samedi 11 juillet 2009

Facétie infinie 2



  • Non, je n'ai pas (encore) sarah-paliné et je lis (encore) Infinite Jest de Wallace. p. 92/981. 9,38%.

    Le livre contient 483 994 mots. On estime que le Mahābhārata a 1,8 millions mots, soit environ 4 fois Infinite Jest. Prends ça, David Foster Wallace.

  • La longue note 24 (p. 985-993) énumère toute la filmographie de James O. Incandenza, le père de Hal et Mario.

    On y apprend notamment le sens du titre puisqu'il a réalisé au cours des années dans une nouvelle technologie révolutionnaire subventionnée par le gouvernement plusieurs films expérimentaux appelés Infinite Jest, selon le procédé de "The Entertainment" (le Divertissement), qui semble être une sorte de réalité virtuelle optique.

    On est dans un futur très proche puisque le livre date de 1996 et c'est aussi la date des premiers films de jeunesse d'Incandenza (datés des grandes "Emeutes de Linguistes du MIT" sur la grammaire prescriptive en 1997). Le roman doit donc se dérouler dans les années 2010-2020.

    James Incandeza appartient à l'école artistique de "l'Après-garde anti-confluentiste". Il fut l'un des seuls à pouvoir visionner Infinite Jest sans y succomber parce qu'il avait déjà perdu la raison en raison de toutes les drogues qu'il absorbait. Il mourut quand même pendant la post-production (Année de la Barre d'Echantillon Dove, les années sont sponsorisées au lieu d'avoir des chiffres).

  • Il semble donc bien qu'il y ait un début d'histoire avec ce "film" (ou quoi que ce soit) à l'intérieur du livre. La cartouche d'Infinite Jest est une oeuvre destructrice puisque toute personne qui la visionne devient accoutumée et ne peut plus s'empêcher de la regarder en boucle sans se nourrir ou subvenir à aucun besoin même le plus vital. Le spectateur doit vite périr de deshydratation. Dès le début, le médecin du Cheikh saoudien est la première victime d'importance de ce Divertissement fatal. Je ne suis pas encore sûr de voir le lien entre la Facétie Infinie et le terrorisme des séparatistes québecois mais ils semblent vouloir instrumentaliser ce film comme une arme.

    Le livre fut publié deux ans avant le film d'horreur japonais Ringu (où une cassette VHS hantée tue ceux qui la visionnent) mais un modèle possible pourrait être plutôt le Videodrome (1983) du Canadien David Cronenberg, où un étrange programme vidéo ressemblant à du Snuff Movie conduit à la folie et à dissoudre la réalité.

  • Avec l'intrigue québecoise arrive le lot d'erreurs de français. Matthew posait la question de toutes ces erreurs. Il y a les "Personnes de l'importance Terrible" p. 59/985, les "Personnes à qui on doit surveiller attentivement" p. 64 et les "Fauteuils de rollents" p. 88-89 / p. 994. Il y a deux interprétations : simples erreurs que l'éditeur n'a pas remarquées dans un livre énorme, mais elles semblent trop systématiques (il n'y a jamais de français correct, et je n'ai pas vérifié pour l'allemand mais il semble suspect aussi) ou bien signes discrets d'une différence entre ce Québec parallèle et notre monde.

  • Je n'ai aucun goût pour le tennis mais le morceau de bravoure p. 82 où l'exercice d'un match de tennis est comparé à la différence entre l'infini dénombrable et la puissance du continu m'a quand même plu (même si je doute que cela ait vraiment un sens).
  • Comics de mai-juillet 2009



    Cela fait déjà trois mois. A nouveau ce sera donc bref.

  • Multivers DC

    • The Last Days of Animal Man #2/6
      Gerry Conway (né en 1952) est l'un des vétérans solides de l'art du scénario de comics, qui publie des histoires depuis 1969 (il avait 17 ans). Il est surtout connu pour avoir créé un personnage sans intérêt chez Marvel (Punisher) mais je préfère surtout sa création de Firestorm chez DC. Il n'a plus guère publié depuis une douzaine d'années et je ne suis pas sûr de savoir pourquoi il choisit une mini-série sur la fin d'Animal Man, personnage avec lequel il me semble avoir eu peu de connexions historiques. Animal Man fut créé en 1965 et serait resté dans l'obscurité si en 1989 Grant Morrison n'avait pas transformé radicalement le personnage quand celui-ci découvrit qu'il était une personnage de bande-dessinée et qu'il devint désormais une commentaire au second degré sur le medium, commentant avec l'Auteur sur son propre statut fictif. Gerry Conway n'a pas choisi cette veine morrisonienne mais il réussit à surprendre avec un Green Lantern cétacé de plusieurs tonnes (couverture du brillant Brian Bolland) et une nouvelle version de Mirror Master, nommée Prismatrix, qui prouve qu'il sait battre le néo-classicisme nostalgique de Geoff Johns sur son propre terrain en renouvelant un personnage. L'ennui est qu'on se demande pourquoi c'est sur Animal Man... B


    • Booster Gold #20-22
      Le problème de ce titre sur les voyages dans le temps est qu'il montre bien à quel point les comics sont devenus trop auto-référentiels. Booster Gold ne voyage plus vraiment à travers le temps, il voyage en fait vers des cases d'autres comics plus ou moins marquants. Il ne dit plus rien sur l'histoire, il ne fait que gloser l'histoire des comics de l'univers DC. Le héros venu du futur (premier personnage nouveau créé après la Crise de 1985 et qui devait symboliser les nouvelles innovations de DC) ne sert plus que d'instrument à la nostalgie où l'objet des comics est les comics eux-mêmes. Le problème est double : les scénaristes comme les lecteurs ont été élevés dans les comics et ils ne cherchent plus que des échos de souvenirs d'enfance, recombinés. Dans le #20, Booster Gold retrouve en pleine Guerre froide les origines des Rocket Reds (qui me semblent contredire celles qu'on trouvait dans Green Lantern Corps #208, 1987). Dans le #21-22, au moment où Dick Grayson devient le nouveau Batman, Booster Gold repart dans le passé de Robin à la fondation des New Titans quand Robin avait failli se faire tuer. Le problème est que tout cela risque de devenir une formule ennuyeuse : (1) paradoxe, (2) Booster résout le paradoxe et tout redevient comme avant. B-

    • Detective Comics #853
      Après mon enthousiasme pour la première partie publiée dans Batman #686, la conclusion de Whatever happened to the Caped Crusader? est une grosse déception. La première histoire était une succession de petits contes déformant des Batman possibles, cette seconde reprend beaucoup plus rapidement le même procédé mais se consacre à la dimension oedipienne névrosée de Batman. Or c'est à mon sens une limitation et non une force de Batman : un personnage défini seulement par son traumatisme enfantin, un personnage qui n'arrive pas à se développer. Le premier numéro parodiait avec le conte d'Alfred cette théorie de la névrose où Batman est en fait plus fou que les dingues qu'il passe son temps à poursuivre. La nouvelle histoire ne nous épargne aucune régression infantile et on a même droit à l'idée que la Chauve-souris représente une sorte de retour vers l'obscurité caverneuse du ventre maternel. Tout cela manque de la légèreté du premier numéro et le leitmotiv ("Batman n'abandonne pas") est ressassé comme seul refrain pour préparer l'inévitable résurrection. Toute cette psychanalyse, loin d'humaniser Bruce Wayne, le réduit à des abstractions déjà vues dans de nombreuses histoires. C'est très décevant. Il y a une seule case qui marche un peu, c'est celle où le Joker semble soudain sincèrement attristé. B-

    • Green Lantern #40-43
      La saga de la guerre entre les différentes Lanternes continue de se développer. Fatality, devenue une Star Sapphire, a enfin pardonné à John Stewart son erreur sur Xanshi (dans Cosmic Odyssey). Hal perd son Anneau bleu et les Gardiens trahissent de manière remarquablement stupide les Lanternes bleues de l'Espérance en les livrant à l'Orange de la Cupidité. Enfin, le nécrophile Black Hand se suicide et renaît en zombie nécromancien pour la Lanterne noire. La seule surprise a été pour l'instant les petites différences entre les couleurs. Les Bleus ne peuvent fonctionner que comme auxiliaires pour les Verts. L'Orange tue ses propres agents pour monopoliser toute l'énergie pour lui. La Lanterne noire va créer ses agents en animant des cadavres d'autres héros et que les scénaristes vont loin dans la satire des Gardiens. D'habitude, ils sont simplement trop rigides mais ici ils deviennent des monstres froids. B+

    • Green Lantern Corps #35-38
      Sodam, le Green Lantern de Daxam, s'est sacrifié pour changer le soleil de son monde en étoile jaune, ce qui donne aussitôt à toute la population des pouvoirs de Kryptoniens (mais risque de contredire de nombreuses histoires sur le Daxam isolé du XXXIe siècle dans la Légion des superhéros). Les Lanternes jaunes de Mongul se retirent. Soranik Natu doit gérer le fait de savoir qu'elle est la fille de Sinestro. Pendant ce temps, sur Oa, les Gardiens achèvent leur glissement dans le côté obscur (en un clair symbole du gouvernement américain et de Guantanamo) et décident de mettre fin à tout principe de procédure en exécutant tous leurs prisonniers suite à la tentative d'évasion. Quoi qu'il arrive après la Guerre entre les Lanternes, il semble clair qu'il y aura ensuite une révolte des Verts contre leurs supérieurs hierarchiques. B+

    • Justice Society #27-28
      Une petite histoire écrite par le dessinateur Jerry Ordway en attendant la nouvelle équipe avec Bill Willingham. C'est assez habile car pour une fois Ordway utilise assez bien le thème des fantômes. La JSA est la plus ancienne de toutes les équipes de superhéros et il y a une tendance des scénaristes d'abuser des fantômes mais ici les confronter aux fantômes d'Hiroshima et au Spectre pourrait être intriguant, mais l'histoire ne va pas très loin dans le problème moral sous-entendu par le fait que les héros ont soutenu le bombardement du Japon. La caractérisation de la relation Nuklon/Stargirl est en revanche un peu maladroite. B-

    • REBELS #4-6
      La série spatiale de DC n'est pas aussi réussie que Guardians of the Galaxy chez Marvel mais il y a quelques bons moments (contrairement aux séries théologico-politiques de Jim Starlin). Brainiac 2 a reformé sa milice pour lutter contre Starro et ses parasites. Starro conquiert le monde des Dominateurs et Brainiac 2 doit enfermer tout le secteur contaminé dans un champ de force immense pour arrêter la marche des organismes colonisateurs. Cela rappelle donc la mini-série Annihilation Conquest, avec Starro à la place du Virus techno-organique. En revanche, je doute que le style graphique subtile de Claude St Aubin (qui semble très Vertigoesque) soit très adapté au Space Opera. B

    • Wonder Woman #31-33
      Wonder Woman a enfin vaincu son double inversé, Génocide (qui me semble avoir été un remake moins intéressant de Devastation, Wonder Woman vol. 2, #143, 1999). Puis elle doit défendre l'île des Amazones face aux monstres marins contrôlés par Euphemos, fils de Poséidon qui s'est allié à Arès. Les Thalarions de Jason et Achille viennent aider les Amazones et Wonder Woman tue même (provisoirement, on imagine) Arès en combat singulier. Puis Zeus exige la vassalité de Wonder Woman qui la refuse et est exilée. Vivement qu'un scénariste puisse faire revivre les intrigues abandonnées depuis Greg Rucka, qui avait eu le courage de faire évoluer un peu le Panthéon olympien en faisant renverser Zeus par Athéna. Hélas une raison de plus d'en vouloir à la très mauvaise histoire des Amazons Attack en plus de la résurrection sans explication d'Hippolytè fut la suppression d'Athéna. B



  • Editeurs indépendants

    • Barack the Barbarian #1

      Cette bd (dont j'ai parlé en mars) est écrite par Larry Hama (le créateur de G.I. Joe en 1982). La parodie est fondée sur le fait qu'Obama avait dit que Conan était son comic favori (même s'il a fait exprès d'échouer au test de connaissances cimmériennes élémentaires posées par John Hodgman). Barack arrive ici dans la cité de Warshington où il va s'allier à l'amazone Hilaria pour lutter contre le culte de l'Eléphant (les Grand Old Pachyderms), qui lance contre lui son Vieux Guerrier et "Red Sarah". Les gags ne sont pas très drôles - sauf un petit clin d'oeil au prétendu "Dijongate" ou à la campagne des Primaires (Elton Johns ?) qui deviennent déjà incompréhensibles quelques mois après les faits. Très dispensable. B-

    • Ex Machina #43
      Nous sommes à la fin de l'année 2004 et Mitchell Hundred (élu maire de New York en novembre 2001, dans la suite du 11 Septembre) annonce qu'il ne se représentera pas aux élections de novembre 2005. On sait qu'il va sans doute se présenter aux Présidentielles de 2008 mais on comprend mal ce qu'il est censé faire entre. Peut-être Vaughn veut-il ironiser sur le maire (devenu Indépendant) Michael Bloomberg qui a été réélu en 2005 et vient de changer la loi pour avoir le droit de se représenter en novembre 2009. En dehors de cette intrigue politique, le Super-maire doit faire face à une épidémie de Rats affamés, qui semblent contrôlés et un noir secret de son passé va bientôt revenir à la surface. B

    • Phonogram: The Singles Club #3/7
      Cette bd est l'une des plus brillantes qui soient, même si j'en saisis peut-être 05% des allusions à la culture pop. On retrouve cette fois un personnage qu'on avait déjà vu dans la première série, "Emily Aster", la cynique hédoniste qui est censée diriger le Cercle de sorciers phonomanciens auquel appartient le "héros" David Kohl. Je crois qu'il est un peu cliché qu'Emily dissimule sous son apparence insouciante une adolescente suicidaire et torturée mais c'est présenté sans trop de pathos. B+

    • Savage Dragon #150
      Ce numéro spécial m'a plutôt déplu. Un des grands avantages de Dragon par rapport aux autres comics est qu'en dehors du héros immortel, on a vraiment l'impression que les personnages peuvent mourir et qu'il y a de l'irréversible dans le récit. Ici, le plus vieil ennemi du Dragon, l'Overlord, ressuscite et tue le héros. Il est un peu décevant qu'Erik Larsen n'ait rien trouvé de mieux pour fêter ce 150e numéro d'une série presque ininterrompue depuis 16 ans. B

    • Wild Cards #5/6
      On découvre que Mike Fallon, le thérapeute ex-joker "guéri" du Virus, est celui qui répand l'antidote mortel de l'Atout Noir. Croyd Crenson "Le Dormeur" (son Virus mute à chaque réveil) s'endort avant de pouvoir aider le nouvel As, Alex, à retrouver le coupable. Une très bonne histoire de Daniel Abraham dans l'univers de l'anthologie des romans Wild Cards, mais les dessins d'Eric Battle sont, je trouve, très confus et pas assez réalistes pour une histoire avec de nombreux personnages. B


  • Univers Marvel

    • The Mighty Avengers #24-26
      Ce bref interlude permet à Dan Slott de mettre Henry Pym et ses nouveaux Vengeurs (manipulés par Loki) contre les Quatre Fantastiques. Pym reste un personnage très ambigu, amoureux de Jocasta, double androïde de son épouse morte (son nom oedipien vient du fait qu'elle fut créée à l'origine par sa propre création, Ultron) mais trop amoral dans son intellect abstrait. Pym risque de rester à nouveau bloqué dans son personnage du Savant Fou susceptible de basculer à nouveau dans son côté obscur. B

    • Black Panther #5
      J'espérais qu'on aurait droit à une Panthère noire de remplacement pour quelques temps et Shuri (la jeune soeur de T'challa) me paraissait un bon choix, pour garder le lien avec le précédent mais en perdant l'excès de perfection que les scénaristes ont associé à T'challa. Mais c'était en réalité une fausse piste et le retour de T'challa semble devoir déjà revenir après seulement quelques numéros d'absence. B

    • Guardians of the Galaxy #13-15 & War of the Kings #4-5/6
      Les Gardiens échouent dans leur tentative d'imposer une trève entre les Kree et les Shi'ar et suite à leurs maladresse se retrouvent en guerre contre les Inhumains et contre la Garde Impériale à la fois. L'ex-Impératrice Lilandra est exécutée par les "Raptors" qui dirigent en secret l'Imperium shi'ar et qui s'allient à Blastaar dans la Zone négative. Le corps du Céleste qu'occupent les Gardiens se ranime. Black Bolt lance un projet suicidaire pour vaincre les Shi'ar et se retrouve face à Vulcain. Du très bon space opera épique, bien meilleur que les deux tentatives précédentes dans Annihlation War et Annihilation Conquest, ce qui prouve que les deux co-scénaristes Abnett & Lanning ont trouvé leur rythme de croisière. B+

    • Nova #24-25
      La Garde impériale Shi'ar vainc le nouveau Nova Corps et Richard Rider découvre que l'Esprit-Monde est en fait soumis à la planète pensante Ego. Il réussit à rebooter l'Esprit-Monde et refonder le Corps, redevenant ainsi le Nova Prime. B+

    • The Invincible Iron-Man #13-15
      Tony Stark s'est réfugié en Russie et continue à s'autolobotomiser petit à petit pour détruire les secrets dont il craint qu'ils tombent dans les mains de Norman Osborn. Il y a beaucoup de suspense et c'est un bon "techno-thriller" de superhéros mais je ne comprends toujours pas la prémisse de départ : n'y a-t-il pas des moyens moins radicaux et moins absurdes que de se faire fondre le cerveau ? Et comme Stark va bien finir par retrouver son intelligence à un moment, comment le scénariste va-t-il pouvoir se débrouiller sans détruire trop la crédibilité SF de la série ? B

    • Lockjaw and the Pet Avengers #1-2/4
      Une des raisons pour lesquelles je préfère souvent l'univers DC à l'univers Marvel est que ce dernier se veut plus "sombre", plus "mature" et "réaliste". Cela dit, c'est de moins en moins vrai et Marvel a des titres humoristiques comme Great Lake Avengers. C'est un reproche qu'on ne pourrait pas faire à cette charmante mini-série par Chris Eliopoulos, qui ressemble beaucoup à la Legion of Superpets dans l'univers DC : une équipe composée uniquement des animaux associés aux superhéros. C'est assez drôle même si les blagues chat/chien sont un peu lourdes. L'équipe est composée de Lockjaw, le chien téléporteur de Black Bolt, Throg, un des avatars grenouilles de Thor, Lockheed, le petit dragon des X-Men, Redwing, l'oiseau de Falcon, Hairball, le chat de Speedball, Zabu, le tigre à dent de sabre de Ka-Zar et enfin un comic relief Miss Lion, le chien (mâle) absolument normal et stupide de Tante May (qui semble avoir des problèmes à reconnaître le sexe de son chiot). Exactement le genre d'histoire idiote que j'ai envie de lire dans une bd. A

    • Ms. Marvel #38-41
      Les quelques numéros où Ms Marvel était morte ont permis d'attirer un peu l'attention des lecteurs, qui risquent presque de regretter le retour du personnage. La remplaçante mise par Osborn, Karla Sofen est redevenue une sinistre psychopathe. Le scénariste Brian Reed doit vraiment être inquiet des faibles ventes car il sort le truc le plus usé pour relancer les ventes : un cross-over avec Wolverine et Spider-Man. Carol Danvers ressuscite mais le moyen choisi est curieusement un charabia incompréhensible. Quand on regarde les ventes, le titre a considérablement baissé, passant de 40k à 25k vers le #31-32 et Dark Reign n'a pas réussi à le faire remonter. B

    • X-Men Forever #1
      Dans toute l'histoire des comic-books, le plus gros succès est X-Men et aucune série n'a été autant liée à quasiment un seul scénariste, Chris Claremont, qui écrivit toutes les histoires principales des X-Men pendant 16 ans, de 1975 à 1991. Récemment cependant, depuis 2000, Claremont a essayé plusieurs tentatives pour revenir sur son titre et le résultat fut une preuve qu'on ne peut pas se baigner deux fois dans les mêmes eaux. Cette nouvelle série (que je présume éphémère) est un cadeau que lui fait Marvel en lui proposant de revenir à un monde parallèle, une bifurcation vers ce qu'auraient été "ses" X-men s'il n'avait pas été renvoyé en 1991... Je pensais qu'en étant libéré des histoires des autres Claremont serait desinhibé et plus créatif. Il y a pourtant le risque que sans l'impression que son histoire ait des conséquences, il fasse n'importe quoi. En fait, je ne vois absolument pas l'intérêt et c'est même la première fois que je pense que son éviction avait été une bonne idée. J'avais oublié à quel point les X-Men des années 90 étaient vraiment le Nadir de ce titre. A éviter, malgré les dessins de Tom Grummett. D
  • vendredi 10 juillet 2009

    Lacto-intolérance





    - Monsieur le Ministre des affaires étrangères, nous aimerions revenir sur votre déclaration sur les "Yoghourts".

    - Toute cette polémique sur Internet est ridicule. On m'a mal compris. Je connais bien sûr très bien la situation des Yoghourts. La France est d'ailleurs prête à intervenir avec l'Union européenne, avec nos partenaires comme le Danacol, avec des quotas laitiers s'il le faut. Les Yoghourts ne sont pas des terroristes ou des armes chimiques quand même, ils ne fermentent pas de troubles.

    - Vous parlez toujours bien des...

    -... des Yoghourts. Dans ces régions, l'économie repose encore en partie sur l'élevage et donc sur le lait de brebis ou de yaks par exemple, si essentiel pour les Yoghourts, dans leur zoos. On ne règlera pas la crise des Yoghourts en un coup de cuiller à pot.

    - On a dit que vous aviez en fait confondu...

    - Oui, appelons un Yoghourt un Yahourt, n'ayons pas peur des mots. Je ne parlais pas des bifidus kazakhs ou bien des kefirs d'Asie centrale. Le problème est qu'en Asie, ils ont une préférence pour les Nans et pas pour les Yoghourts. J'ai beaucoup de respect pour la culture des Nans mais il faut aussi qu'ils laissent une place aux Yoghourts. Les Yoghourts doivent être très lassis de cette indifférence. Mais il faudrait aussi parler de la crise politique en Ayran.

    Ogling Badinguet



    Les Français ne doivent plus employer "Ouuh lala" depuis au moins Maurice Chevalier mais tant pis.



    Add. Badinguet avec Silvio, avec cette élégance inimitable.

    Equivalence des bourreaux et de leurs ennemis



    Uggabugga remarque un détail frappant chez le Représentant de l'Iowa Steve King, le seul à avoir refusé de voter pour une plaque sur le travail des esclaves sous le fallacieux prétexte qu'on n'honorerait pas assez aussi les morts de la Guerre civile :

    There were over 600,000 people that gave their lives in the Civil War to put an end to slavery. And I don’t see the monument to that in the Congressional Visitor Center, and I think it’s important that we have a balanced depiction of history."


    600,000 is the total deaths of Union and Confederate forces.


    Compter les Confédérés parmi les martyrs morts pour l'abolition de l'esclavage est typique du confusionnisme républicain depuis qu'ils sont devenus le Parti du Sud et plus le Parti de Lincoln.

    Bulles d'Or



    Je suis un peu déçu par le nouveau grand article de Matt Taibbi dans Rolling Stone sur le rôle de la banque Goldman & Sachs dans les dernières bulles spéculatives (mais c'est peut-être seulement parce que la version en-ligne est un résumé). [Add. Voilà, via, une version complète scannée]

    En gros, Taibbi décrit la banque Goldman comme devenue trop puissante et trop reliée aux gouvernements dans les deux Partis, démocrate comme républicain, pour être une puissance financière comme les autres et il dit de manière assez convaincante que Goldman sait maintenant utiliser les Crises financières pour en tirer d'énormes profits. On serait alors dans une situation pire que dans le modèle marxiste (où l'économie capitaliste ne pourrait pas éviter d'entretenir des crises périodiquement) où la classe dirigeante utiliserait ces crises dans son propre intérêt.

    Tout cela est convaincant quand on voit que Henry Paulson, l'ancien secrétaire au Trésor de Bush II, a laissé couler Lehman Bros, rivale de Goldman, en 2008 et a ensuite soutenu un Plan pour rembourser Goldman sans jamais se poser de question de conflits d'intérêt alors qu'il avait lui-même travaillé pendant 32 ans chez Goldman juste avant son poste... Même chose pour l'ancien avocat Robert Rubin, secrétaire au Trésor de Clinton (1995-1999) après avoir passé 26 ans chez Goldman (il devint ensuite directeur de Citigroup, qui vient d'être racheté).

    On voit sur cette couverture si ironique du Time en février 1999 "Le Comité des "Marchétaires" pour Sauver Le Monde", le chef de la Fed Alan Greenspan, Robert Rubin et son successeur Lawrence Summers les organisateurs de la dérégulation de la fin de l'ère Clinton qui devait conduire à la Grande Dépression dix ans après.



    Mais cela dit, l'article de Taibbi n'est pas aussi instructif que son précédent sur AIG-FP (hélas, lui aussi racourci dans la version en ligne).

    Taibbi a d'ailleurs lui-même dit que son article précédent avait été mieux accepté par les milieux financiers car il se concentrait sur la minutie de Joseph Cassano et que les banquiers étaient trop contents de voir en lui un bouc-émissaire individuel alors que l'article sur Goldman-Sachs est bien plus universel dans son analyse d'un système au centre du capitalisme mondial. [En passant, je suis choqué que Michael Lewis dans son long article sur Joseph Cassano et la chute d'AIG semble simplement reprendre la thèse d'une responsabilité individuelle et ne mentionne en plus jamais les reportages de Taibbi parus avant les siens.]

    Taibbi se défend contre deux attaques absurdes, celle d'anti-sémitisme (Goldman était à l'origine fondée par des Juifs) et celle de naïveté (ce système est-il immoral si en fait "tout le monde le fait"). Ce second argument en dit long sur la perte de tout repère par la finance. Le premier argument est un sophisme paranoïaque commode pour rejeter toute critique de Goldman. Ceux qui voient des antisémites partout rendent paradoxalement service à tous les vrais antisémites qui pourront ainsi continuer à nier toute responsabilité en prétendant être victimes d'une campagne de mauvaise foi.

    Une des manières de rappeler à quel point les méfaits de Madoff ou de la banque Goldman n'auraient aucune raison d'exciter les théories du complot antisémites est que les victimes de Madoff étaient souvent des organisations juives. Quant à Goldman, son action a fait en sorte de détruire sa vieille rivale Lehman. Ironiquement, Lehman Bros. avait été fondée vers 1850 comme un commerce de coton dans l'Alabama par Henry, Emanuel et Mayer Lehman. Marcus Goldman fonde sa petite banque en 1869 à New York. Dès cette époque, les Lehman fonde la Bourse du Coton à New York et un des amis d'Emanuel Lehman, Samuel Sachs va épouser la fille de Marcus Goldman et devenir son partenaire. Les deux banques d'investissement avaient donc des origines proches à l'origine de la bourse new-yorkaise. Certains cadres ont d'ailleurs encore aujourd'hui navigué entre les deux banques, comme le cousin de Bush, George Herbert Walker IV, qui a commencé chez Goldman avant de devenir le jeune PDG de la banque Neuberger-Berman, qui appartenait à Lehman de 1999 à sa faillite.

    jeudi 9 juillet 2009

    [JDR] Review: Ralios



    En 2006, Mongoose a relancé le jeu Runequest en plaçant la campagne officielle du monde de Glorantha 700 ans plus tôt que la version standard, à la fin de l'Âge des Deux Empires. Robin Laws (l'un des meilleurs créateurs de jeu de rôle et qui avait déjà créé Heroquest, la nouvelle édition du jeu gloranthien) écrivit Glorantha: The Second Age (160 pages), qui décrivait tout l'univers divisé entre l'Empire des Apprentis Divins et l'Empire des Amis des Wyrms. Laws choisit de consacrer un gros plan sur Ralios, le pays enclavé entre des montagnes au centre du continent, séparé de l'Empire des Amis des Wyrms par des Monts infranchissables et isolé au nord-est de Seshnela et des Apprentis-Divins.

    Ralios - qui doit avoir environ la taille de la France - a déjà reçu quelques infos officielles sur son Troisième Âge. Il y avait notamment :

  • Genertela (VF) p. 102-113.
  • Glorantha: Introduction to the Hero Wars p. 54-61 (Glorantha VF p. 67-82).




  • Les Cités de Safelster


  • Dans Glorantha The Second Age, Roblin Laws a 32 pages sur Ralios, mais en fait plus précisément sur les Cités-Etats du Lac de Safelster (p. 125-157), qui sont un peu l'équivalent sur Glorantha des Villes de l'Italie du Nord à la Renaissance.

    Le chapitre décrit 18 villes dont une, Kustria, en détails sur 22 pages :

    • Azilos : cité du comte Tzurkal, déchirée par la guerre de deux familles aristocratiques.
    • Belstos : cité du comte de Borin. Siège de la secte boriste des Moines du Chaos.
    • Col : cité des Exilés, avec des factions des autres cités.
    • Dangk : cité peuplée d'Apprentis-Divins qui fouillent les grandes ruines de Hrelar Amali.
    • Drom : cité des totems animaux des Hsunchens, dont ceux des anciens Galanini (hsunchen-chevaux)
    • Estali : cité de mercenaires, avec aussi des hsunchens.
    • Jorgablan : nouvelle cité des Apprentis divins (sud de Tinaros)
    • Kustria : cité des marchands du Lac, fondée par le sorcier Saint Kus.
    • Marost : cité militaire des Légions Impériales.
    • Partan : cité épiscopale des missionnaires malkioni.
    • Sang-de-loup : cité protégée par des murs sanglants qui rendent ses défenseurs féroces.
    • Syran : cité des souffleurs de verre.
    • Tarasdal : cité reconstruite récemment.
    • Tinaros : une des anciennes capitales de l'Empire stygien d'Arkat.
    • Tiskos : cité où Arkat aurait laissé ses archives.
    • Tortun : cité hantée par un spectre qu'on dit être Arkat.
    • Uton : cité d'exilés dualistes carmaniens.
    • Valantia : cité connue pour son évasion fiscale.


    En fait, Mongoose a coupé 40 pages supplémentaires où Robin Laws décrivait le reste du Ralios. Il fut publié en couleurs sous forme d'un pdf (à 5$) puis plus récemment en noir et blanc sous forme d'un petit livret (à 5£/10$).



  • L'Est sauvage (p. 3-11)


  • L'Est Sauvage est composé des tribus orlanthis de Saug (alliés aux Apprentis-divins) et de Delela (alliés aux Amis des Wyrms), des terres sauvages de Keanos, de Halikiv, un ancien royaume troll et Corolaland, une alliance de divers cultes anti-Trolls.

  • Vestmonstran (p. 12-40)


  • Il y a beaucoup plus de détails sur le Nord du Ralios, avec :


    • les 23 vieux Clans orlanthis de Lankst (p. 12-25)
    • Telmoria, terre des hommes-loups (qu'on voit sur la couverture, assez moche)
    • Ormslande, second pays des Dragonewts en dehors de la Passe des Dragons.
    • Karia : terre dévastée par le Chaos depuis la Guerre entre Arkat et Nysalor.
    • Ballid : la forêt des Elfes.
    • Guhan : un royaume troll fondé par des Arkatis.
    • Nida : Centre de la Décamonie Naine.


    On le voit, le centre du supplément est donc Lankst, avec sa politique complexe et ses 23 clans sans unification tribale (sauf la cité de Fiesive, p. 20-24). Mais il reste du travail si on veut jouer ce qui va conduire à la création par Alakoring Brise-Dragon du nouveau statut de "Roi" pour lutter contre la caste sacerdotale contaminée par les théories "dracophiles".

    Contrairement à d'autres zones, il me semble que le Ralios au Second Âge est très similaire au Ralios du Troisième Âge (en dehors des rôles des deux Empires) et que le supplément peut donner des idées si on veut jouer une campagne lanksti à l'époque de Garundyer aux Sept Orages au lieu d'Alakoring le Briseur de Dragon.

    Je ne comprenais pas bien pourquoi Robin Laws choisissait cette contrée Ralios alors que ce n'était pas directement sur le front entre les deux Empires comme le Kethaela, la Passe du Dragon ou Prax. Mais ici il réussit à me convaincre que Ralios peut justement être en même temps assez près du centre et assez isolé pour qu'on y ait un chaudron pour tous les Quêteurs héroïques cherchant les secrets d'Arkat. Et Lankst a presque autant de charme que le vieux Sartar du Troisième Âge.

    Le défaut principal est que la version imprimée en Noir & Blanc est assez moche et que la carte est peu lisible (mais on l'a en couleur dans Glorantha: the Second Age p. 128). Je ne suis vraiment pas fan de ces pages noires sur gris.

    mercredi 8 juillet 2009

    Galimafrée



  • Tout ce qu'une Incarnation d'un être omniscient aurait pu apporter

  • Un lac de feu au Turkménistan, qui brulerait depuis une trentaine d'années, Derweze, la Porte des Enfers...

  • La phase post-philosophique de la culture : la National Endowment for the Humanities appelle à traiter des questions qu'elle appelle "enduring" (par exemple "qu'est ce que la justice ?", "qu'est-ce que le bonheur ?" ou "y a-t-il des principes moraux universels") et précise que c'est une question "pré-disciplinaire" qui ne doit pas être traitée "philosophiquement" (l'expression n'apparaît qu'une fois sous la forme : "cela ne doit pas soutenir un point de vue politique ou philosophique).

    On nous avait déjà parlé de l'inter-disciplinaire ou du trans-disciplinaire comme le sommet du jargon pour avoir des crédits mais le "pré-disciplinaire" pour remplacer le vieux mot si désuet et étroit de "philosophie" est une innnovation fascinante.

  • Marwa al-Sharabi était une Egyptienne de 32 ans en Allemagne qui a été insultée et harcelée par un Allemand d'origine russe, qui a lancé des insultes contre elle et la religion musulmane. Elle a gagné son procès pour injures mais il a fait appel et pendant l'audience (il n'y avait que peu de sécurité comme c'était du "civil"), il l'a poignardée et assassinée en plein tribunal. Elle était enceinte. Depuis, il y a des émeutes anti-allemandes en Egypte et on l'appelle la Martyr du Voile. Elle devient ainsi le symbole de cette poussée de haine anti-Islam qui dans le cas de ce Russe était peut-être aussi plus simplement de la xénophobie.

  • Bernard Chazelle a un dialogue avec lui-même sur la Burqa et le Niqab. Bien que lui-même hostile à l'interdiction (il pense que la burqa ou le niqab disparaîtra en Occident assez rapidement par la pression même d'une société libérale de l'espace public), il critique certains des arguments utilisés par ceux qui trouvent l'interdiction liberticide.

    But when I hear a "multiculturalist" argument why we shouldn't worry about the burqa, then I suspect that class self-interest is at work, and I am rarely disappointed.

    This is from someone named Jill on a blog called "Feministe." About the burqa, she writes:


    Empowering women doesn’t come from limiting what women can and cannot wear in public. It comes in part from giving women — all women — wide access to the public sphere.

    But to deny women access to the public sphere is the very purpose of the burqa. So, Jill is really saying:


    Empowering women doesn’t come from denying them the possibility of being denied wide access to the public sphere. It comes in part from giving women — all women — wide access to the public sphere.

    See if you can make any sense of that statement. What I see is class interest disguised as cosmopolitan humanism.



  • De même (et bien que je pense que l'interdiction du niqab ne soit pas possible en raison de principes de liberté des adultes consentants, de même qu'il faut accepter des colliers de chien SM ou gothiques), il y a quelques mauvais arguments que j'entends souvent.
    (a) C'est un coup politique de Badinguet et ce n'est pas la priorité actuelle de la société française. Oui, c'est indéniable, il s'en fiche de l'émancipation de la femme, et il est pitoyable qu'il n'ait rien trouvé d'autre pour son discours creux. Mais cela ne change rien au débat, commencé par un député communiste et qui se poserait même si nous n'avions pas un Président démagogue. Cette réponse consiste à refuser la question comme déjà trop gênante.
    (b) "un gouvernement ne doit pas s'occuper des vêtements." Il le fait dans le sens inverse au nom de "conventions des bonnes moeurs" dans l'espace public (cf. en droit américain la notion si floue des community standards). Si une mairie peut interdire les seins nus, cela peut lui permettre d'interdire des voiles intègraux.
    Mais là où cela deviendra ridicule sera le vague de la frontière entre le niqab de ninja (où on voit encore les yeux mais pas la bouche) et d'autres tissus proches.



  • Puisqu'on parle d'Invisibilité, via Quiggin, l'Invisible Library recense les Livres fictifs, ceux qui n'existent qu'à l'intérieur d'autres livres. Le cas du Necronomicon est compliqué comme il a été créé comme un simple nom par Lovecraft mais qu'ensuite plusieurs personnes ont réalisé des "faux" Necronomicons (en incluant toutes les rares "citations" inventées par Lovecraft) et que beaucoup de lecteurs croient maintenant que Lovecraft faisait référence à ces prophéties rédigées rétroactivement.
  • mardi 7 juillet 2009

    La distraction qui vient



    Je croyais qu'on pouvait difficilement faire plus insensé encore que les Tiqquinistes du Parti imaginaire se réclamant de l'assassin psychopathe raciste Charles Manson.

    Mais si, il y a (avec des sous-titres en français) un autre psychopathe Glenn Beck, un des très rares fous furieux ayant une émission télé populaire, qui demande à tous ses spectateurs de lire "Julien Coupat" (prononcé Coopay) comme preuve qu'il est bien plus raisonnable en comparaison.

    Ce qui est drôle dans le narcissisme de Beck, c'est son côté direct et non-dissimulé, comme dans du téléshopping ou un téléprédicateur. Il ne cesse de cite son livre "Common Sense" comme si le titre prouvait qu'il y a quoi que ce soit de commun entre la rationalité (ou les Lumières) et les propos incohérents de Beck (qui répète à ses disciples qu'Obama est un dictateur totalitaire et sans doute en même temps un Antechrist islamo-communiste).

    Et pour ceux qui l'aurait manqué, le passage où Beck dit qu'il serait si bien que Ben Laden attaque une ville américaine pour qu'on puisse l'empêcher d'attaquer une ville et donc qu'il ne va pas attaquer de ville.

    The Daily Show With Jon StewartMon - Thurs 11p / 10c
    Osama bin Laden Needs to Attack America
    thedailyshow.com
    Daily Show
    Full Episodes


    Common sense, indeed.

    lundi 6 juillet 2009

    Toute la filmographie de Michael Bay

    en une seule bande-annonce (via Roger Ebert) :



    Quand même Robot Chicken juge que vos films manquent de subtilité, il faut se poser des questions.

    Il y a pire, bien sûr. Il y a RoboGeisha (film nettement trop harrawayien). Vous ne regarderez jamais plus des Crevettes Tempura de la même manière. Oh, et pourquoi les immeubles saignent-ils quand ils explosent ??

    Add. DisasterPorn

    M. Bay est bien aussi répugnant que vous le pensez

    Haruspicine sur cucurbitacée





    Mirabile videtur quod non rideat haruspex cum haruspicem viderit.

    [JDR] Couverture de Devâstra



    Via le forum Casus Non-Officiel, la couverture par Jérôme Huguenin du nouveau jeu de rôle indianoïde épique shōnen (mais sans graphismes manga), Devâstra (voir le blog de Rom1) :



    Ca rappelle un peu la couverture du film chinois Les Sept Epées (dont j'ai parlé en décembre 2005) :



    Et je pense que le titre reprend aussi la police Samarkand ou une version proche.

    dimanche 5 juillet 2009

    "Longévité d'une imposture : Michel Foucault"



    "Le programme doit être vide"
    M. Foucault, Dits et écrits n°293.

    Jean-Marc Mandosio est un historien, spécialiste de magie et d'occultisme au Moyen-Âge et à la Renaissance, mais il a publié sur des sujets très divers allant du Situationnisme de Guy Debord à l'histoire du Rock'n Roll ou (pour simplifier) la critique de la Technique.

    Dans son dernier recueuil chez l'éditeur situationniste (critique) de L'Encyclopédie des Nuisances (qui, en cohérence à leur critique du monde industriel, n'a pas de site Web), D'or et de sable, Interventions éparses sur la critique sociale et l'interprétation de l'histoire, agrémentées d'observations sur l'art de lire et sur d'autres matières, tant curieuses qu'utiles, Paris, 2008, J.-M. Mandosio écrit un long article contre la méthode de Foucault en histoire : "Longévité d'une imposture : Michel Foucault" (p. 171-236, déjà publié en espagnol dans Resquicios : Revista de Crítica Social n°4, 2007).

    Les critiques contre Michel Foucault sont de divers types dans l'article. La plupart sont plutôt morales : il insiste sur les revirements opportunistes de Foucault et ses dénégations, ses contradictions et certains propos outranciers, qu'on peut lire même dans la biographie peu critique de Didier Eribon, par exemple dans sa période para-maoïste où il appelait au lynchage contre les Tribunaux. C'est la partie la plus amusante de l'article, mais après tout, l'individu pourrait être une girouette de l'air du temps tout en ayant un apport intéressant. D'autres critiques sont simplement stylistiques, par exemple sur son langage artificiellement obscur et mallarméen (hélas, sans donner d'exemples alors qu'un petit florilège de certains énoncés aurait pu renforcer cette attaque, qui devrait certes sauter aux yeux de ceux qui ont essayé de lire jusqu'au bout Les mots et les choses, qui tiennent parfois plus de l'exercice rhétorique).

    Mais J.-M. Mandosio veut critiquer Foucault à la fois comme philosophe (et en cela, la critique morale ou stylistique n'est pas hors-sujet pour critiquer les risques d'imposture) et comme historien des "systèmes de pensée".

    L'expression "histoire des idées" était formée par l'érudit américain Arthur O. Lovejoy sur un presupposé "continuiste". Lovejoy n'était pas naïf et était même particulièrement conscient de l'éminente historicité des idées mais il pensait que certaines idées formaient des noyaux cohérents qui pouvaient subsister à travers diverses époques et à travers des métamorphoses. On a parfois simplifié sa théorie comme s'il avait cru à une philosophia perennis transhistorique mais c'est le contraire : il nuançait toujours des douzaines de définitions de concepts proches.

    Un des renoms de Michel Foucault fut de rejeter tout ce continuisme des Idées en affirmant qu'il faisait l'archéologie de "strates" hétérogènes, des systèmes de pensées séparés qu'il appelait "épistémé" (des épistémai ?). Comme le dit Mandosio, cette prétendue rupture était en fait extrêmement consensuelle dans ce qu'on appelle l'épistémologie historique française des sciences depuis Gaston Bachelard et Georges Canguilhem. Pour Bachelard par exemple, l'alchimie n'a rien de commun avec la science chimique, malgré quelques intersections accidentelles parce qu'elle relève de l'imaginaire et non de la rationalité scientifique, consitutée de manière systèmatique dans la rupture épistémologique avec Lavoisier. Notre rebelle généralisait donc lui-même la tendance de ses maitres sur ce point.

    J.-M. Mandosio me semble négliger une partie de la formation de Foucault quand il dit que l'épistémé ne serait qu'un nom chic pour une sorte d'ensemble de paradigmes de Thomas Kuhn (un paradigme est un état d'une théorie scientifique admise par une communauté alors que l'épistémé désignerait de manière plus nébuleuse un ensemble de concepts plus généraux qui dicteraient les rapports entre les diverses sciences de toute une époque). Mandosio dit justement que cette "épistémé" est une "historicisation" du concept kantien de schématisme, mais c'est un point sur lequel a insisté Béatrice Han dans son examen critique, L’ontologie manquée de Michel Foucault. Entre l'historique et le transcendantal, 1998. Comme le disait avant Han Gérard Lebrun dans Georges Canguilhem (dir.), Michel Foucault, philosophe (1989), il faut en fait aussi lire Foucault via la phénoménologie qui le marque dans les années 50, et en gros avec Heidegger contre Husserl (même si Mandosio a raison d'ironiser sur la simplification Ferry-Renault d'un Front anti-humaniste).

    Husserl fonde son analyse si abstraite de l'histoire dans la Crise de l'humanité européenne (1935) et la Crise des sciences européennes (1936) en disant que c'est la rationalité galliléenne/cartésienne qui aurait développé les problèmes modernes en séparant le formel scientifique et l'Intuition, instaurant un clivage entre la Raison et nos sens communs (oui, certains voteraient Nazi parce que les équations de la physique deviennent non-intuitives...). La tâche essentielle et salvatrice de la phénoménologie consisterait à faire revivre le fond cartésien et réconcilier l'humanité européenne avec la raison par une (prétendue) nouvelle science plus fondamentale appelée "phénoménologie" (dont les épigones n'ont cessé depuis de "démontrer" la fécondité en l'affirmant, sans jamais rien découvrir que David Hume n'ait déjà réfuté avant). Husserl interrogerait alors notre "a priori historique". Ce terme semble contradictoire en disant que nous serions déterminés dans notre connaissance indépendante de l'expérience par des constitutions historiques et c'est peut-être ce terme qui forme l'épistémé foucaldienne, plus que le paradigme d'une seule théorie chez Kuhn ou bien la notion de "présuppositions (relatives)" du grand historiciste Collingwood.

    Juste avant Husserl, Heidegger avait donné dans Kant et le problème de la métaphysique (1929) son interprétation de la Révolution copernicienne de Kant comme une instauration "humaniste" (boo ! hiss !) où désormais tout sens était donné par le Sujet dans sa finitude.

    Foucault commence son archéologie des disciplines en révoquant toute l'analyse de Husserl comme simplificatrice parce qu'elle aurait un modèle d'une seule Science. Il y a désormais une "strate" renaissante de rapports simples d'images et une "strate" classique ordonnée d'une représentation sans images puis les tableaux scientifiques positivistes du XIXe. Il ajoute à cela l'idée, assez heideggerienne (malgré tout ce que peut dire l'ami de Foucault, Arnold Davidson) d'un rôle du concept de l'Homme comme ce nouveau centre des savoirs. Le Dasein (nom heideggerien de cet existant particulier qui peut poser la question de son être) deviendrait le cercle-vicieux où l'étude empirique de l'Homme (anthropologie) est nécessaire à l'étude transcendantale de ce qui peut être objet de toute science quelle qu'elle soit (métaphysique "critique"). La Révolution kantienne serait en philosophie ce changement "d'épistémé" entre le Classicisme théocentrique et le XIXe humaniste.

    J.-M. Mandosio m'apprend que l'anthropologie comme concept et comme mot jouerait déjà un rôle bien avant la strate prétendue de son apparition dans le Grand Récit foucaldien, mais peu importe si on trouve vraiment des Humanistes voulant faire jouer ce rôle à l'idée d'Homme bien avant Kant, car je n'imagine même pas comment l'hypothèse de lecture de Foucault pourrait être réfutable ou vérifiable (ce qui lui enlève une grande partie de son intérêt, une fois dépassé l'étonnement sur "la Naissance et la Mort de l'Homme").

    J.-M. Mandosio reproche finalement à l'épistémé d'être beaucoup de bruit pour rien. En un sens, le concept entérine dans sa discontinuité des Images d'Epinal très "classiques" : une Renaissance échevelée et pré-scientifique, un Grand Siècle du Grand Enfermement, un XIXe siècle scientiste ennuyeux. Foucault parle souvent en termes de conditions de possibilités : Hobbes ou Descartes produiraient et seraient rendus possibles par la nouvelle épistémé classique, comme un horizon inconscient ou une structure historique où s'inscriraient les théories possibles. Et on suppose alors que l'occultisme de Newton ou le syncrétisme scolastico-classique si XXe siècle de Leibniz des décennies plus tard ne seraient qu'anomalies locales dans le système de pensée. L'épistémé est soit trop vaste en unifiant toute une époque ou trop restreinte en négigeant la contingence de certaines lignes et écarts à diverses époques. Par exemple, lorsque je lis Bertrand Russell, sa logique est immanquablement radicalement récente, elle est même impossible avant 1879, sa confiance dans la puissance des mathématiques vient de Riemann et Einstein mais on voit mal en quoi il ne serait plus dans l'épistémé classique-empiriste de Hume sur l'essentiel de ses problèmes. Même Foucault finit d'ailleurs par abandonner ce mot vain d'épistémé, de même qu'il prétendra n'avoir jamais flirté avec l'assimilation au structuralisme.

    Mandosio cite (p. 184) des remarques frappantes d'un des membres du jury de thèse de Michel Foucault, le pourtant peu subversif Henri Gouhier :
    [Gouhier] lui reprochait de "penser par allégories", de recourir à des concepts mythologiques "Le Moyen-Âge", "La Renaissance", "L'Âge Classique", L'Homme occidental, le Destin, le Néant, la mémoire des hommes." Et il ajoutait : "Ce sont ces personnifications qui vont permettre une sorte d'invasion métaphysique dans l'histoire et qui vont en quelque sorte transformer le récit en épopée, l'histoire en drame allégorique animant une philosophie".


    Mandosio ne cite pas d'exemples d'erreurs historiques ou de mauvaises citations. Il lui reproche de manifester beaucoup d'érudition sur des ouvrages obscurs tout en niant toute littérature secondaire, mais Foucault pourrait toujours rétorquer qu'il a voulu revenir aux sources mêmes en faisant cette dénégation de l'historiographie. Mais cela signifie peut-être plutôt que le philosophe grand lecteur était trop conditionné par une méthode française du Commentaire de Texte, cherchant toujours une structure immanente aux archives pour ne pas reconnaître les devanciers plus humbles historiens.

    Une critique plus conceptuelle porte non plus sur l'épistémé de l'archéologie des années 60 mais sur ceux du dernier Foucault, "biopolitique" et "gouver-nementalité", concepts si équivoques et contradictoires qu'ils désigneraient à la fois le gouvernement de toute chose et la réaction de toute chose aux "pouvoirs", transformant la Souveraineté territoriale en gestion rationnelle et calculable. Mandosio considère que la critique des pouvoirs par Foucault est bien plus simpliste que celle de Situationnistes comme Raoul Vaneigem mais je ne saurais juger sur ce point. Mandosio voit dans cette plasticité des identités foucaldienne une forme d'idéologie ou d'aliénation.

    Il analyse alors ces concepts de rapports de pouvoir comme une nouvelle forme de dialectique qui prétend dépasser la dialectique. Pour le Dernier Foucault, on n'a plus un Sujet qui se libère face aux pouvoirs à travers l'histoire selon le schéma de Hegel mais des rapports de forces qui produisent des réactions qui font naître de nouvelles manière d'être un "sujet" ("subjectivation"). Il n'y aurait pas alors le Sujet-Maître et le Sujet-Opprimé mais des stratégies et dispositifs produisant diverses manières de vivre ses divers rapports de pouvoir.

    Mais l'épisode fameux où Foucault soutint la Révolution iranienne de 1979 avec enthousiasme ne fut pas qu'une erreur de jugement anecdotique car elle semble désavouer tout l'intérêt de cette théorie de la "subjectivation". Foucault dit de manière curieusement idéaliste et essentialiste que le vrai peuple iranien revient ainsi à une forme de pouvoir plus spirituel. Foucault n'aurait alors pas fourni des "caisses-à-outils" pour subvertir les pouvoirs mais il n'aurait fait qu'habiller de verve nietzschéenne un obscur retour du religieux.

    Une autre dimension de l'article n'est donc plus sur Foucault ou ses idéologies inconséquentes mais sur les effets de la foucaldite ou la secte des foucaldomanes, avec notamment l'étude de Tiqqun, le périodique néo-situationniste qui a dû se délecter d'être récemment tant l'objet de préoccupation de la Gouvernementalité. L'originalité de la critique de Mandosio est d'attribuer les vacuités de ce néo-situationnisme surtout à Foucault plus qu'aux autres références comme Deleuze ou Badiou (dont il me semble que Mandosio a sous-estimé les effets récents). Les Tiqqunistes attaqueraient la Cybernétique comme modèle du biopolitique contemporain mais avec une fascination coupable causée par l'équivocité vide des outils qu'ils prétendent rhétoriquement déployer contre "l'Empire".

    En passant - mais cela nous écarterait de Foucault - Mandosio cite des passages de Tiqqun qui retire toute apparence d'inoffensive plaisanterie ’pataphysique lorsque le "Parti imaginaire" a le mauvais goût infantile de citer la Manson Family comme une de leurs références.

    Tout cet article peut être réjouissant du point de vue du pamphlet et je trouve la plupart des attaques assez plausibles (sauf peut-être l'allusion au concept d'aliénation, dont je ne suis pas sûr que son absence suffise à expliquer les lacunes de Foucault).

    Cependant, il y a un risque à faire une sorte de biographie intellectuelle rapide au lieu de donner plutôt des arguments et contre-exemples plus précis qui montreraient des difficultés aux concepts et périodisations de l'historien des "systèmes de pensée". Mandosio a ironisé sur la simplicité des hypothèses de Foucault mais sans toujours assez les critiquer sérieusement. Son attaque nous laisse donc un peu sur notre faim.

    En se servant d'un argument avant tout moral (Foucault comme sophiste incohérent et nihiliste, un peu comme dans le livre déjà ancien de José Guilherme Merquior), l'auteur ne touchera que ceux, comme moi, qui sont déjà convaincus, mais sans atteindre ceux qui ne veulent accorder du prix épistémologique ou historique à Foucault qu'au nom d'une hypothétique valeur "émancipatrice" fantomatique (Foucault ayant chez certains un statut presque messianique politique et même plus seulement de gourou théoricien).

    Les concepts foucaldiens peuvent se retourner dans tous les sens - il suffit de voir l'aile foucaldo-libértarienne qui conseille le MEDEF ou une récupération par des conseillers du pouvoir juridique actuel - mais le relativisme contemporain jugera que loin de signifier la vacuité de ces concepts du biopolitique, cela montre leur utilité.

    le badinguetisme comme "jacksonisme"



    Le professeur de droit public Stéphane Rials fait une comparaison internationale sur la spécificité historique du phénomène au pouvoir en ce moment :


    Le sarkozysme accompagne une forme de révolution sociale, politique, culturelle qui rappelle, sous certains aspects, celle marquée par Andrew Jackson lors de son élection comme président des Etats-Unis en 1829. Jackson voulait en finir avec l’aristocratie à l’américaine. Sarkozy veut en finir avec plusieurs traits de l’exception française, notamment les restes d’un certain aristocratisme républicain qui trouve le marché vulgaire et lui préfère le service public et la véritable culture. Il veut abaisser l’élite des grands commis - la suppression du classement de l’ENA est une affaire importante. Il veut abolir le déclinant «pouvoir spirituel» des intellectuels. Il y a une dimension personnelle de cette entreprise. Mais le fond importe plus que la passion. Ce que veut le chef de l’Etat, quoi qu’on nous dise après le supposé «recentrage» de Versailles, c’est une économie globalement libérée du politique, étendue certes à l’écologie marchande, c’est aussi une politique rendue aux politiciens, avec promesse d’un système des «dépouilles» à l’américaine. Dans ce monde, la place des bons serviteurs de l’Etat ou de l’esprit sera étroite… Or ce combat n’est pas impopulaire. Comme Jackson, Sarkozy fait figure d’«ami de l’homme commun».

    Un populisme autoritaire, alors ?

    Oui, qui témoigne d’un irrespect particulier pour les formes parlementaires. Qui a besoin de taper sec, de faire un peu peur, de brouiller les cartes, de souligner la corruptibilité des hommes, de capter superficiellement les codes et les mots des autres, d’amuser la galerie (des Glaces…).


    Je suis un peu sceptique sur la comparaison. Le Jacksonisme (dont le nom a formé le "jackass", le mulet utilisé comme symbole du Parti démocrate), c'est certes la politisation du système des Dépouilles mais il avait aussi représenté une vraie progression de la place des élections, ce qui ne paraît pas vraiment le cas ici. Il y a bien un "populisme autoritaire" mais plus lié aux milieux d'affaires, et donc plus un berlusconisme qu'une vraie révolte jacksonienne (en un sens, les "Comités Civiques" de Royal étaient peut-être plus proches de ce basisme "californien").

    samedi 4 juillet 2009

    Kālī Palin



    Après son étonnante Conférence de presse où elle a annoncé qu'elle démissionnait parce qu'elle n'était pas une "Quitter", l'ex-Gouverneure de l'Alaska doit effrayer par sa śakti si j'en crois Reihan Salam :


    I wouldn’t exactly be surprised if she turned blue, sprouted several additional arms, and decided to become America’s chief advocate of a forceful Hindutva politics








    Ca y est, j'ai un nouveau nom pour mes cauchemars.

    Je ne sais quoi



    A la station République (changement ligne 9) hier, une femme anglo-saxonne (dans les 30 ans) dans un escalator avec des valises commence à demander en anglais qu'on la laisse passer vite. Personne ne bougeait sur aucune des deux files de l'escalator, qui était d'ailleurs très bref, elle allait perdre au maximum cinq secondes, mais je présume qu'elle était en retard pour un train. Sans attendre qu'on l'entende, elle heurte et pousse les gens pour se faufiler.

    Une autre femme, un peu plus âgée, le prend visiblement très mal et réagit immédiatement en lui faisant une sorte de croc-en-jambe. La première exclamation de la femme aux valises qui titubait fut "Whatever, Bitch!", mais le catfight s'arrêta là car elle se précipita vers la rame.

    Je traduisais toujours "Whatever" par "Peu importe" (comme le plus californien whatnot, qui veut souvent dire "et cetera") mais en fait dans l'usage il semble que ce soit aussi une interjection dans le genre de WTF / What The Heck (Que diable ? Diantre !).

    La Facétie Infinie de l'Été



    Ce blog est à l'avant-garde du conformisme le plus servile. Quand j'ai commencé, je m'étais même dit qu'il aurait fallu que j'acquisse un Chat pour faire comme tous les autres blogueurs avec leur prière à Bastet du Vendredi (les InterTubes étant surtout faits pour s'envoyer des photos de chats mignons). Et bien sûr, j'aurais probablement noyé mon infortuné félin dès qu'on lança la contrainte hautement oulipiste d'écrire sans jamais mentionner un chat. Ah, le bloggage, c'était mieux, avant.

    Donc autant dire que lorsque mes blogueurs favoris, Ezra Klein et Matthew Yglesias ont rejoint le concept de Infinite Summer avec le Supposedly Fun Blog : lire le roman gargantuesque Infinite Jest (1996) de David Foster Wallace (1079 pages dans l'édition Back Bay Book), je me suis dit que j'allais ajouter ce projet aux semblants de téléologies avortées de mes velléités estivales. Généralement, je ne finis jamais les livres (je me demande toujours pourquoi la Chartreuse de Parme s'appelle ainsi, d'ailleurs) et je les abandonne même lorsque je commence à les apprécier (comme Don Quichotte la résolution de 2004 négligée quand cela devenait plus intéressant dans la complexité post-moderne et qu'on dépasse les scènes déjà adaptées dans toutes les versions). Et la résolution de l'été 2008 a tenu à 50%.

    Le roman semble donc le pire des choix car il est connu pour lasser dans ses obsessions de Génie Autiste et j'ai tellement peu de patience pour les fictions en dehors des mythes que je risque d'arrêter encore plus vite.

    Même physiquement, c'est lourd à porter.

    Ma vraie raison pour lire Wallace n'est pas tellement littéraire (en dehors de mon affection pour John Barth que Wallace a visiblement imité). Wallace, fils d'un philosophe, fit de ses études sur le traitement par la logique modale des Futurs contingents.

    Mais en fait, il y a un rapport avec ce roman. On apprend dès la page 7 que l'un des principaux héros, Hal Incandenza a rédigé un mémoire dans son adolescence sur "Grammaire de Montague et Sémantique de la modalité physique".

    Mon but va être de vous dégoûter de le lire pour que je puisse gémir crânement sur ma solitude. Mais je finirais probablement en trichant et en lisant un Profil, comme pour Moby Dick (malheureusement, je viens de voir que l'entrée Wikipedia est vraiment bien faite).

    Ne croyez pas du tout la préface de Dave Eggers qui dit que c'est difficile mais pas à cause du jargon. C'est plus lisible que du Pynchon, bien entendu, mais il y a parfois un vocabulaire obscur.

    Pour l'instant, les thèmes me rebutent vraiment. Je crois radicalement au clivage ontologique entre les Intellos (Nerds) et les Sportifs (Jocks) et l'un des axes du roman est de révoquer cette différence de l'âme et du corps. Les membres de la famille Incandenza sont des génies torturés qui choisissent des carrières de sportifs professionnels et qui ont même une image de retardés mentaux auprès du monde extérieur.

    Autrement dit, oui, je crains qu'on ne soit vraiment dans le thème classique de la Mélancolie de l'Homme de Génie depuis Aristote, avec les drogues psychotropes en plus.

    La Verve Infinie ("Hélas! pauvre Yorick !... Je l’ai connu, Horatio! C’était un garçon d’une verve infinie, d’une fantaisie exquise", Hamlet V, 1) du titre renverrait d'ailleurs à une sorte de poursuite effrénée de plaisir et du Divertissement où tout sens semble se dissoudre, comme avec ce Cheikh saoudien qui ne consent à se nourrir que de "Töblerone" (l'umlaut nous indiquant que nous sommes dans un autre monde parallèle et non celui où le Toblerone a causé la chute d'une ministre suédoise).

    Un autre aspect de ce monde parallèle est que le NAFTA semble être devenu une vraie organisation confédérale, l'Organization of North American Nations (O.N.A.N., j'espère que les autres calembours sont de meilleure qualité que celui-là).

    Les personnages visionnent souvent des "cartouches" (cartridge) qui ont l'air d'être simplement des vidéos mais je ne suis pas encore sûr de voir s'il y a une différence (cela semble assez SF pour que ce soit un système plus complexe de réalité virtuelle, comme Hal a fait un mémoire sur les Hologrammes).

    Le début est relativement compréhensible. En gros, on suit surtout la famille Incandenza. Le père, James Orin Incandenza (surnommé par ses enfants "Himself"), génie du cinéma, a fondé une école de tennis, l'E.T.A. (Enfield Tennis Academy) et il s'est suicidé d'une manière originale (en mettant sa tête dans un four à micro-ondes - alors que l'auteur choisit plus classiquement de se pendre). Sa femme, la Québecoise Avril (surnommée The Moms), dirige maintenant l'Académie. Ses enfants comprennent l'aîné, Orin, champion de football angoissé, Mario (Booboo), qui a l'air arrêté à un stade infantile mais qui est le seul à être optimiste et surtout (pour l'instant) Hal, idiot savant, génie universel qui a retenu par coeur tout l'Oxford English Dictionary, qui a eu 0 aux examens du S.A.T. en "Verbal" et champion régional de tennis.

    Pour l'instant, ce n'est pas très drôle alors que je m'attendais à une sorte d'ironie constante un peu comme chez Proust ou Musil. Ou bien cette ironie est en fait présente mais je la perçois mal à cause de la déréliction dans la drogue.

    Le temps est non-linéaire dans les premiers chapitres. Hal a environ 17 ans dans le premier chapitre, puis 10 ans dans le chapitre 3 (p. 27), puis à nouveau un peu plus que 17 dans le chapitre 9.

    *


    Je suis allé jusqu'à la page 53.

    La fameuse page 53 où ont dû s'échouer tant de tentatives de lectures. Infinite Jest est en effet connu pour ses Notes de fin de volume (p. 983-1079).

    Ce serait plutôt pour moi un argument en faveur du livre. J'adore les notes de bas de page. Je n'utilise pas des notes de bas de page parce que je ne suis pas un universitaire mais si j'étais devenu universitaire cela aurait été uniquement pour pouvoir faire des notes de bas de pages. Et des astérisques. Et des doubles astérisques. Et si c'était possible typographiquement plusieurs couches concentriques de marginalia de différentes fontes et couleurs, comme certaines éditions des commentaires du Talmud.

    En passant, je me demande pourquoi la SF n'utilise pas les Notes de bas de page. Un défaut de la SF est l'Infodumping (vouloir transmettre au lecteur trop d'informations sur l'arrière-fond de la cosmologie imaginaire) et des Notes seraient un bon moyen de le faire sans interrompre le récit (surtout quand un narrateur vous explique des choses qui devraient être évidentes pour les personnes de ce monde).

    Mais je n'aime pas les notes de fin de volume. Lire est déjà épuisant physiquement mais s'il faut en plus remuer la masse de 900 pages pour zigzaguer entre la page 53 et les pages 983-984, cela risque d'irriter. So, yeah, Fuck you, David Foster Wallace.

    Avant la page 53, c'est très supportable.

    Une note de temps en temps, neutre et absolument non-essentielle et sans intérêt, comme une simple explication lexicale.

    Mais là, la page 53 se met à s'exciter furieusement en une seule phrase interminable :

    "Much of this is good clean temporarily fun; but a traditionnaly smaller and harder-core set tends to rely on personal chemistry to manage E.T.A.'s special demands — dexedrine or low-volt methedrine5 before matches and benzodiazapenes6 to come back down after matches, with Mudslides or Blue Flames at some understanding Comm. Ave. nightspot7 or beers and bongs in some discreet Academy corner in night to short-circuit the up-and-down cycle, mushrooms or X or something from the Mild Designer class8 — or maybe occasionally a little Black Star,9 whenever there's a match- and demand-free week-end, to basically short out the whole motherboard and blow out all the circuits and slowly recover and be almost neurologically reborn and start the gradual cycle all over again... this circular routine, if your basic wiring's OK to begin with, can work surprisingly well throughout adolescence and sometimes into one's like early twenties, before it starts to creep up on you. "


    Oui, c'est une orgie de notules et je ne suis même pas sûr de vouloir comprendre que le LSD-25 avec un peu de méthédrine s'appelle à Boston des "Etoiles Noires" ou bien que si vous voulez en obtenir il faut que vous rendiez à Bridgeport, Connecticut.

    Les notes 5-9 sont légèrement moins amusantes que de lire le Vidal. La note 8 sur la chimie de molecule hallucinogène a même une Note dans la Note sur des produits "transdermals". Non, pour l'instant, pas de jeu aussi amusant que dans Pale Fire.

    Je crois que pour finir cette page, je vais demander un congé ou alors essayer quelques-unes des substances mentionnées.

    jeudi 2 juillet 2009

    Shorter Republican Scaremongering



    Le meilleur argument du Parti républicain


    Les vrais Amis de la liberté utilisent le Système de Mesures Impériales Britanniques et une majorité démocrate signifie la victoire du Système Métrique International bolchévique que les Mondialistes veulent nous imposer. Vous devrez nous arracher nos furlongs et nos stones de nos doigts refroidis !


    Actuellement, le Système métrique est officiel dans tous les pays du monde sauf 3 : les USA, le Myanmar et le Libéria.



    Add. Cela dit, il n'y a pas que les conservateurs qui préconisent de s'exprimer en système impérial pour pouvoir communiquer aux masses.

    mercredi 1 juillet 2009

    Instantané kierkegaardien




    Chère blogosphère,

    Pourriez-vous arrêter de me rappeler qu'il me reste encore des copies de cette dissertation à corriger.

    Merci.

    Bon, j'ai compris, j'y retourne.

    Add. Une autre manière volontariste de traiter la platitude préférée des élèves selon laquelle rien n'est impossible.

    Happy Canada Day / Bonne Fête Nationale du Canada





    (Cela reprend des images de cette pub pour la Bière Molson. Juste une erreur d'illustration dans la vidéo : à 1'20, il dit "they get Cheaper Meds", pas "Superman" - même s'il est vrai que Joe Shuster était ontarien)