vendredi 17 février 2012

Les autres sont des robots



Sans aucun doute, quand je pense aux défauts des Français, je me dis tout le temps que notre grand problème est vraiment notre discipline quasi-militaire rigide et nos châtiments corporels. Mais j'aimerais vivre dans ce monde parallèle où les enfants français ne font jamais de caprices (certes, ce serait aussi un monde inquiétant entretenu par Le Monde où les élèves de Classes Prépa sont brisés et détruits par le SYSTEME).

On est toujours le "Caporaliste Prussien" de quelqu'un d'autre, j'imagine. Pour les Américains, il importe toujours de dire qu'ils respectent la CREATIVITE, la SOUPLESSE, l'IMAGINATION et l'INDIVIDUALITE et que les autres peuples sont des conformistes engoncés dans des étiquettes médiévales.

jeudi 16 février 2012

Argumentum ad Gallos




Rick Santorum utilise le Vicomte De Bonald comme argument contre Obama qui ose demander que les employeurs catholiques payent les mêmes sommes que les autres même s'ils refusent la Contraception :
“When you marginalize faith in America, when you remove the pillar of God-given rights, then what’s left? French Revolution. What’s left is a government that gives you rights. What’s left are no unalienable rights. What’s left is a government that will tell you who you are, what you’ll do and when you’ll do it. What’s left in France became the guillotine. Ladies and gentlemen, we are a long way from that, but if we do follow the path of President Obama and his overt hostility to faith in America, then we are headed down that road.”

Oui, si la pilule est remboursée, ce sera la Terreur rouge.

Bill Maher commente dans son talk-show
“The Guillotine, really?

This is why he’s ahead.

In one sentence, he hit on all the things they love at the Republican convention: logical fallacies, Obama paranoia, and fuck the French.”

Economie Grecque : Le Jeu dont Vous Êtes le Perdant



Choisissez Votre Ruine (par Daniel Davies).

[JDR] Les mondes de Traveller (7)

Rappel des épisodes précédents : (1) Introduction générale aux mondes non-officiels, (2) Spacefarers'Guides, (3) Introduction aux mondes Traveller de Judges Guild, (4) Secteur Ley & système Tancrède, (5) Glimmerdrift Reaches, (6) Crucis Margin.

La série des suppléments de Judges Guild sur le "Domaine Gateway" comprenait au total quatre secteurs et la revue de la compagnie Pegasus donne d'ailleurs dans son numéro 5 (1981) la carte de synthèse des différents Empires à travers ces quatre secteurs juxtaposés (p. 20).


On y voit qu'en dehors du Troisième Imperium et ses milliers de mondes, les principales alliances du Domaine sont le Co-Dominium Homo-Danin et l'Union Crucis. Les Etats interplanétaires du dernier secteur de Maranantha-Alkahest sont d'ailleurs moins étendus (le Sultanat recouvre 69 systèmes planétaires).

  • Le Secteur Maranantha-Alkahest

    Le Secteur Maranantha-Alkahest (souvent orthographié "Maranatha" dans le corps du texte) est toujours rédigé par le même auteur, Dave Sering. Il est plus proche encore des Deux Mille Mondes K'Kree mais n'est composé que d'Etats neutres. Le nom a l'air d'être un mélange de pseudo-Hindi et du mot pseudo-arabe pour le solvant universel de l'alchimie (et un des Etats humains du secteur, le Stasmi Zanya, leader de la chimie organique, commercialise en effet un "solvant" organique révolutionnaire qui est un secret technologique de la région que les autres corporations n'arrivent pas à synthétiser).

    Le secteur Crucis avait été assez innovant avec son vaste Empire néo-chinois (Chhung Kuo), qu'il n'avait pas vraiment décrit en dehors du nom des planètes, mais cette fois, Sering se répète un peu, avec des clichés plus gênants. Le Secteur Maranantha-Alkahest abrite à la fois un Empire de descendants d'Indiens, le Ramayan (44 systèmes), et un Empire de culture arabo-musulmane, le Zultanat d'Al-Amya (ou "Al-Amyi", 69 systèmes). Là où le bât blesse est que les Néo-Indiens sont décrits avant tout comme des mercenaires (à cause des Gurkhas népalais de l'Armée britannique) et les hommes du Sultanat d'Al Amya sont décrits comme des esclavagistes et des fanatiques qui vivent dans des planètes souvent désertiques en passant leur temps à se faire des razzias les uns sur les autres ("ils ont une sympathie dissimulée pour les voleurs talentueux" - à cause du film Thief of Baghdad ?). Certes, on peut concevoir tout cela comme une sorte d'hommage à Arrakis mais les stéréotypes ne sont pas assez déguisés ou manipulés.

    Il y a aussi un Etat d'origine africaine, le Centralat K'Chemi (17 systèmes), et des polynésiens, l'Etat Maorin (37 systèmes). On a un peu l'impression que le secteur sert d'alibis pour y mettre une partie des non-Occidentaux...

    En dehors des descendants de Terriens, le secteur compte aussi une colonie d'origine vilani, la confédération de nomades décentralisés Valyana (27 mondes), et quelques espèces non-humaines.

    L'Einarchie Krmiya (15 systèmes) est un peuple humanoïde qui fut réduit en esclavage par le Sultanat al-Amyi et libéré par une alliance des trois autres Etats limitrophes, Ramayan, K'Chemi et Valyana. Le Supratroupeau T'tnaree (26 mondes) est une alliance pacifique de plusieurs espèces non-humaines. Le Comnat Taquari' est une confédération de plusieurs espèces (désormais à majorité humaine vilani) très influencée par la culture voisine des K'Kree.


    La guerre menace à nouveau crée des possibilités de relations diplomatiques compliquées. Le Ramayan est en alliance avec la Sphère Fenix (Crucis Margin) et la Fédération des Ruches, et en guerre froide avec le Sultanat. Le Sultanat menace toujours d'un Jihad pour récupérer l'Einarchie Krmiya rebelle mais aussi lutter contre l'Empire Sydymique (les humains mutants du secteur Ley du côté Direct).

    Le supplément a, comme d'habitude, huit planètes : Aicheng 1617, Gadag 1632, Kalocsa 3121, Kashgar 1205, Okato 2505 (capitale de l'Etat Maori), Rabigh 0624, Rn' Matam 3228 (avec une communauté de crustacés intelligents immigrés), T'Batak 1826. Le scénario Rogue Moon of Spinstorme (suite de Amycus Probe dans le Secteur Ley) se déroule aussi dans le Secteur Maranantha et décrit mieux une Lune dans le système de Spinstorme, une anomalie gravitationnelle autour d'un Trou Noir et d'une étoile double (Géante Rouge + Etoile à Neutrons). Une étrange base d'un peuple humain inconnu y serait cachée.

    Un problème que j'ai eu avec ce supplément est purement accidentel. J'ai la version PDF gratuite accessible sur RapideJDR mais GDW ou JG ont fait une erreur de scan en répétant trois fois la page 16 et en oubliant plusieurs secteurs : la page 7 (sous-secteur Taranaki), la page 9 (Skelmore), la page 12 (Midormega) et enfin la page 20 (Hlante), soit 4 pages oubliés sur un supplément de 31 pages. Cela rend le PDF peu utilisable tant qu'ils n'auront pas réglé ce problème.



  • La nouvelle version officielle de la région, dans Gateway to Destiny, a considérablement invalidé ce supplément. Même le nom "Maranantha-Alkahest" a été abandonné au profit de simplement Secteur "Gateway". Autant ils avaient conservé une part du Secteur Crucis (et les planètes chinoises), autant ici, rien n'est conservé, pas même les noms des sous-secteurs. La présence K'Kree a été renforcé et il y a un monde artificiel nommé Gateway, capitale de la Fédération Galienne, qui donne son nom au secteur.

    Comme on l'avait déjà dit, la grande différence entre l'Univers Officiel de Traveller et cette version Judges Guild porte principalement surtout sur deux points.

    Premièrement, les suppléments Judges Guild faisait plus souvent allusion à des espèces extraterrestres mineures qui n'étaient quasiment pas développées.

    Deuxièmement, les secteurs de Crucis et Maranantha ont très directement réutilisé des cultures terriennes alors que d'habitude Traveller fait un peu comme si en 3000 ans les références étaient devenues assez obscures. Le lointain "présent" classique de l'univers de Traveller (le LVIIe siècle) est à peu près aussi loin de nous que la Guerre de Troie l'est de nous : beaucoup d'humains d'origine solomani ignorent presque leur origine terrienne.

    Hommes de l'Ombre vs Borgen



    Un des défauts de certaines fictions est ce qu'on appelle les "Mary Sue" ou plus précisément "l'Avatar de l'Auteur", version idéalisée de l'auteur qui a toujours raison dans sa fiction.

    Les Hommes de l'Ombre (dont je n'ai vu qu'une partie des 6 épisodes) est une série politique française co-écrite par Dan Franck et un conseiller en communication Régis Lefebvre (ex-UMP devenu publicitaire). Les écrivains écrivent des histoires où les écrivains changent le monde ou découvrent l'importance centrale de leur vocation, les Spin Doctors imaginent des histoires où les Spin Doctors sont tout puissants.

    En gros, le vrai héros de la série française n'est pas vraiment la femme politique Anne Visage (Nathalie Baye) mais plutôt son conseiller Simon Kapita (Bruno Wolkovitch). Simon Kapita a certes quelques problèmes personnels mais toutes les femmes sont amoureuses de lui, tous les hommes le jalousent et tout tourne autour de son talent supposé.

    Le Président de la République (qui a quelques traces de Srkozy - on mentionne sa taille) vient d'être assassiné dans un attentat et il faut organiser des élections d'urgence (comme si les scénaristes se disaient qu'il n'y a aucune chance d'une Présidente femme en dehors d'une crise d'exception).

    L'UMP se divise entre le Premier Ministre Philippe Deleuvre (Philippe Magnan), qui ferait plus penser à Edouard Balladur qu'à François Fillon, et Anne Visage, secrétaire d'Etat aux affaires sociales et ex-maîtresse du Président. La Droite se déchire et le conflit personnel et politique se redouble du conflit oedipien entre Simon Kapita et son fils spirituel et jeune rival Ludovic Desmeuze (Grégory Fitoussi), cynique, malhonnête et machiavellien (la meilleure scène est celle où Desmeuze explique à l'ex-Premier ministre comment s'enrichir comme avocat sans qu'on remarque les conflits d'intérêt).

    La France met beaucoup sous écoutes mais n'a jamais réussi à avoir son propre scandale du Watergate. Ici, les Watergates se multiplient avec des tiroirs. Un des hommes de Kapita met sous écoutes Alain Marjorie (Nicolas Marié), le candidat de l'opposition socialiste (une sorte de Lionel Jospin). Après le premier tour, le Premier ministre Deleuvre et son âme damnée Desmeuze organisent un pacte avec Alain Marjorie contre Anne Visage (alors que Deleuvre est à la droite de Visage). Quand Deleuvre découvre les écoutes, il décide de les utiliser pour discréditer Visage mais Kapita réutilise alors les écoutes en menaçant d'en dévoiler le contenu. Le problème du scénario est qu'on reprocherait sans doute plus cet espionnage illégal que ce que les enregistrements auraient révélé.

    Je n'ai pas vraiment accroché au mélodrame de la campagne. Kapita n'a pas vraiment d'épaisseur en dehors de ses problèmes sentimentaux. On ne comprend pas tellement ce qui l'anime en dehors d'affects personnels, son amitié pour Visage ou sa rivalité avec son disciple. On ne cesse de parler de ses dons mais il n'a pas vraiment les fulgurances de Toby Ziegler dans The West Wing (cela dit, je ne trouvais pas Josh Lyman très intéressant non plus). Et Nathalie Baye ne me paraît pas vraiment convaincante ou charismatique en Anne Visage (il y a même des discours où Ségolène Royal paraît être une meilleure oratrice qu'elle, c'est dire).


    Borgen (nommée ainsi pour le surnom du "Château", le Palais de Christiansborg, siège du Parlement à Copenhague) est diffusée au Danemark à l'automne 2010 et vient d'arriver sur ARTE la semaine dernière. La série a bien des ressemblances avec Les Hommes de l'ombre. Dans les deux cas, on a des femmes politiques de centre-droit qui doivent se battre à la fois contre leur propre camp à droite et pour assurer leur place face à la gauche. Dans les deux cas, on suit les problèmes privés de l'entourage et des conseillers.

    Mais Birgitte (née Nyborg) Christensen est plus charismatique qu'Anne Visage et se fait moins voler la vedette par ses conseillers. Les Danois croient peut-être plus à la politique que les Français : Birgitte Nyborg fait comme le Président Bartlett et peut prendre son autonomie vis-à-vis de ses conseillers alors que Visage n'est qu'un produit un peu vide où les conseillers pourraient mettre n'importe quoi. Christiansen est même trop parfaite, avec sa famille restée simple (mais le Danemark est nettement plus égalitaire que la France), avec son mari prof d'économie (une inversion de The West Wing).

    Le scandale politique n'est pas ici un Watergate mais une référence à l'affaire suédoise Mona Sahlin. Le Premier ministre Lars Hesselboe (Parti libéral) perd les élections pour avoir utilisé la carte de crédit du gouvernement pour un achat personnel. Birgitte Nyborg avait reçu la nouvelle du scandale mais avait refusé de s'en servir et son conseiller avait ensuite transmis l'information aux Travaillistes, qui avaient été moins regardants. Comme Anne Visage, Nyborg doit à la fois lutter contre la droite libérale du hautain Lars Hesselboe (en coalition avec la droite conservatrice du Frihedspartiet, qui est ici représenté plus comme une extrême droite populiste que comme des Chrétiens) et contre les manoeuvres du chef du "Parti travailliste" (le vrai Parti de gauche s'appelle les Socialdemokraterne), le cynique et arrogant Michael Laugesen, qui est un ennemi encore plus caricatural.

    Une dimension danoise qu'on n'imagine pas vraiment en France est qu'on a une impression de relation assez cordiale même entre l'héroïne centriste et le leader d'extrême droite populiste, qui lui donnera même des conseils qu'elle va suivre pour réussir à former son gouvernement et se renforcer.

    Tout comme dans Les Hommes de l'Ombre, les relations personnelles des journalistes et conseillers de communication ne sont pas vraiment très intéressantes. Mais comme Birgitte Nyborg est censée être "parfaite", les scénaristes avaient besoin de l'entourage moins vertueux pour créer des tensions dramatiques.

    [JDR] Quelques plans



  • L'exposition de la France en relief des plans au 1/600e des villes et forteresses au Grand Palais se termine demain avec une nocturne. On pourra revoir ensuite ces mêmes plans dans d'autres lieux mais sans doute pas avec autant d'espace que la Grande Nef du Grand Palais.

    Dans la bd d'Arleston et Floch', Les Naufragés d'Ithaq, une des cités, Diorne, se fait inonder pour se protéger des envahisseurs et c'est une tactique réellement utilisée par certaines cités hollandaises, ce qu'on peut bien voir dans la carte de Bergen op Zoom.

    Je ne connaissais pas du tout la Grande Muraille alpine de Fenestrelle en Italie. Le "Fort Mutin" à côté est un exemple de ces Forts stellaires italiens, comme la si jolie ville de Palmanova.


    Et pour mes amis exilés dans l'Isère, on ne voit hélas pas bien ma médiocre photo mais le plan de Grenoble me paraît plus majestueux que la vallée actuelle.


  • Via Desmeïl, l'illustratrice Alyssa Faden a mis sur sa page Facebook ces cartes au crayon de cités pour le Monde de Torn.

  • Je ne sais pas de quelle BD est extraite cette case (trouvée sur ce "chan") et je crois comprendre que d'un point de vue réaliste, ces constructions ne tiendraient pas avec une telle humidité, mais j'aime bien cette Cité émergeant de ces Chutes.


    Cela peut faire penser à la cité de Cataracte, dans le monde collectif créé par Robin Laws, où le vacarme des eaux est tel que les habitants doivent communiquer en langage des signes.

  • Cela n'a rien à voir avec des villes mais pendant que je parle de cartes, si jamais je reprends un jour l'idée d'une campagne dans l'Orient du Prêtre Jean, il faudrait vraiment utiliser cette carte hallucinée de 1581 de l'Asie en Pégase.


    Dommage qu'ils n'aient pas réussi à caser Cathay du tout dans la croupe du cheval.
  • Toxophobie



    J'avais déjà mentionné l'an dernier ma crainte du parasite de la toxoplasmose mais (via Etienne) The Atlantic a un article encore plus effrayant, où la toxoplasmose serait non pas un facteur parmi d'autres mais le principal propagateur de la schizophrénie dans le genre humain :

    After an infected cat defecates, Flegr learned, the parasite is typically picked up from the soil by scavenging or grazing animals—notably rodents, pigs, and cattle—all of which then harbor it in their brain and other body tissues. Humans, on the other hand, are exposed not only by coming into contact with litter boxes, but also, he found, by drinking water contaminated with cat feces, eating unwashed vegetables, or, especially in Europe, by consuming raw or undercooked meat. Hence the French, according to Flegr, with their love of steak prepared saignant—literally, “bleeding”—can have infection rates as high as 55 percent. (Americans will be happy to hear that the parasite resides in far fewer of them, though a still substantial portion: 10 to 20 percent.) Once inside an animal or human host, the parasite then needs to get back into the cat, the only place where it can sexually reproduce—and this is when, Flegr believed, behavioral manipulation might come into play.

    (...)
    In fact, he says, schizophrenia did not rise in prevalence until the latter half of the 18th century, when for the first time people in Paris and London started keeping cats as pets. The so-called cat craze began among “poets and left-wing avant-garde Greenwich Village types,” says Torrey, but the trend spread rapidly—and coinciding with that development, the incidence of schizophrenia soared.

    (...)

    Epstein-Barr virus, mumps, rubella, and other infectious agents, they point out, have also been linked to schizophrenia—and there are probably more as yet unidentified triggers, including many that have nothing to do with pathogens. But for now, they say, Toxo remains the strongest environmental factor implicated in the disorder. “If I had to guess,” says Torrey, “I’d say 75 percent of cases of schizophrenia are associated with infectious agents, and Toxo would be involved in a significant subset of those.”

    Just as worrisome, says Torrey, the parasite may also increase the risk of suicide. In a 2011 study of 20 European countries, the national suicide rate among women increased in direct proportion to the prevalence of the latent Toxo infection in each nation’s female population.

    Gloups.

    mercredi 15 février 2012

    Game of Thrones en Islande

    Comme si cette série pouvait devenir encore plus attirante...

    mardi 14 février 2012

    [Rediff] Une carte de la Saint Valentin



    (rediffusion d'un ancien blog sur le site 20six, 14 février 2006) Je n'ai pas vérifié si tous les liens marchent encore...

    En reprenant le thème des déclarations d'amour de l'an dernier (et reprises cette année), 100 Choses que j'aime en bandes dessinées (l'ordre n'a strictement aucune importance et je suis sûr que je regretterai vite des oublis, j'ai aussi renoncé à mettre des liens à chaque fois car l'éditeur lamentable 20six a désormais la bonne habitude d'effacer certaines fermetures de balises, ce qui rend les listes de liens très désagréables à écrire) :
    1. La coccinelle de la Rubrique à Brac de Gotlib.
    2. Laureline, devenue l'héroïne de Valérian de Mezieres
    3. Les annonces des couvertures d'autres titres au dos des BD
    4. L'utilisation des cases dans Philémon de Fred
    5. Lire et relire du Andreas Martens ou du Alan Moore
    6. René Goscinny dans Astérix ou les Dingodossiers
    7. Crisis on Infinite Earths par Wolfman et George Pérez
    8. Les sous-borgésianismes de Schuiten et Peeters
    9. Who's Who in the DC Universe
    10. Karen Page/Sally Forth et toutes ses clones dessinées par Wally Wood.
    11. Le trait élégant de Philippe Berthet
    12. La Forteresse de solitude et la cité de Kandor dans la bouteille.
    13. Les Cinémastocks de Gotlib et Alexis
    14. Les figures maniéristes allongées de Gil Kane et Carmine Infantino sur Green Lantern et Flash.
    15. La fantaisie des voyages dans Excalibur d'Alan Davis.
    16. Le Vagabond des Limbes de Godard et Ribera
    17. Calvin & Hobbes (& La Légion Thermonucléaire)
    18. Peanuts de Monsieur Schultz
    19. Le courrier des lecteurs dans les comic-books
    20. Pouvoir lire tard chez Boulinier
    21. Aleta de Hal "Valiant" Foster
    22. Dale Arden d'Alex "Gordon" Raymond
    23. Les bulles écrites en des fontes différentes, ou avec des pseudo-idéogrammes représentant des insultes.
    24. La Chose et Black Bolt de Jack Kirby
    25. M le Ministre de Binet
    26. Story Minute de Carol Lay.
    27. Flash of Two Worlds de Gardner Fox, et le Principe de Continuité 
    28. Ruben Bolling.
    29. Le Jolly Jumper de Morris
    30. This Modern World par Tom Tomorrow
    31. Why I Hate Saturn de Kyle Baker
    32. Les BD d'occasion
    33. Toutes ces bd didactiques nulles comme Derrida en bd
    34. Inside Woody Allen de Stuart Hample dans les vieux Charlie-Hebdo.
    35. De Cape et de Crocs.
    36. Gwen Stacy (surtout par John Romita Senior
    37. Les scénarios de Jean-Michel Charlier (notamment Barbe-Rouge
    38. La Syldavie.
    39. Certaines figures de Milo Manara.
    40. Les couleurs (malgré la miévrerie) d'Elfquest des Pinis.  
    41. Les architectures, les zeppelins et les monstres dans Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay 
    42. Les revamps des années 70 par Neal Adams
    43. Le Scrameustache.
    44. Certaines mauvaises BD accessibles seulement aux fans (Avengers Forever de Kurt Busiek par exemple)
    45. Les délires de Harvey Kurtzman
    46. Les Schtroumpfs de Peyo
    47. Le Baron noir de Got et Petillon, le meilleur strip français.
    48. Quand Brian Bolland dessinait autre chose que des couvertures
    49. Les aventures de Lapinot de Trondheim
    50. La dévotion sincère d'Alex Ross (oui, même dans Paradise-X)
    51. Peepshow de Joe Matt
    52. Les toyottes de louis-michel carpentier (obscur, ça, pourtant c'est chez Casterman)
    53. Captain Carrot (& the Zoo Crew) de Thomas et Shaw! 
    54. Les épisodes de Yoko Tsuno sur Vinéa, par Leloup (toujours eu un truc pour les cyanodermes)
    55. Superman #423/Action Comics #583 par Alan Moore et Curt Swan
    56. Les absurdités de Mandryka.
    57. Tales of the Green Lantern Corps (et ceux d'Omega Men par Moore, encore)
    58. Tranches de vie de Lauzier
    59. Les bains hédonistes de Balthazar Picsou (Scrooge) dans l'or.
    60. Les Titans sortent du Tartare pour affronter leurs rejetons olympiens (in Teen Titans).
    61. La bibliothèque engloutie dans le Troisième testament de Dorison et Alice.
    62. La déclamation de Shelley sur la tête d'Ultron (Avengers 57, 1968, Thomas et Buscema).
    63. Greg, Michel (pour les histoires complètes d'Achille Talon, mais aussi le Lac aux Requins, Luc Orient et Olivier Rameau)
    64. Felipe, Miguélito et Mafalda de Quino
    65. La Légion des Superhéros (période Levitz-LaRocque/Abnett-Lanning)
    66. Gates de la LSH, insectoïde téléporteur marxiste. Oh, et oui, Proty & la Legion of Super-Pets. EtTellus.
    67. La Fille du proviseur chez Cabu
    68. X-Men (période Claremont-Cockrum/Byrne), et oui, Jean Grey
    69. Le fait que les genres ne se limitent pas en Europe à des styles comme la "Ligne Claire" d'Hergé ou aux "Gros Nez" de Spirou.
    70. Common Grounds de Troy Hickman
    71. Le Génie des Alpages de F'Murrr
    72. Les dialogues grouchomarxistes de Lord Julius dans Cerebus.
    73. Valda, fille de Bradamante, dans Arak de Roy Thomas et Ernie Colon
    74. Sophie dans Anselme Lanturlu de JP Petit
    75. Weird World de Doug Moench et John Buscema
    76. Aaricia Gandalfsdottir et Kriss de Valnor
    77. La sensibilité d'Adrian Tomine.
    78. Le cynisme de Daniel Clowes
    79. Les premiers épisodes oniriques à la McCay de Scarlett Dream et Orion de Robert Gigi
    80. Hypocrite de Jean-Claude Forest
    81. Luther Arkwright de Bryan Talbot 
    82. Understanding Comics volume 1
    83. Cartoon History of the World par Larry Gonick
    84. La saga Pegasus puis Quasar de Mark Gruenwald
    85. Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas de Champignac et Zorglub
    86. Forgotten Realms de Jeff Grubb (et Rags Morales)
    87. Les univers de Caza (Philippe Cazaumayou)
    88. Quand Monty de Jim Meddick s'appelait encore Robotman.
    89. Les jeux de l'OuBaPo (Ouvroir de Bande-dessinée Potentielle)
    90. Les Cahiers de la BD des années 80
    91. Les Frustrés de Claire Brétecher
    92. Pilote, mâatin, quel journal.
    93. L'Ascension du Haut-Mal de David B.
    94. Little Ego de Vittorio Giardino.
    95. Krazy Kat de George Herriman
    96. Eva Kant (des soeurs Giussiani)
    97. Checkerboard Nightmare et les Webcomics liés.
    98. Avoir des lacunes dans une série et imaginer les épisodes manquants
    99. Les premiers Jack Palmer, quand Pétillon pompait encore Kurtzman
    100. Sandman de Neil Gaiman (surtout la version imaginaire où la Mort a l'apparence de Louise Brooks, comme c'était prévu, au lieu de celui d'une Goth générique)

    jeudi 9 février 2012

    Intimidation


    Une leader d'un parti d'extrême droite demande que les parrainages des maires soient anonymes - pour qu'ils puissent échapper à des "intimidations" du gouvernement. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a semblé soutenir sa proposition, au nom de la démocratie : ce serait une anomalie qu'une politicienne qui peut représenter jusqu'à un cinquième des électeurs n'arrivent même pas à réunir 500 signatures de maires.

    Mais on peut imaginer que si le Conseil constitutionnel a bien entendu accès à ces listes "anonymes" pour les vérifier, alors cet intimidant gouvernement (ou l'opposition) aussi pourrait y avoir accès et pourrait donc toujours engager des "rétorsions" contre les maires.

    Cela suggère que ce n'est pas du gouvernement ou de "l'Etablissement" qu'elle a peur, mais bien des électeurs des maires. L'anonymat n'est pas ici une protection des citoyens face au pouvoir (comme dans le secret du suffrage) mais d'une faction contre l'opinion publique. Autrement dit, elle craint ici les quatre cinquièmes des citoyens qui ne votent pas pour elle (ou les deux tiers des citoyens qui n'envisagent pas de voter pour elle) et qui feraient régner une "transparence totalitaire".

    Certes, l'anonymat des Parrains a pu exister et on peut discuter si 500 noms est trop dans un pays de 36 000 communes (mais où la vaste majorité des élus va refuser de donner sa signature en effet à qui que ce soit). Cela paraît mieux que le système des 10000 signatures de citoyens dans différentes régions qu'utilise le Sénégal.

    Le fait que les maires osent moins la soutenir montre plus qu'ils redoutent l'image que cela donnerait sur leurs concitoyens. S'ils avaient le moindre soutien sincère, ils ne sont pas des électeurs de base et devraient être capables de les assumer. Ce n'est pas comme si nous étions dans une dictature où ils risqueraient leur vie. Et si un parti n'arrive pas à trouver 500 élus pour le soutenir (quel que soit le nombre considérable de ses électeurs), cela traduit un problème qui ne se réduit pas à une "intimidation du gouvernement".

    En revanche, quand la leader du parti en question dit que si elle n'est pas validée, "ses électeurs se vengeront contre la majorité UMP aux législatives", cela ressemble un peu à un chantage contre la droite. Les députés de la Droite populaire, d'après le Canard, semblent d'ailleurs très préoccupés d'obtenir les dites signatures (il est vrai qu'ils n'ont pas besoin de ces menaces pour être attirés).

    S'il y a intimidation et anomalie démocratique, elle ne se situe pas exactement là où on le dit.

    mercredi 8 février 2012

    Les dogmes, les erreurs, dont on veut tout lier



  • Je me rends compte que ce blog a été indexé sur certaines listes de jeu de rôle. J'en suis très heureux mais je pense qu'il vaudrait mieux relier seulement (comme le font certains) http://anniceris.blogspot.com/search/label/jdr (le libellé jdr) que tout le blog ou bien vous risquez d'avoir beaucoup de "bruit" hors-sujet ou sans trop de rapport.

  • Mon petit-frère vit à présent à Prague et l'Ambassade aurait organisé un sondage sur les Français expatriés en République tchèque. D'après la rumeur, plus de 80% voteraient pour l'actuel chef de l'Etat pour les Présidentielles, ce qui doit être légèrement plus qu'à Versailles ou même à Neuilly. Badinguet devrait vraiment aller se présenter là-bas (ou en Allemagne).

    Le Canard enchaîné d'aujourd'hui dit qu'un de nos sous-ministres, Frédéric Lefebvre, commence sa campagne dans sa nouvelle circonscription (les Français des USA et du Canada) contre un autre UMP dissident, le frère de Balkany.

    Pour l'instant, il n'y avait qu'une représentation des Français pas-en-France au Sénat, avec 12 Sénateurs (en ce moment 8 UMP et 4 PS) et la réforme de 2008 a ajouté 11 circonscriptions internationales pour les Français établis hors de France.

    Image venant de Wikipedia : la Suisse seule (6e circonscription) aura autant de députés que toute l'Eurasie et l'Océanie (le député de la 11e circonscription sera sans doute l'ignoble Thierry Mariani).

    Y a-t-il la moindre chance que ces 11 sièges ne soient pas tous pour l'UMP ou des UMP dissidents ?? Par exemple, il y a Pouria Amirshahi comme candidat PS dans la 9e circonscription (Maghreb et Afrique de l'Ouest), mais je n'ai aucune idée sur ces chances chez les "Expats". C'est Khadija Doukal qui représenterait l'UMP.

    Cela dit, l'Italie de Berlusconi avait eu des surprises quand les Italiens de l'étranger avaient voté nettement plus anti-Berlusconi que la métropole.

  • Miscellanées



  • Ce documentaire de la BBC de 1969 sur la notion de "Civilisation" a sans doute mal vieilli. Il veut défendre la vision si britannique que la Civilisation peut certes être un concept trop vague mais qu'une chose est sûre, c'est quand on l'a perdu (en gros, dans le documentaire, on l'a perdu pendant un temps de Boèce à Alcuin, ou d'Alaric à Charlemagne, dans les Âges Sombres jusqu'à ce que la flamme précaire soit ravivée lors des diverses Renaissances à répétition). Le mythe britannique est que bien entendu, ce furent notamment eux, les îles des franges occidentales, qui gardèrent la flamme au moment où le continent s'écroulait. Cela en ferait des héritiers légitimes de l'Empire romain et donc de l'Idée même de Civilisation (et la gallophobie britannique s'alimente en partie de cette concurrence de Londres et Paris depuis quatre siècles sur les discours de la nouvelle Rome). L'esthète conservateur Lord Kenneth Clark (qui parle atterré juste après les Evénements de 1968) y définit la civilisation par une curieuse genèse émotive, peut-être humienne, comme ce qui lutte en nous contre divers mouvements de dissolution, contre la crainte et contre l'ennui, la crainte primitive devant la sauvagerie et l'ennui sophistiqué d'une nouvelle barbarie. Mais où ai-je entendu parler de ce terme de "civilisation", je ne sais plus.

  • Marie-Luce Penchard, Ministre de l'Outre-Mer, déclare dans un communiqué qu'elle a eu honte du "point Godwin" de Serge Letchimy "en tant qu'ultramarine". Non, elle n'a pas le lien dans ce communiqué, ce serait hors-sujet.

    En plus, chacun sait qu'elle considérait son poste ministérielle comme un moyen d'avantager la Guadeloupe par rapport aux autres territoires de l'Outre-Mer (même si la Guadeloupe n'a pas été dupe et qu'elle n'y a été soutenu que par un septième des électeurs), donc elle ne peut pas approuver un Martiniquais !

    Par ailleurs, je pense que Madame Penchard ne devra plus rester très longtemps au gouvernement.

  • Hubris post-Nobel



    Faisons un peu de Wikipedia Comparative. En confrontant la page du Dr Montagnier en français et en anglais, la première est beaucoup plus laudative. La seconde insiste bien plus clairement sur les controverses récentes sur les recherches actuelles de Luc Montagnier. Il affirme travailler sur des propriétés de l'ADN contraires aux conceptions admises dans la communauté scientifique, et avec un lien avec des principes de l'homéopathie.

    Via la très distrayante Encyclopédie américaine des Charlatans et des Dingues, je vois que Luc Montagnier est rangé dans les dingues étrangers qui seraient victimes d'une forme de Maladie du Nobel (basculant dans le charlatanisme après une carrière brillante de chercheur). Tom Roud avait déjà mentionné ce syndrome il y a deux ans quand Montagnier était parti continuer sa carrière en Chine.

    mardi 7 février 2012

    [comics] Sans Peur et Sans Reproche



    (couverture animée chez Kerry Callen)

    Ce n'est que pour préciser à quel point j'aime bien ce comic mais (1) mes goûts vont presque exactement à l'opposé des héros urbains, sombres et réalistes, (2) je trouve que Mark Waid rate souvent la plupart des comic-books que j'ai pu lire.

    Et pourtant, la nouvelle série sur Daredevil par Mark Waid est une excellente surprise qui me réconcilie avec le personnage. Waid prend tout le traitement récent du héros-avocat à rebours. C'est sans doute la meilleure série parodiant le "drame de Cour juridique" en dehors du run de Dan Slott sur She-Hulk.

    Depuis Frank Miller et tous les scénaristes qui l'ont imité ensuite (y compris Brian Bendis), Daredevil était avant tout l'histoire d'un Catholique aveugle et introspectif, dévoré par les remords de son Enfer portatif, se morfondant sur sa Culpabilité Catholique [les Américains inversent nos propres clichés sur l'ascétisme puritain], se torturant sur la mort de son père, la mort de sa compagne ninja, de son ex-secretaire, ses échecs personnels, ses ambiguïtés face à la pègre, etc. Je n'ai jamais su si ce sont tous ces Ninjas pseudo-japonais ou bien ce vernis irlandais qui avaient fait le succès de cette formule.

    Alan Moore a fait une bonne parodie de Dourdevil, The Man Without A Sense of Humour.

    Waid rompt avec cela en revenant à une dimension de Matthew Murdock en "casse-cou" intrépide, un avocat brillant et séduisant. Et avec un sens de l'humour.


    Et c'est aussi (avec les dessins de Paolo Rivera et Marcos Martin) une expérience sensorielle à part d'un homme qui éprouve le monde avec plus d'acuité par tous ses sens compensés. La version de Miller était avant tout un jeu de contrastes, de Sombre & Rouge, de pénombres, ici, c'est un jeu sur le non-visuel, sur les sensations qui échappent par définition au medium même. Et Daredevil n'a jamais été aussi réjouissant.


    En revanche, la couverture du n°7 (où Daredevil joue à faire "l'Ange de Neige") qu'on trouve plus haut n'est pas le meilleur numéro pour commencer comme c'est un épisode de Noël où Waid ne peut pas esquiver les bons sentiments de saison.

    Négativité



    Y aura-t-il un point où la publicité négative deviendra tellement absurde qu'elle finira par reculer en causant du tort à ceux qui l'utilisent ? Pour l'instant, on continue à faire comme si même une pub excessive est utile en faisant parler du candidat.

    Ici, Peter Hoekstra, un des plus débiles dans le Parti républicain (il avait déclaré que les Républicains étaient aussi maltraités aux USA que l'opposition en Iran, et il a heureusement été battu en 2010), met une actrice d'origine chinoise "appelant" à voter pour son adversaire démocrate pour les Sénatoriales dans le Michigan, Debbie Stabenow (avec une plaisanterie sur son nom de famille qui donne une impression de dispute en classe maternelle ou de jeu de mots d'un de nos dirigeants du FN).



    On avait déjà vu de la publicité politique aussi directement sinophobe auparavant ? J'imagine que non, si les commentateurs sont aussi étonnés de la vulgarité de l'argument. On peut s'attendre à ce que cela augmente quand les USA déclineront réellement face à la Chine

    Add. Tiens, un Représentant de Louisiane cite un article de The Onion comme s'il était réel.

    Heureusement que le Sénat filtre (un peu) ces crétins.

    Galimafrée



  • Je vais encore faire une prétérition de plus.

    Je n'ai plus envie de commenter toutes les saillies de notre Ministre de l'Intérieur. C'est un piège grossier, dans tous les sens du terme.

    Si on le commente, on prend au sérieux un prétendu débat, on commence à distinguer plusieurs sens à culture ou à civilisation ou à lui expliquer la contradiction performative de son propre énoncé qui rabaisse ce qu'il prétend réhausser. Ce serait faire trop d'honneur à ce personnage qu'on espère vite oublier.

    Si on s'indigne, de même, il aurait beau jeu de dire "Ah, vous voyez, j'avais raison de dire que ce n'était que des nihilistes / relativistes et autres mots en -istes qu'il ne faut pas être d'après mon ami Zemmour, de Mauvais Français Dhimmis Vendus de l'Anti-Valeur Civilisatrice".

    La seule réaction républicaine ou même saine d'esprit serait de rougir ou de se taire.

    On a honte collectivement de cet individu car il reflète peut-être un peu plus que son propre cynisme, mais cela ne changera rien. On a honte de ce piège grossier, honte de cette équipe, si on aime justement bien plus ce pays que ces individus qui se prétendent patriotes alors qu'ils ne sont que des défaitistes qui vendent la peur du déclin pour en faucher quelques bénéfices.

    Pour une fois, les pragmatistes ont raison : le sens de l'énoncé n'a rien à voir ici avec une signification intemporelle d'une proposition qu'il faudrait discuter ou analyser. On analyse des problèmes réels, on n'ergote pas sur de petits jeux tactiques à court terme. Le sens, ici, c'est seulement ce dont il se sert. C'est un instrument dans un contexte bien situé, pour lancer un petit signal et pouvoir jouir de la polémique prévisible, de quelques ondelettes de reprises pour titiller le complexe amygdalien jusqu'à la semaine prochaine. C'est tellement vain que cela ne mérite même plus de juste indignation.

    Y aura-t-il vraiment quelques pourcentages de fachistes qui lâcheront Le Pen pour Srkozy rien que pour ces petites libations à l'auto-glorification de notre ethnocentrisme ? On peut en douter. Donc cela n'est qu'un peu d'agitation, un petit sursaut de honte et de vanité dans la lassitude d'une démocratie avancée.

  • Guillermo avait déjà écrit ce qu'il fallait à ce sujet il y a 7 ans (et il le redit hier) : le relativisme peut lasser mais on sait bien ce qu'habille ici en l'occurrence l'anti-relativisme facile de la tribune. La rectitude politique existe mais on sent tout de suite ce qu'ont de nauséabond la plupart de ceux qui se disent avec naïveté aller "contre le politiquement correct" ou "contre la pensée unique", sans même se rendre compte du cliché.

    Toutes les moeurs ne se valent pas. L'esclavagisme a moins de valeur que l'abolitionnisme et le sacrifice humain a moins de valeur que la tarte aux pommes. Mais tout le monde sait (à part quelques trolls) qu'il ne s'agit absolument pas de cela. On ne va pas croire sur parole la défense de ceux qui disent que le Ministre pouvait soutenir cela devant l'UNI et les ultra-conservateurs du MIL sans une "intention", dans tout un réseau où il serait le défenseur de notre civilisation.

    Donc oui, on lui fait un "procès d'intention", et oui, l'intention est tellement criante qu'on n'a pas à surinterpréter, il l'affiche avec cette "maladresse calculée" qui fait tout l'esprit du sarkozysme en décomposition. Ce n'est pas une intention, cela relève du réflexe.

  • Oui, Alain Juppé a peut-être trouvé un moyen ingénieux de "pas de côté" en disant qu'on pouvait se demander quelle était l'échelle légitime d'une "civilisation" dans ce genre de propos. Au moins, le Musée Jacques Chirac des Arts Pas Récents aura peut-être servi à cette petite "prise de distance".

    Le sacrifice des veuves ou le castisme dans l'Hindouisme, ce n'est pas bien, mais j'aurais du mal à dire que tous les Upanishad sont contaminés comme un tout organique, ou que tout l'Art hindou devrait être hiérarchisé en-deçà de notre Art sans Castisme. Je ne sais si la géométrie grecque fait pardonner l'esclavage ou la misogynie. Et franchement, ce n'est pas une question à se poser.

    Dans la bouche de l'orateur devant l'UNI, la civilisation dont il parle, c'est, prétend-il, la civilisation française des Droits de l'homme, de la République, de la Laïcité (que le sarkozysme n'a cessé d'attaquer avant de l'instrumentaliser comme un nouveau fard de xénophobie). Mais cela ne vaut pas la peine de faire des distinguos entre "toutes les cultures / toutes les valeurs / toutes les pratiques". A quoi bon, alors que son seul but est de dire qu'on est un Ennemi de la Nation si on a le malheur de ne pas voir l'opportunité d'une loi de plus sur des vêtements.

  • Un ancien Premier ministre très justement oublié, Raffarin, dit que Guéant ferait un "mauvais ethnologue".

    Cher Raffarin,

    Va prendre ton argent auprès de la dictature chinoise mais ne prétend pas que c'est par humanisme montaignien ou parce que tu aurais lu Lévi-Strauss.

    Pour le coup, le "relativisme" si on veut lui faire son éternel procès, on le voit bien à droite, chez ce Président qui nous dit qu'il y a Plusieurs Vérités mais que lui ne croit qu'en son Authenticité. Il n'y a rien de plus toxique que ces relativistes qui se font passer pour le seul remède contre l'universelle relativisation.

  • Oui, tout ne se vaut pas : par exemple, une société où l'accès aux soins dépend de l'argent est barbare.

    Même si le marché aiguillonnait l'innovation comme ils nous le répètent, cela ne pourrait justifier qu'un individu doive être privé de soins nécessaires seulement en raison de ses revenus ou de ceux de ses parents. Dans un siècle ou dans deux, chacun en conviendra comme d'une évidence et même notre "Etat-Providence en Crise" paraîtra bien trop pingre et malthusien.

    Donc un Président de la République qui met en place une franchise médicale et saccage l'hôpital, a contribué à faire régresser le "Niveau de Civilisation" de notre pays, s'il veut parler en ces termes.

    Mais il se permettait un jour aux USA de donner des leçons à Obama à ce sujet.

    Mais oui, je suis stupide, je tombe dans le piège et je commence à en parler. On ne m'y reprendra plus.

  • La politique des allusions et des clins d'oeil est une spécialité du Parti républicain. Newt Gingrich a déclaré qu'Obama, c'était le "Président des Tickets d'aide alimentaire" (Food Stamp President). Gingrich peut prétendre qu'il voulait seulement dire que l'aide alimentaire avait augmenté.

    Mais toute personne qui connaît le racisme dans certains Etats n'a pas besoin de "procès d'intention" pour savoir ce avec quoi il jouait. Le but était de rappeler (au cas où l'électorat âgé des Primaires l'oubliait) qu'Obama représenterait certaines classes (des assistés, bien entendu, des "Reines de l'Etat-Providence" dont parlait Reagan) et plus précisément certains groupes à l'intérieur de certaines classes.

  • dimanche 5 février 2012

    Posologie

    Valérie Pécresse sur C Politique (France 5) :

    Comme nous avons augmenté la TVA sur tous les Français, nous voulons aussi une taxe sur le patrimoine, parce que nous voulons une petite dose de justice.

    L'UMP, Avec "Une Petite Dose de Justice" en Plus ! Parce que pas trop n'en faut.

    Les aventures de Bubastis



    Toujours dans la série des Prequels de Watchmen, l'idée des aventures de Bubastis (le chat génétiquement modifié d'Ozymandias) était une idée qui pourrait presque sauver tout le projet inutile (sur ce forum)...


    On parle aussi d'un comic-strip régulier (SPOILER).

    Ty Templeton a eu la même idée dans sa BD sur les Prequels (ainsi qu'une série sur Sylvia Kovacs). Et il fait remarquer qu'on a déjà le "Prequel" : ce sont les Charlton Comics...

    Cheryl Lynn propose aussi une série sur le jeune garçon, Bernie, qui lit des comics de pirates au stand de journaux jusqu'au jour fatal d'octobre 1985...

    vendredi 3 février 2012

    [JDR] Les mondes de Traveller (6)

    Rappel des épisodes précédents : (3) Introduction aux mondes Traveller de Judges Guild, (4) Secteur Ley & système Tancrède, (5) Glimmerdrift Reaches.

    On arrive à notre pénultième Secteur de chez Judge Guild. Je sais que j'aurais pu être plus synthétique sur ces Atlas du Domaine Gateway qui ressemblent parfois tant à de simples "Annuaires" téléphoniques. Mais je préfère prendre un peu de temps, au cas où il y aurait quelques petits joyaux cachés dans toutes ces données.



    Carte via Traveller Map.


  • Crucis Margin Guidebook (1981)
    Le Secteur Crucis Margin (dont j'ignore si elle est censée avoir un rapport avec la constellation de la Croix du Sud) est sur les côtés "traîne" (i.e. à gauche droite sur la carte) du secteur Glimmerdrift. Le Guide de 32 pages est à nouveau par le même auteur, Dave Sering.

    Le Secteur Crucis est donc encore plus près de l'Empire K'Kree des 2000 Mondes et les quelque centaines de mondes sont indépendants du Troisième Imperium. Un K'Kree ("Centaure") est représenté sur la page de garde et les Centaures jouent, il est vrai, un peu plus de rôle que dans les guides précédents, avec certains "Troupeaux" (ou Corporations) de Centaures qui voyagent dans ces mondes. Si vous aimez ces Végétariens fanatiques et quadrupèdes, une campagne en Crucis Margin peut être plus attirante que côtoyer les Jhodanis télépathes du cadre habituel des "Marches Directes".

    Il y a quatre Etats interstellaires principaux dans le Secteur, par importance :

    (1) L'Union Crucis rassemble environ 80 mondes au centre du Secteur, mais l'Union est multi-ethnique (et même multi-spécifique) et est divisée en plusieurs factions interplanétaires : les Cast, les Suo, les Sliv et les Nar. L'Union est neutre mais certaines factions (les Suo) négocient plutôt avec les Centaures et avec les Ruches. Les principales tensions sont entre la faction Nar et le Co-Dominium Hono-Danin. Hélas, l'Union ne me paraît pas assez décrite.

    (2) La Sphère Fenix, du côté Direct/Centripète, est d'origine humaine et plus proche de l'Imperium et du Primat Marlan des Glimmerdrift. La capitale est la planète Rutli et il y a presque autant de mondes dans la sphère que dans l'Union Crucis. Son emblème du Phénix doit être celui qu'on voit sur la couverture. Ce petit détail des armoiries est une idée originale de Judges Guild : Lys pour les Ley, Etoiles pour les Glimmerdrift et Phénix pour les Marges de Crucis.

    (3) Le Co-Dominium Homo-danin, Etat bi-specifique d'Humains et de Danins du côté direct, qui se trouve aussi dans le secteur Glimmerdrift. La capitale Kalradin se trouve dans le sous-secteur Mandin. Je n'ai pas compté mais j'ai l'impression que si on additionnait les mondes Homo-Danin dans les deux secteurs, on aurait une des entités politiques les plus importantes de tout le Domaine Gateway avec une centaine de planètes au total.

    (4) Chhung Kuo est une colonie de Solomani de culture chinoise (le nom 中华 est retranscrit aujourd'hui Zhōngguó) dans tout un sous-secteur traîne/centripète. J'ai souvent trouvé la Chine sous-représentée dans Traveller (contrairement à 2300 AD qui a un vaste Empire interstellaire chinois et même un Empire mandchou en plus) et c'est donc une bonne surprise.


    Il y a 33 mondes dans l'Empire du Milieu du Chhung Kuo, sur trois soous-secteurs (Souris, Chhung Kuo et les Asturias). La capitale est Pu Chou A896999-D, une vaste "Bureaucratie". Tous les noms de mondes dans le coin sont des références à la culture chinoise, comme cette planète aquatique Shang Ti, qui a droit à une carte et qui accueille dans ses industries de "métal organique" des Corporations de K'Kree.
    [Il y a aussi eu une série de romans de SF britannique depuis 1989 dans un futur sino-centrique qui s'appelle aussi Chung Kuo, mais cela n'a aucun rapport, je pense.]

    D'autres sous-secteurs ont aussi des références terrestres : Lodz (avec la planète Katowice) ou Olsztyn (Wroclaw) est une zone polonaise et ces noms sont d'ailleurs toujours dans la version officielle du Secteur Crucis Margin, avec "l'Union de Katowice" à la place de cette Union de Crucis. Les Asturies ont quelques planètes qui semblent francophones (Auch, Dax, Foix, Pau, Sete, Tarbes) et le sous-secteur Andalusia a plusieurs mondes qui ont des noms finnois.

    En dehors des Danins du Co-Dominium Homo-Danin, aucune espèce extraterrestre citée (il est dit qu'il y en a par exemple dans l'Union Crucis ou même dans Chhung Kuo) ne reçoit même une ligne de précision. Les Danins ont l'air, plus encore que dans les Glimmerdrifts, d'être un peu les ennemis par défaut, même s'ils n'ont rien de manichéen - les Impériaux cherchent des moyens de négocier avec les factions les moins expansionnistes du Co-Dominium et éventuellement de déstabiliser les élites actuelles sans trop irriter la classe militaire des Danins.

    En plus de ces 4 Grands, il y a d'autres Etats qui ne sont pas entièrement dans le Secteur. Les Rm Nai sont des Humains xénophobes isolés du secteur Leonidae (du côté centrifuge) et on les trouve dans le sous-secteur au nom à changer en campagne, "Piute" (direct/centrifuge) dans cinq mondes. Les Hv'ika Kamlin (union multi-spécifique) sont sous la protection de la Fédération des Ruches et ils n'ont que quelques mondes dans le sous-secteur Falaya. Enfin, le Ramayan est un Etat solomani (d'origine indienne) qui vient du secteur Marantha-Alkahest (Gateway), et ils n'ont qu'un seul monde dans le secteur, Vamitra (sous-secteur C Souris, Hexagone 2101), avec des accords avec la Sphère Fenix.

    En plus de la carte du secteur, il y a les cartes des 9 planètes suivantes dans différents sous-secteurs : Gijon, Guerzim, Lonoke, Lubon, Mellansel, Negril, Rill, Uaboe et Shang Ti. Comme d'habitude, ces cartes sont trop simplifiées, avec la forme des continents mais aucune cité, aucune limite politique. Je n'en vois donc pas vraiment l'utilité.

    Il y eut un module de 32 pages se déroulant dans le sous-secteur Turku (dans l'Union Crucis), JG880 Corsairs of the Turku Waste (1982) par Dave Sering, qui décrit quelques vaisseaux et le monde de Mellansel (qui avait déjà une carte rapide, le nom vient d'un village suédois).






  • Crucis Margin est, pour l'instant, mon supplément favori dans cette gamme Judges Guild, à cause de cet Empire chinois de Chhung Kuo.

    Il doit y avoir d'autres coins de l'Imperium qui ont de telles références terriennes mais il y a un côté dépaysant à jouer dans un cadre aussi sino-centrique, avec en plus les manipulations des Ruches, ces "étoiles de mer" intelligentes qui ont pu contrecarrer la Guerre sainte des K'Kree contre les carnivores.

    Même si j'aime bien les Mondes Epées des Marches Directes, je dois dire que je trouve l'idée de colonies chinoises plus "vraisemblables" qu'un empire néo-viking. Mais la vraisemblance peut facilement s'oublier si on s'amuse ans les Mondes Epées.

    Il faut noter que dans la nouvelle version "agréée" du Secteur dans le supplément Gateway to Destiny (2004), beaucoup de choses ont été changées mais que ce sous-secteur Chung-Kuo a été presque intégralement conservé. "L'Empire du Milieu" s'appelle désormais le Concordat Commercial (Mercantile Concord) mais les noms des mondes sont les mêmes.

    En dehors de cela, en revanche, les alliances régionales semblent souvent bien plus petites dans la version officielle que celles de Judges Guild, plutôt une douzaine de mondes et plus une centaine. Mais de toute manière, le supplément décrit la situation en l'an 990 du Troisième Imperium et on peut toujours supposer certains changements pour y jouer en 1100. Une autre différence importante est quelques espèces extraterrestres un peu mieux décrites. Il y a même une petite nation droyne en plus sur un monde.

    jeudi 2 février 2012

    En 24h




    Il doit y avoir des lois cosmiques contre le fait de créer toute une bd aussi réussie que celle de Boulet à Angoulême en seulement 24 heures.