voie avec sept étapes qu'ils ne peuvent vraiment changer. D'un autre côté, la structure peut aussi amuser pour une campagne courte. Les illustrations et les cartes sont jolies mais décidément les auteurs D&D ne savent pas créer des mondes aussi originaux que Talislanta, Tékumel ou Glorantha. C'est bien sûr volontaire : ils privilégient la jouabilité, l'accessibilité pour les joueurs, qui ne veulent plus avoir à apprendre à chaque fois tout un traité d'histoire et de sociologie exotique.

  • Je retire tout le mal que j'avais pu dire sur ce malheureux Martinon - je regrette même d'avoir été insultant à présent car je croyais qu'il était un futur potentat local inamovible et non le bouc-émissaire expiatoire de la déloyauté sarkozyste. Il aura apporté tellement d'hilarité (enfin, une vaine et arrogante Schadenfreude qui ne fait pas oublier notre désastre) que toute critique contre lui deviendrait déplacée et que cette trahison de plus du clan des Borgia au pouvoir ne peut que contraindre à un peu de compassion pour l'énarque poignardé par celui qui l'avait propulsé (Libé raconte qu'il lui aurait dit "Je t'avais donné ma ville et mon fils, c'est toi qui devrais t'excuser"). Mais je croyais vraiment que le Président aurait pu choisir une chèvre dans "son" apanage et qu'elle aurait été élue (comme dans l'un des meilleurs épisodes de Cerebus). Apparemment, je me trompais : Martinon était moins éligible que Fromentin ou qu'une chèvre. Mais a-t-on déjà vu cela : le plus grand parti choisit un candidat, un dissident divers-droite apparaît et le parti abandonne son propre candidat pour soutenir le dissident hors du parti ? Mon grand-père - qui semble rester dans les 39% de sarkozystes - me dit que Martinon l'a mérité par sa nullité. J'imagine que la "culture du résultat" est le nouveau nom cynique de la fourberie.

  • Je voudrais résister au sensationnalisme facile de la presse britannique et à ma propension anticléricale violente mais si cette histoire d'une association d'étudiantes musulmanes en médecine qui refusent une question d'hygiène (pour ne pas "se dénuder le bras") est vraie (et on peut se méfier avec un tabloid tory, ce n'est peut-être qu'une association très marginale), cela dépasse encore la stupidité des Témoins de Jéhovah sur la transfusion sanguine.

  • Moorean Facts

    (You know, this is the smartest title I've ever written, no time to explain).

    This Video is approved by the Alan Moore Jihad.



    By Agamotto, it's a catchy tune (via occasionalsuperheroine).

    Tulpas


    Je n'avais pas remarqué mais RPG.net a eu le mois dernier un article sur les pouvoirs de siddhi, ou plutôt des Yogi inspirés des tulpa tibétain, mais ça pourrait aussi donner des idées pour l'Inde (même si l'article wiki sur les siddhi dit déjà à peu la même chose).

    dimanche 10 février 2008

    Do you want them to have soufflé every meal and croissant?


    Via Kyrnos, La France, cette Gomorrhe imaginaire des conservateurs américains où nous divorçons tous les quarts d'heure de nos PACS polygames zoophiles... Je croyais qu'il n'y avait que Giuliani capable de dire de telles âneries sans aucun rapport avec la vérité...


    EDIT : Nous pouvons tous être victimes de clichés sur la France. J'étais étonné un jour d'apprendre que les Français créaient en fait plus de PME que les Américains (par habitant) mais que le vrai problème des entreprises françaises était plus dans les entreprises moyennes, pas assez nombreuses (notamment à cause d'effets de seuil), que dans les petites jeunes pousses et les grandes Corporations (d'ailleurs, une étude récente montrerait que le mythe de la petite entreprise est surévalué dans le capitalisme).

    samedi 9 février 2008

    Comics de la semaine (6/02/2008)



  • DC Comics

    • All-New Atom #20
      Gail Simone (qui est partie vers Wonder Woman) revient sur sa série pour une conclusion des intrigues depuis deux ans. La réussite de ce numéro est qu'il fait ce qu'il prétend et il explique tous les mystères absurdes qui me fatiguaient. Il y a même quelques bons moments dans le mélange de tous les éléments depuis le départ. L'échec est que cette explication n'est guère convaincante ou intéressante. La ville universitaire d'Ivy Town avait une quantité curieuse de coïncidences (le doyen est un extraterreste, une civilisation d'humanoïdes miniatures du futur, un dieu lovecraftien, des monstres issus de Godzilla, etc) et tout venait depuis le début d'un plan inutilement complexe de Chronos pour humilier Atom II. C'est un bon épisode par rapport à ce qui a précédé mais cela reste décevant.

    • Justice Society of America #12
      L'équipe continue encore une fois de recruter des héros de générations précédentes (après Cyclone (petite-fille de Red Tornado I), Citizen Steel, Wildcat III (fils hispanique de Wildcat)). Les nouveaux doivent servir de métaphores lourdes sur l'histoire américaine : Amazing Man III (dont on nous dit presque textuellement qu'il est Mohammed Ali + Malcolm X), Thunder (ex-membre de la dernière version des Outsiders), Judomaster II (Japonaise Américaine), le nouveau Mr. America (encore un héros patriotique inutile) et enfin le nouveau Lance, qui a l'air d'avoir un lien avec les OMACs. Le problème est surtout ce Lance, un soldat américain qui est intégré en tant que petit-fils de Franklin Delano Roosevelt, fondateur de la Justice Society... Certes, un des thèmes essentiels de cette BD est la continuité historique et l'héritage. Imaginez une bande-dessinée française qui créerait un personnage en disant qu'il est dans l'histoire le petit-fils d'une personne réelle comme Charles de Gaulle et vous concevrez à quel point ce titre a sauté le requin pour glisser vers l'autoparodie à la Superdupont... C'est toujours le problème avec les scénarios de Geoff Johns, il ne pense qu'aux fins (ici, créer une sorte d'émotion patriotique) mais il n'a aucun sens du ridicule (cf. les Indigo Lanterns) ou de la meilleure manière d'atteindre son but (ses histoires se terminent souvent par un Deus Ex Machina arbitraire).


  • Marvel

    • Ms. Marvel #24
      Elle se débarasse enfin des Broods. Pas trop tôt, je ne supporte plus ces ennemis caricaturaux qui ne peuvent donner lieu qu'à des génocides puisqu'on ne peut même pas avoir une discussion avec un Brood. Une histoire plus intéressante va commencer avec une autre race extraterrestre, liée aux événement dans Mighty Avengers avec l'Invasion Secrète des Skrulls (Secret Invasion va être le nouveau crossover de l'année dans tout l'univers Marvel, ce qui va rappeler le vieux cross-over Millenium chez DC, où les Manhunters avaient de même infiltré l'entourage des héros humains). Stark soupçonne que Ms. Marvel est en fait une Skrull mais les indices de ce numéro pointent plutôt vers Wonder Man, ou à la rigueur l'Agent Sum (dont on ignore toujours la vraie identité d'ailleurs). A moins que Stark ne prétende cela que pour tendre un piège aux vrais Skrulls...
  • in the long run, we are all dead

    Je ne comprends pas bien la panique apparente du pouvoir en ce moment. Je pensais que le candidat avait une idée assez claire avant même sa victoire : faire passer beaucoup de lois, savoir qu'il deviendrait assez impopulaire pendant une phase, et ensuite essayer d'exploiter la quantité des modifications, "l'effet de réforme" (comme on dit que la littérature essaye "l'effet de réel") plus que leur efficacité. L'expérience montre que l'opinion ne tient pas rigueur au Président actuel de l'échec total de ses politique (cf. sa démagogie sur la police de proximité), tout ce qui importe est l'agitation, l'impression de volontarisme, pas les résultats décevants. Il est un comédien assez doué qui joue au politique, à part pour enrichir ses amis. Mais en ce moment, il recule sur certains sujets (du moins sur ses clientèles électorales), il court le risque de sembler inconstant, incohérent et incompétent, et il semble surpris d'être tombé presque aussi bas que Chirac en 1995 (alors qu'il a gagné ses conflits avec les syndicats). Il n'aurait donc pas la stratégie que j'imaginais ou il feint l'étonnement à cause de sa majorité inquiète par les échéances proches ?

    J'ai fait un cauchemar bizarre où il dissolvait l'Assemblée en 2010 après de nouvelles émeutes ou attentats, et profitait ensuite d'une courte cohabitation pour changer son image en faux sage tutélaire et redevenir populaire.

    vendredi 8 février 2008

    Galimafrée



  • L'Archevêque de Canterbury, chef de l'Eglise anglicane, dit que l'Angleterre devrait adopter aussi la Charia pour le droit privé des communautés musulmanes (de même que des juifs orthodoxes l'ont déjà obtenu).

    He says Muslims should not have to choose between "the stark alternatives of cultural loyalty or state loyalty". (...)

    "An approach to law which simply said - there's one law for everybody - I think that's a bit of a danger."


    Que le Royaume-Uni puisse ainsi tomber dans le piège du vrai communautarisme (c'est-à-dire des lois différentes pour chaque communauté) est désespérant.

    Le Canada vient au contraire de refuser les arbitrages par des lois dépendant de la Charia (en partie grâce à l'engagement courageux du Congrès Canadien Musulman de Tarek Fatah qui lutte à la fois contre la Charia et contre le Hidjeb).

  • Michael Moore (qui est catholique pratiquant) dit qu'on a trop attaqué Romney sur sa foi mormonne et Cruise sur sa religion scientologue. Il y a certes des règles d'étiquette et de tolérance, mais c'est un fait indéniable que le Mormonisme et la Scientologie sont des religions débiles. Ce n'est pas une opinion, c'est un fait aussi raisonnable que n'importe quel fait qu'on puisse connaître (alors qu'il n'est que hautement vraisemblable que Jésus, Mahomet ou tous les autres imposteurs étaient des schizophrènes ayant des hallucinations).

  • Quand le Président Déby était assiégé par les rebelles, la rumeur voulait que les Français l'aient laissé tomber pour le punir de son chantage sur les fous de l'Arche de Zoé. Puis maintenant les rebelles ont fui, la rumeur veut que les Français ont sauvé Déby. Je vais donc suspendre mon jugement et penser que les incompétents au pouvoir ont peut-être fait les deux à la fois, le trahir et le soutenir, admettez qu'ils en seraient capables et que la trahison est la seule vertu constante chez notre Traître en Chef...

  • Etrange comme notre gouvernement "réformateur" est plus courageux face aux cheminots ou les fonctionnaires que face à quelques chauffeurs de taxi et des débits de tabac.

  • J'ai beau trouver réjouissantes les critiques de Debré contre le Président, c'est quand même une sorte de contradiction performative, une auto-réfutation. Debré, Président du Conseil constitutionnel, l'homme qui devrait avoir le plus de Devoir de Réserve du pays, dit que le Président est indigne de sa fonction, et ne se rend pas compte de la contradiction : il a raison sur le fond mais il commet une lourde faute dans la forme. En prétendant rappeler la Constitution et le devoir de retenue, il les nie lui-même.

  • Vous avez vu la conférence de presse sur le Plan Banlieue ? Je ne veux pas être "politiquement correct" mais Borloo tenant l'épaule d'Amara de ses deux mains comme si elle était un enfant était un sommet de condescendance.

  • L'histoire du SMS à Cécilia sur le nouvelobs est-elle une fausse fuite laissée volontairement par une officine de communication pour pouvoir ensuite mieux bloquer et étouffer une information sur sa vie privée qui lui échapperait ? Le Président People aurait laissé une fausse nouvelle - quand même assez absurde - pour qu'on n'écoute pas les vraies ?

  • Ce Blog court le risque de se contenter de mettre des liens vers le Daily Show tous les jours. Mais ici Jon Stewart ne prétend même plus plaisanter et il dit directement son avis sur les propos ignobles de Mitt Romney contre les Démocrates (qui capitulent contre le Terrorisme) et contre la France (qui lutte contre la Foi et contre Dieu - ouf, Sarkozy n'a pas encore trop modifié notre image d'impiété chez les conservateurs américains).
    Le pire chez Romney n'est pas la folie de ses propos théocratiques dignes de Huckabee, le pire est qu'il n'est même pas sincère (il a été un Républicain très modéré qui était auparavant pro-choice et même tolérant à l'égard du mariage gay). Il ajoute au péché de fondamentalisme celui de Tartufferie (alors que Huckabee, au moins, a l'air honnêtement fou).

  • mercredi 6 février 2008

    Probité



    En 1995, la ministre suédoise Mona Sahlin se servit de la carte de son ministère pour des achats privés (deux toblerones, des couches pour son enfant). Elle avait ensuite remboursé la somme, mais dut quand même démissionner suite au scandale. (Une affaire semblable eut lieu en 2006 avec le ministre Tobias Billström).

    Christian Estrosi (qui se plaignait de son secrétariat de l'Outre-Mer parce que cela ne rapportait "rien électoralement") fait dépenser 138 000 euros en jet privé pour aller lécher les bottes de son Président. Il ne propose pas de rembourser. Il ne présente pas sa démission au Président. Il sera peut-être élu Maire de Nice.

    L'avenir de la télé publique



  • D'après un écho du Canard, une de mes prédictions pessimistes, la dénationalisation et le morcellement de France 3 Régions, serait vraiment déjà étudiée par l'Elysée. Je ne pensais pas qu'ils iraient aussi vite.

    En revanche, j'avais dit une bêtise à propos de la structure d'ITV / Channel 3 (l'équivalent direct de France 3, y compris les décrochages régionaux), elle a toujours été composée de plusieurs "branches" privées depuis 1954, c'est même la signification d'Independent TV. Cela ne date donc pas de Thatcher, mais c'est sous Thatcher que certaines branches que je connaissais comme Thames TV furent redistribuées lors de la renégociation périodique des contrats.

  • Les socialistes avaient déjà eu le projet de baisser (non supprimer) la quantité de publicités sur le service public en 1998 quand Catherine Trautman était Ministre de la culture du gouvernement Jospin, mais ils avaient reculé parce que c'était impossible à financer et "il y avait un trop grand effet d'aubaine pour le privé". Cet inconvénient ne semble pas déranger l'ami de Bouygues.

  • Le Tour Operator Présidentiel Bolloré a censuré une petite émission sur le livre du truculent Probst sur Sarkozy et les femmes (livre qui n'a pas l'air bien méchant pourtant, on peut le voir dans les vidéos du site Bakchich).

    Fauré Gnassingbé, héritier d'Eyadéma au Togo, a déclaré que Sarkozy avait fait pression sur lui pour que le Togo prenne un contrat public avec Bolloré, s'il voulait rester "ami de la France".

    A part ça, il n'y a strictement aucun conflit d'intérêt.

    Ce serait insulter la prostitution que de la comparer avec les pratiques de prévarication de notre Président.

  • Prima(ire) Donna



    Obama a toujours un élan (Obamomentum?) impressionnant mais il n'a pas réussi à rattraper Clinton. C'était particulièrement spectaculaire en Californie où le Parti démocrate a massivement soutenu les Cinton (l'explication selon Kos étant que les autorités locales sont très clintoniennes). En passant, cela prouve que les sondages de Zogby sont peu fiables (ou alors que Diebold vote vraiment Clinton) : ils prévoyaient qu'Obama pourrait battre Clinton dans le plus grand Etat alors qu'elle l'a écrasé avec plus de 60% des voix. Il a été premier dans plus d'Etats mais elle a eu plus de voix au total en gagnant dans des Etats plus importants comme la Californie et le New York. Comme je le disais dimanche, il est vraisemblable que la victoire de Clinton ne sera pas encore assurée avant le mois de mars.

    La sociologie du vote est intéressante : Clinton gagne sur les femmes assez nettement (encore plus si on ne compte que les femmes blanches), chez les personnes âgées, chez les Latinos (cela explique peut-être la marge en Californie), les moins éduqués et les plus pauvres. Obama gagne très nettement chez les noirs, mais est presque à égalité avec Clinton sur les hommes blancs.

    EDIT : Les chiffres changent et Obama auraient finalement gagné plus de délégués que Clinton. Voir CNN et Democratic Convention Watch.

    On avait eu des élections très serrées en 2000 et 2004 mais je ne me souviens pas de Primaires aussi serrées depuis au moins 1980 quand Ted Kennedy avait failli battre le Président sortant Jimmy Carter (2100 délégués contre 1100) ou du côté républicain en 1976 quand Ronald Reagan avait failli battre le sortant Gerald Ford, 1187 contre 1070 délégués. A moins qu'Obama ne s'écroule, il va au moins faire aussi bien que Ted Kennedy.

    Rien à dire sur les Républicains, où il n'y a pas beaucoup de surprise à part la victoire inquiétante de Huckabee dans les habituels Etats de la Confédération arriérée.

    Quand John McCain gagnera, j'espère au moins qu'il va prendre un Vice-Président sensé, et donc surtout pas ce "sympathique" mais complètement taré pasteur Huckabee, avec son sens de l'humour qui réussit à dissimuler la démence du programme.

    McCain est né en août 1936 et aura donc 72 ans pendant les élections, avec des chances de mourir avant la fin de son mandat en 2012. J'imagine que Mitt Romney et Mike Huckabee ne restent plus que pour négocier à la Convention de Saint-Paul (Minnesota) en septembre 2008. Le fait que McCain soit un ami de Huckabee et qu'il ait besoin d'une garantie "conservatrice" fait courir le risque de ce ticket (Romney faisant presque autant RINO que McCain, qui a oscillé dans ses votes entre le plus conservateur et le moins conservateur).

    MacCain comme Obama ont une identification étrange à la figure paternelle. McCain a écrit (enfin, publié en tout cas) en 1999 un livre de mémoire qui s'appelle Faith of My Fathers (il est un militaire de 3e génération, né dans une base à Panama), et Obama avait écrit en 1995 un livre qui s'appelait Dreams from My Father (il est le fils d'un ingénieur kényan qu'il n'a pour ainsi dire jamais connu et qui est mort d'un accident de voiture en 82).

    EDIT : Un de mes blogs politiques préférés, Poorman, est revenu ! L'ennui est qu'il perd un peu son temps à se moquer de cet imbécille de Goldberg, ce qui est un peu comme "tirer dans un tonneau". Mais je suppose qu'il faut bien que quelqu'un le fasse.

    EDIT : Je viens de réaliser soudain que la victoire de McCain aux Présidentielles est tout à fait possible en novembre 2008. Une des choses que cela implique est que lorsque le Juge de la Cour suprême John-Paul Stevens va mourir, McCain le remplacera par un type anti-avortement et ce sera la fin de Roe v. Wade. J'espère que les conservateurs paniqués ont raison de dire qu'il n'est pas sincère dans son engagement pro-Life (il a un des votes les plus consistent dans les Pro-Life au Sénat !).

    mardi 5 février 2008

    enfin une bonne nouvelle

    "Les besoins dictèrent les premiers gestes,
    les passions arrachèrent les premières voix"


    ...les bons profs font trop de gestes.

    je dois être un super-orateur en ce cas, parce que mes ponctuations gestuelles constantes agacent souvent mes auditeurs/spectateurs (je ne peux pas faire une phrase sans scander les différences par des séparations manuelles).

    Mais.... (geste de l'autre main) L'autre explication est que cette enquête est débile.

    + + +

    Zut, le gouvernement a cessé d'être idiot (jusqu'à présent il avait quand même fait beaucoup plus que l'Opposition pour se détruire). Ils vont augmenter les déficits avant les Municipales, selon la grande tradition démagogique de tous les partis au pouvoir - surtout avec les craintes de l'UMP. Woerth annonce seulement +0.5% pour les fonctionnaires mais Fillon annonce (8 mois après son arrivée) qu'il tiendrait la promesse électorale de +25% pour les retraités (les électeurs qui ont le plus soutenu le Régime et qui se sont le plus fait avoir). C'est +25% annoncé sur 5 ans (d'ici à 2013 ?), et si on garde l'inflation actuelle disons à 2% par an, cela donnerait environ +10,4% d'inflation qui auraient déjà bien mangé ces +25%. Pour une personne seule, le minimum vieillesse est d'environ 626 euros, qui serait alors augmenté de +5% pour la première année (ce qui le monterait à 657 euros pour 2009 et en théorie 782 euros en 2013).

    En étalant ces annonces, ils pourront peut-être réussir à faire croire qu'ils font quelque chose pour les revenus. La gesticulation et l'effet d'annonce servent toujours à tout remplacer dans ce régime, sauf quand il s'agit de détruire des protections pour renforcer quelques puissances.

    Crossover



    The Clash of the Century: Jon Stewart v. Stephen Colbert v. Conan O'Brien. With Ayatollah Mike "Let's Pray against Recession" Huckabee, of the Christianist Taleban All-Stars, as a guest idiot.

    But did they all f**k Matt Damon?

    lundi 4 février 2008

    Random clip of the day



    Le groupe suédois Those Dancing Days (la chanteuse Linnea Jonsson de la banlieue de Stockholm a une chevelure impressionnante qui me fait penser au personnage de Génoline dans la bd française Tärhn).

    Le nom de Ces Jours dansants vient de cette chanson homonyme des Led Zeppelin.
    J'ignore pourquoi il y a un début volontairement dissonnant au début.



    Elles ont une autre chanson sur YouTube.

    Réveils

  • Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, peut-être au courant de projets du Président frénétique, demande un moratoire pour la Loi de 1905. L'expression de "moratoire" me fait encore plus rire que le but. Pourquoi un moratoire ? On l'applique depuis un siècle et donc il est trop tôt pour l'évaluer ? La dangereuse Emanuelle Mignon est plus franche et veut directement détruire la Laïcité pour payer les séminaires en plus des madrassas.

  • Grande manifestation de 125 000 personnes en Turquie pour protester contre les plans du gouvernement pour supprimer la loi sur le Voile. Un des aspects ironiques est que le gouvernement islamiste dit le faire "pour s'adapter à l'Union Européenne". L'Europe sert toujours de Cheval de Troie à tous les camps pour faire passer n'importe quoi.

  • Un nouveau blog Secular Philosophy avec le célèbre philosophe Daniel Dennett (dont les positions actuelles sont avant tout un naturalisme, un adaptationisme évolutionniste et une sorte de thèse de l'IA forte où la conscience emerge de processus subcognitifs) et Colin McGinn (que j'aurais classé naïvement plutôt dans les anti-naturalistes puisqu'il est un "Mystérien qui argumente que la conscience est une aporie irrésoluble par nos moyens cognitifs).
    En passant, il est assez distrayant de voir la polémique violente entre Colin McGinn et Ted Honderich sur son dernier livre de philo de l'esprit (qui défend la thèse étrange dite de l'externalisme radical selon laquelle la pensée n'est pas un acte intentionnel sur son objet mais est son "objet"). McGinn l'a descendu avec les termes les plus radicaux de toute critique mais le terrain a enflé au-delà de la philosophie vers la politique (Honderich est un célèbre philosophe déterministe mais aussi un gauchiste connu pour des positions plutôt pro-palestiniennes qui l'ont fait accuser d'excuser le terrorisme, ce dont il se défend) et même des enjeux personnels qui apparaissent rarement dans le texte imprimé (Honderich l'accuse de lui en vouloir après une dispute il y a 25 ans). Voir les articles chez Honderich et chez Leiter.

  • Leiter (à qui je dois le lien précédent) fait une remarque intéressante sur le renouveau de la philosophie religieuse aux USA :
    While Robert Adams and Alvin Plantinga and William Alston were something of anomalies in their generation, the large number of overtly Christian philosophers, who are fairly prominent philosophers as well, in the younger generation (e.g., those under 50 roughly) is quite large, and includes, among others, John Hawthorne (Oxford & Rutgers), Dean Zimmerman (Rutgers), Keith DeRose (Yale), Michael Rea and Fritz Warfield (Notre Dame), Robert Koons (Texas), Michael Bergmann (Purdue), and Mark Murphy (Georgetown)--and that's just off the top of my head. To be sure, religious philosophers are probably still a minority in academic philosophy in the U.S., but my sense is they are less of a minority than 25 years ago.

    Cela pourrait s'expliquer de plusieurs façons. Rea et Zimmerman par exemple ont simplement été formés par Plantinga et Van Inwagen, la nouvelle école calviniste de philosophie analytique, ce n'est donc qu'une expansion à partir de la génération précédente.

    Mais s'il y a vraiment un essor de philosophes professionnels dévots aux USA après une période où les Aufklärer et positivistes dominaient clairement toute l'après-Guerre, cela conduit à 2 questions, l'une sociologique et l'autre philosophique :
    1) se pourrait-il que le 4e Grand Réveil religieux américain que nous subissons actuellement aurait des effets dans la communauté philosophique, ce qui prouverait que les philosophes n'échappent pas du tout aux modes et préjugés de leur époque (c'est hélas une très vraisemblable démystification de toute la posture philosophique).
    2) plus inquiétant encore, le renouveau actuel de la Métaphysique depuis le tournant ontologique des années 70 avec Kripke, Lewis, Fodor servirait-il aussi de retour du refoulé à la partie théologique de la Métaphysique ? Les divers adversaires de la Métaphysique qui n'y voient qu'une scolastique ou une idéologie subreptice conduisant à postuler des arrières-mondes auraient-ils en partie raison ? Kripke était religieux, Lewis et Fodor étaient athées (même si Fodor a une position que je ne comprends pas, physicaliste mais anti-adaptationiste, comme Chomsky), mais il est normal sociologiquement que les philosophes religieux aient saisi ces nouveaux outils métaphysiques et exploitent une partie du "champ" (même si le réalisme australien naturaliste et même résolument matérialiste a été l'un des paradigmes les plus vivaces dans la métaphysique contemporaine). Certes, on peut être anti-matérialiste et naturaliste (Chalmers), voire anti-naturaliste sans postuler d'explication surnaturelle non plus (je suppose que c'est le Mystérianisme post-wittgensteinien de McGinn ou de Chomsky).

    Mais je pense que la Métaphysique est innocente au moins de cette faute. On peut le prouver par la précédente période anti-métaphysique. Le pragmatisme américain a toujours offert une résistance faible à la religion (rappelant que l'empirisme et le scepticisme ne sont pas toujours liés au projet anti-religieux des Lumières). En France, la religion allait avec le spiritualisme évolutionniste (de Bergson par exemple) puis avec une partie de l'existentialisme et de l'ontologie héideggerienne. Aux USA, James (et ensuite Wittgenstein) fournissait une sorte de manière "respectable" d'être religieux en surmontant une opposition entre science théorique et formes de vie (il en va de même avec la philosophie continentale qui s'implante aux USA dans des séminaires religieux sur une sorte de malentendu entrentenu).

  • dimanche 3 février 2008

    Futuromancie

  • Je veux une ZeroHouse (par les architectes de Specht Harpman). C'est curieux comme notre image du futur n'a pas changé depuis 30 ans. Les maisons "futuristes" dans les films comme Clockwork Orange ou The Sleeper ressemblent déjà à ça.

  • Via cette étude très détaillée sur le Tsunami Tuesday du 5 février (qui est d'ailleurs Mardi Gras en France), une expression que je trouve très réussie : les Clintons sont touchés par le Boratgate (Pauvre Kazakhstan)...

  • Le sondage donne une légère avance à Hillary Clinton : 845 délégués (notamment grâce à une victoire en Californie et dans son Etat de New York) contre 833 pour Obama (il faut ajouter 400 super-délégués du Parti), cela reste dans un mouchoir de poche (notamment au Massachusetts où ils seraient à quasi-égalité).

    Cela signifie que Clinton garderait une avance forte de 80 délégués au total (1084 contre 1000) mais Obama ne serait toujours pas enterré après le Super-Mardi s'il atteint ce seuil de 1000, il peut encore rester peut-être jusqu'à la Convention, ce qui est assez rare, je crois.

    En 1992, Jerry Brown (Californie) avait failli rattraper Bill Clinton même après le Supermardi remporté triomphalement par Clinton. Mais Brown avait nettement moins de délégués qu'Obama (Clinton avait fini avec 3300 délégués contre 600 pour Brown).

    Même si Obama perd de plus loin, il peut encore compter sur le Petit Mardi du 9 Février (Louisiane, Nebraska, Washington), voire sur toutes les Primaires de février et mars.

  • Les auteurs de 24 sont gênés par la baisse d'audience de la dernière saison. Il n'y a pas que la question principale de la lassitude inévitable après 6 saisons assez répétitives, il y a le problème idéologique d'une série qui servait de catharsis de sadisme chez des spectateurs qui au fond d'eux s'identifient au dur labeur de bourreau du héros - même ceux qui prétendaient le contraire. Le vent a tourné et les spectateurs moyens commencent enfin à se poser plus de questions sur la légitimité (voire l'utilité) des moyens utilisés dans la Guerre contre la Terreur.

  • Tics et déformation professionnelle



    Un des problèmes qui m'accablent depuis trois ans est la nouvelle habitude de dire trop souvent "Chut" chaque jour, ce qui risque parfois de contaminer ma vie quotidienne. Rowan Atkinson joue ici un interviewer avec des TOC assez similaires.